Cotation du 05/03/2021 à 23h44 Dow Jones Industrial +1,85% 31 496,30
  • DJIND - US2605661048

Wall Street recule malgré le plan Biden, les banques pèsent

Wall Street recule malgré le plan Biden, les banques pèsent
Wall Street recule malgré le plan Biden, les banques pèsent
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York fléchit légèrement vendredi, les investisseurs digérant une série de résultats bancaires jugés mitigés, ainsi que l'annonce d'un recul surprise des ventes de détail aux Etats-Unis en décembre, sous l'impact de la crise sanitaire. Le président-élu Joe Biden a dévoilé jeudi soir un plan de soutien de 1.900 milliards de dollars, qui était largement anticipé par les marchés, tandis que le patron de la Fed, Jerome Powell, a rassuré sur un soutien durable de la banque centrale.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cède 0,29% à 30.902 points, tandis que l'indice large S&P 500 baisse de 0,41% à 3.780 pts, et que l'indice Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, fléchit de 0,29% à 13.074 pts.

Les indices sectoriels du S&P de l'énergie (-3,5%) et des financières (-1,5%) pèsent sur la tendance. Le cours de JP Morgan Chase (-1,15%) recule malgré des résultats supérieurs aux attentes au 4e trimestre 2020, tandis que Citigroup perd 5,7% et Wells Fargo lâche 7,2%, les deux banques ayant déçu sur leurs revenus trimestriels.

Des chèques de 1.400$ versés directement aux Américains

Joe Biden a donc annoncé jeudi soir un projet de plan de relance chiffré à 1.900 milliards de dollars, face à la crise sanitaire. Le "package" comprend 415 Mds$ pour le renforcement de la lutte et de la vaccination contre le Covid-19, 1.000 Mds$ environ d'aides directes aux ménages et 440 Mds$ d'aides aux petites entreprises et aux municipalités les plus gravement touchées.

Des "chèques" de 1.400 dollars seront versés aux Américains, s'ajoutant aux 600$ versés au titre du plan de 900 Mds$ voté par le Congrès juste avant Noël. L'allocation chômage sera augmentée à 400$ par semaine contre 300$, et prolongée jusqu'en septembre.

Les leaders démocrates du Congrès, où le parti a obtenu une courte majorité dans les deux chambres lors des récentes élections, ont fait savoir qu'ils allaient faire le maximum pour adopter rapidement le plan.

Le pétrole et l'or corrigent, le dollar rebondit

Le pétrole subit des prises de bénéfices après son récent rally qui l'a porté au plus haut depuis février dernier, avant la crise du Covid-19. Le brut léger américain WTI cède vendredi 2,3% à 52,30$ le baril (contrat à terme de février sur le Nymex), tandis que le Brent de la Mer du Nord d'échéance mars lâche 2,3% à 55,11$. L'or perd 1,2% à 1.829,00$ pour le contrat à terme de février sur le Comex.

Les matières premières pâtissent notamment d'un bond du dollar. L'indice du dollar grimpe de 0,57% à 90,75 points face à un panier de devises, tandis que l'euro perd 0,6% à 1,2083$. Le billet vert a rebondi de plus de 1% depuis son plus bas du 6 janvier en séance, profitant des anticipations de taux et d'inflation plus élevés à l'avenir, à la faveur de la relance budgétaire massive aux Etats-Unis.

A noter que le Bitcoin rechute de plus de 10% sur 24h, pour revenir autour de 35.640$ vendredi soir.

Jerome Powell ne veut pas entendre parler de "tapering"

Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans recule vendredi de 3 points de base à 1,09%, après avoir atteint mardi en séance jusqu'à 1,18%, au plus haut depuis mars 2020. Les taux se sont détendus au lendemain des propos de président de la Fed, Jerome Powell, qui a assuré que la banque centrale américaine préviendrait "très en avance" les marchés lorsqu'elle déciderait de réduire ses achats d'obligations d'Etat ("tapering").

Cette question du "tapering" n'est actuellement pas d'actualité, a affirmé M. Powell, ajoutant que l'économie est "loin de nos objectifs" et que la Fed attendra d'avoir des "preuves claires" de progrès en matière d'emploi et d'objectifs d'inflation avant de réduire son soutien.

Les ventes de détail reculent pour le 3e mois d'affilée aux Etats-Unis

Les derniers indicateurs macro-économiques, publiés vendredi, ont lancé des signaux inquiétants du côté de la consommation qui, rappelons-le, représente plus des deux-tiers du PIB des Etats-Unis. Les ventes de détail ont ainsi chuté de 0,7% en décembre sur un mois, alors que le consensus tablait sur une quasi-stabilité (-0,1%), après une chute de 1,4% en novembre... Il s'agit du 3e mois de recul consécutif, qui coïncide avec la forte poussée du coronavirus aux Etats-Unis, où le nombre de décès approche désormais en moyenne les 4.000 par jour.

En outre, en janvier, l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs est ressorti inférieur aux attentes, à 79,2, contre un consensus de marché de 80 et après 80,7 en décembre.

En revanche, la production industrielle a grimpé plus que prévu en décembre, +1,6% sur un mois, contre un consensus de +0,5%, et après un gain de 0,5% en novembre. L'indice manufacturier "Empire State" de la région de New York, est en revanche ressorti inférieur aux attentes à 3,5, contre 6 de consensus.

Enfin, l'indice des prix à la production a cru de 0,3% en décembre par rapport au mois antérieur, contre +0,4% de consensus. Hors alimentaire et énergie, il s'apprécie de 0,1%, contre 0,2% de consensus.

VALEURS A SUIVRE

JP Morgan Chase (-1,1%) a publié des comptes remarquables pour son quatrième trimestre. Ainsi, le géant bancaire américain a réalisé sur la période un bénéfice net de plus de 12 milliards de dollars, pour des revenus de 29,2 milliards de dollars et un bénéfice par action de 3,79$. Hors effet de la réserve de crédit, le profit trimestriel se monte à 9,9 milliards de dollars et 3,07$ par titre, 45 cents de mieux que le consensus. Les revenus étaient quant à eux attendus à 28,7 milliards de dollars sur la période.

Jamie Dimon, le patron de la banque, salue ces résultats "solides", concluant une année difficile. Le dirigeant se réjouit des revenus records générés par JPMorgan, grâce à son modèle diversifié. Le bénéfice du quatrième trimestre constitue un record, mais comprend 2,9 milliards de dollars de reprise de réserve, qui ne constituent pas un profit récurrent. Alors que cet ajustement reflète les développements positifs sur les vaccins et le stimulus économique, les réserves de crédit existantes de plus de 30 milliards de dollars reflètent encore l'incertitude significative de court terme.

Wells Fargo (-7%) a publié pour le compte de son quatrième trimestre fiscal 2020 un bénéfice ajusté par action de 64 cents, contre 60 cents de consensus. Les revenus trimestriels de la banque californienne ont totalisé 17,9 milliards de dollars, alors que le consensus se situait à 18,1 milliards. Les charges de restructurations ont impacté le trimestre à hauteur de 781 millions de dollars soit 14 cents par titre. Le conseil d'administration de la banque a par ailleurs approuvé une augmentation de l'autorisation d'achat d'actions de 500 millions de titres.

Citigroup (-5,7%) a annoncé pour son quatrième trimestre un bénéfice GAAP par action de 2,08$, pour des revenus de 16,5 milliards de dollars (-10%). Les revenus de banque de consommation ont régressé de 14%, ceux des clients institutionnels de 1% et ceux du trading fixed income de 19%. Le consensus était de 1,36$ de bpa pour 16,7 milliards de recettes sur le trimestre. Les pertes de crédit ont représenté 1,47 Md$, contre 1,92 Md$ sur le précédent trimestre.

PNC Financial (-2%) a publié pour l'exercice 2020 un bénéfice net de 7,55 milliards de dollars et 16,96$ par titre, contre 5,41 Mds$ un an avant. Sur le seul quatrième trimestre, le groupe a dégagé un bénéfice de 1,46 milliard de dollars, 3,26$ par titre, contre 1,53 milliard sur le précédent trimestre et 1,38 milliard pour le quatrième trimestre 2019. Le consensus de bpa trimestriel est amplement dépassé (de 72 cents). Les revenus T4 totalisent 4,2 milliards environ, également supérieurs aux attentes.

Goldman Sachs (-3%), le géant américain de la banque d'affaires, envisage des acquisitions pour renforcer sa banque de détail baptisée Marcus, selon trois sources de l'agence Reuters.

BlackRock (-2%) a cédé la majeure partie de sa participation au sein de China Telecom, une des compagnies chinoises dans lesquelles l'administration Trump a interdit d'investir.

Alphabet (stable). L'Australian Competition and Consumer Commission envisage une action légale contre la finalisation du rachat de Fitbit par Google pour 2 milliards de dollars. L'ACCC apprécie peu le fait que le moteur de recherche ait bouclé le rapprochement avant la finalisation de sa revue concurrentielle.

Walt Disney (-1%). Selon le Los Angeles Times, un dirigeant de Disney a confié aux journalistes que Disneyland envisageait de mettre un terme à son programme de pass annuels, qui serait remplacé par des offres de membres nouvelles et plus adaptées, selon les désirs des consommateurs. Disney entend ainsi rouvrir ses parcs de Californie avec une capacité réduite, seulement sur réservation, lorsque l'Etat le permettra.

General Electric (-3%), le colosse industriel et financier américain, a porté plainte contre une filiale de l'Allemand Siemens Energy, accusée d'avoir subtilisé des informations confidentielles afin de fausses les appels d'offres sur les turbines à gaz.

Amazon (-1%). Une action est engagée contre le géant américain du e-commerce, accusé de gonfler artificiellement les prix sur les livres électroniques, en s'accordant avec les cinq plus grands éditeurs américains.

Tesla Motors (stable) a demandé à ses employés d'écouler tout le stock actuel de Model S et X, croit savoir le site spécialisé Electrek. Ainsi, le groupe californien liquiderait son stock ce mois en vue d'un "rafraichissement". Electrek affirme par ailleurs que la voiture à 25.000$ de Tesla destinée au marché de masse pourrait arriver "plus tôt qu'on ne le croit".

Exxon Mobil (-5%), colosse pétrolier texan, ferait l'objet d'une enquête de la SEC, autorité des marchés financiers aux Etats-Unis, suite à une plainte d'un salarié selon lequel la firme aurait surévalué l'un de ses plus importants actifs du Bassin permien au Texas. C'est du moins ce qu'indique le Wall street Journal.

Thermo Fisher Scientific (+2%), leader des instruments médicaux, a annoncé l'acquisition de la compagnie belge Henogen, spécialiste des vecteurs viraux, pour un montant de 725 millions d'euros.

Pfizer (-1%) réduira temporairement les livraisons vers l'Europe de son vaccin contre le covid, le temps de renforcer ses capacités de production. C'est ce qu'ont annoncé les autorités norvégiennes de santé.

©2021,

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !