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Wall Street reprend confiance dans la recovery

Wall Street reprend confiance dans la recovery
Wall Street reprend confiance dans la recovery
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street rebondit avant bourse ce mercredi, se remettant rapidement de ses émotions de la veille, et misant de nouveau sur le scénario pourtant fort peu assuré d'une reprise en V. Le S&P500 est attendu en hausse de 1,1%, alors que le Nasdaq prend 1% et le DJIA 1,2%. Le baril de brut WTI gagne 2,1% sur le Nymex à 32,6$, alors que le Brent de la mer du Nord avance de 2,4% sur les 35$. Les investisseurs jouent donc de nouveau la reprise économique et le 'succès' des déconfinements. L'once d'or grappille 0,4% à 1.753$.

Sur le front économique outre-Atlantique, le rapport hebdomadaire du Département à l'Energie concernant les stocks pétroliers domestiques américains pour la semaine close au 15 mai sera communiqué à 16h30.

Les Minutes de la dernière réunion monétaire de la Fed seront révélées à 20 heures. James Bullard et Raphael Bostic de la Fed s'exprimeront dans la journée sur divers sujets. Les opérateurs trouveront peut-être là de nouvelles informations concernant la perception qu'ont les banquiers centraux américains des taux d'intérêt négatifs. Pour l'heure, Jerome Powell a clairement exprimé son opinion négative sur le sujet, au grand désespoir de Donald Trump.

Selon l'Université Johns Hopkins, depuis le début de l'épidémie, plus de 4,9 millions de personnes ont été contaminées dans le monde, dont 1,53 million aux USA, 309 milliers en Russie et 272 milliers au Brésil. La pandémie a fait près de 92.000 morts aux Etats-Unis.

Les tensions avec la Chine sur la question de la gestion de l'épidémie de Covid-19 ne semblent pas vraiment s'apaiser ce mercredi, comme en témoigne ce tweet de Trump : "Un farfelu en Chine vient de publier une déclaration accusant tout le monde à part la Chine du Virus qui a tué des centaines de milliers de personnes. Veuillez expliquer à ce crétin que c'est 'l'incompétence de la Chine', et rien d'autre, qui a fait ce massacre Mondial!"

Après une séance hésitante, la bourse américaine a reculé mardi en clôture, assaillie de doutes sur le rythme de retour de la croissance face à la crise du Covid-19. La forte hausse de lundi, dans l'espoir de la mise au point d'un vaccin contre le coronavirus, a été suivie de commentaires plus prudents mardi sur ce candidat-vaccin du laboratoire Moderna. Le pétrole WTI a fait du yo-yo, tandis que Donald Trump a repris ses critiques contre la Chine et l'Organisation mondiale de la santé.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 1,59% à 24.206 points (après un bond de 3,85% lundi), tandis que l'indice large S&P 500 a perdu 1,05% à 2.922 pts (+3,15% lundi), et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a lâché 0,54% à 9.185 pts (après +2,44% lundi).

Du côté des valeurs, Moderna a corrigé de 10,4% (après +20% lundi). Selon le site spécialisé dans la santé, 'STAT', les résultats encourageants du candidat-vaccin contre le Covid-19 doivent être pris avec précaution et il est encore trop tôt pour crier victoire, en attendant les phases 2 et 3 de l'essai clinique.

Les investisseurs ont suivi avec intérêt la dernière intervention du président de la Fed Jerome Powell, qui a été auditionné par la Commission bancaire du Sénat, en même temps que le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin. Jerome Powell a confirmé des propos déjà tenus ces derniers jours, à savoir que la banque centrale américaine anticipait un début de reprise économique progressive à partir du 2e semestre 2020.

La crise actuelle, même si elle fera s'envoler le chômage et sera la "pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale", devrait être moins grave que la Grande Dépression des années 1930, selon le patron de la Fed. Il a répété que l'institution est prête à utiliser tout l'éventail de ses outils pour soutenir l'économie. La Fed maintiendra ses taux proches de zéro tant que l'économie n'aura pas retrouvé la santé, a assuré Powell, qui n'a pas évoqué la possibilité de taux négatifs. Il a clairement repoussé cette idée à plusieurs reprises, malgré les pressions de Donald Trump.

De son côté, Steven Mnuchin a expliqué au Sénat que les dommages de la pandémie sur l'économie américaine pourraient être "durables" si le confinement se prolonge. Les sénateurs ont multiplié les questions sur les dangers d'un retour prématuré au travail des salariés, notamment ceux qui sont les moins bien payés et protégés.

"Comme je l'ai déjà dit, nous sommes conscients des problèmes de santé et nous voulons (rouvrir le pays) de manière équilibrée et sans danger", a assuré Steven Mnuchin. Mais, a-t-il prévenu, "il existe un risque de dommages durables" sur la première économie du monde si les mesures de confinement restent en vigueur trop longtemps.

Donald Trump a fait savoir mardi qu'il allait rencontrer les responsables républicains du Sénat dans la soirée au sujet d'un possible nouveau plan de soutien à l'économie. Cette rencontre n'était pas prévue à l'agenda du président américain. Elle intervient alors que la chambre des représentants dominée par les démocrates a approuvé le 15 mai un nouveau plan d'aide de 3.000 milliards de dollars, que le Sénat (à majorité républicaine) ne souhaite pas adopter. La Maison Blanche souhaite de son côté attendre de mesurer les effets des mesures budgétaires déjà prises, qui frôlent déjà les 3.000 Mds$.

Les marchés ont aussi surveillé avec nervosité l'évolution des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, qui se sont concentrées en ce début de semaine sur les questions sanitaires et en particulier le rôle et le financement de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les deux puissances se sont affrontées verbalement à l'occasion de l'Assemblée générale de l'OMS.

Donald Trump, qui accuse Pékin d'avoir menti sur les origines du coronavirus, a accusé l'OMS d'être une "marionnette de la Chine" et a menacé de geler indéfiniment le financement américain de l'Organisation si elle ne s'engageait pas à des "améliorations notables" dans un délai de 30 jours.

Les valeurs

Target, le détaillant discount de Minneapolis, a annoncé pour son premier trimestre des profits dépassant les attentes. Le bénéfice net sur ce trimestre clos début mai 2020 s'est élevé ainsi à 284 millions de dollars soit 56 cents par action, contre 795 millions un an plus tôt. Le bénéfice ajusté trimestriel par action a représenté 59 cents, contre un consensus FactSet de 44 cents. Les revenus totaux se sont appréciés de 11,3% en glissement annuel à 19,6 milliards de dollars. Le consensus FactSet était de 19 milliards de dollars. La croissance à magasins comparables a atteint 10,8%.

Les ventes de e-commerce ont tout simplement explosé avec le confinement. Elles se sont envolées de 141% à comparable, la croissance ayant accéléré de 33% en février à... 282% en avril ! Le groupe ne fournit pas de guidance financière annuelle compte tenu des incertitudes actuelles liées au coronavirus.

Lockheed Martin, géant américain de la défense, va freiner la production de son avion de chasse F-35 au Texas du fait de difficultés d'approvisionnement liées à la pandémie.

Alibaba, colosse chinois du e-commerce coté à Wall Street, entend investir 1,4 milliard de dollars dans l'intelligence artificielle et l'Internet des objets pour développer son assistant personnel à commande vocale Tmall Genie.

Lowe's, numéro deux américain de la distribution de produits destinés à la maison, grimpe avant bourse à Wall Street après avoir annoncé pour son trimestre clos début mai des comptes supérieurs aux attentes. Le bénéfice net trimestriel a grimpé ainsi à 1,33 milliard de dollars et 1,76$ par titre, contre 1,05 milliard un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,77$, contre un consensus de 1,32$ selon FactSet. Les ventes ont totalisé 19,7 milliards de dollars, en progression de 10,9% en glissement annuel, contre 18,3 milliards de consensus. Les ventes en ligne ont flambé de 80% ! La croissance US à comparable est ressortie à 12,3%.

Le groupe indique toutefois qu'il retire sa guidance financière annuelle 2020, évoquant la visibilité limitée du fait de la pandémie de coronavirus Covid-19.

Urban Outfitters, le détaillant américain en vêtements, a dit s'attendre à une chute de 60% de ses revenus pour le deuxième trimestre à magasins comparables, du fait de la faiblesse de la reprise.

Exxon Mobil relance le processus de cession de sa participation de 6,8% dans le premier champ pétrolier d'Azerbaïdjan. Il susciterait l'intérêt de plusieurs grandes compagnies asiatiques, croit savoir Reuters, citant des sources bancaires et industrielles.

Johnson & Johnson, géant médical et pharmaceutique américain, va arrêter la vente en Amérique du Nord de son talc pour bébé visé par des milliers de plaintes. Le groupe indique que la demande a chuté avec la 'désinformation' sur la sécurité sanitaire du produit...

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