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Wall Street résiste, Trump ne veut pas se faire "saigner" par la Chine

Wall Street résiste, Trump ne veut pas se faire "saigner" par la Chine
Wall Street résiste, Trump ne veut pas se faire 'saigner' par la Chine
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine repasse timidement dans le vert en début de journée ce mercredi, après la purge brutale de la veille sur fond de tensions commerciales accrues (-1,79% sur le DJIA et -1,96% pour le Nasdaq). Le DJIA grappille actuellement 0,3% à 26.044 pts, alors que le Nasdaq gagne 0,3% également à 7.990 pts, suite aux derniers tweets de Trump concernant la Chine et le commerce. L'indice dollar se tasse de 0,1% à 97,6. Le baril de brut WTI gagne maintenant 0,9% à 62$ sur le Nymex.

Le conflit commercial sino-américain préoccupe, les marchés demeurant extrêmement prudents avant la reprise des négociations entre les États-Unis et la Chine. Donald Trump vient de livrer de nouveaux tweets sur le sujet, ce qui semble détendre l'atmosphère boursière : "La raison du recul de la Chine & de la tentative de renégociation de l'Accord Commercial est l'ESPOIR sincère qu'ils soient en mesure de "négocier" avec Joe Biden ou l'un des très faibles Démocrates, et de continuer ainsi à saigner les Etats-Unis (500 Milliards de dollars par an) dans les années à venir... Vous savez quoi? Cela ne se produira pas! La Chine nous a juste informés qu'ils venaient maintenant (le vice-Premier ministre) aux U.S. pour conclure un accord. Nous verrons, mais je suis très heureux des plus de 100 Milliards$ de Tarifs douaniers remplissant les coffres américains...super pour les U.S., pas bon pour la Chine!", s'est amusé Trump sur Twitter ce jour.

Les chiffres du commerce extérieur chinois n'ont quant à eux pas vraiment réconforté ce jour. Les importations ont augmenté avec la demande intérieure, mais les exports ont corrigé de 2,7%, de manière assez inattendue. L'excédent de la Chine avec les USA a augmenté par ailleurs à 21 milliards de dollars.

Les autorités chinoises ont confirmé que le vice-Premier ministre Liu He allait bien accompagner la délégation se rendant à Washington en fin de semaine, demain jeudi et vendredi. Néanmoins, Pékin n'entend pas faire de concessions dans les négociations futures, malgré ces pressions insistantes de Trump.

Un pli diplomatique adressé par Pékin serait parvenu à Washington vendredi soir "avec des passages supprimés à quasiment chaque point du projet d'accord de près de 150 pages qui devait couronner des mois de négociations commerciales", croit savoir Reuters, citant trois sources gouvernementales américaines et trois autres personnes au courant des discussions. Dans les sept chapitres du projet, la Chine aurait retiré son engagement à légiférer pour répondre aux griefs qui ont amené l'administration Trump à déclencher une guerre commerciale (vol de propriété intellectuelle et de secrets commerciaux, transfert de technologies, concurrence, accès aux marchés financiers et manipulation de sa devise), ajoute l'agence.

On comprend mieux dès lors les affirmations des dirigeants américains à propos du recul de la Chine. La suppression par Pékin de toute mention relative à une obligation législative aurait été en particulier jugée inacceptable par le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer, qui désire un cadre clair et contraignant évitant les promesses en l'air.

Trump a indiqué dimanche que 200 milliards de dollars de produits chinois importés, jusqu'alors soumis à des prélèvements douaniers de 10% des États-Unis, allaient être désormais taxés à 25%. La 'majoration' doit intervenir dès vendredi.

Le président américain a affirmé par ailleurs que 325 milliards de dollars de produits chinois importés aux États-Unis et actuellement non taxés allaient également l'être à 25%. "Pendant 10 mois, la Chine a payé aux USA des Tarifs de 25% sur 50 Milliards de Dollars de produits High Tech, et 10% sur 200 Milliards de Dollars d'autres produits", a précisé Trump sur Twitter, ajoutant que ces tarifs payés aux États-Unis n'ont eu que peu d'impact sur les coûts des produits, "essentiellement supportés par la Chine". En outre, Trump assure que ces paiements sont partiellement responsables des bons résultats économiques américains. "Les 10% seront relevés à 25% vendredi. 325 milliards de dollars de biens supplémentaires que nous envoient la Chine restent non taxés mais le seront rapidement, à un taux de 25%". "L'Accord Commercial avec la Chine reste d'actualité, mais évolue trop lentement, alors qu'ils tentent de renégocier. Non!".

Trump avait précédemment reporté la hausse des prélèvements sur ces 200 Mds$ d'importations chinoises en évoquant des négociations fructueuses.

Lundi soir, le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, a accusé la Chine d'être revenue sur des engagements pris plus tôt dans les négociations, sans préciser sur quels points Pékin aurait fait volte-face. Il a confirmé que la taxation allait passer de 10% à 25% sur 200 Mds$ de biens chinois importés dès ce vendredi 10 mai.

L'annonce par l'Iran d'une suspension d'une partie de ses engagements dans le domaine du nucléaire représente par ailleurs une surprise et une incertitude supplémentaire pour les marchés ce mercredi... Les stocks pétroliers domestiques américains publiés ce jour pour la semaine close au 3 mai par le Département à l'énergie ont fait ressortir une baisse de 4 millions de barils des stocks de brut, un repli de 0,6 MB pour l'essence et un retrait de 0,2 MB pour les produits distillés.

Les valeurs

Lyft (-6%) a publié ses premiers comptes trimestriels depuis sa récente et chaotique introduction en mars dernier. La société a presque doublé son chiffre d'affaires au premier trimestre, mais a encaissé de lourdes pertes. Lyft a fait état d'une perte nette de 1,14 milliard de dollars au premier trimestre (48,53$ par action!), a comparer à une perte de 234,3 millions pour la même période de 2018. Cependant, cette perte est essentiellement liée (pour 894 M$) à des compensations en actions consécutives à l'introduction en Bourse. Sur une base ajustée, excluant ce facteur et d'autres éléments exceptionnels, la perte nette s'établit à 211,5 M$, soit 9,02$ par action, ce qui reste tout de même supérieur à la perte de 3,77$ par action attendue par le consensus.

Lyft avait affiché une perte nette de 911 M$ sur l'exercice 2018, et les analystes s'interrogent sur sa capacité à dégager des bénéfices. La même question se pose pour son principal concurrent, Uber, qui prépare son introduction en Bourse pour les prochains jours. Selon des sources de marché, Uber pourrait être coté dès ce vendredi 10 mai sur le New York Stock Exchange. Le groupe a déposé le 12 avril dernier son projet auprès des autorités boursières, en vue d'une introduction début mai. A l'approche de cette 'IPO', les chauffeurs d'Uber à Londres et New York viennent de lancer une grève pour protester contre leur précarité.

3D Systems (-23%) plonge à Wall Street ce jour, après l'annonce de revenus et de résultats sans relief. Pour le premier trimestre, la perte nette s'est élevée à 24,4 millions de dollars et 22 cents par titre, alors que la perte ajustée est ressortie à 9 cents par titre. Le consensus était de 1 cent par action de déficit. Le concepteur d'imprimantes 3D a réalisé des revenus trimestriels de 152 M$, alors que le consensus atteignait 166 M$.

Cray (-4%), le concepteur de supercalculateurs, a annoncé pour son premier trimestre une perte de 29 millions de dollars, 72 cents par action, ainsi qu'une perte ajustée de 63 cents et des revenus de 71,5 millions. Les revenus du trimestre entamé sont attendus voisins de 70 millions.

Match Group (+9%) grimpe sur la cote américaine. Le groupe connu notamment pour sa marque Tinder a affiché de solides revenus et résultats sur le trimestre clos. Pour le premier trimestre, le bénéfice net s'est élevé à 123 millions de dollars et 42 cents par titre, alors que le bénéfice ajusté a représenté 49 cents par action - contre 33 cents de consensus. Les revenus du géant de la rencontre en ligne ont atteint 465 M$, légèrement supérieurs aux attentes.

Western Union (-1%) fléchit après ses résultats. Pour son premier trimestre, le groupe a dégagé un bénéfice de 173 M$, 39 cents par titre, contre un consensus légèrement plus élevé à 42 cents. Les revenus du leader des transferts d'argent ont totalisé 1,34 milliard, contre 1,35 Md$ de consensus.

TripAdvisor (-15%) dévisse à Wall Street. Pour son premier trimestre, le groupe a affiché un bénéfice de 26 millions de dollars et 18 cents par action, ainsi qu'un bpa ajusté de 36 cents à comparer à un consensus de 31 cents. L'opérateur de site de voyage en ligne a dégagé des revenus de 376 millions, mais le consensus était plus ambitieux à 385 millions de dollars.

Barrick Gold (stable), le second producteur aurifère au monde, basé à Toronto et coté à Wall Street, a annoncé, pour son premier trimestre consécutif à l'acquisition de Randgold, un bénéfice ajusté de 184 millions de dollars, à comparer aux 170 M$ de l'an dernier. Le bpa s'est en revanche tassé à 11 cents par action. Le bénéfice net a représenté 111 M$ et 6 cents par titre. La production d'or a progressé à 1,37 million d'onces, contre 1,05 million.

Chesapeake (+1%) a creusé ses pertes sur le premier trimestre, avec la chute de la production et les prix du pétrole. La perte nette attribuable aux actionnaires du groupe de l'Oklahoma a atteint 44 millions de dollars et 3 cents par action, contre 6 millions un an avant.

McKesson (+3%) gagne du terrain sur la cote américaine. La perte trimestrielle du groupe a pourtant totalisé 796 millions de dollars sur ce T4 fiscal, soit 4,17$ par titre. Le groupe de San Francisco a dégagé néanmoins un bénéfice ajusté par action positif de 3,69$, légèrement supérieur au consensus de Wall Street. Le distributeur pharmaceutique a réalisé des revenus totaux de 52,4 milliards de dollars sur le trimestre, contre 53,3 Mds$ de consensus. Sur l'exercice entamé, le bpa ajusté est anticipé entre 13,85 et 14,45$.

Wendy's (+2%) a battu le consensus sur le trimestre clos. La chaîne américaine de restauration rapide a affiché des revenus trimestriels en croissance de 7,4% à 409 M$, contre 400 M$ de consensus. La croissance à comparable est ressortie à 1,3% en Amérique du Nord. Le bénéfice net s'est élevé à 32 millions de dollars et 14 cents par action, contre 20 M$ un an plus tôt.

Thomson Reuters (+2%) a dépassé les attentes de profits. Le groupe a affiché un bénéfice ajusté par action de 36 cents, contre 28 cents un an avant et 25 cents de consensus. Les revenus se sont améliorés de 8% à 1,49 milliard de dollars, assez proches des attentes de marché. La stratégie d'acquisitions du groupe se confirme par ailleurs, le management se disant 'toujours en chasse'.

Electronic Arts (+3%) bondit à Wall Street. Le concepteur de jeux vidéo a annoncé des revenus trimestriels supérieurs aux attentes de marché, propulsé par le succès du déjà légendaire jeu de survie 'Apex Legends'. Le CA ajusté du quatrième trimestre de l'exercice fiscal décalé est ressorti à 1,36 milliard de dollars, contre un consensus de 1,20 milliard. Le bénéfice net s'est établi à 209 millions de dollars soit 69 cents par titre, pour un bpa ajusté de 1,41$. Le consensus était de 97 cents sur une base ajustée.

Tesla (+1%) a bouclé sa levée de fonds totalisant 2,7 milliards de dollars en actions et obligations convertibles. Au passage, son CEO Elon Musk a déboursé 25 millions de dollars pour acquérir 102.880 titres supplémentaires du constructeur de véhicules électriques à un prix moyen de 243$, selon les informations transmises à la Securities & Exchange Commission, gendarme boursier américain. Ainsi, la participation de Musk au capital atteint environ 20%.

Walt Disney publie ses comptes trimestriels ce soir, après la clôture de Wall Street.

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