Cotation du 20/09/2019 à 23h15 Dow Jones Industrial -0,59% 26 935,07
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Wall Street : "rien ne peut nous arrêter" (Trump)

Wall Street : "rien ne peut nous arrêter" (Trump)
Wall Street : 'rien ne peut nous arrêter' (Trump)
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine tente de surmonter ses craintes avant bourse ce vendredi et pointe désormais en vive hausse. L'indice large S&P500 est attendu en progression de 0,9%, alors que le Nasdaq gagne 1,2% et le DJIA 0,8%. Sur le marché des changes, l'indice dollar évolue à 98,3 (+0,1%).

D'après le rapport gouvernemental du jour aux Etats-Unis, les mises en chantier de logements pour le mois de juillet 2019 sont ressorties au nombre de 1,191 million d'unités, contre un consensus de place de 1,259 million et un niveau révisé à 1,241 million (contre 1,253 million) pour le mois antérieur. Les permis de construire du mois de juillet sont en revanche plus solides que prévu, à 1,336 million d'unités, contre 1,27 million de consensus et 1,232 million pour la lecture révisée du mois de juin 2019 (précédemment évaluée à 1,22 million).

L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains pour le mois d'août 2019, mesuré par l'Université du Michigan, sera annoncé à 16h (consensus 97,5).

Hier soir, le président américain a salué les résultats assez incroyables du géant de la distribution Walmart. "Walmart, un grand indicateur de la santé des USA, vient juste de sortir des résultats extraordinaires. Notre pays, contrairement à d'autres, se porte bien! Ne laissez pas les Fake News vous convaincre d'autre chose".

Trump a aussi prévenu la Chine hier, reprenant des commentaires de Steve Moore : "Si elle ne parvient pas à conclure cet Accord Commercial avec les U.S., la Chine pourrait subir sa première récession (ou pire!) depuis des années. Il y a un désinvestissement de Chine actuellement".

Il a également livré quelques propos mobilisateurs à destination de ses électeurs : "Les Américains peuvent tout faire, aller n'importe où et surperformer qui que ce soit. Personne ne peut nous battre. Rien ne peut nous arrêter car gagner est ce que font les Américains", s'est exclamé le leader de la Maison blanche.

Les marchés européens bénéficient pour l'heure, ce vendredi, des quelques bonnes nouvelles qui avaient émaillé l'actualité économique et des entreprises aux Etats-Unis hier, en particulier la solidité des ventes de détail et des indicateurs manufacturiers. La nervosité reste cependant palpable, avec le spectre de la récession. L'inversion de la courbe des taux aux Etats-Unis (passage du taux d'intérêt des bons du Trésor à deux ans sur le taux à dix ans en l'occurrence) a fait des émules, puisqu'elle a contaminé hier le Royaume-Uni et le Canada... Dans le même temps, les intervenants se font une raison face à l'enlisement du conflit commercial sino-américain.

Sur le front commercial, justement, la Chine a annoncé hier qu'elle allait devoir prendre des contre-mesures suite aux tarifs douaniers que les Etats-Unis menacent d'imposer sur 300 milliards de dollars d'importations chinoises supplémentaires. C'est ce qu'a précisé le ministère des Finances, repris notamment par Reuters. Ces taxes douanières enfreindraient en effet le consensus auquel étaient parvenus les dirigeants des deux superpuissances et n'iraient pas dans le sens d'un règlement du conflit par la négociation. Un peu plus tard, Donald Trump a joué l'apaisement. Le président américain a déclaré jeudi que négociateurs américains et chinois tenaient des discussions "productives" et rappelé que ceux-ci devraient à nouveau se rencontrer en septembre.

La cote américaine a évolué en ordre dispersé jeudi. A la clôture, le Dow Jones s'est adjugé 0,39% à 25.579 points, tandis que le S&P 500 a enregistré un gain de 0,25% à 2.848 points. Le Nasdaq a perdu de son côté 0,09% à 7.767 points. Les relatives bonnes 'stats' macroéconomiques - de la consommation surtout - et les résultats de Walmart constituaient les éléments positifs du jour, mais les opérateurs restaient prudents dans un contexte globalement contrasté. Un plus bas a par ailleurs été inscrit sur le rendement des 'Treasuries' à 30 ans, pour la première fois sous la barre symbolique des 2%, tandis que le rendement des emprunts d'Etat américains à 10 ans a brièvement touché un plus bas de trois ans à 1,475%.

La chute de Cisco et General Electric a pesé également sur la cote américaine hier. Les inquiétudes n'ont donc pas disparu, au surlendemain d'une séance de mercredi très éprouvante pour la bourse de New York - la pire journée de l'année pour l'indice Dow Jones -, les craintes de récession s'étant emparées du marché suite à l'inversion de la courbe des rendements du Trésor américain pour la première fois en 12 ans.

Les valeurs

Applied Materials, le géant américain des équipements destinés à la production de semi-conducteurs, a annoncé hier soir pour son troisième trimestre fiscal des résultats supérieurs aux attentes de marché. Le groupe a dégagé ainsi un bénéfice net de 571 millions de dollars et 61 cents par action, contre 1 milliard de dollars et 1,01$ par titre un an plus tôt. Le bénéfice ajusté a représenté 692 millions de dollars soit 74 cents par titre, contre 1,05 milliard de dollars un an auparavant. Les revenus se sont tassés à 3,56 milliards de dollars contre 4,16 milliards un an plus tôt. Le consensus de place se situait pour sa part à 70 cents de bénéfice ajusté par titre pour 3,53 milliards de ventes. Pour le quatrième trimestre fiscal 2019, le groupe envisage des revenus de 3,685 Mds$, plus ou moins 150 M$. Le bpa ajusté est espéré entre 72 et 80 cents.

Nvidia, le colosse des processeurs graphiques, grimpait de 7% après bourse à Wall Street hier. Pour le second trimestre fiscal, le groupe a réalisé un bénéfice net de 552 millions de dollars soit 90 cents par action, contre 947 millions de dollars et 1,54$ par titre un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action est ressorti pour sa part à 1,24$. Les revenus ont reculé à 2,58 milliards de dollars, contre 3,12 milliards de dollars un an auparavant. Le consensus de place était logé à 1,15$ de bénéfice par action pour 2,55 milliards de dollars de revenus. Les revenus provenant du 'gaming', activité phare du groupe, ont chuté de 27% à 1,31 Md$, comme attendu. Les revenus de centres de données ont baissé de 14%. Pour le troisième trimestre, le groupe envisage des revenus allant de 2,84 à 2,96 milliards de dollars, ce qui ressort assez prudent en comparaison des estimations de brokers.

Deere, le géant américain des engins agricoles, a réduit une fois encore ses prévisions de profits ce vendredi, affecté par la guerre commerciale sino-américaine. Pour le troisième trimestre fiscal, clos fin juillet 2019, le groupe de l'Illinois a annoncé un bénéfice net de 899 millions de dollars soit 2,81$ par action, contre 910 millions de dollars et 2,78$ par titre un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 2,71$, contre 2,83$ de consensus. Les revenus ont régressé de 3% à 10,04 milliards de dollars, ce qui dépasse tout de même les attentes de marché. Le groupe estime les résultats reflètent le haut degré actuel d'incertitude pesant sur le secteur agricole.

Sur l'exercice 2019, les ventes d'équipements sont attendues en progression de 4%, pour une augmentation de 5% des revenus totaux. Le bénéfice net est désormais anticipé à 3,2 milliards de dollars, contre 3,3 milliards auparavant.

General Electric reprend 3% en pré-séance à Wall Street ce vendredi, après avoir décroché hier de 11,3% sur des accusations de fraude comptable - sa plus forte baisse en 11 ans. Lawrence Culp, PDG de GE, vient en effet de déclarer l'acquisition de 252.000 titres de son groupe, ce qui vaut peut-être mieux que tous les démentis du monde. Cette information a été transmise à la SEC, autorité américaine de marché, après la clôture de Wall Street hier soir. Les titres ont été acquis à 7,93$ pièce, le montant total des achats s'élevant ainsi à 2 millions de dollars.

Hier, le titre GE était donc tombé brutalement, victime des attaques d'un lanceur d'alertes, qui avait sonné déjà l'alarme concernant Bernard Madoff et sa pyramide de Ponzi. Harry Markopolos et son équipe, dans un rapport de 175 pages posté sur Internet, préviennent ainsi que GE aurait commis une fraude comptable supposée de 38 milliards de dollars ! "C'est la plus grosse, plus gros qu'Enron et WorldCom réunis", selon Markopolos. "En fait, la fraude comptable de 38 milliards de dollars de GE représente plus de 40% de la capitalisation boursière de GE, ce qui la rend bien plus sérieuse que les fraudes comptables d'Enron ou de WorldCom", assure le spécialiste, affublant désormais le géant industriel américain du surnom peu flatteur de GEnron. Il estime en effet que GE semble utiliser bon nombre des 'tours comptables' de la triste époque du courtier en énergie texan Enron, dont la faillite frauduleuse est entrée dans l'histoire boursière. Harry Markopolos se concentre notamment sur des 'deals' d'assurance long terme exécutés par GE. Pour cet expert, le groupe américain aurait masqué des ratios massifs de pertes et des pertes exponentielles en dollars.

Selon lui, les pertes du groupe devraient se creuser. GE aurait besoin dans l'immédiat de 18,5 milliards de dollars de cash afin de faire face aux déficiences de son unité assurances. Markopolos ne pense pas que GE soit en mesure de faire face, et juge que les pertes à venir vont détruire le bilan du groupe et détériorer plus encore ses ratios d'endettement au point de ne plus respecter les covenants. Une fois prise en compte la fraude comptable potentielle, le spécialiste calcule que le ratio dette sur equity de GE sera de 17/1 ! Le spécialiste affirme par ailleurs que GE n'aurait pas comptabilisé de manière régulière sa participation dans la firme de services pétroliers Baker Hughes. Notons tout de même qu'Harry Markopolos a confié au Wall Street Journal qu'il travaillait avec un hedge fund affichant une position de vente à découvert sur GE.

Alors que le lanceur d'alertes assure que GE est à cours de fonds de roulement et que sa situation est bien plus dramatique qu'il n'y paraît, GE rétorque que ses comptes sont conformes et que sa communication respecte le degré d'intégrité le plus élevé. Le groupe juge ainsi les accusations "sans fondement".

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