Cotation du 17/12/2018 à 16h45 Dow Jones Industrial -0,57% 23 962,79
  • DJIND - US2605661048

Wall Street retombe après le rapport sur l'emploi, le pétrole flambe

Wall Street retombe après le rapport sur l'emploi, le pétrole flambe
Wall Street retombe après le rapport sur l'emploi, le pétrole flambe
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street demeure extrêmement volatil ce vendredi, repassant désormais nettement dans le rouge, malgré les rumeurs relatives à une éventuelle 'pause monétaire' de la Fed, et la flambée des prix du pétrole consécutive à l'accord de l'OPEP pour une réduction de production. Les craintes de ralentissement économique semblent donc l'emporter, après des chiffres mitigés de l'emploi américain pour le mois de novembre. Le DJIA perd désormais 0,84% à 24.739 pts, alors que le Nasdaq abandonne 1,09% à 7.109 pts. Le S&P500 fléchit de 0,70% à 2.677 pts.

Sur le marché des changes ce vendredi, l'indice dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, se stabilise à 96,7.

Plus souple, la Fed de Powell ?

Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité actuelle que le taux des fonds fédéraux soit porté entre 2,25 et 2,50% le 19 décembre est de près de 75%, contre 25% pour la 'proba' d'un statu quo. Comme la Fed n'aime pas contrarier les marchés, cette prévision devient en quelque sorte autoréalisatrice, et la probabilité d'un tour de vis d'un quart de point est donc sans doute encore bien plus importante. Il s'agirait alors de la quatrième et dernière hausse des taux de l'année 2018. La suite des événements est bien plus incertaine, la probabilité d'une nouvelle augmentation des taux d'un quart de point étant anecdotique pour le 30 janvier 2019 (réunion FOMC suivante), mais plus conséquente pour le 20 mars (30% de chances d'un taux allant de 2,50 à 2,75%)...

Le 'Wall Street Journal' va encore un peu plus loin, et estime que la Fed devrait considérer une approche attentiste après la hausse de taux du 19 décembre. Ainsi, le WSJ juge que la Banque centrale américaine ne sait pas encore quelle sera la date de la remontée des taux suivante.

Une pause de la Fed constituerait une victoire de Donald Trump, qui milite pour l'arrêt de la hausse des taux depuis de longs mois et ne cesse de critiquer ouvertement la politique de Jerome Powell. Le Président de la Fed devait livrer mercredi son témoignage devant le Joint Economic Committee du Congrès américain, mais l'événement a été annulé en raison de la journée de deuil national en hommage au Président George H.W. Bush. L'intervention sera reprogrammée.

Au gré des espoirs commerciaux...

Donald Trump a également apporté son petit coup de pouce il y a quelques instants sur Twitter en affirmant que les discussions commerciales avec la Chine se déroulaient "très bien".

Rappelons que le début de semaine avait été marqué par une réaction positive à l'accord de trêve commerciale de 90 jours entre les États-Unis et la Chine. Les choses s'étaient ensuite compliquées. Le Président américain Donald Trump avait inquiété les opérateurs en soufflant le chaud et le froid sur le réseau social média Twitter qu'il affectionne tant...

Le pétrole flambe avec l'OPEP

Sur le Nymex, les prix du pétrole s'envolent désormais après l'annonce du verdict de l'OPEP, qui se réunissait depuis hier et vient de convenir d'une baisse globale de production de 1,2 million de barils par jour... Le baril de brut WTI (contrat de janvier) rebondit de 4,8% à près de 54$. Les ministres du pétrole de l'OPEP, de la Russie et d'autres producteurs majeurs se réunissaient à Vienne afin de revoir leur accord actuel de production. L'OPEP et ses alliés ont finalement opté pour une réduction de leur offre de 1,2 million de bj. Le cartel diminuera sa production de 800.000 bj alors que les pays n'appartenant pas à l'organisation couperont la leur de 400.000 bj. Sous le coup de sanctions américaines, l'Iran serait exempté de cet accord.

Le chômage américain au plus bas de 49 ans, mais...

Le chômage américain est ressorti au plus bas de 49 ans en novembre 2018, pour le troisième mois consécutif, mais les créations de postes non-agricoles ont quant à elles déçu. Ces dernières ressortent en effet au nombre de 155.000, alors que le consensus était quant à lui proche des 200.000 créations.

D'après le Département américain au travail ce vendredi, les gains en matière d'emploi pour le mois de novembre ont concerné les secteurs de la santé, de l'industrie manufacturière ou du transport. Le taux de chômage est ressorti à 3,7% pour le troisième mois consécutif. Le nombre des personnes sans emploi n'a pas affiché de grande évolution non plus, à 6 millions. Sur l'année, le taux de chômage et le nombre de personnes sans emploi ont reculé respectivement de 0,4 point de pourcentage et 641.000.

Le taux de participation à la force de travail (62,9% contre 62,8% de consensus) et le ratio emploi sur population (60,6%) sont ressortis inchangés en novembre.

Les créations de postes non-agricoles du mois de novembre sont donc ressorties au nombre de 155.000, contre une moyenne de 209.000 sur les 12 derniers mois. Les créations d'emplois du mois d'octobre ont été révisées en baisse de 250.000 à 237.000, alors que celles du mois de septembre ont été ajustées en hausse de 118.000 à 119.000. Ainsi, la moyenne des gains sur les trois derniers mois ressort à 170.000 après ces ajustements.

Programme économique étoffé

L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan pour le mois de décembre 2018 est ressorti à 97,5, contre un consensus de place de 97,4 et un niveau de 97,5 pour la lecture finale du mois de novembre.

Notons également, dans l'actualité économique américaine, l'annonce à l'instant d'une augmentation de 0,8% des stocks de grossistes pour le mois d'octobre, en comparaison du mois antérieur.

Enfin, les chiffres du crédit à la consommation pour le mois d'octobre seront communiqués à 21 heures ce soir (consensus 15,3 milliards de dollars).

Lael Brainard, gouverneure de la Fed, s'exprimera ce jour à l'occasion d'un déjeuner du Peterson Institute for International Economics à Washington.

Confusion sur le front commercial

La confusion règne toujours sur le front commercial, entre Washington et Pékin, malgré l'accord de 'cessez-le-feu' précédemment conclu. Les deux superpuissances doivent s'abstenir de nouvelles sanctions réciproques deux mois durant. Trump, s'épanchant cette semaine sur le sujet, n'a pas su convaincre, bien au contraire. Le Président américain s'est en effet montré confiant quant à la conclusion finale d'un accord, tout en menaçant de nouveau la Chine de nouvelles taxes en cas d'échec, de manière quelque peu schizophrène...

L'affaire Huawei préoccupe

Par ailleurs, l'arrestation de la directrice financière du colosse télécom chinois Huawei (et fille de Ren Zhengfei - fondateur du groupe), Meng Wanzhou, au Canada, sur requête d'extradition des Etats-Unis, montre que la belle entente récente entre Trump et Xi Jinping pourrait avoir ses limites. Les USA enquêtent sur d'éventuelles infractions de Meng Wanzhou aux sanctions américaines contre l'Iran. Cet événement inattendu pèse également sur les marchés, certains craignant qu'il ne fasse dérailler les fragiles négociations entre Washington et Pékin. Les agences US de renseignement estiment par ailleurs que Huawei est lié au gouvernement chinois et que ses infrastructures pourraient contenir des accès cachés pour permettre une utilisation par les services d'espionnage chinois, relate Reuters. Également inquiet, le Japon prévoit d'interdire l'accès des équipementiers chinois Huawei et ZTE à ses marchés publics... Huawei a annoncé ce jour la nomination de son président Liang Hua au poste de directeur financier, à titre intérimaire.

De son côté, Pékin n'apprécie évidemment pas et juge que les Etats-Unis veulent en fait freiner son champion Huawei, en pleine phase d'expansion. C'est du moins ce qu'affirme ce jour le 'Daily China', après l'arrestation de la directrice financière de Huawei sur demande des autorités américaines. Le Président américain Donald Trump n'était pourtant pas au courant de cette demande d'extradition avant son entretien avec Xi Jinping, ont affirmé des représentants de la Maison blanche cités par Reuters. La directrice financière de Huawei, arrêtée le 1er décembre, comparaît ce vendredi devant un tribunal de Vancouver. Il s'agit d'une première audience consacrée simplement à sa mise en liberté sous caution.

Les valeurs

Tesla (+3%). Le groupe d'Elon Musk envisagerait d'utiliser un mélange de titres et de cash (50/50) pour payer son échéance de dette du mois de mars. Le spécialiste de Jefferies vient par ailleurs de doper sa recommandation sur Tesla de 'conserver' à 'achat', fixant un objectif de cours de 450$ matérialisant encore un joli potentiel haussier. Le broker prend note du moindre risque bilantiel. Bloomberg croit pour sa part savoir que les détenteurs d'obligations convertibles arrivant à maturité en mars pourraient être payés par un mix 50-50 de cash et d'actions du groupe, ce qui confirme l'amélioration du cash flow et de la rentabilité. Le courtier conseille au talentueux mais fantasque Elon Musk de se concentrer sur les produits, la vision et d'autres entreprises, et de réduire son implication directe, compte tenu de son comportement jugé "erratique"...

Broadcom (+1%) progresse timidement au lendemain de l'annonce de ses comptes trimestriels. Le groupe californien de San Jose, acteur majeur du marché des semi-conducteurs, a dévoilé pour son quatrième trimestre fiscal des revenus et bénéfices supérieurs aux attentes de marché. Broadcom, qui a racheté CA Technologies pour 19 Mds$ plus tôt cette année afin notamment de s'affranchir du cycle 'semi', a réalisé sur le trimestre un bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires de 1,12 milliard de dollars et 2,64$ par titre, contre 532 M$ et 1,25$ par titre un an avant. Le bénéfice ajusté trimestriel par action s'est établi à 5,85$, contre 5,58$ de consensus. Les revenus ont progressé de 12% à 5,44 Mds$ (5,39 Mds$ de consensus).

Hock Tan, le directeur général du groupe, a simplement précisé que le 1er trimestre fiscal 2019 allait être "ok", sans fournir de guidance plus précise. Les opérations 'wireless', comprenant notamment les produits destinés à Apple, devraient connaître toutefois un ralentissement saisonnier à en croire le dirigeant... Broadcom n'entend plus livrer de prévisions trimestrielles. Le groupe dit envisager, sur l'ensemble de l'exercice entamé, des revenus de 24,5 Mds$, à comparer à un consensus de 22,4 Mds$.

Amazon (-1%) entend implanter ses magasins sans caisse dans les aéroports américains afin de profiter de la clientèle des voyageurs pressés, selon des documents officiels et une personne informée de ce projet cités ce jour par l'agence Reuters. Le colosse américain du e-commerce déploie depuis plusieurs mois ce nouveau type de magasins 'Amazon Go', où les consommateurs entrent en franchissant un tourniquet à l'aide de leur smartphone, avant de s'adonner à leur shopping sous la surveillance de caméras. Amazon prélève ensuite le montant de leurs achats à partir de cartes pré-enregistrées, comme le détaille Reuters. Le groupe de Jeff Bezos a ouvert sept boutiques de ce type depuis janvier, à Chicago, San Francisco et Seattle. La clientèle y est surtout composée d'employés des bureaux voisins.

Amazon entendrait donc désormais installer ce type de magasin dans les grands aéroports aux Etats-Unis, croit savoir Reuters, qui cite des demandes d'informations adressées aux exploitants aéroportuaires. L'agence constate par ailleurs que la division d'Amazon spécialisée dans le cloud, Amazon Web Services, est déjà en contact avec divers aéroports pour d'autres activités. Enfin, une personne ayant connaissance de la question a précisé qu'Amazon avait détaché l'un de ses employés sur ce projet.

Boeing (-1%). La justice brésilienne a bloqué le projet de rapprochement du groupe américain avec Embraer en attendant l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro. L'ordonnance rendue par un tribunal fédéral de Sao Paulo interdit au conseil d'administration du groupe brésilien de signer un accord créant une coentreprise d'aviation civile qui serait contrôlée par Boeing. Le tribunal avait été saisi par quatre parlementaires du Parti des travailleurs. Si cette annonce risque de retarder ce rapprochement, il n'est pas dit qu'elle remette en cause l'accord conclu en juillet.

Big Lots s'effondre de 21% à Wall Street, le groupe ayant dévoilé des pertes plus lourdes que prévu. Sur le trimestre clos début novembre, la perte nette est ressortie à près de 7 millions de dollars soit 16 cents par action, contre un bénéfice de 4 millions de dollars un an auparavant. Le groupe envisageait jusqu'alors un bpa trimestriel allant de -6 cents à +4 cents. Le consensus était de 1 cent de perte par action. Les revenus trimestriels sont ressortis à 1,15 Md$, contre 1,11 Md$ un an plus tôt et 1,14 Md$ de consensus. La croissance à comparable est ressortie à +3,4%.

Altria (+2%), propriétaire de la marque de cigarettes Marlboro, a annoncé un investissement de 1,8 milliard de dollars dans le producteur canadien de cannabis Cronos pour prendre 45% de son capital. Altria va acquérir 146,2 millions d'actions nouvelles à 16,25 dollars canadiens le titre, soit une prime de 16% par rapport au cours de clôture de sa cible jeudi à Toronto. A l'issue de l'opération, Altria pourra nommer au conseil de Cronos quatre administrateurs.

©2018,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com