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Wall Street retombe, après... d'excellents chiffres de l'emploi

Wall Street retombe, après... d'excellents chiffres de l'emploi
Wall Street retombe, après... d'excellents chiffres de l'emploi
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street est attendu en forte baisse avant bourse, le S&P 500 abandonnant 1,1%, le Dow Jones 0,7% et le Nasdaq 1,4%. Les opérateurs accueillent avec grande prudence l'excellent rapport sur l'emploi du jour, qui signifie aussi que la Fed a encore plus de marge de manoeuvre pour poursuivre sa remontée des taux. Le baril de brut WTI perd actuellement 1,1% sur le Nymex à 87,6$. L'once d'or recule de 1,2% à 1.785$. L'indice dollar bondit de 1% face à un panier de devises. Le bitcoin se redresse sur les 23.000$.

Malgré la "récession technique" en cours aux États-Unis, le marché du travail semble se porter pour l'instant à merveille. Ainsi, d'après le rapport du Département américain au Travail tout juste dévoilé, les créations de postes non-agricoles du mois de juillet 2022 sont ressorties au nombre de 528.000, plus du double du consensus qui s'établissait à 250.000. Mieux encore, le taux de chômage américain a reculé à 3,5%, contre 3,6% de consensus et 3,6% un mois avant. Les créations d'emplois du mois de juin ont en outre été révisées à la hausse, à 398.000 contre 372.000 auparavant estimé.

Les créations d'emplois dans le privé en juillet 2022 ont été au nombre de 471.000, ici encore plus du double du consensus des économistes de la place. Ces créations dans le privé pour le mois de juin ont été revues à 404.000, contre 381.000 précédemment évalué. Les créations d'emplois manufacturiers ont été de 30.000, deux fois plus nombreuses qu'attendu. Le taux de participation à la force de travail a atteint 62,1%. Le salaire horaire moyen a grimpé de 0,5% (0,3% de consensus) en comparaison du mois antérieur et de 5,2% sur un an.

Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité d'un nouveau geste fort de la Fed de 75 points de base à l'issue de la prochaine réunion monétaire des 20 et 21 septembre est maintenant de 65,5%, ce qui porterait le taux des fonds fédéraux entre 3 et 3,25%, contre 2,25 à 2,5% actuellement. La probabilité d'une hausse de taux de 50 points de base n'est plus que de 34,5%. Ainsi, les marchés tablent sur une troisième hausse de taux de trois quarts de point, et envisagent même une fourchette de 3,5 à 3,75% (probabilité 47%) en fin d'année.

En outre, les tensions sino-américaines se confirment. La Chine a fait état d'une série de mesures de rétorsion contre les Etats-Unis et de sanctions contre Nancy Pelosi, trois jours après la visite à Taïwan jugée provocante de la présidente de la Chambre américaine des représentants. L'armée chinoise a quant à elle débuté une deuxième journée d'exercices militaires autour de l'île. Le ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé la suspension de la coopération entre Chine et Etats-Unis dans un certain nombre de domaines, dont le dialogue militaire à haut niveau ou les négociations climatiques, précise Reuters.

Les valeurs

Block, ex-Square, le groupe californien de technologies de paiement mobile et digital de Jack Dorsey, a battu le consensus de résultats sur le trimestre clos, mais le titre décrochait après bourse à Wall Street hier soir suite aux annonces. Plusieurs métriques clés ont en effet raté le consensus. Le groupe a fait état d'une chute de 34% des revenus bitcoin de Cash App à 1,79 milliard de dollars. Une charge de 36 millions de dollars a été passée par ailleurs sur les investissements BTC. La marge brute sur le trimestre clos a représenté 1,47 milliard de dollars, contre 1,46 milliard de consensus. Le bénéfice ajusté par action a été de 18 cents, contre 16 cents de consensus. Hors bitcoin, les revenus trimestriels ont été de 2,62 milliards de dollars, en croissance de 34%. Block a déclaré que la baisse de son activité 'crypto' était "principalement due à une baisse de la demande des consommateurs et du prix du bitcoin, liée en partie à une incertitude plus large autour des actifs digitaux, qui a plus que compensé l'avantage de la volatilité du prix du bitcoin au cours du trimestre".

DoorDash, le groupe américain de livraison de repas, a largement dépassé les attentes de revenus sur le trimestre clos et relevé dans la foulée ses prévisions, malgré l'environnement de dépenses attendu plus difficile. Les revenus ont augmenté de 30% au deuxième trimestre pour atteindre 1,6 milliard de dollars, a annoncé le groupe de San Francisco. Le consensus était de 1,52 milliard de dollars. Les clients ont passé 426 millions de commandes au cours des trois mois se terminant le 30 juin, ce qui ressort en progression de 23% par rapport à l'année précédente. La valeur de ces commandes a augmenté de 25% pour atteindre 13,1 milliards de dollars, dépassant les attentes de Wall Street (12,7 milliards de dollars). Les résultats sont les premiers à intégrer les données financières de Wolt, basé à Helsinki, depuis son acquisition par DoorDash en novembre. Les résultats positifs ont apaisé les craintes selon lesquelles la hausse de l'inflation découragerait les consommateurs de services discrétionnaires comme la livraison de nourriture. Le chemin vers la rentabilité reste toutefois long. DoorDash a enregistré une perte nette de 263 millions de dollars, soit 72 cents par titre, sur le trimestre, plus du double de sa perte d'il y a un an.

Lyft, le rival californien d'Uber, bondit de 10% avant bourse à Wall Street. Le groupe a publié en effet hier soir des comptes supérieurs aux attentes de marché. Pour le deuxième trimestre, le bénéfice ajusté par action a été de 12 cents, contre -5 cents de consensus et -6 cents un an avant. Les revenus se sont établis à 991 millions de dollars, très proches des attentes des analystes, à comparer aux 765 millions de dollars de l'an dernier. L'Ebitda ajusté de la compagnie a représenté 79,1 millions de dollars sur le trimestre clos, alors que le groupe anticipait un niveau allant de 10 à 20 millions de dollars. L'activité sur ce trimestre clos fin juin a globalement retrouvé ses meilleurs niveaux depuis le début de la pandémie. Le groupe envisage par ailleurs un bénéfice opérationnel d'un milliard de dollars en 2024.

Motorola Solutions, le groupe télécom américain né d'une scission de Motorola il y a plus de dix ans déjà, a annoncé pour son deuxième trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 2,07$, contre 1,9$ de consensus et 2,07$ un an plus tôt. Les revenus du groupe ont été de 2,14 milliards de dollars pour la période, 4% de mieux que le consensus, contre 1,97 milliard de dollars un an avant. La compagnie se permet par ailleurs de relever ses estimations de revenus et de profits pour l'année, forte d'un backlog record de 13,4 milliards de dollars en fin de période, en croissance de 19%. MSI s'attend désormais à une croissance des revenus d'environ 8%, en hausse par rapport à ses prévisions antérieures d'environ 7%, et à un bénéfice par action ajusté compris entre 10,03$ et 10,13$, en hausse par rapport à ses prévisions antérieures comprises entre 9,80 et 9,95$. Ces perspectives supposent environ 170 millions de dollars de "vents contraires" de changes, environ 172 millions d'actions entièrement diluées et un taux d'imposition effectif de 21 à 21,5%.

Warner Bros Discovery plonge avant bourse à Wall Street ce vendredi, le groupe ayant raté le consensus de revenus sur le trimestre clos et essuyé une très lourde perte de 3,42 milliards de dollars ! Le conglomérat média américain a annoncé des revenus de seulement 9,8 milliards de dollars sur la période close, contre 11,9 milliards de consensus. Maigre consolation, le groupe dit avoir terminé le trimestre avec 92,1 millions d'abonnés sur ses plateformes de streaming, en hausse de 1,7 million. Il vise un objectif de 130 millions d'abonnés à horizon 2025, pour 1 milliard de dollars d'Ebitda sur ces activités. En attendant, le "pic de pertes" des opérations de streaming est attendu pour cette année ! Il s'agit donc d'une première publication financière particulièrement douloureuse pour le groupe combinant HBO Max et d'autres propriétés de WarnerMedia.

Amgen, le géant américain des biotechnologies, a annoncé hier soir des comptes supérieurs aux attentes de marché pour son deuxième trimestre fiscal. Le bénéfice ajusté par action a représenté ainsi 4,65$, à comparer à un consensus de 4,4$ et un niveau de 4,38$ un an plus tôt. Les revenus ont totalisé 6,59 milliards de dollars sur ce trimestre clos en juin, dépassant d'environ 1% le consensus, contre 6,53 milliards de dollars un an plus tôt. Amgen Inc. a par ailleurs accepté d'acheter ChemoCentryx, firme biopharmaceutique spécialisée dans les thérapies administrées par voie orale pour traiter les maladies auto-immunes, les troubles inflammatoires et le cancer, pour 3,7 milliards de dollars en cash. Le Californien Amgen propose 52 dollars par action pour ChemoCentryx, dont le titre s'enflammait hier de 109% à Wall Street.

Pour l'année, Amgen s'attend désormais à un chiffre d'affaires de 25,5 à 26,4 milliards de dollars. La société a également maintenu ses perspectives de bénéfice ajusté allant de 17 à 18 dollars par action. "Nous nous concentrons sur la réalisation de nos objectifs à long terme en servant un nombre toujours croissant de patients dans le monde avec nos médicaments", a déclaré le directeur général Robert Bradway.

Zoetis, le laboratoire pharmaceutique américain, leader mondial en santé animale, a annoncé hier soir pour son deuxième trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 1,2$, contre 1,22$ de consensus et 1,19$ un an plus tôt. Les revenus totaux se sont appréciés de 5% à 2,1 milliards de dollars, contre 2,03 milliards de consensus. Le groupe livre par ailleurs des prévisions relativement prudentes. Zoetis a noté que Draxxin et Zoamix - des traitements pour le bétail et la volaille, respectivement - ??étaient confrontés à des génériques aux États-Unis. De plus, les marchés américains du boeuf et des produits laitiers restent faibles. Les produits porcins ont progressé aux États-Unis, mais ont chuté à l'échelle internationale. Pour l'année, Zoetis a abaissé ses perspectives. Désormais, la société s'attend à gagner entre 4,97 et 5,05 dollars par action, en baisse de 3 cents par rapport à ses prévisions précédentes. Zoetis vise un chiffre d'affaires de 8,225 à 8,325 milliards de dollars, en baisse de 25 millions de dollars par rapport à la guidance antérieure.

Virgin Galactic, le groupe de tourisme spatial fondé par Richard Branson, plonge avant bourse à Wall Street, sur un nouveau report du lancement de son service commercial, programmé désormais au deuxième trimestre 2023. En outre, les réserves de trésorerie du groupe s'amenuisant, Virgin Galactic cherche encore à vendre pour 300 millions de dollars de nouveaux titres dans le cadre d'une offre 'au marché'. La startup avait auparavant déçu les investisseurs en repoussant le lancement, autrefois prévu au troisième, puis au quatrième trimestre 2022. En mai, Virgin Galactic l'avait reporté au premier trimestre 2023. La consommation de cash du groupe a par ailleurs tendance à s'accélérer. Pour le deuxième trimestre, Virgin Galactic a déploré une perte de 110 millions de dollars. Le niveau de cash et équivalents a lui baissé de 40% en glissement annuel à 330 millions de dollars.

AMC chute à Wall Street. La chaîne américaine de cinémas, grande star de la période des 'meme stocks', a quelque peu déconcerté les opérateurs hier soir en annonçant un dividende "equity" sous forme de titres "APE". Adam Aron, directeur général de la plus grande chaîne de cinéma aux USA, a précisé que le nouvel instrument financier servant de dividende exceptionnel s'apparenterait à une 'division d'actions' (split). AMC pourrait émettre davantage de titres privilégiés, qui, une fois convertis en actions AMC, dilueraient possiblement les détenteurs existants. C'est du moins la crainte des investisseurs. Pour l'instant, les actionnaires obtiendront une part de la nouvelle action privilégiée, qui, selon Aron, viserait à "reconnaître nos actionnaires passionnés et solidaires". Les actions privilégiées, qui seront cotées à New York sous le symbole "APE", seraient convertibles en actions AMC, sous réserve de l'autorisation d'AMC et des investisseurs - qui avaient repoussé prudemment l'an dernier un effort visant à émettre 25 millions de nouvelles actions. Aron a déclaré que la société pourrait autoriser des actions privilégiées supplémentaires à l'avenir pour réduire la dette, faire des acquisitions dans le secteur ou rembourser les créanciers.

Plus sérieusement, la chaîne a annoncé hier soir une perte de 20 cents par action, à l'exclusion de certains éléments, mieux que la perte de 24 cents attendue par les analystes. Les revenus ont plus que doublé pour atteindre 1,17 milliard de dollars, en ligne avec les attentes. Alors que les ventes de billets s'améliorent, la chaîne n'a pas encore retrouvé les 1,5 milliard de dollars de recettes du deuxième trimestre de 2019. AMC a écoulé 43,5 millions de billets aux États-Unis au deuxième trimestre, contre 71,9 millions au deuxième trimestre de 2019.

Meta, ex-Facebook, se lance sur le marché obligataire avec une émission massive. Bloomberg indique que le groupe a vendu pour 10 milliards de dollars d'obligations dans le cadre d'un deal en quatre tranches. L'agence cite des personnes proches de la question. La plus longue portion de l'offre porte sur une échéance à 40 ans au taux de 1,65% supérieur aux bons du Trésor. L'offre a connu un joli succès selon Bloomberg, la demande excédant les 30 milliards de dollars. Le produit de la vente d'obligations peut être utilisé à des fins telles que des dépenses en capital, des rachats d'actions et des acquisitions ou des investissements, indique Bloomberg, qui juge que la société pourrait être plus susceptible d'utiliser l'argent pour renforcer considérablement ses rachats d'actions, embaucher et retenir des employés talentueux, plutôt que pour augmenter les dépenses en investissements dans le metaverse. Meta a utilisé ses liquidités pour racheter des actions, dont 5,1 milliards de dollars au deuxième trimestre de cette année, et disposait de 24,3 milliards de dollars pour des rachats au 30 juin, selon sa publication de résultats la semaine dernière.

Western Digital corrige à Wall Street, sur une guidance financière très inférieure aux attentes de marché. Le groupe anticipe notamment un bénéfice ajusté par action du premier trimestre fiscal allant de 35 à 65 cents, contre... 1,88$ de consensus ! Le concepteur de disques durs a aussi annoncé une baisse de son chiffre d'affaires trimestriel et dit s'attendre à ce qu'il s'établisse entre 3,6 et 3,8 milliards de dollars au premier trimestre, niveau également très inférieur au consensus. Les revenus de la période close, quatrième trimestre fiscal de l'exercice décalé du groupe, ont reculé de 8% à 4,53 milliards de dollars. Le bénéfice ajusté trimestriel par action a été de 1,78$.

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