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Wall Street résiste, malgré le coronavirus chinois

Wall Street résiste, malgré le coronavirus chinois
Wall Street résiste, malgré le coronavirus chinois
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street s'affiche assez stable avant bourse ce jeudi, S&P500, DJIA et Nasdaq évoluant peu, après avoir terminé hier la séance en ordre dispersé. Le S&P recule de 0,1%, alors que le Dow régresse de 0,2%. Le Nasdaq est inchangé. L'indice dollar se stabilise à 97,5. Le baril de brut WTI chute de 2,4% à 55,4$ sur le Nymex, avant le rapport sur les stocks américains domestiques.

Les opérateurs restent prudents, à l'écoute des développements concernant le coronavirus chinois, avec désormais 17 décès recensés par la Chine et environ 600 cas infectés. Des mesures de quarantaine ont été décidées, accompagnées d'une interdiction de voyager à Wuhan, épicentre du virus. Les transports au départ de Wuhan sont ainsi suspendus depuis ce jeudi. Pékin entend par ailleurs déployer une batterie de mesures pour contenir la propagation à l'approche du week-end du Nouvel an lunaire.

L'Organisation mondiale de la santé a reporté pour sa part son verdict, prolongeant sa réunion d'urgence afin d'obtenir plus d'informations pour évaluer le virus.

D'après le Département américain au Travail ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 18 janvier 2020 sont ressorties au nombre de 211.000, contre 214.000 de consensus et 204.000 une semaine auparavant.

L'indice des indicateurs avancés du Conference Board pour le mois de décembre 2019 sera révélé à 16 heures (consensus -0,2% en comparaison du mois antérieur). L'indice manufacturier de la Fed de Kansas City pour le mois de janvier sera annoncé à 17 heures, à la même heure que le rapport hebdomadaire du Département américain à l'Energie concernant les stocks pétroliers domestiques pour la semaine close au 17 janvier 2020 (consensus -0,1 million de barils pour les stocks de brut hors réserve stratégique).

L'accord commercial sino-américain partiel récemment conclu (phase 1) ne devrait pas avoir de grandes conséquences sur la croissance économique américaine, selon une étude Reuters auprès des économistes.

Dans une interview accordée à CNBC, le président américain Donald Trump a confirmé sa menace d'imposer des tarifs douaniers aux automobiles européennes, en l'absence d'accord commercial trouvé avec l'Union européenne. La France a menacé de représailles si des taxes douanières étaient imposées.

Dans l'actualité monétaire, le statu quo de la Norge Bank se confirme. Le Comité de politique monétaire et de stabilité financière de la Banque centrale de Norvège a décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 1,50%, décision conforme aux attentes du marché. L'évaluation actuelle du Comité sur les perspectives et la balance des risques suggère que le taux directeur restera à son niveau actuel au cours de la période à venir.

La Banque centrale européenne a opté également pour un statu quo. Comme anticipé, la BCE a décidé que le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureraient inchangés, à respectivement 0,00%, 0,25% et -0,50%. Le Conseil des gouverneurs prévoit que les taux d'intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas jusqu'à ce qu'il ait constaté que les perspectives d'inflation convergent durablement vers un niveau suffisamment proche de, mais inférieur à 2% sur son horizon de projection, et que cette convergence se reflète de manière cohérente dans la dynamique d'inflation sous-jacente.

Le Conseil des gouverneurs continuera d'effectuer des achats nets dans le cadre de son programme d'achats d'actifs (asset purchase programme, APP) à un rythme mensuel de 20 milliards d'euros. Le Conseil des gouverneurs prévoit d'y avoir recours aussi longtemps que nécessaire pour renforcer les effets accommodants de ses taux d'intérêt directeurs, et d'y mettre fin peu avant qu'il ne commence à relever les taux d'intérêt directeurs de la BCE... Le Conseil entend poursuivre les réinvestissements, en totalité, des remboursements au titre du principal des titres arrivant à échéance acquis dans le cadre de l'APP pendant une période prolongée après la date à laquelle il commencera à relever les taux d'intérêt directeurs de la BCE et, en tout cas, aussi longtemps que nécessaire pour maintenir des conditions de liquidité favorables et un degré élevé de soutien monétaire. Comme attendu, le Conseil a également décidé de lancer une évaluation de la stratégie de politique monétaire de la BCE.

Christine Lagarde s'exprime devant la presse depuis 14H30 à la suite de la dernière décision de politique monétaire de la BCE. La présidente de la BCE explique que "les données reçues depuis notre dernière réunion sont conformes à notre scénario de base d'une croissance continue, mais modérée, de l'économie de la zone euro. La croissance de l'emploi et l'augmentation des salaires, bien qu'en ralentissement, continuent de soutenir la résilience de l'économie de la zone euro... " La faiblesse du secteur manufacturier reste en revanche un frein à la dynamique de croissance de la région. "Si l'évolution de l'inflation reste globalement modérée, certains signes indiquent une augmentation modérée de l'inflation sous-jacente, conformément aux attentes", souligne la dirigeante.

"Les mesures de politique monétaire en cours favorisent des conditions de financement favorables pour tous les secteurs de l'économie. En particulier, des conditions d'emprunt plus faciles pour les entreprises et les ménages soutiennent les dépenses de consommation et les investissements des entreprises", indique la patronne de la BCE. "Compte tenu des perspectives d'inflation toujours modérées, la politique monétaire doit rester très accommodante pendant une période prolongée pour soutenir les pressions inflationnistes sous-jacentes et l'évolution de l'inflation globale à moyen terme. Le Conseil des gouverneurs est prêt à adapter tous ses instruments, le cas échéant, pour faire en sorte que l'inflation se rapproche durablement de son objectif, conformément à son engagement en faveur de la symétrie. Nous suivrons de près l'évolution de l'inflation et l'impact des mesures de politique monétaire en cours sur l'économie. Notre 'forward guidance' garantira que les conditions financières s'adapteront en fonction de l'évolution des perspectives d'inflation", précise Christine Lagarde.

"Les risques entourant les perspectives de croissance de la zone euro, liés aux facteurs géopolitiques, à la montée du protectionnisme et aux vulnérabilités des marchés émergents, restent orientés à la baisse... mais les risques sont devenus moins prononcés, car une partie de l'incertitude entourant le commerce international se dissipe".

Ailleurs à l'international, les exportations japonaises ont reculé plus que prévu en décembre, mais le solde avec la Chine est ressorti positif. Le chômage australien a lui affiché une baisse inattendue... Le Parlement britannique a adopté définitivement le texte relatif au Brexit, négocié entre le Premier ministre Boris Johnson et Bruxelles. L'accord doit être promulgué par la Reine et ratifié par le Parlement, en vue d'une sortie de l'Union européenne à la fin du mois.

Les publications trimestrielles d'entreprises cotées se poursuivent à Wall Street, le rythme étant soutenu ce jeudi avec notamment AbbVie, American Airlines, Southwest Airlines, JetBlue, Procter & Gamble, E*Trade Financial, le géant des processeurs Intel (après bourse), Union Pacific, Comcast, Kimberly-Clark, VF Corp, KeyCorp ou le groupe minier Freeport-McMoRan.

Les valeurs

Texas Instruments a publié des résultats sans grand relief. Au 4ème trimestre 2019, le bénéfice net du groupe basés à Dallas, au Texas, s'est élevé à 1,07 milliard de dollars (1,12$ par action) en baisse de 14% par rapport au 1,24 Md$ un an plus tôt (1,27$ par action). Les ventes ont atteint 3,35 milliards de dollars, en recul de 10% par rapport à la même période de 2018 (3,72 Mds$). Les analystes s'attendaient à un bpa de 1,03$ pour des ventes de 3,25 Mds$. Le fabricant de composants électroniques a donc battu les attentes du marché, mais ces dernières avaient été plusieurs fois révisées en baisse ces derniers mois, et les analystes espéraient une bonne surprise, qui ne s'est pas vraiment matérialisée. Pour le 1er trimestre en cours, TI attend un bpa de 0,96$ à 1,14$, un peu supérieur au consensus. Les ventes devraient se situer dans une fourchette de 3,12 Mds$ à 3,38 Mds$, contre 3,22 Mds$ de consensus.

Comcast, le groupe américain de médias de Philadelphie, premier câblo-opérateur local, a dévoilé des profits supérieurs attentes de marché pour son quatrième trimestre. Le groupe a réalisé sur la période un bénéfice de 3,16 milliards de dollars, 68 cents par action, contre 2,51 milliards de dollars et 55 cents par titre un an avant. Le bénéfice ajusté trimestriel s'est élevé à 79 cents, contre 72 cents un an plus tôt et 77 cents de consensus chez les analystes de la place. Les revenus ont totalisé 28,4 milliards de dollars pour le trimestre clos, contre 27,8 milliards un an auparavant et 28,2 milliards de consensus. Les revenus du câble ont grimpé de 2,6% en glissement annuel à 14,8 milliards de dollars.

VF Corp, le groupe américain connu notamment pour ses marques Timberland et Vans, a publié pour son troisième trimestre fiscal des revenus inférieurs aux attentes. Le bénéfice net trimestriel s'est établi à 465 millions de dollars et 1,16$ par titre, contre 464 millions de dollars et 1,16$ par action un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,23$, alors que le consensus de marché se situait à 1,21$. Les revenus se sont établis à 3,38 milliards de dollars, contre 3,23 milliards un an avant et 3,43 milliards de dollars de consensus. Rappelons que le groupe a scindé en mai ses activités jeans comprenant Wrangler, Lee et Rock & Republic, ainsi que VF Outlet, dans une nouvelle compagnie, Kontoor Brands. Pour l'exercice 2020, VF Corp. table sur des revenus des opérations poursuivies d'environ 11,75 Mds$ et un bpa ajusté de 3,30$.

Procter & Gamble trébuche avant bourse à Wall Street, le géant américain des produits de consommation ayant publié des ventes trimestrielles inférieures aux attentes de marché, affecté notamment par la force du dollar. Les revenus trimestriels ont augmenté de 4,6% à 18,24 milliards de dollars, alors que le consensus était de 18,4 milliards. Le bénéfice net part du groupe s'est établi à 3,72 milliards de dollars soit 1,41$ par action, sur ce trimestre clos fin décembre 2019 - second trimestre fiscal 2020 -, contre 3,19 milliards de dollars et 1,22$ par action un an avant. Le bénéfice ajusté par action a augmenté de 14% à 1,42$, contre 1,37$ de consensus de marché. Procter & Gamble se montre tout de même confiant pour l'exercice, tablant désormais sur une croissance globale de 4-5%, contre 3-5% précédemment. Le bénéfice ajusté par action 2020 est maintenant anticipé en croissance de 8-11%, contre 5-10% auparavant.

Kimberly-Clark a annoncé pour sa part des profits supérieurs aux attentes pour le trimestre clos, relevant au passage son dividende 2020. Le groupe aux marques Kleenex et Huggies a affiché un bénéfice net de 547 millions de dollars et 1,59$ par titre, contre 411 millions et 1,18$ par action un an avant. Le bpa ajusté a représenté 1,71$ contre 1,70$ de consensus. Les ventes sont ressorties à 4,58 Mds$, contre 4,57 Mds$ l'an dernier, à la même époque, et 4,54 Mds$ de consensus. Pour 2020, Kimberly anticipe une croissance de 1%, pour un bpa ajusté de 7,10-7,35$.

Tesla fait les gros titres depuis hier à Wall Street alors que le constructeur de voitures électriques a franchi pour la première fois le seuil des 100 milliards de dollars de capitalisation boursière. Sur le front des analystes, UBS a repris la couverture du dossier avec un conseil 'vendre' malgré un objectif relevé de 160 à 410 dollars. La banque helvète explique que Tesla a le potentiel pour devenir le constructeur le plus rentable. Elle pense néanmoins que le titre est surévalué après avoir plus que doublé au cours des trois derniers mois, alors que les risques d'exécution et la demande américaine suite à la suppression progressive des crédits d'impôts pour les véhicules électriques semblent être ignorés par le marché. Exane BNP Paribas a de son côté dégradé la valeur à 'neutre' tout en rehaussant sa cible de 400 à 555 dollars.

American Airlines vient de dévoiler des résultats trimestriels en demi-teinte, la guidance pour l'exercice 2020 étant notamment jugée décevante par les opérateurs. Sur les trois mois clos fin décembre, le transporteur a enregistré un bénéfice net de 414 M$ contre 325 M$ un an plus tôt pour des revenus de 11,31 Mds$, en hausse de 3,4% sur un an. Le bpa ajusté ressort à 1,15$, contre 97 cents un an plus tôt, et 1,14$ de consensus. La marge opérationnelle ajustée s'établit à 6% contre 5,8% un an auparavant. La recette unitaire s'est améliorée de 0,9 point sur la période. American Airlines n'anticipe pas un retour du 737 MAX avant, au moins, le 3 juin prochain. L'immobilisation de l'appareil a contraint la première compagnie américaine à annuler environ 10.000 vols au quatrième trimestre. Pour l'exercice 2020, le groupe table sur un bpa ajusté compris entre 4 et 6$, contre un consensus de 5,06$ et sur une marge avant impôt, hors éléments exceptionnels, "approximativement stable d'une année sur l'autre", par rapport aux 6,3% de 2019.

Southwest Airlines, principal client du 737 MAX, a vu ses résultats reculer au quatrième trimestre 2019. La compagnie à bas coûts a dégagé sur la période un bénéfice net de 514 millions de dollars, ou 0,98$ par action, contre 654 M$ ou un bpa de 1,17$ un an auparavant. Le bpa ajusté ressort à 1,16$ contre un consensus de 1,09$. Les revenus ont progressé de 0,4% à 5,7 Mds$. La réduction du bénéfice d'exploitation découlant de l'immobilisation du MAX est désormais estimée à 838 M$ pour 2019 alors que le transporteur devrait à nouveau retarder le retour de l'appareil au sein de sa flotte, actuellement prévu le 6 juin. En 2019, les capacités ont diminué de 1,6% par rapport à l'année précédente, alors que le plan initial de la compagnie était une augmentation de près de 5%. Compte tenu de la poursuite de l'immobilisation au sol du best-seller de Boeing, Southwest s'attend à une baisse de ses capacités comprise entre 1,5% et 2,5% au cours du premier trimestre.

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