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Wall Street replonge, Trump et Facebook minent les marchés

Wall Street replonge, Trump et Facebook minent les marchés
Wall Street replonge, Trump et Facebook minent les marchés
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street retombe en début de séance ce lundi, après une série de tweets ravageurs du président américain Donald Trump durant le week-end. L'affaire des données de Facebook pèse sur le segment technologique de la cote. Le groupe de Mark Zuckerberg est en effet sous pression, après une sombre affaire de collecte massive de données concernant des dizaines de millions d'utilisateurs. Des données qui auraient pu être utilisées par la firme Cambridge Analytica pour la campagne de Trump en 2016 !

Le DJIA abandonne actuellement 0,85% à 24.735 pts, alors que le Nasdaq perd 1,30% à 7.385 pts. Le S&P500 trébuche de 0,85% à 2.729 pts.

Facebook a révélé vendredi la suspension de Cambridge Analytica et de deux individus liés au vol massif de données. Dès 2014, une application supposée servir à des tests psychologiques proposait alors de rémunérer ses utilisateurs. Selon le 'New York Times', l'application aurait finalement permis de collecter des informations sur des dizaines de millions de personnes. L'utilisation faite de ces données poserait problème, le développeur ayant enfreint la politique de Facebook en transmettant justement ces données à la fameuse 'Cambridge Analytica' et à sa maison-mère britannique...
Facebook a constaté il y a quelques jours que les données en question n'avaient pas été totalement détruites, contrairement aux engagements de Cambridge Analytica, qui appartient à un milliardaire donateur du Parti républicain et compte Steve Bannon (qui avait rejoint la campagne de Trump en 2016) à son conseil d'administration... Ces données pourraient même avoir été utilisées pour la constitution de publicités électorales ciblées durant la campagne de Trump...

McCabe "viré", Trump jubile

Le président américain a annoncé avant-hier sur Twitter le limogeage d'Andrew McCabe, ancien directeur adjoint du FBI, qui était toujours employé par l'agence après avoir quitté en janvier ses fonctions de numéro deux. McCabe a été viré par Jeff Sessions, ministre de la Justice. Il aurait fallu seulement deux jours de plus à McCabe pour profiter pleinement de ses avantages de retraite. Le ministère de la justice a évoqué une 'mauvaise conduite de McCabe', sans entrer plus dans les détails. Évidemment, les observateurs font le rapprochement avec le rôle de McCabe en tant que témoin dans l'enquête visant à établir une éventuelle obstruction de Trump à l'enquête russe.

Donald Trump, de son côté, se réjouissait samedi, sur Twitter, du licenciement de McCabe. "Un grand jour pour les hommes et les femmes du FBI qui travaillent durement", a lancé Trump, s'en prenant également à l'ancien dirigeant de l'agence, James Comey, qu'il avait aussi limogé, et fustigeant "les mensonges et la corruption" qui sévissaient alors, selon lui, au plus haut niveau du FBI.

Rien de compromettant ?

Dans un autre message posté sur Twitter, Trump rejette l'idée que McCabe puisse disposer de documents compromettants : "J'ai passé très peu de temps avec Andrew McCabe, mais il n'a jamais pris de notes lorsqu'il était avec moi. Je ne pense pas qu'il ait constitué de mémos à part pour l'aider dans son propre agenda, probablement à une date ultérieure. La même chose pour le menteur James Comey. Pouvons nous appeler çà de faux mémos ?" Sur Twitter également, Comey a répondu au président, expliquant : "Le peuple Américain entendra mon histoire très bientôt. Et ils pourront juger par eux-mêmes de qui est honorable et qui ne l'est pas". Comey faisait allusion à son livre, qui sortira en avril.

Attaques contre le procureur Mueller

Le président américain s'en est également pris ce week-end au procureur Robert Mueller, qui enquête sur la possible collusion entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie. Dans un tweet envoyé dimanche, Trump se demande "pourquoi l'équipe Mueller comporte 13 Démocrates endurcis, dont d'importants partisans d'Hillary la malhonnête, et zéro Républicain ?" Donald Trump constate qu'un autre démocrate a récemment rejoint l'équipe. "Est-ce que quelqu'un pense que c'est juste ? Et pourtant, il n'y a AUCUNE COLLUSION!", insiste encore le président sur son réseau social préféré...

Dans un autre tweet livré dimanche, Trump avait estimé que l'enquête Mueller était basée sur 'des activités frauduleuses' et un 'Faux Dossier'. Le président américain évoquait ainsi une "chasse aux sorcières".

Et l'économie dans tout ça ?

Ces assauts de Trump font donc presque oublier l'économie américaine. Il n'y aura pas de statistiques notables ce jour, mais la semaine sera marquée, outre-Atlantique, par la réunion de la Fed. La Banque tient donc demain mardi et mercredi sa réunion de politique monétaire, qui devrait se conclure par un relèvement des taux d'un quart de point (probabilité de... 94,4% d'un taux rehaussé entre 1,5 et 1,75% sur les fonds fédéraux, selon l'outil FedWatch du CME Group)...

La conférence de presse du nouveau président de la Fed Jerome Powell - sa première à ce poste - est très attendue. Elle permettra, mercredi soir (20h30 en France), de tenter de décrypter les intentions de la Fed pour le reste de 2018. Trois tours de vis d'un quart de point sont pour l'heure anticipés par une majeure partie des économistes. Néanmoins, certains craignent une poussée de l'inflation qui contraindrait la Banque à une quatrième hausse des taux cette année.

Cette réunion revêt une importance particulière, les marchés se trouvant en manque de repères depuis le changement à la tête de l'institution. Ce sera donc la toute première réunion monétaire sous la direction de Powell, qui a pris la succession de Janet Yellen début février en tant que président de la banque centrale américaine.

Les fruits de sa première réunion et de sa première conférence de presse, mercredi, sont donc très attendus, dans le contexte incertain créé par Donald Trump (réforme fiscale, protectionnisme commerciale et diplomatie agressive)... Le communiqué monétaire de la Fed sera publié mercredi à 20 heures, en même temps que les prévisions économiques de la Banque centrale américaine.

LES VALEURS

Facebook chute de 6% à Wall Street ce lundi, après cette exploitation inappropriée de données qui concernerait potentiellement... 50 millions d'utilisateurs. Le réseau social de Menlo Park va mener son enquête en interne suite à cette affaire Cambridge Analytica. Joseph Chancellor, chercheur en psychologie sociale au sein du réseau social, est notamment visé. Il était auparavant co-directeur de Global Science Research, qui avait obtenu des informations sur les utilisateurs Facebook et leurs amis par l'intermédiaire d'une application de quiz de personnalité. Aleksandr Kogan, autre co-directeur de la firme, aurait ensuite transmis ces informations à Cambridge Analytica...

Apple (-1%) fléchit également, fort heureusement dans de moindres proportions, après un avis de Nomura Instinet. La firme explique que ses récentes vérifications n'ont pas montré de réelle amélioration de tendance pour les iPhones du groupe à la pomme. Ainsi, la firme a ajusté en baisse ses estimations concernant les ventes d'iPhones...

Apple travaillerait par ailleurs actuellement à la conception et à la fabrication de ses propres écrans à la norme MicroLED en réalisant de nombreux tests dans une usine secrète en Californie, selon les informations de 'Bloomberg', qui cite des sources proches du dossier. Afin d'éviter tous risques inhérents à la fabrication, Apple devrait probablement externaliser la production de ses nouveaux écrans. L'usine de Californie est en effet trop petite pour une production de masse. La firme californienne souhaiterait néanmoins garder en interne cette technologie le plus longtemps possible...

Le chemin à parcourir est encore long mais si Apple parvenait à ses fins, il porterait un coup très dur aux fabricants d'écrans tels que Samsung Electronics, Japan Display, Sharp ou encore LG Display. Universal Display Corp, un important développeur de la technologie OLED, serait également fortement touché.

Google (Alphabet cède 3%) constituerait un groupe de grands noms de la distribution afin de lutter contre Amazon. Selon l'agence 'Reuters', le géant de l'Internet s'allierait à Target, Home Depot, Wal-Mart, Costco et Ulta dans le cadre de ce nouveau projet. Les détaillants intéressés pourront indexer leurs catalogues sur le moteur de recherche, qui se rémunèrera en pourcentage des ventes réalisées par ce biais, ajoute 'Engadget'.

AT&T (stable) fait face cette semaine au gouvernement américain devant les tribunaux, à propos de sa combinaison majeure avec Time Warner. Le Département US de Justice s'oppose à la fusion des deux compagnies. L'opération de 85 milliards de dollars suscite des inquiétudes antitrust du DoJ, alors qu'AT&T affirme de son côté que les deux compagnies ne sont pas en concurrence frontale. Le Département de Justice, de son côté, estime qu'un tel rapprochement pourrait nuire à la concurrence sectorielle, même si la fusion est dite 'verticale'.

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