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Wall Street : rebond après de nouveaux espoirs sur le commerce

Wall Street : rebond après de nouveaux espoirs sur le commerce
Wall Street : rebond après de nouveaux espoirs sur le commerce
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York rebondit mercredi, après avoir subi un recul de l'ordre de 2% en trois séances pour les principaux indices boursiers américains. Les investisseurs ont profité de nouvelles rumeurs, positives cette fois, concernant l'avancée des négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, pour revenir sur les marchés d'actions, qui volent de record en record depuis le début de l'année. Le pétrole flambe de plus de 4% à la veille d'une réunion de l'Opep et de ses alliés, qui pourraient décider de réduire davantage leurs quotas de production afin de soutenir les cours.

Deux heures avant la clôture, l'indice Dow Jones regagne 0,68% à 27.689 points (après -2,3% sur les 3 précédentes séances), tandis que l'indice large S&P 500 prend 0,68% à 3.114 pts (après -2%) et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, avance de 0,56%, à 8.568 pts (après -2,1% en 3 séances).

Sur le marché des changes, les incertitudes commerciales continuent de peser sur le dollar. L'indice du dollar, qui mesure sa variation face à un panier de 6 devises de référence, cède mercredi 0,1% à 97,75 points, et lâche désormais 0,7% en trois séances. L'euro recule aussi légèrement, cédant 0,06% à 1,1075$.

Les obligations se replient après leur rebond de mardi, entraînant un rebond des taux (qui évoluent en sens inverse des cours). Le rendement du T-Bond à 10 ans reprend ainsi 6 points de base (centièmes de point) à 1,78%.

Malgré les différends, les négociations seraient en bonne voie...

Wall Street a corrigé pendant trois séances consécutives, dans la crainte d'un report de la signature de l'accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine, qui était pourtant présenté comme imminent la semaine dernière... Mais mardi, Donald Trump a indiqué qu'il n'était pas pressé de signer, et a même estimé que l'accord pourrait attendre après l'élection présidentielle américaine de novembre 2020...

De son côté, la Chine a annoncé des représailles (non commerciales) après la promulgation par le président américain, il y a une semaine, d'une loi soutenant le mouvement pro-démocratie à Hong Kong. Mardi, la chambre des représentants américains a une nouvelle fois déclenché la colère de Pékin, en adoptant un texte demandant des réponses fermes de Washington à la répression des Ouïghours du Xinjiang par le régime de Pékin.

Mercredi toutefois, des nouvelles plus rassurantes circulaient sur les marchés. Selon l'agence 'Bloomberg', en dépit des sorties provocatrices de Donald Trump et des tensions concernant Hong Kong et le Xinjiang, les négociateurs américains et chinois se rapprocheraient bel et bien d'un compromis sur le montant des tarifs douaniers devant être levés dans le cadre d'un accord partiel dit de "Phase 1".

L'agence 'Reuters' a fait de son côté état de l'implication dans les négociations de Jared Kushner, conseiller spécial mais aussi gendre de Donald Trump. L'agence affirme également que des progrès auraient été accomplis entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales.

Donald Trump met la pression à l'approche des taxes du 15 décembre

Par ailleurs, Wilbur Ross, le secrétaire américain au Commerce, a indiqué dans un entretien avec 'Reuters' que les Etats-Unis et la Chine devaient encore s'entendre sur des détails concernant les achats chinois de produits agricoles, sur certaines questions structurelles et sur un mécanisme de vérification de sa mise en oeuvre pour conclure un accord commercial provisoire. Il a précisé que l'administration Trump privilégiait la signature d'un bon accord, quitte à prendre plus de temps pour y parvenir.

Selon les observateurs, il est probable que les récents propos de Donald Trump relèvent tout simplement d'une stratégie agressive de négociation, à l'approche de la possible mise en oeuvre, le 15 décembre par Washington, de nouveaux droits de douane sur quelque 156 milliards de dollars de produits chinois importés.

Washington fait le pari que Pékin, dont l'économie faiblit, a besoin rapidement de cet accord et ne prendra pas le risque de se voir infliger une nouvelle série de barrières douanières... Wilbur Ross avait fait monter la pression lundi, en déclarant sur 'Fox News' que ces taxes entreraient bien en vigueur si aucun accord n'était trouvé d'ici au 15 décembre... La question reste donc en suspens...

Interrogé mercredi depuis le sommet de l'Otan à Londres, Donald Trump s'est montré plus conciliant que la veille, en affirmant de façon assez vague que "les discussions se passent très bien (entre Washington et Pékin : ndlr) et nous verrons ce qu'il adviendra".

L'or se replie, le pétrole flambe avant la réunion de l'Opep+

L'or, qui a grimpé de près d'1% mardi, faisant office de valeur-refuge, se replie mercredi de 0,33% à 1.479,50$ l'once pour le contrat à terme de février sur le marché Comex. Le métal jaune avait reculé de 2,8% en novembre, les espoirs d'un accord commercial ayant profité aux actifs risqués au détriment de l'or.

Le pétrole s'envole après la publication d'une forte baisse des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière. Les stocks pétroliers domestiques, pour la semaine close au 29 novembre, ont ainsi reculé de 4,9 millions de barils, contre un repli de 1,5 mb attendu par le consensus.

Mercredi, le cours du baril de brut léger américain (WTI) flambe de 4,2% à 58,45$ sur le Nymex (contrat à terme de janvier), et le Brent de la mer du Nord bondit de 4,1% à 63,33$ pour le contrat à terme de février.

En outre, les marchés pétroliers espèrent que l'Opep+, qui se réunira jeudi et vendredi à Vienne, décidera de prolonger son accord de réduction de production, voire réduira encore ses quotas, pour soutenir les cours. Selon l'agence 'Reuters', l'Arabie saoudite pousserait l'Opep+ à s'accorder pour réduire sa production d'or noir de 400.000 barils supplémentaires par jour.

En attendant le rapport sur l'emploi US en novembre

Sur le plan macro-économique, les données les plus attendues de la semaine aux Etats-Unis, sont les chiffres de l'emploi en novembre, qui seront publiés vendredi. Ils tombent à quelques jours de la prochaine réunion de la Fed, prévue les 10 et 11 décembre. Les marchés attendent de façon très majoritaire un statu quo sur les taux directeurs, après les 3 baisses effectuées depuis juillet...

En attendant le rapport sur l'emploi, les chiffres du cabinet ADP concernant le seul secteur privé ont été publiés mercredi et ils ont un peu déçu... Ainsi, les créations de postes dans le privé ont atteint seulement 67.000 en novembre, contre 156.000 de consensus de place et après 121.000 en octobre.

Par ailleurs, l'indice IHS Markit PMI final des services est ressorti assez solide, à 51,6 en novembre, après 50,6 en octobre et en ligne avec l'indice préliminaire 'flash' ainsi que le consensus de place. L'indicateur composite s'est quant à lui établi à 52, contre 51,9 de consensus et 50,9 en octobre 2019.

Enfin, l'indice ISM des services américains pour le mois de novembre 2019, lui aussi dévoilé ce mercredi, est en revanche ressorti un peu en dessous des attentes, à 53,9 contre un consensus de 54,5. Il était de 54,7 un mois auparavant.

VALEURS A SUIVRE

Alphabet (+2%). Sundar Pichai, CEO de Google, prend la direction de la maison-mère du moteur de recherche, Alphabet. Ainsi, les fondateurs du groupe, Larry Page et Sergey Brin, confirment leur prise de recul vis-à-vis des opérations quotidiennes, tout en affirmant leur "attachement profond" à Google et Alphabet pour le long terme. Page et Brin ont donc décidé d'abandonner leurs rôles respectifs de CEO et président d'Alphabet, mais entendent rester impliqués en tant que cofondateurs, actionnaires et membres du conseil d'administration. Pichai, directeur général de Google, devient immédiatement CEO d'Alphabet, restant par ailleurs à la tête de Google. Pichai demeure également administrateur d'Alphabet.

John Hennessy, président du conseil d'administration d'Alphabet, salue bien évidemment le travail de Page et Brin et se réjouit de leur implication au sein du conseil. Pichai entend quant à lui "continuer de construire sur cette solide fondation"... "Même si cela a été un immense privilège d'être profondément impliqués dans la gestion quotidienne de l'entreprise si longtemps, nous pensons que le temps est venu d'assumer le rôle de fiers parents", affirment Page et Brin. "Alphabet étant désormais bien installé, et Google et 'Other Bets' opérant de manière efficace en tant qu'entreprises indépendantes, c'est le moment de simplifier notre structure managériale", estiment les deux hommes. Google, fondé il y a 21 ans comme moteur de recherche, est devenu Alphabet en 2015, cette société faîtière regroupant l'ensemble des activités et projets ('autres paris'), y compris dans la santé ou la voiture autonome.

Salesforce.com (-3,7%) s'affiche incertain à Wall Street, au lendemain de la publication des comptes trimestriels. Les revenus totaux du troisième trimestre fiscal clos fin octobre 2019 ont augmenté pourtant de 33% en glissement annuel pour ressortir à 4,51 milliards de dollars, alors que le consensus de place se situait à 4,45 milliards de dollars. La firme a essuyé une perte trimestrielle de 109 millions de dollars soit 12 cents par titre, contre un bénéfice net de 105 millions de dollars et 13 cents par action un an auparavant. En revanche, le bénéfice ajusté par action a atteint 75 cents, contre 66 cents de consensus de marché. Pour le quatrième trimestre, le groupe table sur un bpa ajusté de 54-55 cents à comparer à un consensus de 62 cents.

Expedia bondit de 6,4%. Les marchés saluent la démission surprise du patron et du directeur financier du groupe de voyage en ligne, à la suite d'un désaccord stratégique avec le conseil d'administration.

Le directeur général Mark Okerstrom et le directeur financier Allan Pickerill ont démissionné avec effet immédiat, a annoncé la société. Ils seront remplacés par intérim par le président du groupe Barry Diller et le vice-président Peter Kern, en attendant que le conseil réorganise la direction de la compagnie pour le long terme. Expedia annoncé dans le même temps un nouveau programme de rachat d'actions portant sur 20 millions de titres. L'action Expedia a chuté de 17% depuis trois mois, suite à des résultats financiers décevants.

Marvell Technology (-4,1%), le fabricant de semi-conducteurs basé dans les Bermudes et coté à Wall Street, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 17 cents, pour des revenus totalisant 662 millions de dollars. Sur ce trimestre clos début novembre 2019, les analystes anticipaient en moyenne un bpa de 17 cents et des ventes de 664 millions de dollars. Les bénéfices du groupe ont pratiquement baissé de moitié en glissement annuel, alors que l'activité a reculé de 22%. Marvell table désormais, pour son quatrième trimestre fiscal, sur un bénéfice ajusté par titre de 17 cents et des revenus de 750 millions de dollars (milieu de fourchette de la guidance). Le consensus était de 21 cents de bpa ajusté et 695 millions de revenus, contre 25 cents de bpa et 745 millions de recettes un an avant.

Amazon (-0,47%) a annoncé que le Cyber Monday était encore une fois la journée d'achat "la plus importante de l'histoire de la société, d'après le nombre d'articles commandés dans le monde entier". Les clients du monde entier ont fait des achats à des niveaux records sur une large sélection, avec des centaines de millions de produits commandés dans le monde rien qu'entre Thanksgiving et Cyber Monday. Ils ont acheté des millions d'appareils Amazon Devices de plus qu'à la même période l'an dernier. Les articles best-sellers étaient Echo Dot et Fire TV Stick 4K avec télécommande vocale Alexa. "Nous concentrons nos efforts pour rendre cette saison des fêtes plus pratique que jamais pour nos clients, en particulier étant donné la brièveté de cette saison d'achats pour les fêtes", a déclaré Jeff Wilke, PDG de la clientèle mondiale chez Amazon.

Campbell Soup (+2%) a affiché des ventes en déclin organique de 1% sur le trimestre clos et abaissé ses anticipations annuelles de croissance des revenus. Le concepteur de soupes table pour 2020 sur des revenus évoluant entre une baisse de 1% et une hausse de 1%, contre une guidance antérieure de +1 à +3%. Sur le premier trimestre fiscal, les revenus ont décliné de 1% à 2,18 milliards de dollars, contre 2,19 Mds$ de consensus. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 78 cents sur le trimestre clos fin octobre, contre 71 cents de consensus.

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