Cotation du 30/10/2020 à 22h18 Dow Jones Industrial -0,59% 26 501,60
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Wall Street : prudence dans l'attente d'un plan de relance

Wall Street : prudence dans l'attente d'un plan de relance
Wall Street : prudence dans l'attente d'un plan de relance
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York évolue en ordre dispersé jeudi sur fond d'incertitude sur l'adoption d'un nouveau plan de relance budgétaire aux Etats-Unis pour soutenir l'économie face à la crise du coronavirus. Le dollar se replie, de même que le pétrole, qui pâtit des craintes de poursuite du déséquilibre entre l'offre et la demande mondiale. Les investisseurs restent prudents au vu des nouvelles mesures de restriction sanitaires prises notamment en Espagne et en France, où la Covid-19 poursuit sa résurgence.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones est passé en terrain négatif, cédant 0,3% à 27.682 points, tandis que l'indice large S&P 500 est stable à à 3.363 pts, et que le Nasdaq Composite progresse de 0,9% à 11.267 pts.

La baisse affecte essentiellement les valeurs énergétiques (-2,7% pour l'indice sectoriel du S&P 500) tandis qu'à la hausse, la cote est soutenue par les biens de consommation discrétionnaires (+1,3%), les services de communication (+1,2%) et les technologiques (+0,8%).

Plus tôt dans la journée, les Bourses européennes ont fini en ordre dispersé : +0,4% pour le CAC 40, -0,2% pour le DAX 30, sur fond de "profit warning" du groupe chimique allemand Bayer (-13%). A Tokyo, la séance n'a pas pu se tenir en raison d'un problème technique sans précédent qui a empêché les cotations. Les responsable du Kabuto Cho espèrent pouvoir redémarrer vendredi...

Négociations difficiles entre Steven Mnuchin et Nancy Pelosi

Aux Etats-Unis, les marchés restent suspendus aux discussions qui ont repris depuis le début de la semaine entre le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et la présidente démocrate de la chambre des représentants, Nancy Pelosi, sur un nouveau plan de relance.

Mercredi, les deux responsables se sont séparés sans accord, mais Steven Mnuchin avait estimé que "nous avons fait des progrès dans de nombreux domaines", ajoutant que les discussions allaient se poursuivre. Cependant, "nous n'avons toujours pas d'accord, nous avons encore du travail à faire", a-t-il reconnu. Selon la presse Nancy Pelosi aurait de son côté exprimé des doutes quant à la possibilité d'un accord bipartisan, se disant "très sceptique", alors qu'elle était optimiste en début de semaine...

Les élus démocrates proposent un "package" de 2.200 milliards de dollars pour soutenir les ménages et les entreprises face aux effets de la pandémie, après avoir initialement réclamé 3.400 Mds$. Du côté de l'administration Trump, Mnuchin est désormais prêt à soutenir un plan de 1.500 Mds$, un montant supérieur à ce qui était envisagé précédemment. Les deux camps s'accorderaient sur le fait que le package comprenne un second volet de paiements directs aux Américains.

Le secteur aérien américain menace de supprimer 32.000 postes

Le temps presse pour adopter le plan avant les élections présidentielle et législatives du 3 novembre, alors que le Congrès a prévu de lever sa session actuelle dès la fin de cette semaine... Les règlements des deux chambres permettent cependant de jouer les prolongations si la volonté politique est au rendez-vous... Mercredi soir, la chambre a reporté un vote sur le plan de relance de 2.200 Mds$ afin de donner une nouvelle chance à Nancy Pelosi et Steven Mnuchin de trouver un compromis.

Pendant ce temps, les marchés financiers surveillent les indicateurs économiques, qui pourraient flancher alors que les aides financières du premier plan de relance (2.200 Mds$ adoptés en mars dernier) sont désormais épuisées... Parmi les secteurs les plus sinistrés, les compagnies aériennes menacent désormais de licencier au moins 32.000 salariés si les élus américains ne votent pas rapidement de nouvelles aides...Le trafic aérien a plongé de 60% à 70% par rapport à la même période de 2019, poussant United Airlines (-0,12%) à envisager 13.400 suppressions d'emplois. American Airlines (+1,3%) évoque de son côté le chiffre de 19.000 mises au chômage technique.

La reprise se poursuit en septembre, mais...

Sur le plan macro-économique, les indicateurs du jour sont ressortis mitigés aux Etats-Unis : d'une part, les inscriptions hebdomadaires au chômage étaient moins nombreuses que prévu, mais d'autre part, l'indice d'activité manufacturière a montré un certain tassement de la reprise...

Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis pour la semaine close au 26 septembre sont ressorties au nombre de 837.000, contre un consensus de 850.000 et un niveau révisé à 873.000 pour la semaine antérieure. Mais l'étude mensuelle de Challenger sur l'emploi a fait état d'une hausse des licenciements, à 118.804 en septembre, après 115.762 en août.

L'indice Markit PMI manufacturier est ressorti à 53,2 en septembre, contre un consensus de 53,5 et une lecture 'flash' initiale de 53,5. L'ISM manufacturier est quant à lui ressorti à 55,4, contre 56,3 de consensus de marché et après 56 en août.

Les revenus personnels des ménages ont reculé plus que prévu, de 2,7% en août sur un mois, contre -2,5% de consensus et après +0,5% en juillet. Les dépenses personnelles ont en revanche augmenté plus que prévu, de 1% par rapport à juillet, contre +0,8% de consensus et +1,5% pour juillet. L'indice des prix core-PCE a progressé de 0,3% par rapport au mois antérieur, en ligne avec les attentes, contre +0,4% un mois avant.

Enfin, les dépenses de construction ont grimpé de 1,4% en août par rapport à juillet, contre +0,7% de consensus de place et +0,1% un mois plus tôt.

Le pétrole rechute, l'or progresse

Sur les marchés pétroliers, les cours sont repartis en nette baisse jeudi. Le contrat à terme de novembre sur le baril de brut léger américain (WTI) chute de 3,7% à 38,70$ sur le Nymex, alors que le contrat sur le Brent pour livraison en décembre lâche 3% à 41$. L'or repart de l'avant et gagne 0,9% à 1.912,20$ l'once, pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. Le métal jaune a corrigé de 4,2% en septembre, mais il a gagné 5,2% au 3e trimestre, et il s'adjuge plus de 22% depuis le début de l'année, profitant des incertitudes économiques et de la crise sanitaire.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) cède 0,15% à 93,75 points, tandis que l'euro gagne 0,20% à 1,1742$. Du côté des taux souverains, le rendement de l'obligation d'Etat américaine (T-Bond) à 10 ans est stable à 0,68%.

Covid-19 : les habitants de Madrid bouclés dans la capitale espagnole

La crise sanitaire demeure bien présente et préoccupante, notamment en Europe. Au Royaume-Uni, Boris Johnson a confirmé que des restrictions plus importantes pourraient être nécessaires. En Espagne, face à la reprise de l'épidémie, le gouvernement a interdit aux habitants de Madrid de quitter la capitale sans raison impérieuse... Quelque 3 millions d'habitants sont ainsi priés de ne pas entrer ou sortir de la ville, sauf pour aller travailler, ou pour des questions scolaires ou de santé.

En France, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a indiqué jeudi soir que Paris et ses départements voisins seront placés lundi en état d'alerte maximale face à l'épidémie si la situation sanitaire continue de s'y dégrader. Il a en revanche évoqué un "début d'embellie" à Bordeaux, Nice et Marseille.

Au plan mondial, selon l'Université Johns Hopkins, qui fait référence sur le sujet, plus de 34 millions de cas confirmés ont désormais été recensés dans le monde depuis l'émergence du virus, dont 7,23 millions aux Etats-Unis, 6,31 millions en Inde et 4,81 millions au Brésil.

Le virus a fait 1,015 million de morts dans le monde, dont 207.008 aux Etats-Unis, 143.952 au Brésil et 98.678 en Inde. 77.646 victimes ont été recensées au Mexique depuis l'apparition du virus.

VALEURS A SUIVRE

American Airlines (+1,3%) va commencer à licencier 19.000 employés, alors que le Congrès américain tarde à adopter un nouveau plan d'aide au secteur à très court terme. Les compagnies aériennes américaines réclament un nouveau plan de 25 milliards de dollars pour soutenir l'emploi pour six mois, alors que le programme approuvé en mars par les élus du Capitole dans le cadre d'un plan de relance a expiré le 30 septembre.

Dans une lettre adressée aux employés d'American Airlines que Reuters a consultée, le directeur général Doug Parker a fait savoir qu'il était prêt à faire marche arrière si le Congrès venait à approuver une nouvelle aide. American Airlines employait plus de 140.000 personnes avant la pandémie. Ce nombre devrait descendre sous les 100.000 en octobre en tenant compte des départs volontaires et des licenciements, indique Reuters.

Boeing (+0,42%). L'administrateur de l'autorité FAA de l'aviation civile américaine a effectué un vol d'évaluation de près de deux heures sur le 737 MAX de Boeing, étape cruciale en vue d'une éventuelle remise en service de l'appareil. Le 737 MAX est interdit de vol dans le monde depuis mars 2019, à la suite de deux catastrophes aériennes qui ont fait 346 morts, en Indonésie fin 2018 et en Ethiopie en mars 2019.

Tesla (+3,6%), le leader californien de l'automobile électrique, a abaissé ce jeudi le prix de base de ses berlines chinoises Model 3 d'environ 8% à 249.900 yuans (36.800$ environ), après subventions chinoises pour les véhicules électriques. C'est du moins ce que relève l'agence Reuters, qui constate cette évolution sur le site internet chinois du constructeur automobile américain.

Facebook (+1,5%). A un mois de la présidentielle, le géant des réseaux sociaux a annoncé qu'il interdisait sur ses plateformes les publicités dénonçant une vaste fraude électorale aux Etats-Unis, suggérant que les résultats de l'élection présidentielle du 3 novembre seraient invalides, ou critiquant toute méthode de vote. "A l'approche du jour du scrutin, nous voulons clarifier davantage les politiques que nous avons récemment annoncées. La semaine dernière, nous avons dit que nous interdirions les publicités faisant des annonces de victoire prématurées. Nous n'autoriserons pas non plus les publicités dont le contenu cherche à décrédibiliser le résultat d'une élection", a expliqué le responsable des publicités Rob Leathern.

Twitter (+3,2%), le réseau social média américain, a pour sa part indiqué avoir supprimé 130 comptes qui auraient tenté de perturber les discussions publiques durant le premier débat entre Trump et son rival démocrate Joe Biden. La plateforme de microblogging a précisé que les comptes, qui semblaient être liés à l'Iran, avaient été supprimés sur la base de "renseignements" fournis par le FBI. Selon Twitter, ces comptes étaient peu suivis et n'ont pas provoqué d'impact dans le débat public.

Alphabet (+1,2%). Google devrait verser un milliard de dollars aux éditeurs du monde entier pour leurs contenus sur les trois prochaines années, a affirmé le directeur général d'Alphabet, Sundar Pichai.

PepsiCo (+0,6%) a battu le consensus pour le troisième trimestre fiscal. Le groupe a réalisé un bénéfice net de 2,29 milliards de dollars soit 1,65$ par titre, contre 2,1 milliards de dollars et 1,49$ par action un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 1,66$, contre un consensus FactSet de 1,49$. Les revenus se sont élevés à 18,09 milliards de dollars, contre 17,19 milliards de dollars un an auparavant et 17,23 milliards de dollars de consensus de marché. Ramon Laguar, CEO du groupe, estime que les résultats reflètent la résistance des activités snacks & alimentaires et l'amélioration significative dans les boissons. Sur l'exercice, le bpa ajusté est anticipé à environ 5,50$, contre 5,36$ de consensus FactSet.

Constellation Brands (-1,8%) a dépassé les attentes au second trimestre, mais ne parvient toujours pas à fournir de guidance du fait des incertitudes liées à la pandémie. Le bénéfice trimestriel est ressorti à 512 M$ et 2,62$ par titre, contre une perte de 525 M$ un an avant. Sur le trimestre clos fin août, le groupe, distributeur de Corona, estime que son bénéfice par action comprenant sa perte equity sur l'investissement dans le producteur canadien de cannabis Canopy Growth est ressorti à 2,75$. Hors Canopy, le bpa se monte à 2,91$. Les ventes trimestrielles ont décliné de 4% à 2,26 Mds$. Le consensus FactSet était de 2,51$ de bpa et 2,19 Mds$ de recettes.

ConAgra (-0,3%), le groupe alimentaire américain, a annoncé pour son premier trimestre fiscal un bénéfice net de 329 millions de dollars et 67 cents par titre, contre 174 millions de dollars un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 70 cents, contre 57 cents de consensus FactSet. Les revenus se sont élevés à 2,68 milliards de dollars, contre 2,39 milliards sur la période correspondante de l'an dernier et 2,61 milliards de consensus de marché.

Bed Bath & Beyond (+30%) flambe après les comptes ce jeudi. Pour son second trimestre fiscal, le groupe a dévoilé un bénéfice inattendu ainsi que sa première croissance à comparable en quatre ans, avec une solide demande online en produits destinés à la maison. L'activité à comparable a augmenté de 6% sur le trimestre clos fin août. Le bénéfice net a atteint 218 millions de dollars, contre une perte de 139 millions un an avant. Les ventes ont baissé de 1% à 2,7 milliards de dollars, contre 2,6 Mds$ de consensus.

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