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Wall Street progresse avec l'accord sur le Brexit

Wall Street progresse avec l'accord sur le Brexit
Wall Street progresse avec l'accord sur le Brexit
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street est attendu en progression avant bourse ce jeudi, stimulé par l'accord sur le Brexit. Un 'deal' a donc été confirmé entre Londres et l'Union européenne. Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est félicité d'un "superbe nouvel accord" avec l'UE. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a lui aussi confirmé le 'Brexit deal' trouvé. "Quand on veut, on peut - nous avons un accord! C'est un accord juste et équilibré pour l'UE et le Royaume-Uni et il témoigne de notre engagement à trouver des solutions. Je recommande au Conseil européen d'approuver cet accord", a précisé Juncker sur Twitter.

Michel Barnier, négociateur européen en chef, estime que l'accord du jour "permet d'apporter de la sécurité juridique, de la certitude partout où le Brexit crée, comme toute séparation, de l'incertitude et, d'abord, pour les citoyens (...) Grâce à cet accord, leurs droits seront enfin garantis dans la durée". Le 'deal' du Brexit prévoit une période transitoire qui durera jusqu'à la fin 2020 et même peut-être deux ans de plus en cas d'accord de l'UE et du Royaume-Uni.

Notons tout de même que le Parti unioniste démocrate (DUP), qui avait déjà rejeté les propositions de Londres, a confirmé ce jour son opposition suite à l'annonce de l'accord. Jeremy Corbyn, chef de file du Parti travailliste, a lui aussi affirmé son incapacité à soutenir un tel accord. Le Parti du Brexit de Nigel Farage est évidemment contre. Enfin, le Scottish National Party a également repoussé le 'deal' nouveau. L'accord envisage de maintenir l'Ulster dans la zone douanière du Royaume-Uni et d'instaurer des droits de douane pour les produits transitant de l'île britannique vers la province si elles passent ensuite dans le marché unique via l'Irlande... L'accord sera soumis samedi au vote parlementaire. Trois cent-vingt voix sont nécessaires pour une ratification par la Chambre des communes.

Le S&P500 s'affiche désormais en hausse de 0,3% avant bourse, alors que le Nasdaq gagne 0,4%. Le DJIA est attendu en progression de 0,3%. Sur le marché des changes, l'indice dollar perd 0,2% à 97,8 face à un panier de devises. L'euro grimpe de 0,4% à 1,111$ environ. La livre sterling, qui avait initialement flambé à l'annonce du deal sur le Brexit, perd désormais 0,3% à 1,279$.

Du côté des résultats trimestriels, Netflix a amplement rassuré les marchés hier soir, mais IBM a déçu. Alcoa a livré pour sa part une performance mitigée, tout comme Honeywell.

Sur le front commercial, après l'accord 'de phase 1' scellé en fin de semaine dernière entre Washington et Pékin, ayant permis la suspension des nouveaux droits de douane que les USA prévoyaient d'infliger mardi aux produits chinois importés, les tensions se réveilleraient, notamment concernant Hong Kong. Dans l'immédiat, il s'agit par ailleurs de mettre noir sur blanc les différents points arrêtés lors de l'accord partiel, première phase d'un 'deal' global devant mettre un terme au rude affrontement commercial des deux superpuissances qui s'éternise depuis de trop longs mois. La Chine ne lâche toutefois rien, le ministère du Commerce estimant toujours que les États-Unis devraient annuler également les tarifs douaniers programmés en décembre s'ils veulent parvenir à un accord final.

Il s'agit ainsi, selon le porte-parole du ministère, Gao Feng, "d'annuler tous les tarifs additionnels". "C'est bon pour la Chine, bon pour les USA et bon pour le monde", a précisé Gao lors d'une conférence de presse hebdomadaire.

Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans progresse timidement à 1,75%. L'outil Fedwatch du CME fait de son côté état d'une très forte probabilité, de 88,2%, d'une baisse des taux de la Fed lors de sa prochaine réunion des 29 et 30 octobre. Le principal taux directeur de la Fed serait ainsi ramené entre 1,50% et 1,75%, après deux baisses d'un quart de point déjà effectuées en juillet et en septembre.

Les marchés pétroliers restent volatils. Après un recul mardi et un rebond hier, le baril de brut WTI fléchit de 0,7% à 53$ ce jour sur le Nymex, tandis que le Brent recule de 0,6% à 59$.

D'après le rapport gouvernemental du jour aux USA, les mises en chantier de logements pour le mois de septembre 2019 sont ressorties au nombre de 1,256 million, contre 1,3 million de consensus et 1,36 million environ un an plus tôt. Les permis de construire sont en revanche ressortis solides à 1,387 million, contre 1,335 million de consensus et 1,42 million un an avant.

L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie, qui vient lui aussi d'être publié, est ressorti à +5,6 pour le mois d'octobre contre un consensus de 7,1. Il était de 12 sur le mois antérieur. Ce rapport indique donc un ralentissement de l'expansion de l'industrie manufacturière dans la région en octobre.

Pour finir, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 12 octobre sont ressorties au nombre de 214.000, contre 212.000 de consensus et 210.000 une semaine avant.

Les chiffres de la production industrielle américaine pour le mois de septembre seront connus à 15h15 (consensus -0,2% en comparaison du mois antérieur, -0,3% pour la production manufacturière et 77,8% d'utilisation des capacités).

Le rapport hebdomadaire du Département américain à l'énergie concernant les stocks pétroliers domestiques, pour la semaine close au 11 octobre, sera dévoilé à 17 heures (consensus +2,7 millions de barils).

La bourse de New York avait marqué le pas hier mercredi, ignorant les annonces de résultats d'entreprises globalement meilleurs qu'attendus pour le 3e trimestre, notamment pour United Airlines et Bank of America. Une baisse inattendue des ventes de détail aux Etats-Unis en septembre avait relancé les craintes d'un ralentissement conjoncturel lié à la guerre commerciale. Le Livre Beige de la Fed a fait état d'une croissance "légère à modérée" aux Etats-Unis depuis la fin août, en ralentissement mais sans risque de récession. Enfin, le suspense concernant un accord sur le Brexit avait pesé hier soir.

Dans son dernier Livre Beige publié mercredi soir, la Fed indique que la croissance américaine a progressé de façon "légère à modeste" ces dernières semaines. Cette constatation est en léger retrait par rapport au précédent Livre Beige publié le 4 septembre, et qui décrivait alors une économie avançant à un "rythme modeste".

Les acteurs économiques ne s'attendent pas pour autant à une récession, mais ils ont abaissé leurs attentes pour la croissance dans les 6 à 12 prochains mois, relève encore le Livre Beige (le nom du rapport est tiré de la couleur de sa couverture).

Avant la publication de ce rapport, l'annonce d'un recul de 0,3% des ventes de détail aux Etats-Unis en septembre par rapport à août avait jeté un froid, alors que les économiste s'attendaient au contraire à une progression de 0,3% d'un mois sur l'autre, après une hausse de 0,6% en août.

Hors automobile, ça n'est guère mieux, puisque la consommation américaine a flanché de 0,1% en septembre, contre un consensus de marché positif de +0,2%, et après un gain de +0,2% également un mois plus tôt. Enfin, hors automobile et essence, la consommation, moteur de la croissance américaine, est totalement stable - contre +0,3% de consensus de place et +0,4% en août 2019.

Les valeurs

Netflix attend de pied ferme la concurrence et a fait le plein de nouveaux abonnés au 3ème trimestre. Le leader mondial de la vidéo en streaming a ainsi annoncé mercredi soir que 6,77 millions de nouveaux abonnés payants avaient rejoint ses services pendant les 3 mois achevés en septembre, portant le nombre total d'abonnés à plus de 158 millions. Les chiffres du 3ème trimestre sont un peu supérieurs aux 6,7 millions attendus par le consensus, et 2,4 fois supérieurs au nombre de nouveaux abonnés payants du 2e trimestre (2,8 millions) - lorsque le groupe avait fortement déçu. Cependant, Netflix lui-même avait prévu un nombre un peu supérieur de nouveaux abonnés, à 7 millions.

La croissance des abonnés provient essentiellement de l'international. Aux Etats-Unis, seuls 500.000 nouveaux abonnés ont été enregistrés, ce qui reste un progrès par rapport au second trimestre, où le groupe avait perdu des abonnés dans son pays d'origine pour la première fois depuis 7 ans. Le bénéfice par action du groupe s'est élevé à 1,47$ (contre 0,89$ un an plus tôt) pour un chiffre d'affaires de 5,25 milliards de dollars, en hausse de 34% par rapport aux 3,91 Mds$ du 3e trimestre 2018. Le consensus tablait sur un bpa bien moins élevé, de 1,03$, et sur des ventes de 5,25 Mds$.

Le géant américain des services numériques IBM a publié mercredi soir après la clôture de Wall Street des bénéfices supérieurs aux attentes au troisième trimestre 2019, mais a manqué le consensus en termes de ventes. Le chiffre d'affaires du groupe a ainsi reculé de 4% à 18,03 Mds$ (contre 18,76 Mds$ sur la même période de 2018), alors que le consensus attendait un recul moins prononcé, à 18,23 Mds$. C'est le cinquième trimestre consécutif de baisse des ventes pour le groupe américain centenaire.

Les revenus de la division "cloud" et logiciels cognitifs (qui comprennent Red Hat) ont déçu, à 5,28 Mds$ contre 5,43 Mds$ attendus. La division services technologiques a dégagé des ventes de 6,7 Mds$, là aussi inférieures au consensus (6,77 Mds$). Le bénéfice net du groupe informatique est tombé à 1,67 milliard de dollars au 3e trimestre contre 2,69 Mds$ au 3e trimestre 2018 (-38%). Le bénéfice par action est revenu à 1,87$ contre 2,94$ un an plus tôt. Hors éléments exceptionnels, le bpa ajusté s'est toutefois établi à 2,68$ par action, supérieur au consensus du cabinet Factset qui tablait sur 2,66$... IBM a affirmé s'attendre à un bpa d'"au moins 12,80$" pour l'ensemble de l'année alors que les analystes tablaient sur 12,80$.

Alcoa, le géant américain de l'aluminium, a annoncé hier soir après bourse, à Wall Street, des pertes trimestrielles et une revue de ses capacités et de ses actifs. Le groupe a déploré sur le trimestre clos une perte nette de 221 millions de dollars soit 1,19$ par titre, contre un déficit de 6 millions de dollars un an plus tôt. Hors éléments, le déficit du troisième trimestre aurait été de 82 millions de dollars, 44 cents par action, contre un profit de 154 millions un an auparavant. Les revenus se sont quant à eux effondrés à 2,6 milliards de dollars, contre 3,4 milliards un an avant. Le consensus de place était de 42 cents de déficit trimestriel ajusté par titre, pour 2,6 milliards de dollars de recettes. Le groupe évoque une revue du portefeuille visant à redéfinir ses priorités stratégiques et à réduire les coûts, afin de renouer avec une rentabilité soutenue.

Les coûts de restructurations seront passés essentiellement au quatrième trimestre, puis au premier trimestre fiscal de l'exercice suivant. Le groupe vise 60 millions de dollars d'économies annuelles. Les cessions d'actifs envisagées devraient quant à elles permettre de générer 500 millions de dollars à 1 milliard de dollars de produits nets.

Tesla vient d'obtenir l'autorisation de débuter ses opérations de production en Chine. Le groupe américain a ainsi été ajouté à une liste gouvernementale de constructeurs autorisés, a indiqué ce jeudi le ministère chinois à l'Industrie et aux Technologies de l'Information, cité notamment par Reuters. Il s'agit donc d'un feu vert total aux opérations locales de production du groupe d'Elon Musk. Rappelons que Tesla construit actuellement à Shanghai une usine de 2 milliards de dollars. La gigafactory chinoise du groupe doit lui permettre de changer de dimension en matière de production. Elle sera également la première usine automobile chinoise entièrement sous contrôle étranger.

Honeywell a livré une performance plutôt satisfaisante au troisième trimestre, dopant au passage ses estimations annuelles de profits. La guidance de ventes est en revanche quelque peu décevante. Le groupe industriel américain, actif dans l'aéronautique, le bâtiment ou la défense, a annoncé un bénéfice net en recul à 1,62 milliard de dollars et 2,23$ par action, contre 2,34 milliards de dollars et 3,11$ par action un an auparavant. Hors éléments non récurrents, le bénéfice ajusté par action a tout de même progressé de 9% à 2,08$, alors que le consensus était voisin de 2$. Les revenus ont décroché de 16% en glissement annuel pour ressortir à 9,09 milliards de dollars. Le consensus était un cran plus élevé, à 9,12 milliards. Le groupe relève sa guidance 2019 de bénéfice ajusté par action entre 8,10 et 8,15$, mais il ajuste en baisse ses prévisions de revenus entre 36,7 et 36,9 milliards de dollars.

Philip Morris International a battu le consensus de profit au troisième trimestre, mais ses ventes sont ressorties trop courtes. Le bénéfice net est ressorti à 1,89 milliard de dollars soit 1,22$ par titre, contre 2,25 milliards un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,43$, contre 1,36$ de consensus. Les revenus ont atteint 7,64 milliards de dollars, contre 7,50 milliards un an avant et 7,65 milliards de consensus. Le groupe a abaissé par ailleurs prudemment sa guidance annuelle de bénéfice, tablant désormais sur un bpa d'au moins 4,73$, alors qu'il ambitionnait auparavant un profit par titre de plus de 4,94$. Le bpa ajusté est anticipé à 5,14$, contre un consensus de 5,21$.

Morgan Stanley bondit avant bourse à Wall Street ce jeudi, la banque d'affaires américaine ayant publié des résultats convaincants au titre de son troisième trimestre, aidée notamment par le trading obligataire. Le bénéfice net de la firme est ressorti à 2,17 milliards de dollars, contre 1,8 milliard de consensus. Il affiche une croissance de 3% en glissement annuel. Les revenus se sont appréciés de 2% à environ 10 milliards de dollars, contre 9,6 milliards de consensus à Wall Street. Il s'agit par ailleurs du plus haut niveau d'activité de la banque d'affaires en plus d'une décennie. James Gorman, patron de la firme, salue cette performance, démontrant la 'stabilité du modèle'.

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