Cotation du 11/06/2021 à 23h16 Dow Jones Industrial +0,04% 34 479,60
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Wall Street reprend de la hauteur avec la tech

Wall Street reprend de la hauteur avec la tech
Wall Street reprend de la hauteur avec la tech
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street rebondit en début de séance malgré la publication d'un indicateur confirmant la hausse des prix aux Etats-Unis. L'optimiste sur la reprise économique semble reprendre le dessus sur les craintes inflationnistes alors que les opérateurs réalisent des achats à bon compte après trois séances de baisse marquée sur la place américaine, notamment sur le compartiment technologique. L'indice Dow Jones reprend 1,47% à 34.082 points, tandis que l'indice large S&P 500 gagne 1,43% à 4.121 pts après avoir signé hier sa plus forte baisse depuis le mois de février. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, rebondit de 1,39% à 13.213 points.

L'évolution des prix à la production aux Etats-Unis en avril était particulièrement surveillée après l'envolée des prix à la consommation sur la même période. Elle confirme la hausse actuelle de l'inflation outre-Atlantique. L'indice des prix à la production pour le mois d'avril a en effet progressé de 0,6% en comparaison du mois antérieur, contre +0,3% de consensus de place. En glissement annuel, il grimpe de 6,2%, soit la plus forte hausse depuis la création de la statistique. Hors alimentaire et énergie, le 'PPI core' ressort en augmentation de 0,7% en comparaison du mois précédent, contre +0,4% de consensus, et en hausse de 4,1% en glissement annuel.

Hier, la publication d'une hausse de 4,2% des prix à la consommation aux Etats-Unis en avril sur un an, au plus haut depuis 13 ans, est venue ravivée les craintes d'une inflation incontrôlée même si certains, Fed en tête, estiment que ce dérapage des prix ne sera que passager.

La Réserve fédérale a plusieurs fois laissé entendre ces dernières semaines qu'elle était prête à tolérer un dépassement temporaire de son objectif, jugeant que la hausse des prix serait un phénomène transitoire, lié à la sortie de la crise du coronavirus (effet de base avec 2020, pénuries et problèmes de chaîne logistique, hausse des cours des matières premières...). Reste que pour certains investisseurs, il ne fait désormais plus guère de doute sur le fait que la Fed va devoir commencer à serrer la vis au cours des prochains mois. De quoi mettre à mal des marchés nourris par les milliards de dollars injectés par la Fed depuis de très longs mois.

"Les marchés ont perdu un peu de confiance dans le fait que la Fed contrôle l'inflation" et l'inquiétude est que la Banque centrale pourrait attendre trop longtemps pour s'attaquer à la hausse, a déclaré Victoria Fernandez sur 'Bloomberg TV'. "Je ne suis pas sûre que le marché soit extrêmement à l'aise avec cela à ce stade", a précisé le directeur de la stratégie marchés chez Crossmark Global Investments.

Sur le front de l'emploi, les données hebdomadaires sont quelque peu rassurantes après la grosse déception des chiffres d'avril. Les inscriptions au chômage sont en effet retombées sur leur niveau pré-pandémie la semaine dernière. Le Département américain au Travail a ainsi annoncé, pour la semaine close au 8 mai, que les inscriptions au chômage ont atteint 473.000, en recul de 34.000 par rapport à la lecture révisée à la hausse de la semaine antérieure de 507.000. Le consensus était positionné à 490.000.

La moyenne à quatre semaines s'établit à 534.000, en baisse de 28.250. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 1er mai atteint 3,655 millions, en repli de 45.000 sur sept jours (3,65 millions de consensus).

Les taux obligataires se détendent légèrement après le bond de la veille dans le sillage de l'accélération des prix à la consommation aux Etats-Unis. Le rendement du T-Bond américain à 10 ans pointe à 1,668% (-2,7 pb). Le taux du "30 ans" recule de 2,6 pb à 2,385%.

Du côté des changes, l'indice du dollar est quasi stable à 90,7 points face à un panier de devises de référence. L'euro grignote 0,13% face au billet vert, à 1,208$ dans les échanges interbancaires à New York.

Les cours du brut consolident, les inquiétudes concernant la crise du coronavirus en Inde, troisième plus grand importateur de brut au monde, tempérant l'optimisme sur la reprise alimentée par les dernières prévisions de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et de l'Agence internationale de l'énergie. Le baril de brut léger américain WTI cède actuellement 2,5% à 64,4$ sur le Nymex pour le contrat à terme de juin, tandis que le Brent rend 2,3% à 67,8$ (contrat de juillet).

Dans son dernier rapport mensuel, publié mercredi, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a estimé que les stocks mondiaux de brut accumulés pendant la crise du Covid étaient presque revenus à la normale, et a prévu que la demande mondiale de brut aura presque retrouvé ses niveaux d'avant-crise d'ici à la fin de l'année. Les deux variétés de brut ont gagné plus de 30% depuis le début de l'année, les investisseurs anticipant une accélération de la demande au second semestre 2021 à mesure que les effets de la pandémie de coronavirus s'estomperont.

Enfin, sur le marché des "cryptos", la tendance haussière s'est brusquement inversée après les dernières déclarations d'Elon Musk. Le bitcoin chute de 11% sur 24h, revenu autour de 50.450$ sur la plateforme Bitfinex, alors que l'Ether plonge de 11% à 3.860$.

VALEURS A SUIVRE

* Hertz Global Holdings (+5%) s'est envolée de 55% à 5,72$ mercredi à Wall Street, après l'annonce d'un accord sur un plan de 6 milliards de dollars destiné à faire sortir le loueur de voitures du Chapitre 11 sur les faillites, où il s'était inscrit en mai 2020.

Les fonds Knighthead Capital Management, Certares Opportunities et Apollo Capital Management ont accepté de recapitaliser Hertz, qui réalisera aussi une augmentation de capital de 1,6 Md$ réservée à ses actionnaires actuels. Il s'agit d'une bonne nouvelle pour le groupe, ainsi que pour les investisseurs particuliers actifs sur le réseau social Reddit. Ils ont été nombreux à parier l'an dernier sur un sauvetage de Hertz, qui paraissait alors avoir très peu de chances de survivre à la crise du coronavirus, qui a laminé le marché de la location automobile.

En revanche, les mésaventures de Hertz ont pesé sur son ex-principal actionnaire, le milliardaire Carl Icahn, qui détenait 39% du capital du groupe avant la crise du Covid. Il a cependant jeté l'éponge sur ce dossier au printemps 2020, vendant à perte sa participation, et encaissant une lourde perte estimée à 2 milliards de dollars par la chaîne télévisée 'CNN'.

* Boeing (+2,6%) a obtenu l'approbation de l'administration fédérale de l'aviation des Etats-Unis (FAA) pour la résolution d'un problème électrique qui avait affecté une centaine d'avions 737 MAX, ouvrant ainsi la voie à leur remise en service après l'arrêt des vols début avril, a confirmé le constructeur d'avions. "Après avoir obtenu les approbations finales de la FAA, nous avons émis des bulletins de service pour la flotte concernée", a déclaré Boeing à Reuters. "Nous sommes également en train de terminer les réparations et nous nous préparons à reprendre les livraisons".

* Alphabet (+1%). L'autorité italienne de la concurrence a annoncé avoir infligé à Google une amende de 102 millions d'euros pour abus de position dominante dans un dossier mettant en cause le système d'exploitation Android et la boutique d'applications Google Play.

* Amazon (+0,6%) va recruter 75.000 personnes dans son réseau d'entrepôts et de livraison aux États-Unis et au Canada. Afin d'attirer les travailleurs sur un marché de l'emploi qui se tend outre-Atlantique, le géant du e-commerce offre un salaire de départ moyen de plus de 17 dollars de l'heure, ainsi que des primes à l'embauche pouvant atteindre 1.000 dollars dans de nombreux endroits. Le groupe de Jeff Bezos, qui propose également plusieurs avantages sociaux pour ses nouveaux salariés, va verser 100$ à ceux qui arrivent chez Amazon déjà vaccinés contre le Covid-19. "Créer des emplois bien rémunérés, offrir d'excellents avantages sociaux et garantir la santé et la sécurité des employés sont les principales priorités d'Amazon", souligne la firme.

* Alibaba (-4,5%) est tombé dans le rouge sur les trois mois clos fin mars mais son chiffre d'affaires a progressé plus vite qu'attendu grâce à la dynamique continue de ses 'marketplace'. Les recettes du trimestre ont atteint 187,4 MdsY (28,6 Mds$), en hausse de 64% sur un an, mais le groupe a accusé une perte nette de 5,48 milliards de yuans, sa première depuis 2012, en raison notamment d'une amande de 2,8 Mds$ pour comportement monopolistique imposée par Pékin. Le géant chinois table sur une croissance d'au moins 30% sur le nouvel exercice avec des revenus attendus à plus de 930 MdsY (144 Mds$), contre un consensus de 623,5 MdsY.

* Tesla (-0,6%). Virage à 180 degrés pour Elon Musk ! Le patron de Tesla, qui continue à faire la pluie et le beau temps sur le marché des cryptos, est à l'origine du décrochage de la quasi totalité des devises numériques après une annonce pour le moins surprenante. Grand adepte des cryptos, le milliardaire a indiqué dans un tweet dévoilé hier soir que Tesla avait suspendu la possibilité d'acheter une de ses voitures électriques en payant avec du Bitcoin, principalement pour des raisons environnementales.

"Tesla a suspendu les achats de voitures avec des bitcoins. Nous sommes inquiets du recours de plus en plus important aux combustibles riches en carbone pour miner des bitcoins, surtout le charbon, qui a les pires émissions de tous les combustibles. La cryptomonnaie est une bonne idée à plein de niveaux et nous pensons qu'elle a un avenir prometteur, mais cela ne doit pas compromettre l'environnement. Tesla ne vendra pas de bitcoins et nous l'utiliserons pour des transactions dès que les mines seront alimentées par des énergies plus durables".

Un gros revirement pour Elon Musk qui avait lui-même annoncé il y a moins de deux mois que Tesla acceptait désormais le paiement en Bitcoin.

Une déclaration elle-même intervenue quelques semaines après que le dirigeant eut révélé que sa société avait acquis 1,5 milliard de dollars de Bitcoins. La vente de Bitcoins a d'ailleurs permis à Tesla de gonfler ses profits au premier trimestre.

Elon Musk aura donc mis plusieurs semaines pour comprendre (où plutôt reconnaître) que le minage de cryptos est une activité fortement énergivore. Il a précisé " regarder d'autres devises virtuelles qui utilisent moins de 1% de l'énergie du Bitcoin par transaction ". Le marché est déjà impatient de connaître lesquelles.

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