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Wall Street progresse avec le pétrole et les espoirs de reprise

Wall Street progresse avec le pétrole et les espoirs de reprise
Wall Street progresse avec le pétrole et les espoirs de reprise
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York est en hausse mardi pour la 2e séance consécutive, renouant avec l'espoir d'une reprise économique progressive à mesure que les mesures de restrictions liées au Covid-19 sont levées dans le monde. Le pétrole WTI bondit de près de 20%, poursuivant son rebond massif après l'effondrement du mois d'avril. Sur le plan diplomatique et commercial, le ton est redescendu entre les Etats-Unis et la Chine. Les valeurs pétrolières tirent la cote, ainsi que les technologiques et les valeurs de santé.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones gagne 1,52% à 24.111 points, tandis que l'indice large S&P 500 avance de 1,77% à 2.893 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, progresse de 2% à 8.887 pts.

Tous les indices sectoriels du S&P 500 pointent à la hausse, à commencer par celui de la santé (+2,6%), les technologiques (+2,4%) et l'énergie (+2%).

Plus tôt dans la journée, les Bourses européennes ont aussi fini en hausse, l'indice EuroStoxx 50 regagnant 2,1% et le CAC 40 grimpant de 2,4%. En Asie, Tokyo et Shanghai étaient fermés, tandis que le Hang Seng a gagné 1% à Hong Kong.

Le pétrole au plus haut depuis un mois

Le marché pétrolier confirme son rebond, soutenu par les espoirs d'une reprise progressive de la demande mondiale, et par des annonces de réductions de production de la part de nombreuses compagnies pétrolières, notamment aux Etats-Unis (ConocoPhillips, Chevron...), au Canada et en Norvège. Ces coupes volontaires, cumulées avec les engagements de l'Opep+ de réduire sa production de 9,7 millions de barils par jour, laisse espérer que les excédents d'offre pétrolière pourront être épongés sur les prochains mois.

Sur le Nymex, le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin bondit mardi de 19% à 24,24$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet grimpe de 12% à 30,48$. Les cours sont désormais revenus au plus haut depuis début avril, il y a près d'un mois, mais ils perdent encore 50% à 60% depuis le début de l'année, où ils dépassaient les 60$. Le 20 avril dernier, les cours du WTI avaient plongé en terrain négatif pour la 1e fois de leur histoire, terminant à -37,63$ le baril.

De son côté, l'or consolide après 2 séances de hausse, mais reste ancré au-dessus de 1.700$ l'once. Le contrat à terme de juin coté sur le Comex cède mardi soir 0,23% à 1.709,40$ l'once. Malgré une forte volatilité ces dernières semaines, le métal jaune progresse d'environ 13% depuis le début de l'année, faisant office de valeur refuge.

Donald Trump déconfine, mais l'épidémie progresse aux Etats-Unis

Donald Trump s'est félicité du mouvement haussier du pétrole, en tweetant que "Les prix du pétrole augmentent bien, alors que la demande repart!". Le président américain a aussi salué les politiques de déconfinement en bonne voie dans de nombreux Etats américain, en conseillant aux Etats de mener des grands travaux d'infrastructure pour soutenir la reprise. "'Les Gouverneurs devraient laisser la construction des routes et des autoroutes commencer avant le début de la circulation intense, ce qui arrivera bientôt. Certains Gouverneurs n'ont jamais arrêté, ce qui s'est révélé très intelligent. Ils ont construit et réparé des routes pendant les longues périodes sans circulation. En outre, ils ont économisé de gros dollars!", a tweeté Trump.

Alors que plus de 30 Etats américains sont sur le point de lever tout ou partie de leurs mesures de restriction liées au coronavirus, la situation sanitaire reste toutefois préoccupante dans le pays. Si les nouveaux cas continuent de se réduire dans les Etats les plus touchés comme New York, ils sont à l'inverse en nette hausse dans des Etats et des villes jusqu'ici moins affectés. Le nombre de nouveaux décès dans le pays continue d'être supérieur à 1.000 par jour, et le bilan a dépassé mardi les 70.000 morts dans le pays, pour près de 1,2 million de cas recensés.

Lundi,l'institut IHME de l'université de Washington a revu à la hausse le nombre de décès potentiels à 135.000 d'ici à début août, en raison d'une "augmentation de la mobilité dans la plupart des Etats" provoquée par la réouverture des entreprises et les déconfinements attendus dans 31 Etats d'ici au 11 mai", a estimé cet institut.

Les tensions commerciales retombent entre Washington et Pékin

Sur le marché des changes, l'indice du dollar gagne 0,33% à 99,82 points face à un panier de 6 devises de référence, tandis que l'euro perd 0,6% à 1,0838$. Les marchés obligataires américains reculent légèrement, faisant remonter les taux (qui évoluent en sens inverse des cours des obligations). Le rendement du T-Bond à 10 ans a repris mardi 2 points de base à 0,65%. En Europe, le rendement du Bund allemand de même échéance a fini en baisse de 2 pdb à -0,58%.

Sur le plan diplomatique et commercial, les tensions sont donc descendues d'un ton entre les Etats-Unis et la Chine, soulageant les investisseurs inquiets à l'idée de l'instauration de nouvelles barrières douanières par Washington. Matthew Pottinger, conseiller adjoint à la sécurité nationale américaine, a démenti lundi soir que les Etats-Unis considéraient des mesures punitives contre la Chine à propos de sa gestion de la pandémie de coronavirus.

La veille, le secrétaire d'Etat Mike Pompeo s'était montré bien plus agressif, affirmant disposer de "preuves immenses" concernant l'implication du laboratoire de Wuhan dans l'origine de la pandémie de Covid-19. Enfin de semaine dernière, Donald Trump avait lancé l'offensive en affirmant étudier d'éventuelles représailles commerciales contre la Chine, estimant que le nouveau coronavirus pourrait émanant de ce laboratoire de virologie de Wuhan.

Indicateurs économiques toujours en berne aux Etats-Unis

Sur le plan macro-économique, le déficit commercial américain s'est creusé en mars à 44,4 milliards de dollars, contre un consensus de 44 Mds$ et après -39,8 Mds$ en février.

Par ailleurs, l'indice Markit PMI final des services est ressorti à 26,7 en avril, contre un consensus de place de 27 et après 39,8 en mars. L'indice traduit ainsi, fort logiquement compte tenu du contexte économique et sanitaire, une très forte contraction de l'activité aux USA en avril dans le secteur des services. L'indice PMI composite d'avril s'est établi pour sa part à 27, contre 27,4 de consensus et 40,9 un mois plus tôt. Il montre aussi une contraction profonde.

L'indice ISM des services pour ce même mois d'avril est pour sa part ressorti à 41,8, contre un consensus de 37,9 et après 52,5 en mars. Il dépasse donc les attentes, mais s'affiche tout de même très nettement sous la barre des 50 séparant expansion de contraction.

VALEURS A SUIVRE

La vague des résultats d'entreprises se poursuit ce mardi avec notamment les comptes d'AIG, Activision Blizzard, Allergan, DuPont De Nemours, Electronic Arts, Fiat Chrysler Automobiles, FMC Corp, Marathon Petroleum, Martin Marietta Materials, Match Group, Newmont Goldcorp, Occidental Petroleum, Pinterest, Prudential Financial, Regeneron Pharmaceuticals, Sprint Corp, Sun Life Financial, SYSCO, Thomson Reuters ou encore Walt Disney (après la clôture).

Hertz Global Holdings dévisse de 19% à Wall Street. Les investisseurs réagissent surtout à un article du Wall Street Journal selon lequel le loueur de véhicules aurait engagé un conseiller additionnel afin de l'aider à gérer une potentielle inscription en faillite. Ainsi, victime de la chute de la demande consécutive à la pandémie de coronavirus, Hertz aurait embauché FTI Consulting afin de le conseiller sur des efforts de rationalisation des opérations avant une inscription sous protection de la loi sur les faillites, a indiqué le rapport, citant des personnes familières du sujet. Le journal avait rapporté le mois dernier que le groupe Hertz avait engagé des avocats et des banquiers d'investissement en tant que conseillers alors qu'il tentait de renégocier sa dette de 17 milliards de dollars.

Shake Shack (-5%), la chaîne américaine de fast food, a dévoilé pour son premier trimestre fiscal une perte de 1,1 million de dollars soit 3 cents par action, contre un profit net de 3,6 millions de dollars et 9 cents par titre un an avant, à la même période. Les revenus se sont appréciés quant à eux de 8% en glissement annuel à 143 millions de dollars. Le consensus était celui d'un bénéfice par action à l'équilibre selon FactSet, pour des recettes de 143 millions. A restaurants comparables, l'activité trimestrielle a chuté de 12,8% avec la pandémie, contre une performance positive de +3,6% sur la période correspondante de l'an dernier.

AIG (+6%), l'assureur américain, a annoncé pour son premier trimestre fiscal un bénéfice par action de 11 cents très nettement inférieur au consensus de place, contre un profit par titre de 1,58$ sur la période correspondante de l'an dernier. Ces chiffres sont ajustés des éléments non récurrents. Les revenus sur ce trimestre clos fin mars 2020 se sont élevés quant à eux à 10,92 milliards de dollars, ce qui ressort également moins bon que prévu, contre un niveau de 12,9 milliards de dollars un an plus tôt, à la même période.

Pfizer (+3%) a commencé à tester un vaccin expérimental pour lutter contre le coronavirus aux États-Unis, a annoncé mardi le géant pharmaceutique. Le laboratoire américain, qui travaille aux côtés du fabricant de médicaments allemand BioNTech, a déclaré que les premiers participants humains aux États-Unis avaient reçu le vaccin potentiel, le BNT162. "Le court délai de moins de quatre mois dans lequel nous avons pu passer des études précliniques aux tests sur l'homme est extraordinaire", s'est félicité l'Américain. L'essai testera le vaccin expérimental sur des adultes âgés de 18 à 55 ans dans la première étape avant de passer à des groupes plus âgés, a déclaré la société, ajoutant qu'elle espère tester jusqu'à 360 personnes.

DuPont (+2%), le chimiste américain, a annoncé pour le premier trimestre fiscal des résultats supérieurs aux attentes de marché. Le groupe a déploré une perte nette de 616 millions de dollars soit 83 cents par titre, contre un bénéfice net de 521 millions de dollars un an avant. Hors éléments, le bénéfice ajusté par action a représenté 84 cents, contre un consensus FactSet de 73 cents. Les ventes ont reculé de 4% à 5,22 milliards de dollars, alors que le consensus était logé à 5,07 milliards de dollars. Au mois d'avril cette fois, le groupe constate un impact positif de l'épidémie sur certaines activités, et un impact adverse sur d'autres. Le groupe réduit de 500 millions de dollars ses plans de capex pour l'année.

Fiat Chrysler Automobiles (stable) a affiché une perte conséquente au premier trimestre, mais reste engagé dans son projet de fusion avec le Français PSA. La perte nette trimestrielle, conséquence de la pandémie et de l'impact économique très défavorable, a révélé une perte nette des opérations continues de 1,83 milliard de dollars, contre un bénéfice positif un an auparavant. Du fait de l'incertitude actuelle liée à la pandémie Covid-19, le groupe retire prudemment sa guidance annuelle 2020 et offrira de nouvelles estimations dès que cela sera possible.

Avis Budget (-6%) a dévoilé des revenus trimestriels en déclin de 9% à 1,8 milliard de dollars. Le groupe table même sur une chute de l'activité de 80% en avril et mai du fait de l'épidémie. Sur le trimestre clos, la perte a représenté 158 millions de dollars soit 2,16$ par titre, contre 91 millions de déficit un an avant. La perte ajustée est ressortie à 103 millions et 1,4$ par titre.

L Brands (-1%), la maison-mère de Victoria's Secret, a dévoilé un accord mettant un terme à la cession prévue d'une participation majoritaire dans sa marque phare au fonds Sycamore Partners.

AmerisourceBergen (+2%), le distributeur américain de médicaments, aurait selon Reuters approché Walgreens Boots Alliance en vue de l'acquisition de sa division de vente en gros de produits pharmaceutiques.

United Airlines (-3%) entend supprimer plus de 3.400 postes administratifs et managériaux en octobre. Selon deux notes internes dont Reuters a pris connaissance, le groupe de transport aérien a demandé à ses pilotes de se préparer à cette éventualité.

Marathon Petroleum (stable) est ressorti lourdement déficitaire au premier trimestre du fait de dépréciations massives de 12,4 milliards de dollars, dans un contexte de demande outrageusement déprimée dans le secteur pétrolier. La perte nette totalise 9,2 milliards de dollars soit 14,25$ par titre sur le trimestre clos, contre 7 millions de déficit un an plus tôt.

Thomson Reuters (stable) a publié des revenus et profits du premier trimestre en croissance, mais inférieurs aux attentes de marché. Le groupe a ajusté en baisse ses anticipations de revenus annuels, évoquant bien entendu les conséquences de la pandémie. Pour le trimestre clos fin mars, les revenus ont augmenté de 2% à 1,52 milliard. Le profit opérationnel a grimpé de 6% à 290 millions.

Regeneron (+5%), partenaire américain de Sanofi, a réalisé pour son premier trimestre un bénéfice supérieur aux attentes de marché. Le groupe a notamment bénéficié de la forte demande pour son traitement oculaire Eylea. Le groupe entend lancer les essais sur l'homme de son traitement Covid-19 en juin. Sur le trimestre clos, le bénéfice net a représenté 625 millions de dollars et 5,43$ par titre, contre 461 millions un an avant. Le bpa ajusté a atteint 6,6$, contre 4,45$ un an avant et 6,06$ de consensus. Les revenus ont grimpé de 33% à 1,83 milliard de dollars, contre 1,76 milliard de consensus. Les dépenses 2020 de R&D sont attendues entre 2,15 et 2,31 milliards.

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