Cotation du 05/08/2020 à 23h27 Dow Jones Industrial +1,39% 27 201,52
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Wall Street progresse encore malgré les incertitudes

Wall Street progresse encore malgré les incertitudes
Wall Street progresse encore malgré les incertitudes
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine s'affiche timidement dans le vert ce jeudi, le S&P500 s'adjugeant 0,50% à 3.051 pts et le DJIA 0,38% à 25.646 pts, contre une progression de 0,52% du Nasdaq à 9.462 pts - malgré les attaques de Trump concernant les réseaux sociaux. Le baril de brut WTI grappille 0,2% sur le Nymex à 32,8$. L'once d'or remonte de 0,6% à 1.720$.

Les opérateurs misent toujours sur une reprise économique assez forte avec les déconfinements progressifs, malgré le risque de seconde vague ou les tensions entre Washington et Pékin. Les statistiques déprimées du jour outre-Atlantique (PIB, commandes de biens durables ou emploi) ne provoquent pas de réaction. Même les valeurs technologiques résistent, malgré les attaques de Trump contre les réseaux sociaux.

Pourtant, le parlement chinois a approuvé à une très large majorité le projet de loi sur la sécurité nationale visant Hong Kong, projet qui suscite la contestation et alimente par ailleurs les tensions avec Washington, Trump ayant promis une réaction. Avant ce vote, le chef de la diplomatie américaine avait affirmé que Hong Kong ne pouvait plus prétendre à un traitement spécifique de la part des Etats-Unis en matière commerciale.

Dans l'actualité sanitaire, l'Université Johns Hopkins fait état de plus de 100.000 morts du nouveau coronavirus aux USA et près de 1,7 million de cas depuis le début de l'épidémie. Dans le monde, le nombre de cas se chiffre à plus de 5,7 millions et le nombre de décès à plus de 356 milliers. Trump déplore ce jour ce triste cap des 100.000 morts et s'en prend encore à la Chine, qui a fait selon lui ce "très mauvais 'cadeau'" du coronavirus au monde entier.

La seconde estimation du PIB américain du premier trimestre 2020 fait ressortir une chute brutale de l'activité de 5%, contre un consensus de -4,8% qui correspondait à la lecture initiale. Les dépenses réelles de consommation sur le trimestre se sont écroulées de 6,8% selon la nouvelle estimation du jour. L'indice de prix rattaché au PIB a augmenté sur un rythme de 1,7%.

Les commandes de biens durables aux USA pour le mois d'avril 2020 se sont par ailleurs effondrées de 17,2% en comparaison du mois antérieur, contre -18,2% de consensus et -16,6% un mois avant. Hors transport, les commandes ont chuté de 7,4%, contre -14% de consensus et -1,7% un mois plus tôt.

La progression du nombre de chômeurs aux Etats-Unis ralentit encore mais reste impressionnante. Le Département américain au Travail vient en effet d'annoncer, pour la semaine close au 23 mai, que les inscriptions au chômage ont atteint 2,123 millions, en repli de 323.000 par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure de 2,438 millions. Elles ressortent globalement en ligne avec les attentes du marché puisque le consensus était positionné à 2,1 millions.

La moyenne à quatre semaines ressort à 2,608 millions, en repli de 436.000. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 17 mai s'établit à 21,052 millions, en recul de 3,86 millions sur sept jours.

Les mesures de confinement adoptées à partir de la mi-mars pour contenir la pandémie ont entraîné en avril la plus forte destruction du nombre d'emplois depuis la "Grande Dépression". Au cours des dix dernières semaines, ce sont plus de 40 millions d'Américains qui se sont retrouvés sans emploi.

Avant que le coronavirus ne mette à l'arrêt la majeure partie de l'économie américaine, le précédent record datait de 1982 avec 695.000 demandes hebdomadaires.

L'indice des promesses de ventes de logements de la NAR (National Association of Realtors) américaine pour le mois d'avril 2020 est ressorti en très forte baisse de 21,8% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de place de -15% et un recul de 20,8% sur le mois précédent. L'indice d'avril se situe ainsi à 69.

D'après le Département à l'Energie, les stocks domestiques de pétrole pour la semaine close au 22 mai ont bondi de 7,9 millions de barils à 534,4 mb, contre un repli d'environ 2 millions de barils attendus par le consensus. Les réserves d'essence ont reculé de 0,7 million de barils (contre une hausse de 0,2 mb anticipée par le consensus), alors que les stocks de produits distillés ont augmenté de 5,5 mb par rapport à la précédente semaine, contre une progression de 2,5 mb attendue par le marché.

A l'issue d'une séance hésitante, la Bourse de New York a progressé mercredi soir, toujours portée par les espoirs d'une reprise économique rapide, grâce au reflux de la pandémie de coronavirus aux Etats-Unis et en Europe... Les investisseurs sont restés sourds aux propos prudents de la Fed dans son Livre Beige, ainsi qu'à la montée des risques de nouvelle guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a ainsi estimé mercredi que Hong Kong n'entrait plus dans les critères permettant de lui accorder un statut commercial spécial.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 2,21% à 25.548 points, grâce au rebond de titres qui avaient été massacrés ces dernières semaines, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 1,48% à 3.036 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a pris 0,77% à 9.412 pts, après avoir passé une grande partide la séance dans le rouge.

La totalité des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini dans le vert, dont les financières (+4,3%), les industrielles (+3,3%), l'immobilier (+2,1%) et les biens de consommation de base (+1,5%), tandis qu'en bas de l'échelle, les technologiques (+0,5%) et les services de communication (+0,5%) étaient à la traîne.

A Wall Street, les indices ont accru leurs gains malgré la publication du dernier Livre Beige de la Fed, qui a décrit une Amérique frappée de plein fouet par les mesures prises pour juguler la pandémie de coronavirus, qui a fait près de 100.000 morts aux Etats-Unis.

Le rapport, basé sur des enquêtes auprès des Réserves fédérales régionales avant le 18 mai, note aussi que les acteurs économiques ne prévoient pas une reprise rapide de la croissance après la réouverture des entreprises. "Bien que de nombreux contacts ont exprimé leur espoir que l'activité rebondirait dès que les entreprises rouvriront, les perspectives restent hautement incertaines, et la plupart des contacts étaient pessimistes au sujet du rythme potentiel de la reprise économique", estime ainsi la Fed.

Les marchés américains ont réduit leur gains en soirée après de nouveaux signes de tension géopolitique entre les Etats-Unis et la Chine, après la décision de Pékin d'imposer à Hong sa loi sur la sécurité nationale, qui restreint les libertés politiques.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a menacé clairement de suspendre le statut économique spécial que les Etats-Unis accordent à Hong Kong. Ce statut permet à ce territoire autonome d'être exonéré des restrictions et droits de douane qui s'appliquent à la Chine continentale.

Le chef de la diplomatie américaine, a estimé mercredi devant le Congrès que Hong Kong ne jouissait plus de l'autonomie vis-à-vis de Pékin qui lui permettait de bénéficier de ce statut commercial préférentiel. Mike Pompeo a une nouvelle fois dénoncé l'intention de la Chine "d'imposer de manière unilatérale et arbitraire" la loi sur la "sécurité nationale".

Le 27 novembre 2019, Donald Trump avait promulgué une loi adoptée par le Congrès '("Acte de 2019 sur les droits humains et la démocratie à Hongkong") qui permettait de suspendre ce statut économique spécial à condition de certifier que Hong Kong ne bénéficie plus de son autonomie.

Donald Trump a indiqué de son côté qu'il ferait une déclaration sur la question de Hong Kong "avant la fin de la semaine", évoquant "quelque chose de fort". Trump a ajouté qu'il ne voyait pas comment Hong Kong pourrait demeurer un centre financier si la Chine "prenait le contrôle".

Du côté de Pékin, le ministère des Affaires étrangères a affirmé que la Chine riposterait si Washington prenait des mesures relatives à la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Dimanche, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait averti que la Chine et les Etats-Unis étaient "au bord d'une nouvelle Guerre froide". "Outre la dévastation causée par le nouveau coronavirus, un virus politique se propage aux Etats-Unis", avait regretté devant la presse le chef de la diplomatie chinoise, sans nommer le président américain. "Ce virus politique saisit toutes les occasions pour attaquer et diffamer la Chine", avait-il fustigé...

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street ce jour, Boeing a donc repris la production du 737 MAX. Abercrombie & Fitch, VMware, Salesforce.com, Williams-Sonoma, Dollar Tree, Dollar General, Dell Technologies, Tech Data, PVH ou Fluor, publient notamment leurs derniers comptes trimestriels.

Les valeurs

Boeing (+4%). Quelques semaines après avoir annoncé son intention de supprimer jusqu'à 10% de ses équipes, le géant de l'aéronautique a indiqué hier soir qu'il allait licencier 6.770 employés américains cette semaine alors que 5.520 autres salariés ont accepté des offres de départ volontaire. Boeing a réduit le rythme de production de plusieurs de ses appareils afin de faire face à la chute de la demande à la suite de l'effondrement du trafic aérien.

"L'impact dévastateur de la pandémie Covid-19 sur l'industrie du transport aérien signifie une réduction importante du nombre d'avions commerciaux et de services dont nos clients auront besoin au cours des prochaines années, ce qui se traduit par une diminution des emplois sur nos lignes et dans nos bureaux", a déclaré le PDG David Calhoun dans un mémo transmis aux employés.

La bonne nouvelle du côté de Renton, dans l'Etat de Washington, est venue de l'annonce de la reprise de la production du 737MAX, à un rythme toutefois peu élevé. L'appareil est cloué au sol depuis mars 2019 à la suite de deux crashs mortels qui ont coûté la vie à plus de 300 personnes. "Le programme 737 a recommencé à construire des avions à un faible rythme alors que plus d'une douzaine d'initiatives visant à améliorer la sécurité sur le lieu de travail et la qualité des produits ont été mises en places".

Abercrombie & Fitch (-7%) décroche. Le détaillant américain en vêtements et accessoires a en effet publié des résultats inférieurs aux attentes pour le trimestre clos. La perte nette trimestrielle s'est élevée à 244 millions de dollars, soit 3,9$ par titre, contre un déficit de 19 millions de dollars un an plus tôt. La perte ajustée par titre est ressortie à 3,29$, alors que le consensus FactSet était de -1,39$. Les revenus trimestriels se sont écroulés à 485 millions de dollars, contre 734 millions de dollars un an plus tôt et 497 millions de consensus.

Dollar Tree (+13%), le détaillant discount américain, a bénéficié des achats de précaution liés à la crise sanitaire au premier trimestre. Ainsi, le bénéfice net est ressorti supérieur aux attentes à 248 millions de dollars soit 1,04$ par titre, contre 268 millions de dollars un an avant. Les ventes ont progressé à 6,29 milliards de dollars, contre 5,8 milliards un an plus tôt. Le consensus mesuré par FactSet était de 85 cents de bénéfice trimestriel par action pour 6,14 milliards de dollars de facturations.

Dollar General (-1%) a également profité de la demande liée au coronavirus. Les stocks des ménages ont dopé les ventes, qui ont grimpé de 28% à 8,45 milliards de dollars pour le premier trimestre fiscal clos début mai. A magasins comparables, l'activité a augmenté de près de 22%. Le groupe a aussi fait état d'une croissance bénéficiaire de 69%, et entend même dépasser ses anticipations annuelles de ventes ou profits.

Hertz (-13%). Carl Icahn, le milliardaire qui était jusqu'alors le principal actionnaire de la firme Hertz Global Holdings, a vendu à perte sa participation qui représentait 39% du capital, soit 55,3 millions de titres cédés à 72 cents pièce. Il faut dire que le loueur américain de véhicules s'est donc inscrit sous protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites, la pandémie de Covid-19 ayant provoqué un effondrement de ses revenus avec la chute du secteur aérien. Le groupe a évoqué un impact "dévastateur" de la crise sanitaire, dans les documents transmis à la cour du Delaware.

Toll Brothers (stable), géant américain de la construction résidentielle haut de gamme, a retiré ses prévisions annuelles du fait de la pandémie de coronavirus. Sur le trimestre clos fin avril, les comptes ont toutefois dépassé les attentes de marché. Le groupe a réalisé un bpa trimestriel de 59 cents, contre 87 cents un an plus tôt et 45 cents de consensus de place. Le bénéfice net a atteint 76 millions de dollars.

Nio (-4%), le "Tesla chinois", a publié un chiffre d'affaires trimestriel moins bon que prévu, mais une perte moins lourde qu'anticipé. La perte nette a été réduire à environ 243 millions de dollars sur le trimestre.

HP Inc (-12%) a déçu. Le groupe informatique a dévoilé des revenus trimestriels en baisse et une guidance de bénéfice pour son troisième trimestre inférieure aux attentes. Les ventes trimestrielles ont baissé de 11% avec le Covid-19. Le bénéfice net du second trimestre s'est établi à 764 millions de dollars soit 53 cents par titre, pour des recettes de 12,5 milliards. Le bpa ajusté a représenté 51 cents, contre 53 cents un an plus tôt et 44 cents de consensus. Le consensus de revenus était toutefois de 12,93 Mds$.

Tech Data (+3%) a battu le consensus. Le bénéfice trimestriel ajusté par action a représenté 2,22$, contre 1,65$ de consensus de marché et 2,04$ un an avant. Le distributeur américain de produits technologiques a affiché des revenus trimestriels de 8,18 milliards de dollars, ce qui dépasse également les attentes. Les ventes se situaient à 8,4 milliards sur la période correspondante de l'an dernier.

Micron (-3%) a relevé sa guidance de ventes pour le troisième trimestre fiscal. Le concepteur de 'puces' de l'Idaho table désormais sur des revenus allant de 5,2 à 5,4 milliards de dollars sur la période, contre une fourchette antérieure logée entre 4,6 et 5,2 milliards de dollars. Le bpa ajusté est anticipé maintenant entre 75 et 80 cents, contre 40 à 70 cents auparavant.

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