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Wall Street retient son souffle avant la Fed

Wall Street retient son souffle avant la Fed
Wall Street retient son souffle avant la Fed
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine consolide légèrement avant bourse ce mercredi, S&P500, Dow et Nasdaq fléchissant solidairement de 0,1%. La prudence domine avant le verdict monétaire de la Fed. Dans le même temps, les prix du pétrole retombent, le baril de brut WTI abandonnant 1,6% à 58,1$ et le Brent de la mer du Nord corrigeant de 1,3% à 63,7$. Sur le marché des changes, l'indice dollar prend 0,1% à 98,4.

Les chiffres du logement publiés ce jour aux États-Unis sont ressortis particulièrement robustes. Pour le mois d'août 2019, les mises en chantier de logements aux USA se sont établies au nombre de 1,364 million d'unités, contre 1,251 million de consensus de place et 1,215 million pour le mois antérieur. La lecture du mois de juillet a d'ailleurs été révisée en hausse, puisqu'elle avait auparavant été évaluée à 1,191 million.

Les permis de construire se sont établis quant à eux au nombre de 1,419 million, contre 1,30 million de consensus et 1,317 million pour la lecture révisée du mois de juillet. La précédente lecture du mois de juillet se situait un petit cran plus haut, à 1,336 million d'unités.

Cette mesure du marché américain du logement demeure très volatile. Elle ne fait pas vraiment évoluer aujourd'hui les attentes concernant les taux directeurs. L'outil FedWatch donne actuellement une probabilité de statu quo de 38,8%, contre 61,2% pour une baisse des taux d'un quart de point.

Un statu quo serait d'une certaine manière souhaitable, compte tenu de la résistance de l'économie américaine et de la poussée récente des cours du brut suite aux événement survenus en Arabie saoudite. Il reflèterait l'indépendance réelle de la Fed, qui se démarquerait alors face aux attaques répétées du président américain Donald Trump.

Néanmoins, on sait bien que la Fed se contente dans l'immense majorité des cas de se plier aux attentes du marché pour ne pas créer de perturbations. L'hypothèse d'une réduction des taux d'un quart de point retenant encore la majorité des suffrages... des investisseurs, il y a donc fort à parier que la Fed se refuse à créer la surprise ce soir...

Trump a une fois encore taclé la Fed lundi sur Twitter, avant la décision monétaire de la Banque centrale américaine. "Les prix à la production en Chine ont reculé de la manière la plus importante en trois ans du fait de la grande dévaluation de la monnaie chinoise, accompagnée d'un stimulus monétaire. La Réserve Fédérale ne regarde pas? Est-ce que la Fed va un jour entrer dans le jeu? Le Dollar est plus fort que JAMAIS! Vraiment mauvais pour les exportations. Pas d'inflation... Les Taux d'Intérêt les plus Élevés. Les Etats-Unis, à cause de la Réserve Fédérale, payent un Taux d'Intérêt BIEN PLUS élevé que les autres pays concurrents. Ils ne peuvent pas savoir à quel point ils sont chanceux que Jay Powell & la Fed n'y comprennent rien. Et maintenant, en plus de tout cela, le coup du Pétrole. Grosse Chute des Taux d'Intérêt. Stimulus!", réclame donc Trump, qui avait précédemment traité de "crétins" les banquiers centraux américains.

Sur Twitter mercredi dernier, Trump s'était déjà défoulé de bon coeur. "La Réserve Fédérale devrait ramener nos taux d'intérêt à ZÉRO ou moins, et nous devrions ensuite commencer à refinancer notre dette. LES DÉPENSES D'INTÉRÊT POURRAIENT ÊTRE LARGEMENT RÉDUITES, tout en en allongeant dans le même temps l'échéance de manière substantielle. Nous avons la meilleure devise, la puissance et le bilan financier. Les USA devraient toujours payer le taux le plus bas. Pas d'inflation! C'est simplement la naïveté de Jay Powell et de la Réserve Fédérale qui ne nous permet pas de faire ce que d'autres pays font déjà. L'opportunité d'une vie que nous ratons à cause de 'crétins'", avait tempêté Trump, qui ne réclamait auparavant qu'une baisse des taux... d'un point entier et une reprise du QE.

Le communiqué monétaire de la Fed sera publié ce soir à 20 heures, en même temps que ses prévisions économiques. La conférence de presse de Jerome Powell suivra à 20h30.

Le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains pour la semaine close au 13 septembre sera communiqué à 16h30 par le Département à l'énergie, le consensus étant de -2,1 millions de barils sur les stocks de brut hors réserve stratégique. Il aura bien plus d'importance que d'ordinaire, compte tenu des récentes fluctuations brutales sur les prix du pétrole.

La bourse de New York a terminé en légère hausse hier mardi, le ministre saoudien de l'Energie ayant confirmé que les installations pétrolières saoudiennes allaient être remises en état d'ici à la fin du mois. La hausse a revanche été limitée par l'incertitude concernant les annonces de la Fed, mercredi, qui pourraient décevoir les attentes des marchés. Le cours du pétrole a rechuté d'environ 6% hier, après sa flambée de 15% lundi. Les obligations ont été recherchées, faisant reculer les taux d'intérêts des emprunts d'Etat.

Les marchés ont été rassurés hier par des informations en provenance d''Arabie saoudite, où le ministre de l'Energie a affirmé mardi que la production pétrolière du royaume serait de retour à la normale d'ici à la fin septembre. Lors d'une conférence de presse, le prince Abdulaziz bin Salman a par ailleurs précisé que le processus d'introduction en Bourse d'Aramco, le géant saoudien du pétrole, se poursuivait normalement. Cette IPO sera réalisée au cours des 12 prochains mois, a -t-il précisé. Le 'Wall Street Journal' avait écrit lundi que l'opération pourrait être retardée après les attaques du week-end contre les installations pétrolières du groupe.

Un haut responsable saoudien avait précédemment déclaré que le royaume était sur le point de restaurer 70% des 5,7 millions de barils perdus par jour et que la production serait complètement rétablie dans deux ou trois semaines.

Rappelons que l'attaque, samedi, contre deux installations saoudiennes a réduit de moitié la production du Royaume, soit plus de 5% de la production mondiale, ce qui a entraîné lundi la plus forte hausse des cours du pétrole depuis la guerre du Golfe de 1990-1991.

Les États-Unis sont certains que les attaques ont été menées non pas depuis le Yémen, mais depuis le sol iranien et que des missiles de croisière ont été utilisés, a indiqué mardi un responsable américain. L'administration américaine prépare un dossier pour apporter les preuves de sa accusations directes contre Téhéran, et convaincre la communauté internationale, notamment les Européens, à l'Assemblée générale de l'ONU la semaine prochaine. Rappelons que les attaques ont été revendiquées par les rebelles pro-iraniens Houthis basés au Yémen.

Dans le même temps, Mike Pompeo, le secrétaire d'Etat américain est parti mardi pour l'Arabie saoudite afin d'évoquer avec Riyad la réponse à donner à ces attaques.

Les observateurs redoutent une escalade des tensions politiques, voire un conflit militaire dans la région, qui pourrait gravement nuire à l'approvisionnement mondial. Or, si les cours du pétrole flambaient durablement, cela contribuerait à aggraver le ralentissement économique mondial.

Adobe Systems a publié mardi soir des résultats meilleurs que prévu pour son 3ème trimestre fiscal. Le groupe a en revanche un peu déçu en faisant des prévisions conservatrices pour le 4ème trimestre. L'éditeur américain de logiciels graphiques (Acrobat, Photoshop, InDesign, Illustrator, Flash) a fait état d'un bénéfice net trimestriel de 792,8 millions de dollars, soit 1,63$ par action. Ajusté des éléments non récurrents, le bénéfice par action a atteint 2,05$, en hausse sur un an (1,73$ au T3 2018), alors que le consensus Factset s'établissait un peu plus bas, à 1,97$. Les ventes du trimestre ont totalisé 2,83 milliards de dollars, en hausse de 23,6% par rapport à la même période de 2018 (2,29 Mds$) et légèrement supérieures aux attentes des marchés qui s'élevaient à 2,82 Mds$.

Pour le 4ème trimestre, le fournisseur de logiciels et de services dans le "cloud" s'attend à un bpa ajusté de 2,25$ pour un chiffre d'affaires de 2,97 Mds$. Mais les analystes s'attendaient en moyenne à un bpa de 2,30$ et des ventes de 3,02 Mds$, selon le cabinet Factset.

FedEx décroche à Wall Street, après un avertissement lancé par le spécialiste américain du transport de fret sur ses comptes de l'exercice en cours. Le groupe, qui a publié mardi les résultats de son 1er trimestre fiscal après la clôture de Wall Street, a manqué le consensus et en outre a revu en nette baisse ses projections, en citant les tensions commerciales. Dans un communiqué, le directeur général de FedEx, Frederick W. Smith, a expliqué que "nos performances continuent de subir l'impact négatif d'un environnement macro-économique en ralentissement, lié à des tensions commerciales croissantes et à des incertitudes politiques".

Ces commentaires ont donc durement affecté le cours de Bourse de FedEx, mais aussi celui de son principal rival United Parcel Service (UPS).

Le bénéfice net trimestriel de FedEx a atteint 745 millions de dollars (2,84$ par action) en baisse par rapport à 835 M$ (3,10$ par action) réalisés sur la même période de 2018. Ajusté des éléments exceptionnels, le bénéfice par action s'est élevé à 3,05$ contre 3,46$ un an plus tôt. Le chiffre d'affaires du groupe est ressorti stable sur un an à 17,05 milliards de dollars. Ces chiffres sont inférieurs aux attentes des marchés. Le consensus tablait en effet sur un bénéfice ajusté par action de 3,15$ et sur des ventes de 17,06 Mds$. Pour l'exercice en cours, la société prévoit désormais un bénéfice par action ajusté de 11$ à 13$ par action, alors que le consensus Factset tablait sur un bpa ajusté de 14,68$. La nouvelle guidance a été faite en anticipant une croissance "modérée" de l'économie américaine, et "pas de nouvelle dégradation des conditions économiques internationales".

Plusieurs brokers ont révisé mercredi à la baisse leurs recommandations et/ou leurs objectifs de cours pour FedEx.

General Mills, le groupe alimentaire américain connu notamment pour les céréales Cheerios, a livré une performance trimestrielle décevante. Les revenus ont reculé de 2% à environ 4 milliards de dollars, contre un consensus de 4,1 milliards. Hors éléments, le bénéfice par action s'est établi à 79 cents, en ligne quant à lui avec les prévisions des analystes de la place, grâce aux efforts de réduction des coûts. Les ventes sur la zone Amérique du Nord sont restées stables à 2,4 milliards de dollars. Les ventes internationales, affectées notamment par un dollar fort, ont régressé en comparaison de l'an dernier. Rare motif de satisfaction, l'activité dédiée aux animaux de compagnie a progressé de 7% en glissement annuel.

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