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Wall Street résiste, malgré une déception sur l'emploi

Wall Street résiste, malgré une déception sur l'emploi
Wall Street résiste, malgré une déception sur l'emploi
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street évolue proche de l'équilibre, vendredi, après la publication des chiffres de l'emploi aux Etats-Unis en décembre, qui ont montré que l'économie américaine a créé moins d'emplois que prévu. L'indice Dow Jones a brièvement grimpé au-dessus des 29.000 points pour la première fois de son histoire avant de se replier. Le pétrole a poursuivi sa décrue avec l'apaisement de la crise entre les Etats-Unis et l'Iran, malgré l'annonce par Washington de nouvelles sanctions économiques contre Téhéran.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cède 0,13% à 28.918 points, tandis que l'indice large S&P 500 gagne 0,07% à 3.276 pts (un nouveau record), et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, avance de 0,09% à 9.211 pts, là aussi un nouveau sommet. Le S&P 500 s'apprête à signer sa sixième semaine de hausse en 7 semaines, et le Nasdaq va enchaîner 5 semaines de hausse d'affilée.

Plus tôt dans la journée, le Nikkei a progressé de 0,47%, tandis que l'EuroStoxx 50 a cédé 0,17% et que le CAC 40 a fini proche de l'équilibre (-0,09%).

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises, cède 0,10% à 97,36 points, tandis que l'euro gagne 0,14% à 1,1120$. Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours) se sont détendus, le rendement du T-Bond à 10 ans cédant 3 points de base à 1,82%. En Europe, le rendement du Bund à 10 ans a reculé de 2 pdb à -0,20%.

Les cours du pétrole continuent de se dégonfler avec le retour au calme au Moyen-Orient après les frappes américaines et iraniennes en Irak. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) lâche vendredi 0,45% à 59,29$ sur le Nymex (contrat à terme de février), tandis que le Brent de la mer du Nord fléchit de 0,06% à 65,33$.

L'or repart de l'avant après deux séances de correction. L'once de métal jaune regagne 0,3% à 1.559,10$ l'once, pour le contrat à terme de février coté sur le Comex.

Légère déception sur l'emploi US en décembre

En décembre, l'économie américaine a créé 145.000 emplois, un chiffre inférieur aux attentes des différents consensus (160.000 à 165.000), après 266.000 créations de postes en novembre. Le taux de chômage est resté comme prévu à 3,5%, tandis que le rythme de hausse des salaires horaires a ralenti à 2,9% contre 3,1% attendu. C'est la première fois depuis juillet 2018 que ce chiffre tombe sous le seuil des 3% sur un an.

Malgré la déception, ces chiffres ne remettent pas en cause le scénario central d'un atterrissage en douceur de l'économie américaine en 2020, sur un rythme annuel de croissance de l'ordre de 2%. Jeudi, le vice-président de la Fed, Richard Clarida, a ainsi estimé que la politique monétaire actuelle de la Fed demeurait appropriée, et qu'elle devrait continuer à soutenir une croissance ferme, un marché du travail solide et une inflation proche des 2%. "Nous pensons que la politique est appropriée, et, dans le cadre de nos perspectives de base, demeurera appropriée", a résumé Clarida.

Deux autres responsables de la Fed ont fait des déclarations publiques, jeudi, et ont tous deux estimé que l'économie américaine devrait éviter une récession grâce aux baisses de taux effectuées en 2019. Les chances d'un "atterrissage en douceur" sont "raisonnables", a ainsi estimé James Bullard, le président de la Fed de St-Louis dans un discours à Madison (Wisconsin).

Le patron de la Fed de Minneapolis Neel Kashkari a de son côté affirmé sur la chaîne 'Fox Business' qu'"il n'y a certainement pas dans mes prévisions actuelles le fait qu'une récession viendrait nécessairement dans un an ou deux".

Nouvelles sanctions contre Téhéran

Sur le front géopolitique, les Etats-Unis ont détaillé vendredi leurs nouvelles sanctions économiques contre Téhéran, et ont répété qu'ils ne comptaient pas retirer leurs troupes d'Irak. Ces sanctions visent huit haut responsables de la République islamique, ainsi que les plus grands fabricants d'acier, d'aluminium, de cuivre et de fer du pays. Selon le Trésor américain, ces sanctions se poursuivront jusqu'à ce que le régime iranien "arrête le financement du terrorisme mondial" et s'engage à ne jamais avoir d'armes nucléaires.

Par ailleurs, le département d'Etat américain a déclaré qu'il n'avait pas l'intention de "discuter d'un retrait des troupes" américaines en Irak, malgré la demande du Premier ministre irakien et le vote du parlement local.

En politique intérieure, la procédure de destitution du président Trump, mise en oeuvre par les démocrates du Congrès, va passer la semaine prochaine à une étape suivante. Nancy Pelosi, la chef des démocrates au Congrès américain, a donné vendredi son feu vert à l'envoi de l'acte d'accusation de Donald Trump au Sénat.

Le président américain été mis en accusation, le 18 décembre, par la majorité démocrate de la Chambre des représentants pour "abus de pouvoir" et "entrave à la bonne marche du Congrès" dans l'affaire ukrainienne. Cependant, les républicains étant majoritaires au Sénat, le président ne court aucun risque d'être destitué à l'issue du procès qui doit se tenir devant la Chambre haute.

"Le meilleur reste à venir !"

En attendant, Donald Trump s'est félicité vendredi de la hausse de la Bourse américaine depuis son élection en novembre 2016. "11.000 points gagnés sur le Dow en 3 ans depuis l'Élection du Président Trump. Aujourd'hui il pourrait atteindre 29.000. Cela n'est JAMAIS arrivé auparavant sur ce laps de temps. Cela a ajouté 12.800 Milliards de Dollars à la VALEUR des Entreprises Américaines", a tweeté Trump, reprenant les commentaires de Varney & Co., émission TV américaine de Stuart Varney diffusée sur Fox Business. "Le meilleur reste à venir !", a ajouté le président américain.

Vers la signature de l'accord commercial de Phase 1 avec la Chine

Soulagés par l'apaisement au Moyen-Orient, les investisseurs s'intéressent à nouveau à la signature de l'accord commercial de Phase 1 entre les Etats-Unis et la Chine. Le vice-Premier ministre chinois Liu He, principal négociateur commercial de Pékin, est attendu lundi à Washington à la tête d'une délégation chinoise en vue de signer le texte.

La cérémonie de signature devrait se dérouler le mercredi 15 janvier à la Maison blanche, "ou peu après" a indiqué Donald Trump. La signature de cet accord de "Phase 1" est une étape cruciale pour mettre fin à la guerre commerciale que se livrent les deux pays depuis plus d'un an et demi. Il prévoit un démantèlement partiel des barrières douanières érigées par les deux pays en échange de l'achat par Pékin de milliards de dollars de biens américains supplémentaires.

Quant à la "Phase 2", elle pourrait n'être conclue qu'après l'élection américaine de novembre prochain, même si les négociations devraient démarrer dès la signature de la Phase 1. "Nous allons entamer tout de suite les négociations sur la phase 2, ça prendra du temps", a indiqué jeudi le président américain.

VALEURS A SUIVRE

Boeing (-1,4%). L'image du groupe est une nouvelle fois ternie par des révélations sur le B-737 MAX. Une série d'emails fournie par l'avionneur aux législateurs et à la FAA révèle un profond malaise des salariés à l'égard du 737 Max. "Cet avion est conçu par des clowns, qui à leur tour sont supervisés par des singes", peut-on par exemple lire dans un message adressé par un salarié à ses collègues en 2016. D'autres déclarations apparaissent clairement abasourdissantes pour Boeing : "Je serai choqué si la FAA passe cette merde" ; "C'est une blague. Cet avion est ridicule" ; "Mettriez-vous votre famille à bord d'un avion testé sur simulateur MAX ? Non, je ne le ferais pas".

"Nous regrettons le contenu de ces communications et nous nous excusons auprès de la FAA, du Congrès, de nos clients et du public voyageur", a indiqué la société basée à Chicago dans un communiqué.

Boeing a par ailleurs affirmé qu'il recommanderait désormais la formation des pilotes sur simulateur avant que le 737 Max ne puisse reprendre du service, une volte-face par rapport à sa position antérieure, et qui promet de faire grimper les coûts pour le groupe et ses compagnies clientes. La FAA a pour sa part jugé "décevant" "le ton et le contenu" de certains de ces messages, tout en expliquant qu'ils ne suscitaient pas de nouvelles craintes concernant la sécurité des appareils.

GrubHub décroche de 5,4% à Wall Street, la start-up de livraison de repas et produits frais ayant indiqué qu'elle n'étudiait aucune cession potentielle. La firme a ainsi démenti les récentes rumeurs de presse selon lesquelles elle pourrait intéresser le colosse de la grande distribution Walmart ou d'autres détaillants.

Eli Lilly (+1,6%), laboratoire pharmaceutique d'Indianapolis, a annoncé aujourd'hui le rachat de Dermira (+4,7%), spécialiste de la dermatologie, pour un montant voisin de 1,1 milliard de dollars en numéraire. Le prix d'achat se situe à 18,75$ par action Dermira, soit une prime de 2% sur le dernier cours de clôture. Le titre avait plus que doublé en un mois.

Apple reste sur sa lancée et gagne encore 0,3% à plus de 310$ pour une capitalisation boursière vertigineuse de 1.370 milliards de dollars. La firme de recherche Credit Suisse, 'neutre' sur la valeur du Californien de Cupertino, a rehaussé son objectif de cours à 275 dollars. Bernstein vient pour sa part de confirmer son avis à 'performance de marché' et son objectif de 300$, tandis que Jefferies et Wedbush, acheteurs, ont fixé leurs cibles à 350$.

Amazon (-0,7%), le géant américain du e-commerce, a annoncé les créations de plus de 500 postes en France avec l'ouverture d'un centre de distribution à Senlis (Oise) en mai prochain.

AbbVie (-0,3%). Bruxelles vient d'autoriser, sous conditions, le rachat d'Allergan par AbbVie pour 63 milliards de dollars. La Commission européenne a demandé au futur ensemble de céder un produit en cours de développement par Allergan pour le traitement des maladies inflammatoires de l'intestin.

KB Home cède 2,2% après que le constructeur de maisons a publié un chiffre d'affaires inférieur aux attentes au 4e trimestre. Les ventes ont atteint 1,56 Md$ contre 1,35 Md$ un an plus tôt, mais les analystes tablaient sur un chiffre supérieur, de l'ordre de 1,61 Md$.

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