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Wall Street résiste, malgré des signes inquiétants sur le front sanitaire

Wall Street résiste, malgré des signes inquiétants sur le front sanitaire
Wall Street résiste, malgré des signes inquiétants sur le front sanitaire
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine progresse encore avant bourse ce jeudi, le S&P500 s'accordant 0,1%, le DJIA 0,1% et le Nasdaq 0,6%, malgré la propagation toujours très rapide du nouveau coronavirus. Les opérateurs préfèrent jouer le scénario d'une reprise forte, avec le soutien des États et des banques centrales. Le baril de brut WTI recule de 0,5% à 41,7$ sur le Nymex. Le Brent perd 0,5%. L'once d'or gagne 0,6% à 1.876$, proche des sommets historiques.

La progression hebdomadaire du nombre de chômeurs s'est maintenue au-dessus de la barre du million aux Etats-Unis, et ce pour la dix-huitième semaine consécutive. Le Département américain au Travail vient en effet d'annoncer, pour la semaine close au 18 juillet, que les inscriptions au chômage ont atteint 1,416 million, en hausse de 109.000 par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure de 1,307 million. Elles ressortent supérieures aux attentes puisque le consensus était positionné à 1,3 million et augmentent pour la première fois depuis le mois de mars.

La moyenne à quatre semaines s'établit à 1,360 million, en recul de 16.500. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 11 juillet s'établit à 16,197 millions, en baisse de 1,1 million sur sept jours.

Avant que le coronavirus ne mette à l'arrêt la majeure partie de l'économie américaine, le précédent record datait de 1982 avec 695.000 demandes hebdomadaires.

L'indice des indicateurs avancés du Conference Board pour le mois de juin sera révélé à 16 heures (consensus +2,5%). L'indice manufacturier de la Fed de Kansas City pour juillet sera annoncé à 17 heures (consensus 5).

Les principales places européennes sont assez stables ce jour, après de nombreuses publications de résultats et malgré des tensions diplomatiques confirmées entre les Etats-Unis et la Chine. Le président américain Donald Trump a affirmé hier qu'il était toujours possible d'ordonner des fermetures supplémentaires de consulats chinois aux Etats-Unis, après que le département d'Etat américain a demandé à Pékin de fermer son consulat à Houston, au Texas. Les autorités chinoises menacent d'une réponse forte.

La propagation rapide du coronavirus se confirme par ailleurs, mais ne perturbe toujours pas les marchés. Pourtant, le nombre de morts supplémentaires a dépassé les 1.100 pour la deuxième journée consécutive aux USA, avec de tristes records du nombre quotidien de décès en Californie, en Alabama, mais aussi au Texas ou dans le Nevada.

Selon les mesures de Reuters, c'est la première fois depuis début juin que le seuil des 1.000 décès est franchi deux jours d'affilée dans le pays. Il s'agit toutefois d'un nombre inférieur au pic enregistré en avril, avec à l'époque une moyenne de 2.000 décès par jour.

Selon l'Université Johns Hopkins, le nombre des cas confirmés dans le monde depuis le début de l'épidémie se chiffre désormais à 15,255 millions, dont 3,97 millions aux USA, 2,23 millions au Brésil et 1,24 million en Inde. La Russie dénombre 787.890 cas depuis l'émergence du virus. La pandémie a fait 624.131 morts à travers le monde, dont 143.190 aux États-Unis, 82.771 au Brésil et 45.586 au Royaume-Uni.

Le Brésil et l'Argentine ont annoncé hier mercredi des records quotidiens de nouveaux cas, portant le nombre d'infections confirmées en Amérique latine à... plus de 4 millions. Le Brésil a enregistré 67.860 cas et 1.284 décès de plus durant les vingt-quatre dernières heures, selon les données du ministère brésilien de la Santé. En Argentine, les autorités ont rapporté 5.782 nouveaux cas confirmés, un record, dont la plupart dans la capitale Buenos Aires et sa périphérie. Depuis l'apparition du virus dans le pays, 141.900 cas ont été recensés. Au Pérou, pays d'Amérique latine le plus touché après le Brésil, le nombre de morts a été revu en hausse à près de 17.500. Plus de 366.500 cas ont été dénombrés.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a initialement minimisé la gravité du virus. Il a de nouveau été testé positif mercredi, deux semaines après s'être placé en isolement. L'Argentine et le Pérou ont opté pour des actions de confinement, sans succès pour l'heure.

Du côté des valeurs à Wall Street, le colosse pharmaceutique Pfizer a grimpé hier sur des nouvelles selon lesquelles le gouvernement américain s'était engagé à verser 1,95 milliard de dollars pour 100 millions de doses du vaccin 'covid' qu'il développe avec la biotech allemande BioNTech.

Hier soir, après la clôture, Tesla a annoncé des résultats supérieurs aux attentes de marché, dans le vert pour le quatrième trimestre consécutif.

Microsoft a annoncé que sa plateforme dédiée au cloud avait vu sa croissance passer sous 50% pour la première fois.

Les valeurs

Tesla, la 'star' californienne de l'automobile électrique, a dépassé hier soir les attentes de marché en termes de revenus et de profits. Le groupe s'estime par ailleurs en mesure de dépasser les 500.000 livraisons cette année, malgré l'impact du coronavirus et les perturbations dans la production. Pour le trimestre clos, le groupe d'Elon Musk, désormais aux portes du S&P500, a affiché des revenus de 6,04 milliards de dollars et un bénéfice GAAP par titre de 50 cents, contre un consensus FactSet de 5,15 Mds$ de revenus et 82 cents de perte GAAP par titre. Le groupe a livré 90.650 véhicules sur la période. Le free cash flow trimestriel s'est établi à 418 millions de dollars, contre -895 M$ sur le trimestre antérieur.

Tesla ajoute que la montée en puissance de la production dans son usine de Shanghai progresse comme prévu. Le groupe prévoit de livrer des unités du Model Y construites dans l'usine l'année prochaine. La construction de son usine de Berlin-Brandebourg "continue de progresser", a déclaré Tesla, qui confirme également le développement d'une nouvelle gigafactory à Austin, au Texas.

Microsoft, géant software de Redmond, corrige quelque peu avant bourse à Wall Street ce jeudi au lendemain de sa publication trimestrielle. Les comptes du groupe ont dépassé les attentes sur le trimestre clos, mais la croissance des activités cloud d'Azure a déçu. L'expansion d'Azure n'a été "que" de 47% sur le trimestre clos fin juin, contre un consensus de place de 49% et un bond de 59% sur le trimestre antérieur. Les revenus totaux du trimestre se sont améliorés quant à eux de 13% à 38 milliards de dollars, alors que les analystes envisageaient une performance de 36,5 Mds$. Sur ce quatrième trimestre fiscal 2020, Microsoft a dégagé un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars et 1,46$ par titre, contre 1,36$ de consensus. Les revenus de cloud commercial ont augmenté de 30% à 14,3 milliards, avec une marge de 66%.

Satya Nadella, directeur général du groupe, souligne que Microsoft poursuivra ses investissements. "Le monde s'en sortira, et nous en sortirons plus forts si nous investissons durant cette phase", ajoute le dirigeant, qui ne compte pas chercher à atteindre "des chiffres artificiels de croissance à deux chiffres" ou penser à un objectif de marge.

Whirlpool, le concepteur américain d'appareils ménagers, a annoncé des comptes supérieurs aux attentes et dopé ses estimations de ventes sur l'année. Ce second trimestre 2020 'résilient' a été soutenu par une demande globalement plus forte que prévu sur le mois de juin. Le management observe par ailleurs de solides commandes et se montre optimiste pour les mois de juillet et août. Le bénéfice GAAP dilué par action s'est établi à 55 cents et le bpa ajusté à 2,15$. La performance en Amérique du Nord a été forte, avec une nette expansion de la marge. Les revenus ont reculé de 22% à 4,04 milliards de dollars. Le profit ajusté et les revenus ont très largement battu le consensus.

Quest Diagnostics a rétabli sa guidance annuelle et délivré un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes. Le fournisseur de tests a réalisé sur le trimestre clos un bénéfice net de 185 millions de dollars soit 1,36$ par titre, contre 226 millions de dollars et 1,66$ par action un an avant. Le bpa dilué annuel 2020 est anticipé désormais entre 5,66 et 7,66$, alors que le bénéfice ajusté par action est attendu entre 6,60 et 8,60$.

Travelers a déploré une perte supérieure aux attentes pour le trimestre clos, mais les primes ont battu le consensus. L'assureur a affiché une perte nette trimestrielle de 40 millions de dollars et 16 cents par titre, contre un bénéfice de 557 millions de dollars un an avant. Les primes nettes émises ont baissé de 1% à 7,35 milliards de dollars. Le ratio combiné s'est établi à 103,7% contre 98,4% un an plus tôt.

Twitter, le réseau social média californien, qui a souffert la semaine dernière d'une faille majeure de sécurité ayant permis le piratage de comptes de célébrités, a publié pour son second trimestre des revenus de 683 millions de dollars et une perte de 1,23 milliard de dollars, 1,56$ par titre, contre un profit de 1,12 Md$ un an auparavant. Le consensus de marché était logé à 702 millions de dollars de recettes. Le bénéfice ajusté par action est une perte de 16 cents sur le trimestre écoulé, alors que le consensus était de -1 cent. Un an avant, à la même période, Twitter avait réalisé des revenus de 841 millions de dollars pour un bénéfice ajusté par titre de 20 cents. Jack Dorsey, le patron du groupe, préfère pour sa part insister sur le travail "payant" sur le produit, avec "une incroyable croissance de l'audience et de l'engagement". Le mDAU (nombre d'utilisateurs quotidiens) atteint 186 millions, une croissance de 34% en glissement annuel.

Face à la chute des revenus publicitaires, du fait de la pandémie et d'une pause dans les dépenses, Twitter envisage de nouvelles lignes d'activité, y compris une possible offre sur abonnement.

Chipotle Mexican Grill a annoncé un bénéfice trimestriel meilleur que prévu, avec la flambée des ventes à emporter qui a permis à la chaîne de restauration de surmonter la crise du coronavirus. La 'star' du burrito a dégagé au second trimestre des revenus de 1,36 Md$ en retrait de 4,8%. Les ventes digitales se sont toutefois envolées de 216%, à 61% des ventes totales. A comparable, l'activité totale a décliné de 9,8%. A ce stade, en juillet, la tendance est néanmoins positive de 6,4%. Le bpa ajusté trimestriel a représenté 40 cents, contre 35 cents de consensus.

Dow, géant américain de la chimie, entend supprimer 6% de ses effectifs après avoir subi une perte au deuxième trimestre. Le chimiste évoque une reprise "graduelle et irrégulière". Sur le trimestre clos, les volumes globaux ont chuté de 9% et les prix de 14%. La perte ajustée par action a représenté 26 cents, contre 30 cents de consensus.

American Airlines a rapporté une perte pour le deuxième trimestre consécutif, mais sa consommation de trésorerie (55 millions de dollars par jour) ressort inférieure aux attentes. Les revenus trimestriels se sont effondrés de 86%. Le transporteur aérien a déploré une perte trimestrielle de 2,07 Mds$ et 4,82$ par titre, contre un profit net de 662 millions de dollars sur la période correspondante de l'an dernier. La perte ajustée par action est ressortie à 7,82$.

Southwest Airlines a prévenu que la demande allait rester déprimée. Le groupe a toutefois publié un chiffre d'affaires au-dessus des prévisions pour le deuxième trimestre. La perte nette trimestrielle a atteint 915 millions de dollars et 1,63$ par titre, contre un profit de 741 M$ un an avant. Le cash burn ajusté quotidien a été réduit à 16 M$ contre 30 M$ en avril. La perte trimestrielle ajustée a représenté 1,5 Md$ et 2,67$ par titre. La liquidité en fin de trimestre ressortait à 15,5 Mds$. Les revenus ont chuté de 83% à 1,01 Md$.

The Hershey Co a publié des profits trimestriels supérieurs aux attentes de marché sur le trimestre clos, mais des revenus un peu courts. Le bénéfice net trimestriel s'est établi à 269 millions de dollars soit 1,29$ par titre, contre 313 millions de dollars et 1,48$ par action un an auparavant. Le bénéfice ajusté trimestriel est ressorti à 1,31$ par titre, contre 1,12$ de consensus FactSet. Le groupe alimentaire américain, connu pour ses confiseries, a réalisé des ventes de 1,71 Md$, contre 1,77 Md$ un an avant et 1,74 Md$ de consensus.

Blackstone a souffert au second trimestre, affichant un bénéfice net distribuable en retrait à 548 millions de dollars, contre 709 millions de dollars un an plus tôt. Le bénéfice distribuable par action est ressorti à 43 cents, en ligne avec le consensus. Le bénéfice net consolidé a tout de même progressé de 86% à 568 millions de dollars avec le rebond des marchés actions. Le montant total des actifs sous gestion ressort à 564 millions de dollars contre 538 millions de dollars un an avant.

Intel, géant des microprocesseurs, et Mattel, leader du jouet, publient leurs comptes trimestriels après bourse ce soir à Wall Street.

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