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Wall Street sans direction, après la surprise de l'emploi US

Wall Street sans direction, après la surprise de l'emploi US
Wall Street sans direction, après la surprise de l'emploi US
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York évolue en ordre dispersé après la publication d'un rapport sur l'emploi plein de surprises, marqué par des créations d'emploi bien inférieures aux attentes et une forte hausse des salaires horaires en août. Cet affaiblissement du marché de l'emploi, lié à la propagation du variant delta du Covid-19, pourrait inciter la Fed à patienter avant de réduire son soutien aux marchés. Le pétrole et le dollar reculent après ces chiffres, tandis que l'or regagne plus de 1% et que les taux remontent.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cède 0,1% à 35.414 points, tandis que l'indice large S&P 500 est hésitant (+0,05%) à 4.539 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, gagne encore 0,2% à 15.361 pts, s'orientant vers un nouveau record.

Par secteurs, ce sont les technologiques (+0,6%) et les services de communication (+0,1%) qui soutiennent la cote, tandis que les valeurs cycliques repartent en baisse : -0,7% pour l'indice S&P de l'énergie, -0,4% pour les financières et -0,25% pour les industrielles.

L'once d'or a rebondi de 1,2% à 1.833,70$ sur le Comex, ce qui lui permet de regagner 0,8% sur la semaine. Le cours du pétrole brut léger américain WTI retombe sous les 70$ cédant 0,8% à 69,43$, tandis que l'indice du dollar cède 0,25% à 92 points face à un panier de devises, et le rendement du T-Bond à 10 ans se tend de 3 points de base à 1,32%. Le bitcoin gagne 2% sur 24 heures à 50.525$ sur la plateforme Bitfinex.

Seulement 235.000 créations de postes en août

Alors que les marchés financiers américains seront fermés lundi pour Labor Day, les investisseurs peinent à prendre des positions à la veille d'un week-end de trois jours, après la publication du rapport sur l'emploi en août, qui a fait état de seulement 235.000 créations de postes non-agricoles en août, contre un consensus de marché de 750.000 ! Malgré cela, le taux de chômage a reculé à 5,2% contre 5,4% en juillet, en ligne avec le consensus de place.

Le brutal ralentissement d'août est attribué aux craintes de propagation rapide du variant delta. Ainsi, l'emploi a baissé dans le commerce de détail, les magasins étant de nouveau désertés par les clients. Ces chiffres semblent militer en faveur d'un "tapering" plus tardif que prévu de la part de la Fed, qui tiendra sa prochaine réunion les 21 et 22 septembre prochains. En revanche, le rapport alimente aussi la crainte d'un ralentissement conjoncturel lié au variant delta...

A noter que les créations d'emploi de juin et juillet ont été revus en hausse de 134.000 en cumulé, avec plus d'un million d'emplois créés en juillet et 962.000 en juin. Et à ce stade de l'année, les créations mensuelles moyennes d'emplois ont été de 586.000, témoignant d'une solide reprise.

Quant au salaire horaire moyen, il a grimpé deux fois plus que prévu en août, en hausse de 0,6% par rapport au mois antérieur. Ce salaire horaire moyen augmente ainsi de 4,3% en comparaison de l'an dernier, faisant planer le risque d'une inflation durable.

Malgré les chiffres décevants d'août, le président américain Joe Biden a salué vendredi une reprise économique "durable et forte", qu'il a attribuée notamment aux mesures qu'il a mises en place depuis son élection. Affaibli récemment par la crise afghane, le président américain a dit qu'il annoncerait la semaine prochaine les "prochaines étapes pour combattre le variant Delta". Jeffrey Zients, le conseiller 'covid' de la Maison blanche, a d'ores et déjà annoncé de nouveaux investissements de 3 milliards de dollars dans la chaîne d'approvisionnement des vaccins anti-covid-19 aux Etats-Unis.

Par ailleurs, l'indice PMI composite américain final du mois d'août est ressorti vendredi en ligne avec les attentes de marché, à 55,4. L'indicateur des services ressort à 55,1, également très proche des attentes de marché.

L'indice ISM des services américains pour le mois d'août 2021 est ressorti à 61,7, très proche du consensus de marché qui s'établissait à 61,9. Il était de 64,1 un mois auparavant.

En revanche, les indices PMI européens finaux d'août dans les services ont majoritairement déçu ce matin, avec un indice espagnol de 60,1, un indicateur italien de 58, un indice français de 56,3 et un indice allemand de 60,8. L'indice final européen s'établit à 59, inférieur aux attentes, comme l'indicateur britannique d'ailleurs qui s'établit à 55. Les ventes de détail européennes déçoivent aussi, en vif retrait de 2,3%. Aucun réconfort n'est à trouver du côté de l'économie chinoise, avec un indice Caixin des services en contraction à 46,7, contre 52 de consensus.

VALEURS A SUIVRE

Virgin Galactic (-7,7%) cloué au sol ? L'Administration fédérale américaine de l'aviation en a décidé ainsi, alors que les régulateurs mènent une enquête sur un incident survenu lors du premier vol dans l'espace de Sir Richard Branson. La FAA étudie une déviation dans la descente du vol de juillet de 'Unity 22'. SpaceShipTwo avait alors dévié de son autorisation de contrôle du trafic aérien lors du retour à Spaceport America. Virgin Galactic ne pourra donc pas remettre SpaceShipTwo en vol avant que la FAA n'approuve le rapport final d'enquête. Virgin Galactic dit pour sa part étudier le problème, afin d'éviter qu'il ne se reproduise. La firme a reconnu que son véhicule spatial avait chuté sous l'altitude de l'espace aérien pendant une période courte, mais estime que le vol a été réussi, sans mettre en danger l'équipage.

Il y a deux mois, le vaisseau (Unity 22) avait volé dans l'espace avec à son bord le fondateur de Virgin Galactic, Richard Branson. Décollage, vol et atterrissage s'étaient déroulés apparemment sans encombre. Le milliardaire de 70 ans n'avait pas caché son enthousiasme, ému devant la réalisation de ce rêve d'enfant couronnant de succès 17 ans de travail et quelques phases délicates pour sa compagnie de commerce spatial Virgin Galactic. Branson avait volé avec cinq membres d'équipage à une altitude de 53 miles environ, plus de 80 kilomètres, au-dessus du désert du Nouveau-Mexique.

Broadcom (+1,2%) a publié pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 6,96$, à comparer à un consensus de 6,88$ et un niveau de 5,4$ un an plus tôt. Les revenus du groupe ont totalisé 6,78 milliards de dollars sur ce trimestre clos au 1er août, marginalement supérieurs au consensus, contre 5,82 milliards un an avant. Le concepteur de 'puces' et logiciels voit par ailleurs une demande soutenue des télécoms et fournisseurs 'cloud'. Les revenus du quatrième trimestre fiscal sont attendus voisins de 7,35 milliards de dollars, contre environ 7,2 milliards de consensus.

Hock Tan, CEO du groupe, indique que la croissance de Broadcom, plus lente que celle de ses pairs, est 'voulue'. Alors que la demande en 'puces' flambe, la compagnie contrôle précisément quelles commandes honorer. L'idée serait de sacrifier certaines ventes maintenant pour éviter de créer une surabondance à l'avenir. "Nous pouvons montrer des chiffres plus importants, mais cela signifie que nous allons constituer un inventaire aux mauvais endroits", a déclaré Tan. L'entreprise applique une "discipline à l'approvisionnement" et se concentre sur les endroits où cela est vraiment nécessaire, a ajouté le CEO durant la conférence de présentation des résultats.

Hewlett Packard Enterprise (+1%) a dépassé les attentes sur le trimestre clos. Le management demeure par ailleurs confiant concernant les perspectives du groupe, mais les questions d'approvisionnement en composants subsistent. Ainsi, la guidance sur le trimestre entamé ressort mitigée. Le bénéfice ajusté par action sur ce trimestre clos en octobre est anticipé entre 44 et 52 cents, contre 49 cents de consensus. Antonio Neri, le CEO du groupe de Houston, lutte pour obtenir assez de 'puces' pour répondre à la vive croissance des commandes. Il tente par ailleurs de convertir les clients HPE à des abonnements à de nouveaux services. Neri admet les soucis de supply chain, qui persisteront selon lui dans les prochains trimestres, et auxquels HPE a partiellement répondu en remontant ses prix.

Sur le trimestre clos fin juillet, les revenus se sont appréciés de 1,2% à 6,9 milliards de dollars, alors que le bpa ajusté a représenté 47 cents. Le consensus était de 42 cents de profit par action pour 6,93 milliards de revenus. Le bénéfice net consolidé a été de 392 millions de dollars et 29 cents par titre, contre 9 millions de dollars sur la période comparable de l'an dernier.

Amazon (stable), le géant américain du e-commerce, entendrait lancer dès le mois d'octobre ses propres téléviseurs aux Etats-Unis, croit savoir Business Insider. Il s'agirait donc des premières TV vendues sous sa marque, sous Fire TV, ce qui permettrait au groupe de Jeff Bezos de bien mettre en avant l'offre de streaming d'Amazon Prime Video, composante essentielle de son écosystème récemment renforcée par l'ajout du catalogue de la MGM ou, en France, par le championnat de football. L'arrivée d'Amazon sur le marché des téléviseurs marque l'aboutissement d'environ deux ans de travaux, estime Business Insider. L'Américain collaborerait sur ce sujet avec le Chinois TCL, qui concevrait et fabriquerait le produit pour le compte d'Amazon. Ce dernier ajouterait donc sa marque et son software. Une conception interne ultérieure serait programmée.

Amazon adoptera une approche proactive pour supprimer davantage de contenus enfreignant ses politiques de service cloud, relate Reuters. Citant des sources proches du dossier, l'article rapporte qu'Amazon embauchera un petit groupe de personnes dans la division AWS au cours des prochains mois pour développer une expertise et travailler avec des chercheurs externes pour surveiller les menaces futures. AWS a déclaré qu'AWS Trust & Safety s'efforçait de protéger les clients, partenaires et internautes des mauvais acteurs tentant d'utiliser ses services à des fins abusives ou illégales. Quand AWS Trust & Safety est informé d'un comportement abusif ou illégal sur les services AWS, les équipes agissent rapidement pour enquêter et dialoguer avec les clients pour prendre les mesures appropriées...

Apple (+0,23%), le géant californien de Cupertino, préparerait la production de masse de son Apple Car pour 2024, indiquait plus tôt cette semaine le quotidien taïwanais DigiTimes, rapportant que la rumeur voudrait qu'Apple rende visite à des fournisseurs et constructeurs automobiles au Japon et en Corée du Sud. SK Group et LG Electronics étaient notamment nommés. StreetAccount note qu'il n'est pas évident de savoir si cette nouvelle rumeur diffère des rapports publiés au début de cette année, dont l'un suggérait que Kia pourrait commencer à fabriquer des voitures Apple en 2024.

Apple discuterait par ailleurs davantage avec les fournisseurs chinois de batteries au lithium, notamment BYD et CATL (Contemporary Amperex Technology Co., Limited), selon le quotidien chinois 21st Century Business Herald. L'article indique que si Apple souhaite utiliser des batteries lithium-fer-phosphate pour ses véhicules électriques, la firme de Cupertino pourrait ne pas être en mesure de contourner CATL et BYD, car la Corée n'a actuellement pas de fournisseur produisant de telles batteries. Reuters avait d'ailleurs rapporté début juin qu'Apple était en pourparlers avec CATL et BYD à propos de la fabrication de batteries pour ses véhicules électriques...

Didi Global (+2,2%) grimpe à Wall Street, alors que la municipalité de Pékin envisagerait d'entrer au capital du groupe chinois de VTC, visé par une enquête sur la cybersécurité. C'est du moins ce que rapporte Bloomberg. Le gouvernement de Pékin aurait donc proposé un investissement au capital du groupe, d'après des sources anonymes familières de la question de l'agence Bloomberg. La taille de la prise de participation potentielle n'est toutefois pas précisée. Didi a procédé à une introduction à Wall Street en juin.

Reddit, le site communautaire américain à l'origine du phénomène des 'meme stocks', sur lequel les traders sociaux américains avaient notamment dopé les valeurs GameStop et AMC, cherche à engager des banquiers afin de considérer son introduction en bourse éventuelle à Wall Street. C'est du moins ce qu'affirme l'agence Reuters, citant ses sources. Reddit, valorisé 10 milliards de dollars environ sur la base du tour de table privé du mois d'août, chercherait à obtenir une valorisation de plus de 15 milliards de dollars pour l'IPO espérée en début d'année prochaine, selon une source de l'agence. Fidelity Investments, Andreessen Horowitz, Sequoia Capital et Tencent Holdings, comptent parmi les plus importants investisseurs du réseau de communautés.

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