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Wall Street rebondit, le plan de relance toujours en discussion

Wall Street rebondit, le plan de relance toujours en discussion
Wall Street rebondit, le plan de relance toujours en discussion
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York est repartie à la hausse mardi, reprenant espoir sur l'adoption d'un nouveau plan de soutien budgétaire aux Etats-Unis avant l'élection du 3 novembre. Les résultats d'entreprises continuent en outre de pleuvoir et s'avèrent en moyenne supérieurs aux attentes, notamment pour Procter & Gamble (+0,7%). IBM (-5,9%) en revanche a déçu par des comptes sans relief et une absence de perspectives de court terme. Alphabet , la maison mère de Google, progresse de 2,3% malgré l'ouverture d'une enquête pour abus de position dominante à l'encontre le géant d'internet.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones regagne 1,05% à 28.491 points (après -1,4% lundi), tandis que l'indice large S&P 500 reprend 1,19% à 3.467 pts (-1,63% lundi), et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, avance de 1,1% à 11.604 pts (-1,65% lundi).

La totalité des 11 indices sectoriels du S&P 500 progressent, à commencer par les financières (+1,8%), les biens de consommation discrétionnaires (+1,7%) et les industrielles (+1,7%), ainsi que les technologiques (+1,2%) et les services de communication (+1,3%). Les grands "technos" repartent de l'avant, dont Amazon (+1,3% après -2% lundi), Facebook (+2,7% après -1,7% lundi), Apple (+2% après -2,5% lundi) et Microsoft (+0,8% après -2,48% lundi).

Un plan de soutien encore possible avant l'élection du 3 novembre ?

Sur le front des négociations politiques en vue d'un nouveau plan de relance face à la crise du coronavirus, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a affiché mardi son espoir de parvenir à un accord, estimant que les points de vue se rapprochent avec la Maison Blanche. Mme Pelosi avait fixé le week-end dernier une date-butoir à ce mardi soir, estimant qu'au-delà, le Congrès ne serait pas en mesure de voter le projet avant l'élection présidentielle du 3 novembre, dans deux semaines jour pour jour.

Les observateurs doutent encore de la possibilité de parvenir à un accord dans ce délai, mais les marchés estiment quel que que soit le calendrier, un nouveau plan de relance sera tôt ou tard adopté, compte-tenu du risque de rechute de la croissance économique dans un contexte de crise sanitaire encore très inquiétant.

Mme Pelosi devait poursuivre ce mardi ses entretiens avec le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, pour tenter de concilier le plan démocrate de 2.200 milliards de dollars avec celui de la Maison Blanche, qui reste inférieur, même si Donald Trump a accepté d'aller au-delà de 1.800 Mds$.

Il est cependant probable que les Républicains, majoritaires aux Sénat, refuseront de voter un aussi vaste "package", et se contentent de voter cette semaine un plan minimaliste de 500 Mds$.

Après l'Europe, le coronavirus accélère aux Etats-Unis

Sur le plan sanitaire, la pandémie de coronavirus continue de progresser, menaçant de peser sur la reprise économique, notamment en Europe où les mesures de restrictions se multiplient pour tenter de juguler la propagation du virus. L'Irlande et le Pays de Galles ont annoncé des confinements de leurs populations, et la France a adopté la semaine dernière un couvre-feu dans 9 métropoles dont Paris et sa région pour au moins 4 semaines.

Aux Etats-Unis, le nombre de cas de coronavirus s'est envolé depuis le début septembre, passant d'une moyenne de 34.000 cas quotidiens à plus de 58.000 sur les 8 derniers jours, selon les statistiques du "Covid Tracking Project", cités par la chaîne 'CNN'. Dans 14 Etats des 50 Etats américains, le nombre d'hospitalisations a atteint des niveaux record depuis le début de la pandémie, notamment dans le Midwest, les grandes plaines et certains Etats de l'Ouest.

Selon l'Université Johns Hopkins, plus de 40 millions de cas confirmés du nouveau coronavirus ont désormais été recensés à l'échelle mondiale depuis son émergence, dont 8,16 millions aux Etats-Unis, où le cap des 220.000 morts a désormais été dépassé.

VALEURS A SUIVRE

Netflix (+0,2%), le géant du streaming, grand bénéficiaire des confinements et mesures de restriction, sera en vedette après la clôture ce soir à Wall Street. Le groupe publie en effet ses trimestriels. Le consensus de bénéfice par action est de 2,12$ sur la période (+45%). Le titre a toutefois déjà doublé cette année. Le consensus concernant les conquêtes d'abonnés est de +2,5 millions sur le trimestre, ce qui constituerait une performance compte tenu de la montée en puissance de la concurrence.

Intel (-1,3%) va céder sa division dédiée aux puces mémoire NAND au groupe sud-coréen SK Hynix pour neuf milliards de dollars en cash. SK Hynix deviendra ainsi le numéro deux mondial du secteur - derrière Samsung Electronics -, avec cette transaction constituant sa plus importante acquisition historique. L'opération traduit la volonté d'Intel de se délester d'actifs non-stratégiques pour se concentrer, sur ce segment, sur ses puces mémoire Optane. L'Américain va donc vendre à SK Hynix, qui fait partie du conglomérat SK Group, ses activités de puces NAND, y compris dans les domaines des disques durs, des composants et des plaquettes, ainsi que son usine à Dalian, en Chine. Intel conserve la technologie plus avancée de mémoires Optane, développée avec Micron. La division d'Intel regroupant activités NAND et Optane avait essuyé une quatrième perte annuelle consécutive en 2019, mais est parvenue à la rentabilité sur le premier semestre.

IBM (-5,9% !) a annoncé des résultats 'en ligne'. Le groupe, qui a annoncé au début du mois son intention de se scinder en deux entités, a publié un bénéfice net de 2,3 milliards de dollars au 3e trimestre (en baisse de 3,7% sur un an), correspondant à un bénéfice ajusté de 2,58$ par action, contre 2,68$ un an plus tôt. Les ventes ont reculé de 2,5% pour revenir à 17,6 Mds$ contre 18,03 Mds$ un an plus tôt, poursuivant un long déclin, qui a vu les ventes reculer pendant 29 des 33 derniers trimestres. Ces chiffres correspondent à ceux déjà dévoilés le 8 octobre dernier par le groupe (2,58$ de bpa pour 17,6 Mds$), qui a fait part à cette occasion de son intention de se scinder, afin de se concentrer sur les services cloud.

Les investisseurs ont toutefois été déçus lundi par l'absence de prévisions de la direction, en raison de la pandémie de Covid-19, ainsi que par le manque de précisions sur la future scission. IBM a indiqué son intention de se délester de sa branche services gérés d'infrastructure pour se concentrer davantage sur le cloud hybride et l'intelligence artificielle. La scission devrait être finalisée d'ici à la fin 2021.

Pioneer Natural Resources (-3,4%) serait en pourparlers pour reprendre Parsley Energy (+5,5%), un important producteur indépendant de pétrole dans le Bassin permien. Selon le 'Wall Street Journal' et 'Bloomberg', les deux acteurs pourraient officialiser un accord 100% en actions d'ici la fin du mois. L'acquisition augmenterait la production de Pioneer dans la zone de plus de 40% pour atteindre environ 558.000 barils d'équivalent pétrole par jour.

Procter & Gamble (+0,7%), géant américain des produits de consommation, a dépassé les attentes de profits sur le premier trimestre fiscal et rehaussé ses estimations de ventes pour l'exercice 2021. Sur le trimestre clos en septembre, le bénéfice ajusté est ressorti à 1,63$, en vive croissance de 19% en glissement annuel, contre 1,42$ de consensus de marché. Les revenus se sont appréciés de 8,4% à 19,3 milliards de dollars, tandis que le consensus se situait à 18,3 milliards. Sur l'exercice, le groupe envisage désormais une croissance organique de 4 à 5%. P&G veut restituer 15 à 17 milliards de dollars à ses actionnaires sous forme de dividendes ou rachats de titres. Le bénéfice ajusté de l'exercice est attendu en hausse de 5 à 8%.

Le laboratoire Moderna (+2,5%) a fait savoir qu'il espérait obtenir en décembre une autorisation des autorités sanitaires pour une mise sur le marché en urgence de son candidat vaccin, actuellement en phase 3 de son essai clinique. Le directeur général de Moderna, Stéphane Bancel, se montre lui aussi confiant et juge que le gouvernement fédéral pourrait autoriser une utilisation d'urgence du vaccin expérimental de son groupe en décembre, sous réserve de résultats intermédiaires positifs en novembre d'une large étude clinique. Pfizer (-0,7%), qui poursuit lui aussi la phase 3 de son essai sur un vaccin, avait de son côté évoqué en fin de semaine dernière la possibilité d'un feu vert de la FDA en novembre.

Travelers (+5,4%) a annoncé pour son troisième trimestre 2020 un bénéfice net dilué par action de 3,23$ et un bpa ajusté de 3,12$, en vive croissance en glissement annuel. Le bénéfice net consolidé est ressorti à 827 millions de dollars et le profit ajusté à 798 millions. Le ratio combiné consolidé a progressé de 6,6 points à 94,9%. Le ratio combiné sous-jacent a augmenté de 2,6 points à 91,5%. Les primes nettes, de 7,77 milliards, ont grimpé de 3% en glissement annuel.

Philip Morris International (-4,3%) a dévoilé des profits et revenus supérieurs aux attentes pour son troisième trimestre. Le fabricant de cigarettes a réalisé sur le trimestre clos un bénéfice net de 2,31 milliards de dollars soit 1,48$ par titre, contre 1,9 milliard de dollars et 1,22$ par titre un an avant. Le bpa ajusté a représenté 1,42$, contre 1,43$ un an plus tôt et 1,36$ de consensus FactSet. Les revenus ont décliné de 2,6% à 7,45 milliards, contre 7,28 milliards de consensus. Le groupe rehausse sa guidance annuelle de bpa ajusté entre 5,05 et 5,10$.

Lockheed Martin (-2,3%), colosse américain de la défense, a lui aussi battu le consensus au troisième trimestre et dopé ses prévisions 2020. Le groupe envisage désormais un bénéfice par action annuel de 24,45$ environ. Sur le trimestre clos en septembre, le bénéfice par action a augmenté de 10% à 6,25$, contre 6,10$ de consensus. Les revenus consolidés se sont améliorés de près de 9% à 16,5 milliards de dollars, contre 16,2 milliards de consensus. Le groupe table sur des ventes annuelles de 67 milliards de dollars, en hausse de 3%.

ManpowerGroup (-2,4%) a annoncé pour le troisième trimestre un déclin de 13% de ses revenus (-14,5% à changes constants). Le bénéfice net a représenté 18 cents par titre, contre 2,42$ sur la période comparable de l'an dernier. Le profit net s'est établi à 10 millions de dollars, contre 146 millions un an avant. Les revenus ont été de 4,6 milliards de dollars, en retrait de 13% en glissement annuel.

Goldman Sachs (+2,1%) gagne du terrain. Bloomberg indique que la banque d'affaires new-yorkaise aurait conclu un accord avec le Département américain de Justice et aurait accepté de débourser 2 milliards de dollars pour mettre un terme au scandale malaisien 1MDB.

Microsoft (+0,8%) se serait allié avec SpaceX, firme d'Elon Musk, dans le cloud computing pour les clients 'spatiaux'. C'est du moins ce que croit savoir le Wall Street Journal.

Alphabet (+2,3%) progresse, malgré la confirmation d'une procédure antitrust ouverte par le département américain de Justice (DoJ) contre le moteur de recherche Google, accusé d'abus de position dominante. Selon le DoJ, onze Etats américains ont rejoint cette procédure. Le département de Justice et la FTC (Federal Trade Commission) avaient ouvert l'année dernière des enquêtes visant Google et d'autres géants américains du numérique, craignant d'éventuelles pratiques faisant entrave à la concurrence.

General Motors (+8,3%), géant automobile de Detroit, a annoncé qu'il prévoyait un investissement américain majeur en production. Il pourrait bien s'agir d'une expansion de la production de véhicules électriques sur le site de Spring Hill, dans le Tennessee, ainsi que dans d'autres usines.

Texas Instruments, Teradyne, Paccar et Snap Inc, publient ce jour leurs trimestriels.

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