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Wall Street : retour de l'inquiétude après les propos du Dr Fauci

Wall Street : retour de l'inquiétude après les propos du Dr Fauci
Wall Street : retour de l'inquiétude après les propos du Dr Fauci
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York affiche la prudence mardi soir après un avertissement du Dr Anthony Fauci, le principal conseiller santé de la Maison Blanche, contre les conséquences "très graves" en cas de déconfinement trop hâtif face au Covid-19. L'immunologue réputé rejoint ainsi de nombreux membres de la Réserve fédérale, qui ont eux aussi multiplié ces derniers jours les messages de prudence face aux risques encourus en cas de 2e vague de pandémie de coronavirus. De son côté, Donald Trump multiplie les encouragements à une réouverture de l'économie américaine.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cède 0,39% à 24.126 points, tandis que l'indice large S&P 500 recule de 0,48% à 2.916 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, reste proche de l'équilibre (-0,01%) à 9.191 pts.

Un risque de "morts et de souffrances inutiles" en cas de déconfinement trop hâtif

Lors d'une audition devant le Sénat par visioconférence, le Dr Fauci a estimé mardi que "les conséquences pourraient être très graves" en cas de déconfinement trop rapide dans un Etat américain, une ville ou une région. Si l'économie redémarre en des lieux qui "n'ont pas la capacité d'y répondre efficacement (à la crise sanitaire : ndlr), je crains que nous ne voyions des petites poussées qui pourraient devenir des épidémies" de coronavirus, a-t-il ajouté.

"Nous ne savons pas tout sur ce virus, et nous devrions vraiment faire très attention, particulièrement au sujet des enfants", a-t-il encore déclaré. "Il faut être prudent à l'heure [...] de penser que les enfants sont complètement immunes à ses effets nocifs", a-t-il insisté. Il a aussi averti que le bilan aux Etats-Unis, pays le plus touché par la pandémie, était "probablement plus élevé" que les 80.000 morts officiels, notamment en prenant en compte les cas de personnes décédées chez elles.

Lundi, le Dr Fauci avait lancé un avertissement encore plus sombre, en déclarant au 'New York Times' que les Etats-Unis risqueraient de connaître "des morts et de la souffrance inutiles" s'ils levaient les restrictions "de façon prématurée".

Donald Tump salue l'esprit "guerrier" des Américains

La prudence du Dr Fauci, une personnalité très respectée aux Etats-Unis, contraste avec l'impatience affichée ces dernières semaines par Donald Trump en vue de faire "rouvrir l'économie américaine". Mardi matin, le président américain a encore tweeté avec enthousiasme que "notre capacité de tests est la meilleure du monde, de loin. Les chiffres baissent dans la plupart des régions de notre pays, qui veut rouvrir et redémarrer. C'est ce qui est en train de se passer, en toute sécurité !", a-t-il estimé.

Le président a multiplié les tweets sur un éventail de sujets, appelant notamment une nouvelle fois de ses voeux des taux négatifs de la part de la Fed. "Tant que d'autres pays bénéficient des avantages des taux négatifs, les Etats-Unis devraient également accepter le 'CADEAU'", a-t-il lancé.

Il a aussi salué le récent rebond des cours du pétrole. "Les prix du Pétrole Brut augmentent alors que l'Arabie saoudite réduit ses niveaux de production. Nos grandes Compagnies d'Energie, avec des millions d'EMPLOIS, recommencent à bien paraître. Dans le même temps, les prix de l'essence sont à des niveaux historiquement bas (comme une grosse Baisse d'Impôt). Le MEILLEUR des Mondes. 'Transition vers la grandeur'".

Enfin, Donald Trump a soutenu Elon Musk, le patron de Tesla, qui entend rouvrir son usine califonienne en passant outre l'interdiction des autorités de cet Etat. Trump a ainsi estimé que "la Californie devrait laisser Tesla & Elon Musk ouvrir l'usine, MAINTENANT. Cela peut être fait Rapidement & de manière Sûre !"

"Les Américains sont des GUERRIERS!", a conclu le locataire de la Maison blanche, visiblement en grande forme.

Accalmie commerciale confirmée entre Washington et Pékin

Après leur vif rebond depuis leur point bas de mars, dans l'espoir d'une reprise économique après le déconfinement, les marchés financiers sont parvenus à la croisée des chemins. Les experts sont partagés sur la capacité des marchés d'actions à poursuivre leur rebond, malgré la forte baisse attendue des bénéfices des entreprises dans les trimestres à venir, et la probabilité d'une sévère récession en 2020, malgré un rebond de l'activité anticipé au 2e semestre.

Sur le front macro-économique ce jour, l'indice des prix à la consommation aux Etats-Unis pour le mois d'avril 2020 est ressorti en retrait de 0,8% en comparaison du mois antérieur, en ligne avec le consensus de marché. Hors alimentation et énergie, le CPI américain du mois d'avril a baissé pour sa part de 0,4% par rapport au mois précédent, contre un consensus de -0,2%.

Par ailleurs, l'accalmie commerciale entre les Etats-Unis et la Chine semble se confirmer, une semaine après les vives critiques de Washington sur la gestion chinoise de la crise sanitaire de coronavirus. La Chine a présenté mardi une liste supplémentaire de 79 produits américains qui pourront bénéficier d'exemptions des droits de douane imposés au plus fort de la guerre commerciale. Le ministère chinois aux Finances a précisé que les dérogations entreraient en vigueur le 19 mai et pour un an. Ces nouvelles exemptions, prévues par l'accord de Phase 1 signé en janvier, concernent notamment des métaux issus des terres rares, des minerais traités d'or et d'argent...

Le pétrole en forme après les annonces saoudiennes

Le marché pétrolier est reparti à la hausse mardi. Sur le Nymex, le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin rebondit de 7% à 25,83$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet reprend 1,6% à 30,10$.

L'Arabie saoudite a annoncé lundi que sa compagnie Aramco allait réduire sa production d'un million de barils par jour supplémentaires d'ici à juin. La semaine dernière, les cours du WTI avaient repris 25% et ceux du Brent 17%, sur fond d'espoirs d'une reprise progressive de la demande mondiale et d'annonces de baisses de production par l'Opep+ ainsi que de nombreux groupes pétroliers américains.

VALEURS A SUIVRE

La cotation du titre GrubHub a été suspendue dans l'attente d'un communiqué... Le cours de la société de livraison de repas bondissait de plus de 35% en matinée sur des rumeurs de négociations en vue d'un rachat par le groupe de VTC Uber (+5,5%).

Hertz Global Holdings (-5%), le loueur américain de véhicules, poursuit ses réductions de coûts face à une crise sans précédent, afin d'éviter un défaut sur sa dette atteignant 18,8 milliards de dollars à fin mars. Le groupe de Floride, dont le premier actionnaire n'est autre que le milliardaire Carl Icahn (à près de 39% des parts), espère des économies de 2,5 milliards de dollars de ses mesures de réduction des dépenses. Sur le trimestre clos fin mars, le groupe a essuyé une perte nette de 356 millions de dollars soit 2,50$ par titre, contre 147 millions de dollars et 1,54$ par titre un an avant.

Tesla (+2,1%). Elon Musk poursuit son offensive en Californie. "Tesla redémarre la production aujourd'hui contre les règles du comté d'Alameda. Je serai sur la ligne de production avec tout le monde. Si quelqu'un est arrêté, je demande que ce soit seulement moi", a tweeté le CEO hier. "Oui, la Californie a approuvé, mais un fonctionnaire non élu du comté a illégalement outrepassé. De plus, toutes les autres sociétés automobiles aux États-Unis sont autorisées à reprendre. Seul Tesla a été sanctionné. C'est super foiré!", a ajouté Musk en réponse à l'interrogation d'une internaute sur Twitter.

Tesla n'exclut pas de quitter la Californie, le groupe soulignant être le plus important employeur manufacturier californien avec plus de 10.000 salariés sur son site de Fremont et 20.000 à l'échelle de l'État tout entier. "Nous comprenons les impacts que le COVID-19 a causés et avons la responsabilité de veiller aux moyens de subsistance et à la sécurité de nos employés, dont beaucoup comptent sur nous et sont au chômage depuis des semaines (...). Compte tenu des récentes orientations du gouverneur, étayées par des données scientifiques et des données crédibles sur la santé, la classification par l'État et le gouvernement fédéral de la fabrication de véhicules en tant qu'infrastructure critique nationale, et de notre solide plan de sécurité, Tesla a entamé le processus de reprise des opérations. Nos employés sont ravis de retourner au travail, et nous le faisons en pensant à leur santé et leur sécurité", assure le groupe sur son blog.

Néanmoins, le constructeur de véhicules électriques a poursuivi en justice les autorités californiennes samedi, après que son directeur général eut menacé de quitter l'Etat pour le Texas ou le Nevada, si le comté où se trouve son unique usine américaine ne l'autorisait pas à reprendre partiellement les opérations. Le comté d'Alameda, où se situe donc le site de Fremont en Californie, a indiqué en effet au groupe qu'il ne pouvait pas rouvrir son usine du fait des mesures de confinement encore en place. Le groupe a estimé que ces restrictions constituaient une 'prise de pouvoir' par le comté, alors que le gouverneur californien a lui déclaré que les fabricants allaient être autorisés à rouvrir.

Duke Energy (+1%) a raté le consensus sur le trimestre clos. Le groupe a dégagé un bénéfice net de 899 millions de dollars soit 1,24$ par titre, contre 900 millions un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,14$, contre un consensus FactSet de 1,19$. Les revenus ont reculé à 5,95 milliards de dollars, contre 6,16 milliards un an plus tôt et 6,33 milliards de consensus. Le groupe dit prendre des mesures afin de compenser l'impact de la crise du nouveau coronavirus. Il table toujours sur un bpa ajusté 2020 allant de 5,05 à 5,45$ par titre, en espérant une reprise économique plus tard dans l'année.

Boeing (-2%). Il est 'très probable' qu'une grande compagnie aérienne américaine mette les clefs sous la porte cette année. Cet aveu du patron de Boeing a eu l'effet d'une bombe, dans un secteur qui traverse la plus importante crise de son histoire. Interrogé par NBC sur la possible disparition d'un transporteur américain, David Calhoun a répondu : "Oui, c'est très probable. Vous savez, il se passera quelque chose quand septembre arrivera". Selon le directeur général du groupe aéronautique, le trafic mondial de passagers ne devrait même pas atteindre 25% de son niveau d'avant la crise à cet horizon. "Peut-être qu'à la fin de l'année, nous approcherons des 50%, donc il faudra forcément qu'il y ait des ajustements du côté des compagnies aériennes", a précisé le dirigeant.

Genfit (-64%), le groupe français coté également sur le Nasdaq, perd deux tiers de sa valeur sur la cote américaine suite à des résultats décevants dans la NASH. Elafibranor n'a pas démontré d'effet statistiquement significatif sur le critère principal de résolution de la NASH sans aggravation de la fibrose, a annoncé le groupe. Genfit engagera un dialogue avec les autorités réglementaires afin de déterminer les prochaines étapes de la phase d'extension évaluant les effets d'elafibranor sur l'occurrence d'évènements cliniques tangibles.

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