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Wall Street rebondit ; Walmart star du marché

Wall Street rebondit ; Walmart star du marché
Wall Street rebondit ; Walmart star du marché
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street, qui décrochait hier soir (-1,23% sur le Nasdaq et -0,54% sur le DJIA) avec les craintes de remontée des taux outre-Atlantique, les tensions commerciales, la chute des matières premières ou encore celle des valeurs technologiques, se redresse vivement ce jeudi. Une nouvelle période de négociation va en effet s'ouvrir fin août entre les États-Unis et la Chine, dont l'affrontement commercial s'était durci ces dernières semaines. La cote américaine profite des rebonds de Cisco et Walmart... Le DJIA gagne en clôture 1,58% à 25.558 pts, alors que le Nasdaq avance de 0,42% à 7.806 pts. Le S&P500 prend 0,79% à 2.840,69 pts.

Nouvelles discussions entre Pékin et Washington

Des discussions officielles avaient déjà eu lieu en juin à Pékin, entre le Secrétaire américain au commerce Wilbur Ross et le vice-premier ministre chinois Liu He.

Cette fois, une délégation chinoise menée par le vice-ministre au Commerce, Wang Shouwen, va rencontrer des représentants américains menés par le Secrétaire du Trésor pour les affaires internationales, David Malpass. C'est ce qu'affirme le Ministère chinois au commerce dans un communiqué. Wang Shouwen et ses camarades se rendront donc aux Etats-Unis pour mener des négociations commerciales à la fin du mois. Les Etats-Unis sont à l'origine de ces négociations, si l'on en croit le sous-secrétaire Malpass. Pékin s'est pour sa part félicité de ces discussions, en précisant bien toutefois qu'il n'accepterait aucune mesure unilatérale.

Accalmie passagère

Rappelons que la Chine va imposer le 23 août des droits de douane de 25% sur 16 milliards de dollars de produits importés des États-Unis. Il s'agit d'une réplique à la décision de Washington d'imposer des taxes comparables, à cette même date, à un montant équivalent de produits provenant de Chine.

Pékin et Washington s'étaient déjà infligés des taxes réciproques sur des produits représentant environ 34 milliards de dollars. Le Président américain Donald Trump s'est même dit prêt à taxer la totalité des importations chinoises, puisqu'il envisageait le mois dernier d'imposer des droits de douane supplémentaires sur... 500 milliards de dollars d'importations en provenance de Chine.

Les investisseurs sont parvenus à relativiser ce nouveau volet de négociation. En effet, il n'implique pas de très haut responsable, et les précédents volets n'avaient pas accouché de grands progrès. D'ailleurs, l'indice Shanghai Composite (-0,7% à 2.705 pts) ne salue pas vraiment la nouvelle...

Sur le marché des matières premières et métaux, la tendance est un peu plus propice, après la chute générale d'hier. Le pétrole grimpe à 65,5$ le baril WTI (+0,8%) sur le Nymex ou 71,3$ pour le Brent (+0,78%).

Le Qatar soutient la Turquie

Sur le marché des changes, l'euro se redresse de 0,28% à 1.137$. Le dollar perd encore 2,2% contre la livre turque, à 5,824, après un pic de plus de 7 plus tôt cette semaine. La crise turque semble donc "digérée" à court terme, avec un coup de pouce de l'émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, qui entend soutenir Erdogan en investissant 15 milliards de dollars en Turquie. Erdogan s'est aussi entretenu par téléphone avec Emmanuel Macron ce jour. Le Président français a affirmé à Erdogan que la stabilité économique de la Turquie était importante pour la France. Les deux hommes ont exprimé le souhait de resserrer les liens sur le plan économique.

Quelques chiffres mitigés outre-Atlantique

D'après le rapport gouvernemental du jour aux États-Unis, les mises en chantier de logements pour le mois de juillet 2018 sont ressorties sur un rythme de 1,168 million d'unités, contre 1,271 million de consensus et 1,158 million pour la lecture révisée du mois antérieur. Les permis de construire se sont quant à eux établis à 1,311 million d'unités, contre 1,307 million de consensus et 1,292 million un mois plus tôt.

L'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Philadelphie pour le mois d'août 2018 vient également d'être publié. Il ressort à seulement 11,9, contre 22,5 de consensus et 25,7 un mois plutôt, ce qui traduit un fort ralentissement de l'expansion. L'indice contraste tout particulièrement avec le solide 'Empire State' de la Fed de New York publié plus tôt cette semaine.

Enfin, le Département US au Travail vient d'annoncer un recul des inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage sur un rythme ajusté des variations saisonnières, en baisse de 2.000 la semaine passée à 212.000. Le consensus tablait sur un niveau de 215.000.

Cisco et Walmart en renfort

Cisco s'adjuge 2,96% à Wall Street, les investisseurs saluant des comptes supérieurs aux attentes et des prévisions plutôt optimistes du géant américain des équipements de réseaux. Chuck Robbins, le directeur général du groupe californien de San Jose, a donc convaincu. Pour le premier trimestre fiscal, clos en octobre, le groupe table sur une croissance de 5 à 7% en comparaison de l'an dernier, ce qui représenterait une expansion bien plus rapide que celle récemment observée. Le bénéfice ajusté par action sur ce même trimestre est anticipé entre 70 et 72 cents, contre 69 cents de consensus.

Sur le trimestre clos fin juillet, quatrième trimestre fiscal 2018, Cisco a affiché un bénéfice ajusté par action de 70 cents, contre 69 cents de consensus. Les revenus ont totalisé 12,84 Mds$, ce qui dépasse également de peu le consensus de place. Les revenus trimestriels consolidés ont grimpé de 6% en glissement annuel. Sur l'ensemble de l'exercice fiscal, la croissance se monte ainsi à 3%. Le groupe tire toujours l'essentiel de ses revenus des ventes hardware, qui ont généré 7,4 Mds$ d'activité trimestrielle contre 7,3 Mds$ de consensus.

Tesla (-0,96% ) s'affiche est encore dans le rouge, après avoir redonné hier 2,6% sur des rumeurs d'injonction de la SEC, qui aurait été adressée au groupe suite aux 'tweets' et messages de son patron Elon Musk au sujet d'une sortie de la cote. Les rumeurs de la veille avaient notamment été relayées par un correspondant de Fox Business, Charles Gasparino, selon lequel la Securities & Exchange Commission, gendarme des marchés financiers américains, aurait intensifié ses investigations au sujet des plans de sortie de la cote. Des convocations ou auraient ainsi été envoyées à Tesla à propos des plans et des déclarations de son patron Elon Musk relatives à un "financement garanti"

Le 'Financial Times' confirme ce jour les rumeurs, précisant que Tesla aurait bien fait l'objet d'une injonction de la SEC à propos des fameux 'tweets' de Musk. Le régulateurs a soulevé des questions après qu'Elon Musk eut fait état du "financement garanti" d'une éventuelle sortie de la bourse. Le FT cite à ce propos une personne familière de la question.

La SEC a accepté que les compagnies cotées fassent des annonces importantes sur les réseaux sociaux, mais elles ne peuvent évidemment pas tromper les investisseurs, rappelle le FT. Si les enquêteurs concluaient que le tweet de Musk a exagéré la nature du financement, cela pourrait constituer la base d'un cas de manipulation de marché... La SEC n'a pas répondu aux questions du Financial Times. Tesla a également décliné tout commentaire... Les annonces de Musk concernant la sécurisation du financement d'un éventuel retrait de la cote avaient fait jaser dans les milieux financiers. Dans une mise au point lundi, le CEO expliquait son affirmation antérieure par le soutien d'un fonds souverain saoudien, qu'il aurait rencontré à plusieurs reprises.

Amazon (+0,2%) n'en finit plus de surprendre. D'après l'agence 'Bloomberg', qui cite des sources anonymes proches de la question, le géant américain du commerce en ligne pourrait bientôt se diversifier... dans le cinéma. Le groupe de Jeff Bezos envisagerait en effet l'acquisition de la chaîne Landmark Theatres auprès de Wagner/Cuban Cos., groupe de Mark Cuban et Tom Wagner. Wagner/Cuban serait plutôt favorable à une vente, puisque le groupe a récemment engagé Stephens Inc. afin d'évaluer des propositions éventuelles. Néanmoins, les sources de Bloomberg précisent bien qu'aucun accord n'est encore finalisé avec Amazon, et qu'il n'est pas assuré qu'un 'deal' se concrétise. Landmark Theatres est la plus grande chaîne dédiée au cinéma indépendant et étranger aux États-Unis. Netflix compterait aussi parmi les potentiels repreneurs ! Ainsi, selon 'CNET', le géant de la vidéo en streaming aurait tenté une approche, mais ses dirigeants auraient fait machine arrière, craignant que les prix ne montent trop haut.

Amazon n'en est pas à son coup d'essai en matière de diversification. Le groupe de Seattle pourrait donc bien s'offrir cette fois la chaîne Landmark, comptant plus d'une cinquantaine de salles à New York, San Francisco, Philadelphie ou Chicago.

Walmart (+9,33%), le colosse américain de la grande distribution, s'enflamme à Wall Street, après la publication des résultats trimestriels. Le groupe a donc largement dépassé les attentes de marché, grâce notamment à une forte expansion des activités en ligne et une très belle croissance à magasins comparables. Pour son second trimestre fiscal, le groupe de Bentonville, Arkansas, a essuyé une perte nette de 861 millions de dollars et 29 cents par titre du fait d'investissements conséquents, contre un profit net de 2,9 Mds$ un an avant. Le bénéfice ajusté par action est néanmoins ressorti solide à 1,29$, contre un consensus de 1,22$ à Wall Street. Les revenus consolidés trimestriels ont totalisé quant à eux 128 milliards de dollars, ce qui dépasse également les attentes.

Les ventes à comparable se sont améliorées de 4,5% en glissement annuel. Le consensus était de +4%. Il s'agit de la meilleure croissance du groupe à périmètre comparable en dix ans, estime fièrement Walmart. Enfin, sur les seules activités américaines de commerce sur Internet, Walmart affiche au second trimestre une performance de +40% qui devrait faire pâlir d'envie certains 'pure players'. Le groupe accélère la cadence, après une progression de 33% au 1er trimestre.

Walmart en profite pour réviser en hausse ses estimations annuelles. Walmart table désormais sur une croissance de 2% sur l'exercice 2019, contre une guidance antérieure allant de 1,5% à 2%. La croissance à comparable de Walmart U.S. est attendue à 3%, contre une prévision antérieure logée à 2% et un consensus de +2,8%. Le bénéfice net par action est attendu entre 2,90 et 3,05$ du fait des éléments non récurrents. Le bpa ajusté est maintenant espéré entre 4,90 et 5,05$, alors qu'il était auparavant évalué entre 4,75 et 5$. Le consensus de bpa ajusté se situe à 4,8$.

JC Penney (-26,97%) sombre à 1,76$. La chaîne américaine de grands magasins ne parvient pas à sortir la tête de l'eau. Elle vient de réduire ses prévisions financières en marge de trimestriels sans relief. La perte nette trimestrielle s'est creusée à 101 millions de dollars, 32 cents par titre, contre 48 M$ un an avant. Hors éléments, JC Penney aurait affiché une perte par action de 38 cents par titre, alors que les analystes envisageaient un déficit de 6 cents par action. Les revenus trimestriels ont décroché de 8% à 2,76 Mds$, contre 2,86 Mds$ de consensus. Sur l'exercice, la perte par action est désormais attendue entre 80 cents et 1$. JC Penney doit enfin retrouver un directeur général, après le départ de Marvin Ellison.

NetApp (-3,59%) a publié hier soir, pour son 1er trimestre fiscal 2019, un bénéfice de 283 M$ soit 1,05$ par titre, contre 131 M$ un an avant. L'acteur du marché du stockage dans le cloud a dégagé un profit ajusté de 281 M$ et 1,04$ par titre, contre 166 M$ un an auparavant. Les revenus se sont appréciés de 12% à 1,47 Md$. Le consensus était de 80 cents de bpa ajusté et 1,42 Md$ de recettes. Pour le second trimestre, les revenus sont attendus entre 1,45 et 1,55 Md$, pour un bpa GAAP allant de 79 à 85 cents.

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