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Wall Street retombe, avec Nike et les inquiétudes sur la croissance

Wall Street retombe, avec Nike et les inquiétudes sur la croissance
Wall Street retombe, avec Nike et les inquiétudes sur la croissance
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les marchés américains corrigent désormais ce vendredi, affectés par la chute de Nike et les inquiétudes relatives à la croissance globale. Le DJIA perd actuellement 1,07% à 25.684 pts, alors que le Nasdaq abandonne 1,28% à 7.738 pts. Le S&P500 régresse de 0,74% à 2.834 pts... Rappelons que S&P et Nasdaq étaient revenus hier sur leurs plus hauts niveaux en 5 mois.

Hier soir, Wall Street avait terminé la journée en vive hausse (+0,84% sur le DJIA et +1,42% sur le Nasdaq), saluant la souplesse monétaire de la Fed. L'humeur est tout à fait différente ce vendredi, les craintes étant de retour concernant le ralentissement économique mondial, en particulier en Europe où les indicateurs PMI ont déçu. Aux Etats-Unis, le PMI composite ressort inférieur aux attentes, mais reste fermement dans la zone d'expansion, alors que les chiffres des reventes de logements s'affichent robustes.

Les cours du pétrole corrigent depuis hier, après avoir abordé des plus hauts de 4 mois. Le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI a cédé 0,4% hier, et chute de 2% ce vendredi à 58,8$ le baril sur le Nymex, avec ces craintes de ralentissement de la conjoncture servant de prétexte aux prises de profits... Sur le marché des changes, l'indice dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de devises de référence, grappille encore 0,3% ce vendredi à 96,7...

Sur le marché obligataire américain, le rendement du '10 ans' (bon du Trésor) américain revient à 2,43%, au plus bas d'un an. Ce taux avait dépassé les 3% à l'automne 2018 lorsque la Fed envisageait encore de remonter ses taux par trois fois en 2019. Cette perspective est désormais écartée, puisque le banque centrale américaine a fait savoir mercredi qu'elle n'avait plus l'intention de relever ses taux directeurs en 2019. Elle n'envisage d'ailleurs qu'un seul tour de vis en 2020. La Fed a comme prévu maintenu mercredi son taux des fed funds dans une fourchette de 2,25% à 2,5%, et a révisé en baisse son objectif de fin d'année à 2,4%. En outre, la Fed a indiqué mercredi qu'elle mettrait fin en septembre à son programme de réduction du bilan.

Une croissance plus forte sans la Fed ?

Selon le président américain Donald Trump, qui s'exprimait à l'occasion d'une interview menée par Maria Bartiromo sur Fox Business, l'économie américaine aurait pu progresser de 4% au lieu de 3,1% en 2018, si la Banque centrale américaine n'avait pas relevé les taux durant l'année. Le leader de la Maison Blanche a par ailleurs affirmé qu'il lui était égal de savoir s'il avait influencé ou pas la décision de la Fed de faire une pause sur le plan monétaire. "Vous avez raison, le monde ralentit mais nous ne ralentissons pas, et franchement si nous n'avions pas eu quelqu'un qui relève les taux d'intérêt et procède à du resserrement quantitatif, nous aurions été à plus de 4 (% de croissance) au lieu de 3,1 (%)", a ainsi asséné Trump dans 'Mornings with Maria'.

Sur Twitter, Trump se réjouit plus simplement de la croissance effective de 3,1% des Etats-Unis. "3.1 PIB pour l'année, meilleurs chiffres en 14 ans!", résume donc le président américain, à qui certains reprochent d'avoir fait pression sur la Fed de Jerome Powell pour qu'elle adoucisse enfin son discours et sa politique.

Lenteurs des négociations commerciales

Sur le front commercial, malgré les tensions évoquées ces derniers jours, les négociations se poursuivent entre Washington et Pékin. Le ministère chinois du commerce a indiqué jeudi que la délégation américaine menée par Robert Lighthizer, le représentant au commerce, et Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, se rendrait à nouveau en Chine les 28 et 29 mars pour une nouvelle série de pourparlers. Le vice-Premier ministre Liu He, responsable des négociations côté chinois, se rendra aux Etats-Unis début avril, a précisé Pékin.

Les discussions ont patiné ces derniers jours en raison de la volonté de Pékin d'obtenir une levée des droits de douane sur ses exportations dès la signature de l'accord, ce que refuse Washington. L'administration Trump désire en effet s'assurer que la Chine mettra bien en oeuvre les dispositions, notamment concernant le respect de la propriété intellectuelle. Trump a ainsi affirmé mercredi que les droits de douane sur environ 250 milliards de dollars de produits chinois pourraient être maintenus pour une durée "considérable"... "Ils ont eu beaucoup de problèmes à respecter certains engagements" par le passé, a indiqué le président américain à la presse à propos des autorités chinoises.

Statistiques mitigées aux Etats-Unis

L'indice flash PMI composite américain du mois de mars 2019 est certes encore loin de la contraction, mais il déçoit amplement ce vendredi. Ainsi, l'indicateur composite ressort à 54,3, contre 55,2 de consensus de place et 55,8 pour sa lecture antérieure. L'indice manufacturier se monte à 52,5, contre 53,5 de consensus et 53,7 pour la précédente lecture. Enfin, l'indice des services manque également le consensus, à 54,8 contre 56.

Les reventes de logements existants pour le mois de février 2019, quant à elles, se sont établies sur un rythme de 5,51 millions d'unités, contre 5,1 millions de consensus et 4,93 millions un mois avant. Ces reventes de logements ont donc grimpé de 11,8% en comparaison du mois antérieur, même si elles se tassent encore de 1,8% en glissement annuel.

Les stocks de grossistes du mois de janvier 2019, qui viennent aussi d'être dévoilés, se sont établis en vive progression de 1,2% en comparaison du mois précédent, contre un consensus de place logé à +0,1%.

Enfin, la balance budgétaire du mois de février sera connue à 19h (consensus 227 milliards de dollars de déficit).

Sursis sur le Brexit

Sur le dossier du Brexit cette fois, les dirigeants de l'Union européenne ont accepté de reporter la sortie du Royaume-Uni du 29 mars au 22 mai ou au 12 avril - selon la ratification ou non de l'accord la semaine prochaine au Parlement britannique. May avait demandé à l'Union européenne un report de trois mois du Brexit, afin de disposer d'assez de temps pour convaincre le Parlement, qui avait déjà rejeté par deux fois l'accord de sortie. Les dirigeants européens avaient prévu d'accorder un report au 22 mai (veille des élections européennes) et d'organiser si besoin des discussions la semaine prochaine, après le vote de la Chambre des communes. Ils ont finalement approuvé un report au 22 mai à la condition que le Parlement britannique approuve la semaine prochaine l'accord de retrait. Dans le cas contraire, le Royaume-Uni aurait jusqu'au 12 avril pour proposer un nouveau projet ou quitter l'UE sans accord. Si la Chambre ne ratifie pas l'accord, le Royaume-Uni devra décider au plus tard le 12 avril s'il participe aux élections européennes de la fin mai. S'il décide de participer au scrutin, le gouvernement britannique pourra obtenir un autre report, au maximum au 30 juin...

Donald Tusk, président du conseil européen, résume l'affaire en expliquant que "toutes les options vont rester ouvertes" d'ici au 12 avril. Theresa May s'est dite pour sa part satisfaite des propositions de l'UE, et n'entend pas annuler le Brexit ni demander de report de longue durée.

Les valeurs

Nike perd plus de 4% à Wall Street. Les chiffres publiés hier soir, après la clôture, ont un peu déçu. Pourtant, au troisième trimestre fiscal, le bénéfice du géant américain des équipements sportifs a atteint 1,1 milliard de dollars, soit 68 cents par action, supérieur au consensus qui était placé à 64 cents. Pendant la même période 2018, le groupe avait enregistré une perte de 921 millions de dollars (57 cents par action). Les revenus ont totalisé 9,6 milliards de dollars sur le trimestre, conformes aux attentes, et en hausse de 7% par rapport à la même période l'an passé (9 Mds$).

Les ventes du groupe aux Etats-Unis ont quelque peu déçu, avec une hausse de 7% hors effets de change, là où les analystes attendaient plutôt 10% de croissance par rapport à l'an passé. Dans la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique, les ventes de Nike ont monté de 12% hors variations de change et en Chine, elles ont bondi de 24%. En Asie-Pacifique et en Amérique Latine, elles ont aussi fortement progressé, de l'ordre de 14%.

Levi Strauss s'est envolé de 32% hier pour son introduction sur le New York Stock Exchange, et gagne encore 2% ce jour. Rappelons que le prix d'introduction était fixé au-dessus du haut de la fourchette indicative, à 17$ pièce. Le fabricant de jeans a annoncé mercredi avoir placé pour 623 millions de dollars de titres dans le cadre de son 'IPO' (introduction en bourse). Ainsi, la valorisation de l'affaire s'établissait sur ces bases à 6,6 milliards de dollars. Compte-tenu de la hausse du cours, la valorisation approche désormais des 9 milliards de dollars.

Sur le montant total de la levée de fonds, 161 millions de dollars concernent l'émission d'actions nouvelles, tandis que 462 millions de dollars correspondent à des cessions d'actionnaires historiques. Les produits de l'opération doivent servir notamment au développement de la gamme, a affirmé le groupe contrôlé par la famille héritière (Haas). Levi Strauss était sorti de la cote en 1985 à l'initiative des héritiers du groupe. La marque légendaire de blue-jeans avait donc quitté le marché boursier américain il y a plus de trois décennies.

Boeing (-2%). Les deux catastrophes ayant impliqué un B737 MAX en moins de six mois risquent de peser lourd dans le carnet de commandes. Alors que Lion Air, un des principaux clients du best-seller de Boeing et client de lancement du 737 Max9, a déjà suspendu la livraison de 4 avions prévue cette année et pourrait annuler plusieurs milliards de dollars de contrats, Garuda Indonesia a indiqué avoir demandé l'annulation de sa commande de 49 avions 737 MAX. La compagnie aérienne nationale indonésienne a toutefois précisé qu'elle pourrait acquérir à la place d'autres modèles de Boeing. Les livraisons de 737 MAX sont bloquées alors que l'avion est interdit de vol dans tous les pays où il opère normalement. Boeing poursuit néanmoins la production de l'appareil...

Tiffany prend 3% à Wall Street. Le joaillier new-yorkais a pourtant publié des comptes marqués par des ventes inférieures aux attentes pour la période des fêtes. Sur le trimestre clos fin janvier 2019, le bénéfice net est ressorti à 205 millions de dollars soit 1,67$ par titre, contre 62 millions de dollars et 50 cents par action un an avant. Le bénéfice ajusté par action de ce quatrième trimestre s'est élevé à 1,60$, conforme au consensus de place. Les revenus ont en revanche quelque peu déçu, à 1,32 milliard de dollars contre 1,33 milliard de consensus. L'activité à comparable a reculé quant à elle de 1%.

Le groupe américain de luxe avait déjà prévenu d'une telle faiblesse de la demande il y a deux mois de cela, du fait de la faiblesse économique en Europe et sur le marché domestique.

Cintas (-6%) corrige à Wall Street, alors que la société a présenté hier soir ses comptes pour le troisième trimestre de l'exercice 2019. Les revenus de Cintas s'élèvent à 1,68 milliard de dollars, soit une hausse de 5,9% par rapport à l'an dernier, contre un consensus de 1,69 Md$. Le bénéfice net s'est quant à lui élevé à 200,9 millions de dollars sur le trimestre, soit 1,83 dollar par action contre 2,66$ l'année dernière. Le fournisseur d'uniformes basé dans l'Ohio bat donc le consensus de profit (1,71$), mais rate de peu celui de chiffre d'affaires.

Cintas réduit le haut de fourchette de sa guidance de revenus, mais renforce ses estimations annuelles de bénéfices. "Les fermetures chez les clients, causées par les intempéries et le calendrier des vacances au cours du trimestre, ont créé des difficultés pour nos itinéraires. Malgré ces difficultés, nous avons tout de même enregistré une croissance organique solide pour le trimestre", a déclaré la société.

BlackRock (-3%), géant de la gestion d'actifs, a confirmé ce jour l'acquisition du Français eFront, spécialiste des logiciels d'investissement, pour 1,3 milliard de dollars en numéraire, auprès du fonds Bridgepoint et des salariés d'eFront. BlackRock entend intégrer eFront à sa plateforme Aladdin, utilisée par de nombreuses institutions pour le contrôle et la surveillance des risques, ainsi que les décisions d'investissement.

Avon Products (+7%) grimpe à Wall Street, sur un article du 'Wall Street Journal'. Le WSJ croit donc savoir qu'Avon envisagerait d'être racheté par un concurrent brésilien, Natura & Co, dans le cadre d'une opération où Natura récupèrerait la branche nord-américaine d'Avon scindée il y a trois ans.

Johnson & Johnson (stable), colosse pharmaceutique et médical américain, va comptabiliser une charge de près de 700 millions de dollars au premier trimestre suite à l'arrêt du développement du traitement AL-8176 contre le virus respiratoire syncytial et le métapneumovirus.

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