Cotation du 18/10/2019 à 23h08 Dow Jones Industrial -0,95% 26 770,20
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Wall Street recule, des nuages pèsent sur les discussions commerciales

Wall Street recule, des nuages pèsent sur les discussions commerciales
Wall Street recule, des nuages pèsent sur les discussions commerciales
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après un début de séance positif, la Bourse américaine est repartie dans le rouge vendredi soir, à l'issue d'une semaine marquée par une flambée du pétrole, une baisse des taux de la Fed et la reprise des difficiles négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. La cote est en outre animée de mouvements spéculatifs liés l'arrivée à échéance, de façon simultanée ce vendredi, des contrats et options sur les indices et les actions (la "Journée des 4 sorcières").

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones reculait de 0,24% à à 27.028 points, tandis que l'indice large S&P 500 cédait 0,28% à 2.998 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, perdait 0,72% à 8.123 pts.

Pas de délégation chinoise dans les fermes du Montana

Les indices sont passés du vert au rouge après qu'un groupe de responsables commerciaux chinois a annulé une visite prévue en début de semaine prochaine sur des exploitations agricoles du Montana, dans le cadre des négociation en cours... Ces responsables ont fait savoir qu'ils devaient rentrer en Chine plus tôt que prévu, ce qui fait craindre un échec des discussions, qui ont repris jeudi à Washington, après 2 mois d'interruption entre des délégations des deux pays...

Les nouvelles discussions se concentraient justement sur la question des produits agricoles, afin que la Chine augmente significativement ses achats de soja et d'autres matières premières agricoles venues des Etats-Unis.

Un peu plus tôt, l'optimisme restait pourtant de mise, Washington ayant annoncé la levée des droits de douane sur plus de 400 produits chinois. Donald Trump a même indiqué devant la presse que son administration "faisait beaucoup de progrès" avec la Chine. Mais le président a aussi déclaré qu'un accord agricole ne suffirait pas, et qu'il cherchait un "accord complet" avec Pékin, ce qui aurait tendu le climat des discussions.

Plus tôt en Europe, l'EuroStoxx 50 avait terminé en hausse de 1,2% et le CAC 40 a progressé de 0,56%, terminant au plus haut depuis près de 12 ans. Sur l'ensemble de la semaine, le Stoxx 600 a pris 0,3% et le CAC 40 0,63%, leur cinquième performance hebdomadaire positive d'affilée

Le pétrole toujours soutenu par les attaques en Arabie saoudite

Sur le marchés des changes, l'indice du dollar a gagné vendredi 0,28% à 98,55 points, tandis que l'euro a fléchi de 0,24% à 1,1013$ face au billet vert. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain (T-Bond) à 10 ans a reculé de 2 point de base à 1,76%.

Le pétrole progressait vendredi, à l'issue d'un folle semaine qui l'a vu flamber de 7%, après l'attaque contre des installation pétrolières saoudiennes, qui a réduit de moitié la production du royaume. En soirée, le brut léger américain WTI gagnait 0,95% à 58,68$ le baril (contrat à terme d'octobre) sur le Nymex, tandis que le Brent avançait de 0,9% 64,85$. Les deux variétés de pétrole avaient flambé d'environ 15% lundi avant de corriger en cours de semaine.

Mardi, les autorités saoudiennes avaient assuré que la production du royaume serait de retour à la normale avant la fin du mois, écartant la crainte d'un choc pétrolier. Mais certains experts émettent des doutes sur la capacité de l'Arabie saoudite à rétablir sa production aussi rapidement. Les Etats-Unis accusent l'Iran d'être à l'origine des attaques, qui ont été revendiquées par les rebelles houthis du Yémen (alliés de Téhéran), faisant craindre une escalade dans la région, voire une intervention militaire américaine. En attendant, Washington a d'ores et déjà annoncé un renforcement des sanctions économiques contre l'Iran.

Les banques centrales à la manoeuvre face au ralentissement conjoncturel

Malgré les inquiétudes géopolitiques, les marchés boursiers mondiaux ont été portés cette semaine par les mesures d'assouplissement annoncées par plusieurs banques centrales. Elles entendent ainsi pallier le ralentissement de la croissance mondiale, qui se fait sentir en Chine et en Europe, et dans une moindre mesure aux Etats-Unis.

Vendredi, la banque centrale chinoise a réduit son taux préférentiel de prêt pour le deuxième mois consécutif afin de soutenir le crédit, emboîtant ainsi le pas à la Banque centrale européenne (BCE) et à la Réserve fédérale américaine en matière d'assouplissement monétaire. La Fed a abaissé mercredi son taux des fed funds d'un quart de point, à 1,75%-2%, tout en laissant le marché un peu dans le flou sur de nouveaux gestes accommodants d'ici à la fin de l'année. La semaine dernière, la BCE avait frappé fort en abaissant son taux de dépôt à -0,5% (contre -0,4%) et en reprenant son programme de rachat d'actifs au rythme de 20 milliards de dollars par mois.

A Wall Street, où les indices sont proches de leurs records historiques, les investisseurs procèdent depuis plusieurs semaines à une rotation sectorielle au détriment des valeurs de croissance, à commencer par les technologiques, dont les valorisation sont au zénith. L'indice S&P des technologies de l'information affichait ainsi la plus forte baisse sectorielle ce vendredi, en recul de 1,16% en séance, suivi des biens de consommation discrétionnaires (-0,9%) et des services de communication (-0,8%).

VALEURS A SUIVRE

McDonald's (-0,2%) a relevé son dividende trimestriel cash de 8% ce jour. Il est ainsi porté à 1,25$ par trimestre, ou 5$ par an. Le groupe rappelle qu'il a rendu déjà un montant cumulé de 21 milliards de dollars aux actionnaires dans le cadre de son plan de trois ans d'allocation de capital visant un retour total aux actionnaires de 25 Mds$. La finalisation du plan est attendue cette année. Le premier dividende majoré sera payable le 16 décembre aux actionnaires enregistrés le 2 décembre.

Alphabet (-0,75%). Google va investir 3 milliards d'euros de plus durant les deux prochaines années pour étendre ses centres de données en Europe, a confié depuis la Finlande le directeur général du groupe californien, Sundar Pichai. Les nouveaux plans d'investissement comprennent les 600 millions d'euros dédiés au centre de données basé à Hamina, en Finlande. Les investissements totaux dédiés à ce seul site atteignent donc la bagatelle de 2 milliards d'euros, "une fantastique nouvelle pour la Finlande" selon son Premier ministre Antti Rinne.

Xilinx (-7%) trébuche à Wall Street, suite à l'annonce abrupte du départ de son directeur financier Lorenzo Flores, qui part poursuivre "une autre opportunité managériale". Il quittera le groupe après la publication des résultats du second trimestre fiscal programmée le 23 octobre. Flores officiait chez Xilinx depuis 11 ans. Le directeur général du concepteur de 'puces', Victor Peng, assumera ses fonctions le temps de la désignation d'un successeur durable. Sumeet Gagneja assumera la direction comptable et Matt Poirier le rôle de trésorier. Bank of America Merrill Lynch vient néanmoins de dégrader la valeur à 'neutre'.

Netflix (-6,4%) corrige à Wall Street, alors que la firme Evercore ISI vient de juger que les vérifications récentes de données fournissaient une image mitigée des perspectives de croissance des abonnements à l'international pour le service américain de vidéo en streaming... Reed Hastings, le patron de Netflix, a commenté quant à lui les arrivées prochaines d'Apple, de Disney ou de NBC sur son marché. Selon lui, cette concurrence nouvelle va faire flamber les coûts des contenus, au point que 'The Crown' (qui a coûté environ 100 M£) semblera même "donné" d'ici quelques temps.

Boeing (-1,2%). Le colosse aéronautique de Chicago n'est pas encore tiré d'affaire. Le groupe doit franchir plusieurs étapes avant la remise en service du 737 MAX, cloué au sol depuis mars après deux accidents impliquant l'appareil et ayant fait 346 morts. Parmi ces étapes, le groupe doit procéder à une mise à jour du logiciel de l'appareil, a affirmé hier le directeur général de la Federal Aviation Administration américaine. Ce dernier fait état d'un possible délai supplémentaire d'un mois.

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