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Wall Street reprend son souffle, inquiétudes sur le virus

Wall Street reprend son souffle, inquiétudes sur le virus
Wall Street reprend son souffle, inquiétudes sur le virus
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine hésite désormais ce mercredi. Le S&P500 est orienté en retrait de 0,08% à 3.122 pts, alors que le Nasdaq grappille 0,31% à 9.926 pts. L'indice historique DJIA perd 0,18% à 26.243 pts. Le baril de brut WTI reste volatil et fléchit désormais de 0,6% à 38,2$ sur le Nymex. L'once d'or consolide de 0,2% à 1.733$.

Les cours du pétrole réduisent leurs pertes après l'annonce d'une légère hausse des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine passée. D'après le Département à l'Energie, les stocks domestiques de pétrole pour la semaine close au 12 juin ont augmenté de 1,2 million de barils à 539,3 mb, contre un consensus de -0,2 million de barils. Les réserves d'essence ont reculé de 1,7 million de barils (contre une stabilité anticipée par le consensus), alors que les stocks de produits distillés ont diminué de 1,4 mb par rapport à la précédente semaine, contre une progression de 2,5 mb attendue par le marché.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole continue à se montrer prudente. Dans son dernier rapport mensuel, le cartel indique que l'économie mondiale connaîtra une "reprise progressive", mais que celle-ci ne compensera pas le marasme des six premiers mois de l'année. La lente reprise du transport aérien limitera la consommation de carburant et le taux de chômage élevé aux Etats-Unis ainsi que la diminution des déplacements domicile-travail pénaliseront la consommation d'essence, souligne l'organisation. En outre, la demande de combustibles industriels continuera d'être affectée par la faiblesse mondiale des activités manufacturières.

Au global, l'Opep table toujours sur une baisse de la consommation de brut de 9,1 millions de barils par jour cette année, à 90,6 mbj, soit en repli d'environ 9%, avec une chute de 17,3 mbj au deuxième trimestre.

Du côté de la production, l'Arabie Saoudite, la Russie et d'autres membres de la coalition OPEP+ doivent s'entretenir demain pour examiner l'impact de l'accord historique de baisse de l'exploitation annoncé le mois dernier. Ils estiment que 87% de la réduction de 9,7 millions de barils par jour a été réalisée en mai, selon un délégué cité par 'Bloomberg'. Le rapport montre d'ailleurs que la plupart des membres de l'OPEP au Moyen-Orient - l'Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis - ont réalisé la totalité ou la quasi-totalité des réductions promises dans le cadre du dernier accord.

Les opérateurs misent toujours sur une reprise économique forte, alors que les dernières statistiques américaines concernant en particulier l'emploi ou la consommation ont très positivement surpris. Le soutien des banques centrales et des États conforte cet optimisme, alors que sur le front sanitaire, l'épidémie de Covid-19 ne montre pourtant pas de signe tangible de ralentissement au niveau mondial.

Dans l'actualité économique outre-Atlantique ce jour, les mises en chantier de logements pour le mois de mai 2020 sont ressorties sur un rythme de 0,974 million, ce qui ressort assez nettement inférieur au consensus des économistes (1,1 million). Un mois plus tôt, ces mises en chantier étaient situées à 0,934 million. Les permis de construire se sont établis quant à eux à 1,22 million en mai 2020, contre 1,25 million de consensus et 1,066 million pour la lecture révisée du mois d'avril 2020.

Jerome Powell, président de la Fed, ainsi que les responsables régionaux Raphael Bostic (Fed d'Atlanta) ou Loretta Mester (Fed de Cleveland), s'exprimeront durant la journée.

Les inquiétudes sur la pandémie de coronavirus et les foyers de tension géopolitique en Asie pèsent légèrement sur le récent sentiment d'optimisme relatif à la reprise économique. Les solides ventes au détail aux Etats-Unis publiées hier (+17,7% !) et l'évocation d'un potentiel plan d'investissement de 1.000 milliards de dollars de l'administration Trump avaient soutenu les marchés plus tôt cette semaine, alors que les derniers commentaires de Jerome Powell n'avaient pas vraiment surpris.

Les marchés ne paniquent donc pas à l'idée d'une potentielle deuxième vague de la pandémie, mais ils demeurent prudents. Les autorités américaines ont clairement laissé comprendre qu'elles n'entendaient pas reconfiner. Les derniers chiffres de l'épidémie restent pourtant préoccupants. Selon l'Université Johns Hopkins, le nombre de cas de contamination au niveau mondial s'élève désormais à 8,204 millions, dont 2,137 millions aux Etats-Unis, 923.189 au Brésil ou 552.549 en Russie. L'épidémie a fait 444.426 morts dans le monde, dont 116.964 aux USA, 45.241 au Brésil et 42.054 au Royaume-Uni.

En Chine, les autorités de Pékin multiplient les mesures de restriction et confinement suite au recensement de 137 nouveaux cas sur les six derniers jours. Des centaines de vols ont été annulés à l'arrivée et au départ de la capitale. Une trentaine de quartiers sont soumis à des mesures de contrôle. Les établissements scolaires restent fermés.

Aux Etats-Unis, le nombre de nouveaux cas a atteint un record dans six Etats, dont la Floride et le Texas, et le nombre d'hospitalisations est lui aussi en forte hausse selon Reuters.

Enfin, les opérateurs surveillent la situation à la frontière entre Corée du Nord et Corée du Sud, ainsi qu'à la frontière sino-indienne.

La Bourse de New York a fini en nette hausse, hier mardi, après l'annonce d'un vif rebond de la consommation aux Etats-Unis en mai, ce qui laisse espérer un redémarrage en "V" de l'économie. Pourtant, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 augmente dans de nombreux Etats américains, ainsi qu'en Chine, mais les marchés parient sur la mise au point d'un vaccin à l'automne, et en attendant, ils misent sur les actions renforcées de la Fed et de l'Etat fédéral pour soutenir l'économie.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 2,04% à 26.289 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 1,9% à 3.124 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a avancé de 1,75% à 9.895 pts. La hausse du S&P 500 a été tirée par les indices sectoriels de de l'Energie (+2,8%), de la Santé (+2,4%) et des Matériaux de base (+2,1%).

Les marchés américains ont ignoré un nouveau discours prudent du président de la Fed Jerome Powell, préférant saluer l'annonce par la Fed de la mise en oeuvre de son programme de rachat d'obligations d'entreprises. Par ailleurs, un projet évoqué par l'agence 'Bloomberg', à savoir un plan de l'administration Trump de 1.000 milliards dollars pour renforcer les infrastructures aux Etats-Unis, a aussi soutenu les marchés d'actions.

Le président de la Fed Jerome Powell, qui s'exprimait ce mardi devant une commission du Sénat, a commenté ces chiffres de l'emploi et des ventes de détail en estimant que l'économie avait sans doute désormais touché son point bas et qu'elle commençait à se rétablir, après la phase de confinement de mars et avril.

Cependant, le patron de la banque centrale américaine s'est montré prudent soulignant que la vigueur de la reprise restait incertaine. "Une bonne partie de cette incertitude vient des incertitudes concernant l'évolution de la maladie et l'efficacité des mesures prises pour la maîtriser", a expliqué Jerome Powell, devant une commission du Sénat. "Tant que la population n'est pas certaine qu'elle (la pandémie) est endiguée, il est peu probable que l'économie se remette complètement", a-t-il ajouté.

Lundi soir, la Fed a accru son soutien en annonçant le démarrage de son programme de rachat d'obligations d'entreprises, prévu dans le cadre de la batterie de mesures annoncées le 23 mars dernier pour faire face à la récession provoquée par la crise sanitaire. Jusqu'à présent, la Banque centrale américaine avait uniquement acheté des obligations privées de façon indirecte, via des fonds indiciels (ETF).

Le 10 juin, à l'issue de sa dernière réunion de politique monétaire, la Fed s'était montrée inquiète d'une reprise économique lente et avait signalé son intention de maintenir ses taux directeurs proches de zéro au moins jusqu'à la fin 2022. Elle a réitéré son engagement à utiliser toute la gamme de ses outils pour sortir l'économie américaine de l'ornière où l'a précipitée la pandémie.

Alors que cette résurgence de la maladie avait provoqué la semaine dernière une forte correction des Bourses, cette semaine, les marchés préfèrent parier sur la reprise, et sur des avancées médicales pour lutter contre le coronavirus. Ainsi, selon les premiers résultats d'un essai clinique britannique, un médicament de la famille des stéroïdes, le dexamethasone, permet de réduire d'un tiers la mortalité chez les malades les plus gravement atteints par le Covid-19.

Par ailleurs, les investisseurs espèrent qu'un vaccin viendra juguler le virus à l'automne. Le week-end dernier, le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a estimé être en mesure de livrer les premières doses de vaccin dès le mois d'octobre si les essais cliniques en cours sont couronnés de succès. De nombreux autres laboratoires dans le monde (dont la biotech américaine Moderna et le français Sanofi) testent des vaccins, avec pour objectif une commercialisation à l'automne ou au plus tard début 2021.

Les valeurs

Oracle (-4%) a publié mardi soir après la clôture de Wall Street des bénéfices supérieurs aux attentes, mais des ventes décevantes en raison de la crise engendrée par le coronavirus.

Le bénéfice net du T4 fiscal, achevé fin mai, s'est établi à 3,11 milliards de dollars, soit 0,99$ par action, en baisse de 7,5% par rapport au 1,07$ par action sur la même période de l'exercice précédent. Le bénéfice par action ajusté des éléments exceptionnels a cependant atteint 1,2$ (+3,4%), supérieur au 1,15$ attendu par le consensus établi par le cabinet FactSet. En revanche, les ventes du groupe fondé par Larry Ellison ont reculé de 6,3% à 10,44 Mds$, contre 11,14 Mds$ un an plus tôt, et alors que les analystes s'attendaient à une légère progression, à 11,61 Mds$.

En mars, avant les mesures de restriction prises face à la pandémie de Covid-19, Oracle avait indiqué s'attendre à un bpa ajusté de 1,20$ à 1,28$, pour un chiffre d'affaires de 10,92 à 11,36 Mds$.

Tesla (+1%), le concepteur californien de véhicules électriques, perd un peu de terrain en bourse en pré-séance ce jour suite à un article du Wall Street Journal, selon lequel les ventes du groupe d'Elon Musk en Californie auraient décroché durant les deux derniers mois. Le groupe a quant à lui annoncé un accord de partenariat de trois ans avec le Japonais Panasonic concernant la fabrication et la fourniture de batteries destinées à son usine du Nevada.

Groupon (-9%) a dévoilé une perte moins importante que prévu au titre du premier trimestre fiscal, ce qui soutient l'action du leader des achats groupés en ligne à Wall Street ce jour. Le groupe a donc annoncé pour le premier trimestre un déficit de 213 millions de dollars et 7,53$ par titre, contre 42 M$ un an avant. La perte ajustée trimestrielle est ressortie à 46 M$ et 1,63$ par titre, contre un consensus de -1,92$ par action. Les revenus ont chuté de 35% à 374 M$, contre 365 M$ de consensus. Le groupe évoque un impact majeur du Covid-19 sur son activité. Il a terminé le trimestre avec 667 M$ de cash.

United Airlines (-4%) a assoupli son plan de départ volontaire pour inciter davantage de personnel de bord à accepter et éviter des licenciements, selon un document interne consulté par l'agence Reuters.

Southwest (-1%), le transporteur aérien discount américain, veut maintenir la limitation des réservations sur ses vols au moins jusqu'au mois de septembre, pour conserver une distance physique adéquate entre passagers.

Norwegian Cruise Line (-7%), compagnie maritime américaine de navires de croisière basée à Miami, va prolonger la suspension de ses croisières jusqu'à la fin du mois de septembre en raison de la pandémie. Ces annonces devraient peser notablement sur l'ensemble du secteur en bourse ce jour.

ConocoPhillips (-1%), firme américaine spécialisée dans l'extraction, le transport et la transformation du pétrole, va reprendre une partie de sa production en Alaska après une interruption de plusieurs semaines.

Facebook (-1%), le réseau social de Menlo Park, veut ajouter des avertissements aux publicités politiques partagées par ses utilisateurs sur leurs fils, en réponse aux attaques mettant en cause des failles dans les mesures de transparence appliquées par le groupe californien en période électorale.

Qualcomm (stable), le groupe américain de technologie mobile, prévoit d'intégrer la technologie 5G dans ses processeurs pour smartphones milieu de gamme, produits attendus au second semestre calendaire.

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