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Wall Street résiste, malgré une inflation au plus haut de 39 ans

Wall Street résiste, malgré une inflation au plus haut de 39 ans
Wall Street résiste, malgré une inflation au plus haut de 39 ans
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street est orienté en hausse ce mercredi, le DJIA s'accordant 0,06% à 36.275 pts et le S&P 500 0,26% à 4.725 pts, contre un gain de 0,36% à 15.207 pts sur le Nasdaq. La tendance demeure donc positive, après un joli rebond hier soir suite à l'intervention de Powell. Le baril de brut WTI avance de 1,5% sur le Nymex à 82,4$. L'once d'or grappille 0,2% à 1.822$. L'indice dollar perd 0,5% face à un panier de devises. Le bitcoin remonte de 4,2% à 43.512$.

Comme attendu ou presque, l'inflation américaine ressort au plus haut niveau depuis 1982 en décembre 2021. Ainsi, l'indice des prix à la consommation a progressé de 0,5% en comparaison du mois antérieur, contre 0,4% de consensus. Il augmente de 7% en glissement annuel, en ligne avec les attentes de marché. Hors alimentaire et énergie, le CPI américain grimpe de 0,6%, contre 0,5% de consensus, en comparaison du mois de novembre. Il augmente de 5,5% sur un an, contre 5,4% de consensus de place.

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de janvier 2022 est ressorti à +3,4%, stable en comparaison de sa lecture antérieure. Il mesure les anticipations d'inflation à un an du point de vue des firmes.

Les opérateurs prennent par ailleurs connaissance d'une nouvelle baisse des réserves de pétrole associée à une envolée des réserves d'essence aux Etats-Unis. D'après le Département américain à l'Energie, les stocks domestiques de brut, hors réserve stratégique, ont reculé de 4,6 millions de barils sur la semaine close le 7 janvier, à 413,3 mb. Le consensus tablait sur un repli de 2 mb. En revanche, les stocks d'essence ont encore bondi de 8 millions de barils, alors que les stocks de produits distillés ont progressé de 2,5 millions de barils.

Sur le front sanitaire, alors que les cas de contamination au nouveau variant Omicron atteignent des sommets aux USA, un possible pic est attendu d'ici quelques jours à plus d'un million de cas quotidiens, en se basant sur les exemples de l'Afrique du Sud ou du Royaume-Uni. En attendant, le niveau des hospitalisations reste surveillé.

Le Livre Beige économique de la Fed, résumé des conditions régionales, sera annoncé à 20 heures. La balance budgétaire de décembre sera communiquée à la même heure... Neel Kashkari, patron de la Fed de Minneapolis, interviendra durant la journée.

Les marchés financiers ont été rassurés hier par l'audition de Jerome Powell devant le Sénat américain, dans le cadre de sa nomination par Joe Biden pour un second mandat à la tête de la banque centrale américaine. Lael Brainard, nommée vice-présidente, sera pour sa part auditionnée jeudi. Le président de la Fed s'est montré assez convaincant en assurant que l'institution monétaire était en capacité de juguler l'inflation, en relevant ses taux directeurs et en commençant à réduire son bilan cette année.

Face aux sénateurs, Jerome Powell a confirmé sans grande surprise que la Fed s'apprêtait à entamer la normalisation de sa politique monétaire. L'économie américaine, désormais en phase de reprise solide, n'a "plus besoin et ne veut plus" des politiques ultra-accommodantes justifiées par la crise sanitaire du coronavirus, a-t-il fait remarquer. Il a souligné que l'économie se développe à son rythme le plus rapide depuis de nombreuses années et que le marché du travail demeure solide malgré la vague du variant Omicron.

Il a toutefois estimé que l'inflation plus durable que prévu faisait peser "une menace grave" sur la reprise du marché américain de l'emploi, ce qui justifie une remontée des taux directeurs. Il a ajouté que la Fed s'attendait à ce que les tensions sur les prix s'allègent au second semestre 2022. Mais si elles se prolongeaient, la Fed est prête à relever ses taux plus agressivement, même si "le chemin sera long" avant la normalisation de sa politique monétaire. "Si nous devons relever les taux d'avantage sur la durée, nous le ferons", a-t-il indiqué. Retrouver une stabilité des prix est "en haut de la liste des priorités" de la Réserve fédérale, a martelé le patron de la Fed.

Il a aussi estimé qu'"à un moment donné" de l'année 2022, la Fed devrait commencer à réduire son bilan (lourd de 8.770 Mds$ d'obligations acquises) en cessant de racheter les obligations arrivant à échéance. Une position qui semble un peu moins tranchée que certains membres de la Fed, dont Esther George (Fed de Kansas City), qui veulent commencer à réduire le bilan rapidement, dès le début de la remontée des taux directeurs, sans doute en mars prochain.

Les marchés financiers, qui s'étaient effrayés la semaine dernière des dernières Minutes de la Fed et de déclarations de plusieurs membres de la Fed, ont été un peu soulagés de constater que Powell n'avait pas fait dans la surenchère, tout en se montrant convaincant sur la capacité de la Fed à empêcher l'inflation de s'enraciner.

Les marchés, qui tablent désormais sur quatre hausses de taux d'ici à la fin 2022, n'ont pas trouvé de cause supplémentaire d'inquiétude dans les propos de Powell, ce qui a incité nombre d'entre eux à partir à la chasse aux bonnes affaires après la récente correction. L'indice Dow Jones a ainsi regagné 0,5% et le Nasdaq a rebondi de 1,4% mardi à la clôture.

Plusieurs grandes banques, dont JP Morgan Chase et UBS estiment que les marchés pourront digérer sans trop d'encombres des hausses de taux à condition que la reprise économique se poursuive cette année. Marko Kolanovic, qui dirige la stratégie mondiale de JP Morgan, a ainsi estimé qu'il est temps "d'acheter le creux" de la vague boursière. D'autres économistes sont cependant plus prudents, estimant que les perturbations causées par le variant Omicron du coronavirus et la transition énergétique sont de nature à entraîner un ralentissement économique accompagné d'une inflation persistante...

Dans une note publiée lundi, la banque d'affaires Goldman Sachs dit s'attendre à quatre hausses de taux directeurs cette année, en mars, juin, septembre et décembre. La banque centrale américaine devrait aussi commencer à réduire son bilan à partir de juillet, voire plus tôt, estime GS.

Les valeurs

Biogen dévisse de 10% à Wall Street, alors qu'une agence de santé américaine (CMS) a décidé de restreindre la couverture Medicare de certains médicaments contre la maladie d'Alzheimer, y compris l'Aduhelm de la société, aux seuls patients inscrits à un essai clinique qualifié.

Dish Network (+3%) et DirecTV seraient en pourparlers en vue d'une fusion. Des sources ont déclaré au New York Post que les initiés seraient optimistes quant au fait qu'un accord entre les deux sociétés ne soit pas confronté aux mêmes problèmes antitrust que par le passé, étant donné que les inquiétudes concernant la position de marché des sociétés ont diminué. Des sources proches de la situation affirment que TPG Capital fait avancer les pourparlers entre Dish et DirecTV, car ils souhaitent récupérer leur investissement après avoir acquis une participation de 30% dans DirecTV auprès d'AT&T l'année dernière. Le président de Dish, Charlie Ergen, semble néanmoins retarder la finalisation d'un accord, car il exige des actions avec droit de vote en quantité importante et un rôle dans la prise de décisions clés au sein de la société combinée.

Apple (stable). Goldman Sachs estime que les délais de livraison des iPhone suggèrent une offre répondant désormais largement à la demande, après les difficultés d'approvisionnement de l'an dernier.

Alphabet (+1%). La maison-mère de Google pourrait enregistrer cette année la plus mauvaise performance boursière des 'FANG' (Facebook, Amazon, Netflix et Google), selon une enquête JP Morgan, alors qu'Amazon serait le favori des investisseurs interrogés avec 70% des votes.

Block (-1%). L'Australien Afterpay, actif dans les paiements différés, a annoncé que son rachat pour 29 milliards de dollars par Block, firme de paiement numérique de Jack Dorsey auparavant connue sous le nom de square, avait reçu le feu vert de la Banque d'Espagne, dernier obstacle au projet, qui devrait être finalisé le 1er février.

Lucid (+1%). Le président du groupe, Andrew Liveris, a annoncé son intention de construire une usine de véhicules électriques en Arabie saoudite au cours des trois à quatre prochaines années.

Lockheed Martin (stable). La commission fédérale du Commerce aux Etats-Unis va repousser de deux semaines son avis sur le projet de rachat d'Aerojet Rocketdyne par Lockheed pour 4,4 milliards de dollars, selon deux sources proches du dossier de l'agence Reuters.

Tesla (+2%). Les autorités de Californie entendent déterminer si le système FSD d'assistance à la conduite autonome est éligible aux normes sur les véhicules autonomes en vigueur dans l'Etat. Cela obligerait le groupe d'Elon Musk à divulguer des informations sur tous les accidents ayant impliqué ses voitures, à en croire le LA Times.

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