Cotation du 02/07/2020 à 23h19 Dow Jones Industrial +0,36% 25 827,36
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Wall Street progresse, les espoirs l'emportent sur les risques

Wall Street progresse, les espoirs l'emportent sur les risques
Wall Street progresse, les espoirs l'emportent sur les risques
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La semaine a commencé sur une note positive à la Bourse de New York, les investisseurs continuant de privilégier les signes de reprise de l'économie qui pointent à mesure que l'épidémie de Covid-19 perd du terrain. Les facteurs de risque s'accumulent cependant, à commencer par la montée des tensions commerciales et géopolitiques avec la Chine, et les troubles sociaux aux Etats-Unis, qui pourraient compromettre la reprise économique s'ils prenaient de l'ampleur.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones progresse de 0,33% à 25.465 points, tandis que l'indice large S&P 500 gagne 0,44% à 3.057 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, avance de 0,69% à 9.555 pts. La semaine dernière, les trois indices américains avaient progressé respectivement de 3,7% pour le DJIA, 3% pour le S&P 500 et de 1,7% pour le Nasdaq.

Lundi, la publication d'une série d'indicateurs d'activité économique aux Etats-Unis, en Europe et en Chine sont allés dans le sens d'une amélioration de la situation en mai alors que les mesures de déconfinement se multiplient dans le monde.

La Chine réplique aux mesures de rétorsion de Washinton

Les tensions sino-américaines restent en revanche élevées après que Donald Trump a annoncé vendredi entamer la procédure pour retirer à Hong Kong son statut économique spécial, ainsi que la suspension de visas pour certains ressortissants chinois et l'ouverture d'une enquête sur les sociétés chinoises cotées à Wall Street. Le président américain n'a toutefois pas dénoncé l'accord commercial conclu en janvier avec la Chine.

Cette approche graduée de Washington n'a pas empêché le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, de promettre une "ferme contre-attaque". Il a exhorté lundi les Etats-Unis à "immédiatement remédier à ces erreurs et à abandonner leur mentalité de guerre froide".

Selon des sources citées par l'agence 'Bloomberg', le gouvernement chinois a demandé aux entreprises chinoises de suspendre leurs achats de certains produits agricoles américains, notamment de soja, ce qui menace de remettre en cause l'accord de Phase 1. Cet accord prévoit en effet que Pékin achète pour 200 milliards de dollars supplémentaires de produits américains, dont des produits agricoles, dans les deux prochaines années.

La crise du coronavirus a rallumé les tensions commerciales et géopolitiques entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales, Donald Trump accusant Pékin d'avoir mal géré la crise santaire et d'avoir ainsi laissé la pandémie se répandre dans le monde. La semaine dernière, la Chine a en outre provoqué la colère de Washington en reprenant en main le territoire autonome de Hong Kong, en y imposant la loi de sécurité nationale qui réduit les libertés politiques.

Pékin tacle Donald Trump sur les émeutes aux Etats-Unis

La Chine, qui accuse régulièrement Washington d'ingérence dans ses affaires intérieures, notamment sur les dossiers de Hong Kong ou des Ouïghours, a lancé lundi une pique contre la gestion par Washington de la crise sociale provoquée par la mort de George Floyd, un afro-Américain tué il y a une semaine par un policier à Minneapolis. Zhao Lijian a ainsi estimé que les troubles dans plusieurs villes américaines sont le signe de "la gravité du problème du racisme et de la violence policière aux Etats-Unis".

"Pourquoi les Etats-Unis traitent-ils en héros les partisans de la violence et de la soi-disant indépendance de Hong Kong, tout en qualifiant ceux qui dénoncent le racisme d'émeutiers ?", s'est en outre interrogé le responsable chinois.

Les manifestations d'indignation après le décès de George Floyd se sont étendues depuis 6 jours à de nombreuses villes américaines. Dimanche, Donald Trump a même été contraint de trouver un abri dans le bunker de la Maison Blanche, les manifestants s'étant approchés de la Maison Blanche à Washington.

L'activité économique redémarre aux Etats-Unis en mai

Les marchés financiers n'ont pas fléchi face à ces tensions, préférant se concentrer sur les signes de reprise économique. Aux Etats-Unis, l'indice PMI IHS Markit est ressorti à 39,8 en mai, rebondissant par rapport à son plus bas historique de 36,1 enregistré en avril. L'autre indice d'activité manufacturière, l'indice ISM, a de son côté atteint 43,1, en légère amélioration par rapport au niveau de 41,5 du mois précédent, qui constituait un plus bas de plus de 11 ans. Par ailleurs, les dépenses de construction ont reculé moins que prévu en avril, de 2,9% sur un mois, au lieu de -6% prévu par les économistes.

Dans la zone euro, l'indice PMI final pour l'industrie manufacturière s'est redressé à 39,4 en mai après 33,4 en avril, tandis qu'en Chine, premier pays touché par la pandémie de Covid-19, l'indice PMI manufacturier est remonté en mai au-dessus de la barre des 50, un signe rassurant de retour de l'expansion de l'activité.

VALEURS A SUIVRE

Gilead (-2,7%) a publié les résultats de son étude de phase 3 du remdesivir chez des patients atteints de Covid-19 modéré. L'étude démontre qu'un traitement de 5 jours du remdesivir a entraîné une amélioration clinique significativement plus importante que le traitement traditionnel.

Pfizer chute de 6,7% après l'annonce de résultats préliminaires décevants d'une étude clinique sur son traitement contre le cancer du sein Ibrance. Selon le géant pharmaceutique américain, le traitement est "peu susceptible de montrer une amélioration statistiquement significative" dans les résultats des patients. "Nous sommes déçus par ce résultat. Le cancer du sein est une des principales causes de décès dans le monde et retarder ou prévenir le développement de maladies métastatiques est un besoin important non satisfait. PALLAS est une étude de grande envergure qui comprend de nombreux sous-groupes et nous collaborons activement pour déterminer si certains patients pourraient bénéficier d'un traitement adjuvant avec l'association de palbocytes", a déclaré Chris Boshoff, directeur du développement chez Pfizer.

Eli Lilly (+0,2%). Le groupe pharmaceutique a commencé à tester un traitement expérimental par anticorps contre le Covid-19. Il s'agit de la première étude de ce type menée au niveau mondial. L'étude évaluera la sécurité et la tolérabilité chez les patients hospitalisés avec le Covid-19 et les premiers résultats sont attendus d'ici la fin juin.

Zynga (+5,5%). Le groupe de divertissements s'offre Peak, l'une des sociétés de jeux mobiles les plus performantes au monde, pour 1,8 milliard de dollars en actions et en numéraire. Peak a notamment développé Toon Blast et Toy Blast, deux jeux très populaires aux Etats-Unis. La transaction devrait être clôturée au troisième trimestre 2020. Le groupe américain a parallèlement légèrement rehaussé ses prévisions de résultats annuels (qui ne tiennent pas compte de Peak), anticipant désormais un Ebitda ajusté de 223 M$, contre 210 M$ précédemment, pour des revenus de 1,690 Md$ contre 1,650 Md$.

Facebook prend 2,1%. Certains salariés sont en colère contre Mark Zuckerberg ! Contrairement à Twitter (+2,3%), le premier réseau social au monde a indiqué qu'il ne prendrait pas de mesures coercitives contre un post de Donald Trump à la suite de la mort de George Floyd, victime de violences policières. Un positionnement qui a provoqué une vague d'indignation au sein de la communauté Facebook. "Déçus" et "très inquiets", plusieurs employés de Facebook ont condamné la décision de Zuckerberg sur Twitter, avec des commentaires comme "Mark a tort" et "ne rien faire est inacceptable".

Le milliardaire a fini par réagir sur son fil Facebook : "Je me suis battu toute la journée pour savoir comment répondre aux tweets et aux messages du président. Personnellement, j'ai une réaction viscérale négative à ce genre de rhétorique clivante et incendiaire ... Mais je suis responsable de réagir non seulement à titre personnel, mais aussi en tant que dirigeant d'une institution attachée à la liberté d'expression... Je ne suis pas du tout d'accord avec la façon dont le Président a parlé de cela, mais je crois que les gens devraient pouvoir le constater par eux-mêmes, parce qu'en fin de compte, la responsabilité des personnes en position de pouvoir ne peut être engagée que lorsque leur discours est examiné au grand jour".

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