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Wall Street recule face aux craintes géopolitiques au Moyen-Orient

Wall Street recule face aux craintes géopolitiques au Moyen-Orient
Wall Street recule face aux craintes géopolitiques au Moyen-Orient
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les facteurs de risque sont revenus au galop en ce début de semaine sur les marchés financiers, à commencer par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont fait flamber le cours du pétrole d'environ 14% ce lundi. En outre, les signes de ralentissement économique se multiplient en Chine et les Etats-Unis menacent à nouveau de surtaxer les marchandises européennes importées.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cédait 0,5% à 27.084 points, mettant fin à une série de 8 hausses consécutives, qui l'avait porté vendredi à seulement 0,5% de son dernier record historique de juillet. L'indice large S&P 500 reculait de 0,32% à 2.997 pts, tandis que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, abandonnait 0,3% à 8.152 pts. En Europe, l'EuroStoxx 50 a fini en baisse de 0,89%, tandis que le CAC 40 a perdu 0,94%.

Sur le marchés des changes, le dollar progresse lundi soir, faisant office de valeur refuge, de même que les obligations d'Etat américaines et allemandes, faisant chuter les taux d'intérêts. L'indice du dollar gagne 0,4% à 98,66 points, tandis que l'euro cède 0,68% à 1,0998$ face au billet vert. Le rendement du T-Bond à 10 ans recule de 6 points de base à 1,84% et le Bund allemand de même échéance est retombé à -0,48% (-3 pdb).

Le pétrole en hausse de plus de 14%

Ce lundi, tous les yeux sont donc tournés vers les marchés pétroliers, après l'attaque de drones contre deux installations pétrolières-clés en Arabie Saoudite. L'attaque, revendiquée par les rebelles chiites Houthis du Yémen, a entraîné la chute de moitié de la production pétrolière de l'Arabie saoudite, amputant la production mondiale d'environ 5%....

En réaction, le cours du brut léger américain WTI flambe lundi soir de 14,2% à 62,55 le baril (contrat à terme d'octobre), tandis que le Brent bondit de 14,3% à 68,85$ le baril (contrat de novembre). Les cours ont ainsi retrouvé instantanément leurs niveaux du mois de mai dernier, avant leur dégringolade liée à la crainte d'une faiblesse de la demande mondiale sur fond de guerre commerciale.

Selon des sources proches de Riyad, les réparations pourraient durer plusieurs semaines, ce qui risque de perturber les livraison pétrolières mondiales et de faire grimper les prix des carburants à la pompe. Toutefois, les stocks pétroliers mondiaux sont suffisamment fournis pour éviter une pénurie, selon les experts. Aux Etats-Unis notamment, le président Donald Trump a immédiatement autorisé les Etats-Unis à puiser dans leurs réserves pétrolières stratégiques.

Les Etats-Unis et l'Arabie saoudite voient l'Iran à la manoeuvre

Les observateurs redoutent cependant une escalade des tensions politiques, voire un conflit militaire dans la région, qui pourrait gravement nuire à l'approvisionnement mondial. Or, si les cours du pétrole flambaient durablement, cela contribuerait à aggraver le ralentissement économique mondial.

Les Etats-Unis et l'Arabie saoudite accusent l'Iran d'avoir commandité l'attaque coordonnée de drones, revendiquée par les chiites Houthis du Yémen, alliés de l'Iran. Le porte-parole de la coalition américano-saoudienne dans la guerre au Yémen, a ainsi affirmé lundi soir que les drones utilisés ont été fabriquées en Iran. Le colonel saoudien Turki al-Maliki a indiqué que "L'enquête se poursuit et toutes les indications montrent que les armes utilisées sont iraniennes".

Auparavant, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo avait déjà estimé qu'il n'y avait aucune preuve que cette "attaque sans précédent contre l'approvisionnement énergétique mondial" soit venue du Yémen, Washington accusant l'Iran d'en être à l'origine. De son côté, Téhéran a jugé ces accusations "insensées" et "incompréhensibles".

Washington "prêt à agir", l'UE, la Chine et la Russie appellent au calme

De son côté, le président américain Donald Trump a fait savoir que les Etats-Unis sont "prêts à agir". "Nous avons des raisons de croire que nous connaissons le coupable, nous sommes prêts à agir en fonction des vérifications, mais nous attendons du Royaume qu'il nous dise qui, selon eux, est à l'origine de cette attaque et de quelle manière nous allons procéder!", a notamment tweeté Donald Trump.

Lundi soir, des appels au calme se faisaient entendre, notamment de la part de l'Union européenne, qui a exhorté les parties en présence à "la plus grande retenue" face au risque d'exacerbation des tensions. La Chine a aussi exhorté l'Iran et les Etats-Unis à la "retenue", suite aux accusations de Washington. Quand à la Russie, elle a appelé à "ne pas tirer de conclusions hâtives".

L'économie chinoise bat de l'aile

Les tensions au Moyen-Orient ne sont pas les seuls sujets d'inquiétude pour Wall Street. Dimanche, une batterie de statistiques venant de Chine a montré que la 2è économie mondiale fléchissait sérieusement. La production industrielle a vu sa croissance tomber à 4,4% sur un an en août, le chiffre le plus faible depuis février 2002, après +4,8% en juillet et alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une progression de 5,2%.

Les ventes au détail, en hausse de 7,5% sur un an, et l'investissement en actifs fixes, en croissance de 5,5% sur les huit premiers mois de l'année, sont eux aussi ressortis inférieurs aux attentes.

Donald Trump accentue la pression sur l'Union européenne et sur la Fed

Sur le front commercial également, les tensions se ravivent, avec l'Union européenne cette fois. Des informations de la presse américaine ont évoqué la volonté des Etats-Unis d'imposer des droits de douane punitifs à l'Union européenne, en s'appuyant sur une décision de l'Organisation mondiale du commerce sanctionnant des aides publiques de l'UE à Airbus.

Dans ce contexte incertain, les marchés se préparent aussi à la décision de la Réserve fédérale, qui se réunira mardi et mercredi. Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité d'une baisse des taux d'un quart de point se situait lundi soir à 65,8% (taux réduit dans une fourchette de 1,75-2%), alors que la probabilité d'un statu quo ressort à 34,2%.

Quant à Donald Trump, il s'est une nouvelle fois déchaîné lundi contre la Fed, en réclamant une "grosse chute des Taux d'Intérêt" et des mesure de stimulation de l'économie.

Ce lundi, la publication du dernier indice manufacturier Empire State de la Fed de New York a montré un ralentissement en septembre, tombant à seulement 2 points, contre +4,9 de consensus et +4,8 pour août.

VALEURS A SUIVRE

La flambée des cours du pétrole profite aux valeurs pétrolières. L'indice S&P 500 de l'énergie bondit de 3,7%. ExxonMobil (+1,8%), Chevron (+2,4%), Schlumberger (+5,7%), Halliburton (+10,7%) Transocean (+13,8%) et Devon Energy (+11,8%) font partie des plus fortes hausses du secteur.

Bob Iger, le CEO de Walt Disney (-1,7%), a démissionné du conseil d'administration d'Apple (+0,4%). Le départ intervient fort logiquement suite à l'annonce faite par le groupe de Cupertino du lancement prochain de son service vidéo Apple TV+, concurrent direct de Disney+. Les deux services doivent être lancés en novembre, le 1er pour l'Apple TV+ et le 12 pour le service rival de Disney.
AppleTV + sera proposé à seulement 4,99$ par mois, un prix nettement inférieur à la concurrance : 13$ pour Netflix (-0,2%) et, aux 9$ pour Amazon (-2%) Prime Video, et 15$ pour HBO Now et CBS All Access.

General Motors (-4,7%). Le puissant syndicat automobile américain UAW a appelé 46.000 employés du constructeur General Motors (GM) à la grève dès dimanche à minuit. Le mouvement social fait suite à l'échec des négociations avec la direction sur un vaste éventail de sujets, allant des salaires à la protection médicale. Les négociations ont démarré en juillet et patinent depuis.

L'UAW veut aussi empêcher la fermeture de chaînes d'assemblage dans l'Ohio et le Michigan, que la direction du premier constructeur américain juge indispensable pour adapter son outil de production aux changements du marché automobile. GM n'a plus connu de grande grève depuis douze ans. Les salariés avaient alors arrêté le travail pendant deux jours. En 1998, une grève de 54 jours avait paralysé l'usine de Flint, dans le Michigan. La mobilisation sera un test pour Mary Barra, la directrice générale du groupe, mais aussi pour le syndicat UAW, dont les caisses de grève ne prévoient de verser que 250 dollars par semaine aux ouvriers grévistes, bien en-dessous de leurs rémunérations...

Alder Biopharmaceuticals grimpe de plus de 82% à Wall Street. Le Danois Lundbeck va racheter le groupe américain pour près de deux milliards de dollars, misant surtout sur son traitement expérimental des migraines. La prime ressort à 79% sur la clôture de vendredi à Wall Street.

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