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Wall Street s'envole avec Pfizer et BioNTech, possible vaccin contre le coronavirus

Wall Street s'envole avec Pfizer et BioNTech, possible vaccin contre le coronavirus
Wall Street s'envole avec Pfizer et BioNTech, possible vaccin contre le coronavirus
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine s'enflamme avant bourse ce lundi, dopée par le potentiel vaccin contre le coronavirus de Pfizer et son partenaire BioNTech, et dans une moindre mesure par la victoire annoncée de Joe Biden à l'élection présidentielle. Biden vient d'ailleurs de prévenir que malgré le succès de Pfizer, les masques et la distanciation demeuraient cruciaux. Le Dow Jones est attendu en progression de... plus de 6% avant bourse, alors que le S&P500 avance de 4,2%. Le Nasdaq s'adjuge 1,5%, freiné par les rechutes de quelques 'biotechs' liées au covid. Le baril de brut WTI s'envole de 10% à 40,7$. L'once d'or chute de 4% à 1.870$.

Pfizer (+15% avant bourse) et son partenaire BioNTech (+25% en pré-séance à Wall Street) viennent d'annoncer d'incroyables résultats intermédiaires de phase 3 de leur vaccin contre le nouveau coronavirus. Les deux groupes font état d'une efficacité de plus de 90% du vaccin selon l'analyse intérimaire de phase 3. L'effet sur le marché est immédiat. Pfizer n'a pas indiqué combien de personnes malades avaient reçu son vaccin. Une efficacité de plus de 90% implique toutefois que pas plus de huit des 94 personnes infectées n'auraient reçu le vaccin. Le taux d'efficacité exigé par la Food & Drug Administration est quant à lui de 50%.

Albert Bourla, président et directeur général de Pfizer, salue les résultats obtenus et évoque "un grand jour pour la science et l'humanité". Ainsi, l'Américain et son partenaire allemand BioNTech estiment que les données comparant les individus vaccinés avec leur produit et ceux ayant reçu un placebo indiquent un taux d'efficacité du vaccin de plus de 90% à sept jours après la seconde dose. Cela signifie que la protection du Covid-19 serait atteinte 28 jours après la vaccination initiale, consistant en deux doses. Emporté à juste titre par un bel enthousiasme, le CEO de Pfizer évoque même "la plus importante avancée médicale des 100 dernières années".

Selon l'étude, le vaccin potentiel aurait donc une efficacité supérieure à 90% dans la prévention du Covid-19 chez les personnes sans preuve d'infection antérieure. Les données viennent d'être publiées par les deux partenaires ce lundi. C'est un réel soulagement et un signe majeur d'espoir qui est donc envoyé, alors que les groupes pharmaceutiques et les centres de recherche du monde entier luttent depuis des mois pour trouver une solution face à cette pandémie. Le taux d'efficacité du vaccin est remarquable, alors que les spécialistes espéraient un vaccin efficace à 75%, et que le Dr. Anthony Fauci, conseiller de la Maison blanche, estimait acceptable un vaccin efficace à 50 ou 60%.

L'analyse a évalué 94 cas confirmés d'infection sur une étude portant sur 43.538 participants. Le taux final d'efficacité du vaccin pourrait varier. Par ailleurs, les données de sécurité et d'autres éléments continuent à être collectés. Quoi qu'il en soit, Albert Bourla juge que ces résultats intérimaires de phase 3 fournissent la preuve de la capacité du vaccin à lutter contre le Covid-19. "Nous atteignons cette étape cruciale de notre programme de développement de vaccin au moment où le monde en a le plus besoin, les taux d'infection établissant de nouveaux records, les hôpitaux étant proches de la surcapacité et les économies peinant à rouvrir".

L'étude a recruté 43.538 patients à ce jour et 38.955 ont reçu la seconde dose du vaccin au 8 novembre. 42% des participants dans le monde et 30% des participants américains ont des origines raciales ou ethniques diverses. L'étude continue de recruter jusqu'à l'analyse finale, lorsqu'un total de 164 cas confirmés de Covid-19 se seront accumulés. L'étude évaluera également le potentiel du candidat vaccin à fournir une protection contre le Covid-19 chez les personnes qui ont déjà été exposées au SRAS-CoV-2, ainsi que la prévention vaccinale contre la maladie grave du Covid-19. En plus des principaux critères d'évaluation de l'efficacité évaluant les cas confirmés de Covid-19 accumulés à partir de 7 jours après la deuxième dose, l'analyse finale comprendra désormais, avec l'approbation de la FDA, de nouveaux critères d'évaluation secondaires évaluant l'efficacité sur la base des cas accumulés 14 jours après la deuxième dose. Les partenaires estiment que l'ajout de ces paramètres secondaires aidera à aligner les données sur toutes les études sur le vaccin Covid-19 et permettra des apprentissages croisés et des comparaisons entre ces nouvelles plateformes vaccinales.

"Avec les nouvelles d'aujourd'hui, nous faisons un pas de plus vers la fourniture aux populations du monde entier d'une avancée indispensable pour aider à mettre fin à cette crise sanitaire mondiale. Nous sommes impatients de partager des données supplémentaires d'efficacité et de sécurité générées par des milliers de participants dans les semaines à venir", s'enthousiasme encore le dirigeant. Pour l'heure, les deux compagnies n'ont pas observé de problème sérieux d'innocuité.

Pfizer et son partenaire allemand entendent demander l'autorisation d'urgence pour l'utilisation de leur vaccin auprès de la FDA peu après avoir obtenu deux mois de données, ce qui devrait en tout état de cause être possible fin novembre. Sur la base des projections actuelles, les deux groupes entendent produire 50 millions de doses en 2020 puis... 1,3 milliard en 2021. Les partenaires veulent soumettre les données de l'entière phase 3 finalisée, qui a débuté le 27 juillet, à des publications scientifiques à comité de lecture.

Biden salue dans un communiqué cette avancée. Dans le même temps, il rappelle qu'il est important de comprendre que la bataille contre le Covid-19 n'est pas terminée, et qu'une vaccination de masse n'interviendra pas avant de nombreux mois. Pour l'heure, le port du masque reste donc une arme plus puissante contre le virus. "La nouvelle de ce jour ne change pas l'urgente réalité", à savoir que les Américains devront pour se protéger maintenir le port du masque, la distanciation, le traçage des contacts, le lavage des mains et d'autres mesures...

Sur le front économique outre-Atlantique ce lundi, les opérateurs suivront juste des interventions des responsables de la Fed Loretta Mester et Patrick Harker.

Hier, Joe Biden a donc été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle par les grands réseaux médias, donc CBS, ABC, Associated Press, CNN, Fox ou NBC. Pennsylvanie et Nevada auraient ainsi placé Biden en tête et surtout au-dessus des 270 grands électeurs nécessaires pour remporter l'élection. Pourtant, Donald Trump ne rend pas les armes et évoque des éléments valides et légitimes l'autorisant à contester le décompte. Des procédures ont ainsi été initiées par l'équipe de Trump concernant la Pennsylvanie, le Michigan, la Géorgie et le Nevada. Les marchés apprécient quoi qu'il en soit le fait que les républicains soient en mesure de conserver le Sénat. Les démocrates sont quant à eux certains de remporter la Chambre des Représentants, qu'ils contrôlaient déjà.

La politique de Joe Biden, ancien vice-président d'Obama, est attendue modérée. Elle sera toujours soutenue par la politique monétaire très accommodante de la Fed, qui n'entend pas lever ses mesures d'assouplissement dans un contexte sanitaire qui demeure préoccupant. Le contexte semble donc relativement favorable pour les marchés financiers, même si la question d'un accord au Congrès sur un éventuel nouveau plan de relance de l'activité reste en suspens. Biden a lui lancé les préparatifs de la transition après l'annonce par les médias de sa victoire en Pennsylvanie, qui l'assure de disposer de la majorité des grands électeurs. Trump prévoit pour sa part de multiplier les recours juridiques et dénonce toujours une supposée fraude.

Les États-Unis ont franchi le cap des 10 millions de cas confirmés de contamination au nouveau coronavirus, si l'on en croit un décompte Reuters dimanche basé sur des données officielles. Dans le même temps, le nombre d'infections confirmées dans le monde a dépassé les 50 millions. Durant les dix derniers jours, près d'un million de nouvelles contaminations ont été recensées aux USA, soit le plus important rythme de propagation depuis qu'un premier cas a été signalé dans l'Etat de Washington il y a près de 300 jours, relate Reuters. Un record de plus de 130.000 infections a même été enregistré pour la seule journée de samedi. L'épidémie a causé plus de 237.500 décès aux Etats-Unis depuis son émergence.

Dans le monde, 50,4 millions de cas confirmés ont été recensés depuis le début de l'épidémie, dont 8,6 millions en Inde et 5,7 millions au Brésil. Le virus a fait 1,26 million de morts depuis son apparition, dont 237.572 aux Etats-Unis, 162.397 au Brésil et 126.611 en Inde.

Vendredi, Wall Street avait terminé en ordre dispersé, en attendant l'issue de l'élection qui semblait toutefois déjà très favorable à Joe Biden, et suite à des chiffres de l'emploi supérieurs aux attentes. Le DJIA concédait 0,24% vendredi à 28.323 points, alors que le Nasdaq progressait timidement de 0,04% à 11.895 points. Sur l'ensemble de la semaine passée, le S&P500 (+7,3%) et le Nasdaq (+9%) ont affiché leurs meilleures performances depuis le mois d'avril.

Dans l'actualité des entreprises ce lundi à Wall Street, Beyond Meat, Nikola, McDonald's, Plug Power et Revlon, comptent parmi les publications trimestrielles attendues.

Les valeurs

Pfizer et BioNTech devraient donc connaître ce jour une séance historique, suite à d'incroyables résultats intermédiaires de phase 3 de leur vaccin contre le nouveau coronavirus.

Les réactions des titres des autres laboratoires sont très diverses. Moderna Therapeutics grimpe maintenant, alors que le Dr. Fauci estime que le groupe pourrait afficher des résultats similaires à ceux de Pfizer. Johnson & Johnson ou CureVac progressent dans de moindres proportions.

Biogen dévisse, perdant un tiers de sa valeur boursière, un panel d'experts indépendants de l'agence américaine du médicament ayant jugé que son traitement expérimental de la maladie d'Alzheimer ne permettait pas de ralentir la progression de la maladie.

Parmi les secteurs dopés par ces annonces, on devrait retrouver notamment le compartiment aérien et le tourisme au sens large. Southwest Airlines, United Airlines, American Airlines ou Delta Air devraient donc décoller. Les valeurs plus généralement plombées par le virus telles que Walt Disney, AMC Entertainment ou le secteur de la restauration devraient également bénéficier de l'euphorie ambiante.

Le secteur bancaire profite de ces informations, avec des gains de plus de 6% pour JP Morgan, Wells Fargo, Citigroup, Bank of America...

Le secteur pétrolier est également recherché dans le sillage de la flambée des prix de l'or noir, les opérateurs jouant sans attendre le scénario de la reprise en V.

McDonald's est d'ailleurs attendu en vive hausse de 5% après des résultats trimestriels contrastés. Le géant de la restauration rapide a tout de même dépassé les attentes de revenus et profits sur le trimestre clos avec les commandes en livraison et click & collect. Pour le troisième trimestre, le groupe a réalisé un bénéfice par action de 2,35$, en croissance de 11%, contre 1,90$ de consensus. Les revenus ont décliné de 2% à 5,42 milliards de dollars avec la pandémie, en ligne avec le consensus. La croissance US à comparable est toutefois ressortie vigoureuse à 4,6%.

Berkshire Hathaway, la firme de Warren Buffett, a annoncé durant le week-end un bénéfice d'exploitation en baisse d'un tiers et prévenu que la pandémie pourrait encore peser sur ses comptes malgré la hausse de valeurs comme Apple, qui a dopé son résultat net.

F5 Networks. Elliott Management a pris une participation au capital du spécialiste de la sécurité informatique, a appris l'agence Reuters, selon laquelle Elliott est devenu l'un des premiers actionnaires de la firme.

Navistar. Traton, filiale de poids lourds de Volkswagen, a scellé l'acquisition du groupe américain pour un montant de 3,7 milliards de dollars.

Amazon, qui avait bénéficié ces derniers mois de la ruée vers les achats en ligne dans un contexte de confinement ou de restriction, corrige ce jour à Wall Street. Alphabet et Apple progressent. Facebook perd un peu de terrain. Microsoft demeure assez stable. Parmi les grandes vedettes du confinement, on peut également citer Zoom qui corrige lourdement...

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