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Wall Street résiste, malgré les chiffres inquiétants de l'emploi

Wall Street résiste, malgré les chiffres inquiétants de l'emploi
Wall Street résiste, malgré les chiffres inquiétants de l'emploi
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Poursuivant pour l'heure sur sa lancée de la veille, la cote américaine est attendue en progression avant bourse ce mercredi, le S&P500 s'accordant 0,3% et le Nasdaq 0,4%. La tendance reste donc positive, malgré de très maigres chiffres de l'emploi privé américain publiés par ADP. L'indice dollar, mesurant les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, décline de 0,3% désormais à 96,8. Sur le Nymex, le baril de brut WTI abandonne 1,5% à 52,7$.

La bourse de New York s'était envolée hier de plus de 2%, les marchés spéculant sur une baisse des taux suite aux propos du président de la Fed Jerome Powell. Ce dernier a indiqué mardi que la banque centrale américaine agirait de manière "appropriée" face aux risques nés des tensions commerciales. Une légère détente s'est justement produite sur ces dossiers commerciaux mardi. D'une part, le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador s'est dit confiant dans la possibilité de parvenir à un accord avec Washington afin d'éviter des taxes à partir du 10 juin... D'autre part, la Chine a légèrement adouci le ton : le ministère du Commerce a appelé à renouer le dialogue en vue de résoudre les différends avec les Etats-Unis... Enfin, Trump a évoqué hier, lors d'une conférence de presse avec Theresa May, la possibilité d'un accord commercial "phénoménal" avec le Royaume-Uni, dès que ce dernier sera sorti de l'UE.

Dans ce contexte d'anxiété sur la croissance, tous les regards se tournent vers la Réserve fédérale, dont les marchés attendent massivement non pas une, mais plusieurs baisses de taux cette année, afin de soutenir une économie fragilisée. Mardi, le président de la Fed, Jerome Powell, a assuré que la Banque centrale allait faire le nécessaire pour soutenir la croissance américaine. Powell affirme que la Fed "surveille de près" les développements liés à la guerre commerciale et leurs implications économiques.

La prochaine réunion de politique monétaire de la Fed se déroulera les 18 et 19 juin prochains. La probabilité de statu quo vient de diminuer fortement à 68% ce jour suite au rapport sur l'emploi d'ADP (contre 82% auparavant pour une fourchette maintenue à 2,25-2,5%), alors que celle d'un assouplissement d'un quart de point (à 2-2,25%) atteint maintenant près de 32% selon l'outil FedWatch du CME Group. Ce même outil, qui reflète l'évolution des contrats à terme sur les 'fed funds' (le principal taux directeur de la Fed), montre que les marchés tablent désormais sur plusieurs baisses de taux cette année. A l'issue de la réunion du 11 décembre, la dernière de l'année, le taux des fonds fédéraux aurait 9,4% de chances d'évoluer entre 2 et 2,25% (baisse de taux d'un quart de point), 27,5% de s'afficher entre 1,75 et 2% (baisse d'un demi-point), 36,2% de chances de ressortir entre 1,5 et 1,75% (baisse de trois quarts de point) et 21,4% de chances de s'établir entre 1,25 et 1,50% (baisse d'un point en comparaison des niveaux actuels !).

Les créations d'emplois dans le secteur privé non-agricole américain pour le mois de mai 2019 sont ressorties extrêmement faibles, au nombre de 27.000, contre un consensus de place de 175.000 et un niveau révisé - en légère baisse - à 271.000 pour le mois d'avril 2019. Il s'agit donc d'une très mauvaise nouvelle sur le front économique aux Etats-Unis. Dans le détail, les petites entreprises américaines ont détruit 52.000 postes en mai, alors que les entreprises de taille moyenne ont créé 11.000 emplois. Les grandes entreprises, enfin, ont généré 68.000 postes. Le secteur de la production de biens a supprimé 43.000 emplois, tandis que le secteur des services a créé 71.000 postes.

Les créations de postes dans le privé étaient de 271.000 en avril 2019, 158.000 en mars 2019 et 276.000 en mai 2018.

Sur le front commercial, le président mexicain s'est montré optimiste mardi, alors que Donald Trump a prévu de taxer à 5% les produits mexicains importés dès le 10 juin, puis de monter progressivement jusqu'à 25% si Mexico n'agit pas davantage pour contrôler les flux de migrants vers les Etats-Unis. Andrés Manuel Lopez Obrador a déclaré mardi qu'il s'entretiendrait avec Donald Trump "si nécessaire" pour régler ce problème. Mexico a envoyé à Washington une délégation, menée par le ministre des Affaires étrangères Marcelo Ebrard, pour négocier avec les responsables américains. Selon le président Obrador, "les pourparlers se passent bien (...) Je suis optimiste. Je pense que la rencontre de demain (mercredi avec le secrétaire d'Etat Mike Pompeo) va être importante et que nous trouverons un accord avant le 10 juin", a-t-il insisté.

Par ailleurs, la Chine s'est montrée plus souple mardi, après une semaine de rhétorique musclée entre Pékin et Washington... Le ministère chinois du commerce a appelé a un dialogue continu pour résoudre les différends commerciaux. La Chine "continue de penser que les différends et les frictions entre les deux parties devraient à la fin se résoudre via le dialogue et la consultation". Toutefois, "les consultations doivent être basées sur le respect mutuel, l'égalité et le bénéfice mutuel" des parties en présence, a ajouté le ministère. Pékin avait publié dimanche un livre blanc accusant les Etats-Unis d'être à l'origine de l'échec des dernières négociations. La Chine a relevé le 1er juin les taxes sur 60 Mds$ de biens américains importés, a menacé de réduire ses livraisons de terres rares à Washington et a ouvert une enquête sur le groupe américain Fedex, accusé d'avoir mal acheminé des colis adressés à Huawei...

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin doit s'entretenir avec le gouverneur de la Banque populaire de Chine et aura d'autres entretiens bilatéraux en marge du G20. En revanche, la rencontre au sommet attendue entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping à l'occasion du G20 d'Osaka au Japon demeure incertaine.

Sur le front économique aux Etats-Unis ce jour, après ce rapport d'ADP concernant l'emploi privé, l'indice Markit PMI final des services américains pour le mois de mai sera communiqué à 15h45, avec l'indice PMI composite (consensus 50,9). L'ISM des services du mois de mai sera annoncé à 16h (consensus 55,8). Le rapport hebdomadaire du Département américain à l'énergie concernant les stocks pétroliers domestiques pour la semaine close le 31 mai sera annoncé à 16h30 (consensus -1,7 million de barils sur les stocks de brut). Enfin, le Livre Beige économique de la Fed sera annoncé à 20h. Plusieurs responsables de la Fed s'expriment ce jour, dont son vice-président Richard Clarida à Chicago.

American Eagle, Brown-Forman, Campbell Soup, United Natural Foods et Kraft Heinz, publient leurs derniers résultats financiers trimestriels à Wall Street ce mercredi. Donaldson, GameStop et Salesforce.com annonçaient hier soir.

Salesforce.com est attendu en vive hausse à Wall Street. Le groupe a dépassé les attentes de bénéfices pour le premier trimestre fiscal et dopé ses prévisions pour l'exercice 2020, avec la progression des revenus 'cloud'. Le géant des logiciels CRM a annoncé un bénéfice net trimestriel de 392 M$ soit 49 cents par titre, contre 344 M$ un an avant. Le bpa ajusté, de 93 cents, est à comparer à un consensus de 61 cents.

GameStop s'effondre en revanche de plus de 30%, affecté par la chute des ventes de consoles, alors que PS4 et Xbox One s'affichent en fin de cycle. Le détaillant a annoncé un bénéfice du premier trimestre de 7 M$ et 7 cents par titre, contre 28 M$ un an avant. Le bpa ajusté est également ressorti à 7 cents, pour de revenus en vif déclin à 1,55 Md$. Le consensus était de 3 cents de perte ajusté par titre et 1,64 Md$ de revenus. Le groupe table, pour 2019, sur une chute des ventes de 5 à 10%.

American Eagle est attendu en forte progression, la chaîne américaine de vêtements ayant publié des revenus record pour le premier trimestre. Sur le trimestre clos début mai 2019, le bpa s'est élevé à 23 cents, alors que le bpa ajusté a augmenté de 4% à 24 cents. Les revenus totaux se sont appréciés de 8% à 886 millions, alors que la croissance à comparable a représenté 6%.

Campbell Soup a relevé ses prévisions annuelles. Le groupe table désormais sur un bénéfice ajusté annuel par action allant de 2,50 à 2,55$. Sur le troisième trimestre fiscal, clos fin avril, le bénéfice net part du groupe a représenté 84 M$ soit 28 cents par titre, contre une perte de 393 M$ et 1,31$ par action un an auparavant. Le bpa ajusté a représenté 56 cents, contre 47 cents de consensus.

Brown-Forman, connu pour sa marque Jack Daniel's, a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal clos fin avril 2019 un bénéfice net de 159 M$ et 33 cents par titre, contre 110 M$ un an avant. Le consensus était de 30 cents de bpa. Les revenus ont augmenté de 1% à 744 millions, contre 762 millions de consensus. Sur l'exercice 2020, la compagnie envisage un bpa allant de 1,75 à 1,85$.

Ford Motor. Les autorités chinoises ont infligé une amende de 163 millions de yuans à la coentreprise formée par Ford et Changan Automobile pour infraction au droit de la concurrence.

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