Cotation du 15/10/2019 à 23h00 Dow Jones Industrial +0,89% 27 024,80
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Wall Street prêt à remonter ? Pas si sûr

Wall Street prêt à remonter ? Pas si sûr
Wall Street prêt à remonter ? Pas si sûr
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street regagne du terrain avant bourse ce jeudi, S&P500 et DJIA remontant de 0,2%, contre une progression de 0,3% du Nasdaq. La cote américaine bénéficie pour l'heure de quelques rachats jugés à bon compte, après le plongeon brutal de la veille fait de craintes économiques, politiques et commerciales. A la clôture hier, la place US avait un peu cédé à la panique, l'indice Dow Jones ayant abandonné 1,86% à 26.078 points, l'indice large S&P 500 1,79% à 2.887 pts et le Nasdaq 1,56% à 7.785 pts... Les opérateurs pourraient donc en profiter ce jour pour 'acheter cette faiblesse' après deux jours d'une purge éprouvante.

Hier, l'autorisation donnée par l'OMC pour taxer 7,5 Mds$ de produits européens, dans l'aéronautique et l'agroalimentaire notamment, avait fait frémir les marchés, qui semblent rassurer par le détail fourni, excluant notamment champagne, cognac et liqueurs françaises. Trump n'en a pas moins 'marqué le coup' par un petit tweet.

D'après la dernière étude Challenger sur le sujet, les annonces de licenciements des entreprises au mois de septembre 2019 aux Etats-Unis ont concerné 41.557 postes, contre 53.480 un mois auparavant. Les annonces de destructions de postes ressortent ainsi au plus bas depuis le mois d'avril 2019. Il s'agit donc d'un signal plutôt favorable à la veille du rapport du Département au Travail sur la situation de l'emploi aux USA, et au lendemain de faibles chiffres de l'emploi privé publiés par ADP.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis pour la semaine close au 28 septembre ont progressé de 4.000, à 219.000 selon le Département américain au Travail. Le consensus de place était positionné à 215.000.

L'indice PMI des services du mois de septembre sera annoncé à 15h45 (consensus 50,9 pour ces services et 51 pour l'indicateur composite), alors que l'ISM des services sera dévoilé à 16 heures (consensus 55,5). Les commandes industrielles du mois d'août seront connues à 16h (consensus -0,6% en comparaison du mois antérieur).

Charles Evans, Richard Clarida, Loretta Mester et Randal Quarles de la Fed, s'exprimeront ce jour sur divers sujets économiques et monétaires.

En Europe, le rebond est entretenu par Airbus et les compartiments du luxe et des spiritueux après les dernières annonces des Etats-Unis relatives aux tarifs douaniers que mettra en place Washington à partir de la mi-octobre. De nombreux produits, comme le champagne ou le cognac, seront finalement épargnés par ces nouvelles taxes. La tendance reste malgré tout fragile alors que les craintes pesant sur la croissance mondiale à l'origine du mouvement de consolidation appuyé observé des derniers jours sont toujours bien présentes dans l'esprit des opérateurs. Le conflit commercial sino-américain se fait en effet désormais clairement sentir sur l'économie, comme en attestent le plongeon de l'indice ISM manufacturier américain en septembre et les maigres chiffres de l'emploi privé US, la probable entrée en récession de l'Allemagne au troisième trimestre ou encore la chute des ventes au détail à Hong-Kong, où le mouvement de manifestation pro-démocratique ne fait qu'aggraver les choses.

L'indice PMI composite IHS Markit de l'activité globale dans la zone euro s'est replié de 51,9 en août à 50,1 en septembre (50,4 en estimation flash). Il affiche ainsi sa plus faible valeur depuis juin 2013 et indique une quasi-stagnation de l'activité du secteur privé de la zone euro en fin de troisième trimestre 2019. L'indice final de l'activité de services ressort pour sa part à 51,6 contre 53,5 en août, et une estimation flash à 52,0. Le consensus tablait sur un indice à 52... Les ventes au détail, corrigées des variations saisonnières, ont rebondi de 0,3% dans la zone euro en août après avoir diminué de 0,5% le mois précédent. En glissement annuel, elles affichent une hausse de 2,1%. Le marché tablait respectivement sur des augmentations de 0,3% et 1,9%.

Après l'annonce mardi, d'un indice ISM d'activité manufacturière en berne en septembre aux Etats-Unis (47,8, après 49,1 en août), les créations d'emplois dans le secteur privé ont elles aussi déçu hier. D'après le rapport d'ADP, elles sont ressorties à 135.000 en septembre, contre 152.000 de consensus de place et après 157.000 en août. Le rapport officiel sur l'emploi en septembre est attendu avec fébrilité pour vendredi.

Sur le marché des changes, l'indice dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, cède 0,1% ce mercredi à 99. Les cours du pétrole poursuivent leur correction ce jour, le baril de brut WTI abandonnant 0,3% à 52,5$ et le Brent de la mer du Nord cédant 0,1% à 57,6$. Hier, les prix avaient déjà flanché après l'annonce d'une forte hausse des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière.

Face au coup de tabac boursier, Donald Trump a une nouvelle fois dénoncé la politique menée par la Fed et son président Jerome Powell, alors que de leur côté, la majorité des économistes blâment les effets de la montée des barrières douanières dans la guerre commerciale que le président américain a déclenché contre la Chine, mais aussi l'Europe. "Comme je l'avais prédit, Jay Powell et la Réserve fédérale ont laissé le dollar devenir tellement fort, particulièrement par rapport à TOUTES les autres devises, que nos industriels en subissent des effets négatifs", a écrit mardi le président américain sur Twitter."Les taux de la Fed (sont) trop élevés. Ils sont leurs pires ennemis, ils ne comprennent rien. Pathétique!", a affirmé le leader de la Maison blanche.

De leur côté, les investisseurs anticipent une politique monétaire toujours plus accommodante de la Fed mais aussi de la BCE. Selon le baromètre FedWatch du CME Group, les chances d'une nouvelle baisse de taux lors de la prochaine réunion de la Fed, le 30 octobre, sont montées à 77,5% (contre 62,5% mardi). Le taux des fed funds serait alors ramené entre 1,50% et 1,75%, après la baisse d'un quart de point le 18 septembre et celle d'un quart de point de juillet.

Le mois d'octobre est traditionnellement un mois très volatil, au cours duquel plusieurs grands krachs se sont déroulés, notamment en 1929, en 1987 et plus récemment en 2008 lors de la crise des crédits subprimes. Cette année, les risques s'accumulent sur fond de ralentissement économique mondiale : les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine reprendront la semaine prochaine, mais les espoirs d'accord ont jusqu'ici été douchés. Le Brexit, programmé pour le 31 octobre pourrait entraîner le chaos s'il intervient sans accord, malgré de nouvelles propositions formulées hier mercredi par le Premier ministre Boris Johnson à l'Union européenne.

En outre, les analystes se préparent avec nervosité à la saison des publications des résultats de sociétés du 3è trimestre... Aux Etats-Unis, ces résultats sont attendus en baisse pour le 3ème trimestre consécutif, avec un recul moyen de 3,7% prévu pour les groupes du S&P 500, selon le consensus du cabinet Factset. Ce dernier relève que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à citer la guerre commerciale comme un facteur d'inquiétude pour leur activité...

Le climat géopolitique est lui aussi tendu, les marchés surveillant notamment les effets négatifs des manifestations pro-démocratie à Hong Kong, ainsi que les tensions au Moyen-Orient entre l'Iran et l'Arabie saoudite, après les attaques de la mi-septembre contre des installations pétrolières saoudiennes.

Enfin, la Bourse n'apprécie pas le spectre de l'instabilité politique aux Etats-Unis, où l'"Ukrainegate" pourrait mener à la destitution du président américain Donald Trump, même si cette hypothèse n'est pas privilégiée pour l'instant par les analystes. Le président américain s'est emporté via Twitter contre la procédure de destitution engagée par les démocrates du Congrès, en dénonçant mardi soir un "coup d'Etat". "J'en arrive à la conclusion que ce qui est en train de se passer n'est pas un "impeachment", c'est un COUP D'ETAT, visant à prendre le pouvoir du peuple, son vote, ses libertés, son deuxième amendement (de la Constitution), sa religion, son armée, son mur à la frontière, et les droits qui lui ont été donnés par Dieu en tant que citoyen des Etats-Unis d'Amérique!", a-t-il tempêté sur Twitter.

Constellation Brands, spécialiste new-yorkais de la production et de la distribution de boissons alcoolisées, connu pour sa bière Corona, a annoncé pour le second trimestre fiscal clos fin août 2019 une perte nette de 525 millions de dollars et 2,52$ par titre, contre un profit de 1,149 milliard de dollars et 5,41$ par titre un an auparavant. Le groupe a déploré toutefois une perte de 484 M$ sur son acquisition de l'acteur canadien du cannabis Canopy Growth Corp. Le bénéfice trimestriel ajusté par action s'est établi à 2,72$, contre 2,63$ de consensus. Les revenus se sont appréciés de 2% à 2,34 milliards de dollars, en ligne avec les attentes de marché. Les ventes de bière se sont appréciées à 1,64 Md$, contre 1,53 Md$ un an plus tôt, alors que les revenus relatifs aux vins et aux spiritueux ont chuté en revanche à 704 millions.

Le groupe table désormais, pour l'exercice 2020, sur un bénéfice allant de 55 à 75 cents par titre. Le bénéfice ajusté par titre est estimé entre 9 et 9,20$, contre 8,56$ de consensus.

PepsiCo, l'autre géant américain des soft drinks, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net de 2,1 milliards de dollars soit 1,49$ par titre, contre 2,5 milliards et 1,75$ par action un an avant. Les revenus se sont appréciés quant à eux de 4% à 17,2 milliards de dollars. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 1,56$, contre 1,50$ de consensus. Les analystes s'attendaient en moyenne à des recettes de 16,93 milliards. PepsiCo Beverages North America, principale unité du groupe de Purchase, a vu son bénéfice opérationnel régresser pourtant à 640 millions. Enfin, le groupe entend atteindre voire dépasser son objectif annuel de croissance organique de 4%.

Très attendus ces derniers jours, les chiffres de vente de Tesla au 3ème trimestre ont finalement déçu les marchés hier soir. Le fabricant de véhicules électriques a annoncé mercredi après la clôture de Wall Street avoir livré 97.000 unités au 3e trimestre (dont 79.600 Model 3 et 17.400 Modèles S and X), en hausse de 15,5% par rapport aux 84.000 livraisons pour le 3e trimestre 2018 (+15,5%). En réaction, le cours de l'action Tesla a chuté à Wall Street en cotations post-séance. Le consensus des analystes s'attendait en effet à des chiffres supérieurs, de l'ordre de 99.000 véhicules, dont 80.200 Model 3, la voiture électrique d'entrée de gamme du groupe californien, censée lui ouvrir la voie du marché de masse et de la rentabilité.

Tesla a cependant précisé dans son communiqué qu'il s'agissait d'un trimestre record pour les livraisons, ajoutant que son carnet de commandes s'était étoffé au cours du trimestre. En outre, les chiffres doivent s'entendre au sens "légèrement conservateur", car ils ne tiennent compte que des véhicules vendus après achèvement de toutes les formalités administratives. Vendredi dernier, le titre Tesla s'était envolé de plus de 6% après des informations du site spécialisé Electrek, faisant état de 100.000 ventes au 3ème trimestre. Electrek citait un message électronique interne, dans lequel le fantasque directeur général du groupe Elon Musk aurait fait allusion à ce chiffre...

Netflix pourrait souffrir quelque peu à Wall Street ce jour. La justice italienne aurait en effet ouvert une enquête sur le groupe américain leader de la vidéo en streaming pour des faits présumés d'évasion fiscale, a appris Reuters ce jeudi de source proche du dossier.

GoPro s'effondre à Wall Street ce jour. Le groupe californien, qui commercialise des caméras d'action depuis quinze ans sous le nom HERO ainsi que des drones, a lancé un avertissement sur le bénéfice du deuxième semestre. Le groupe évoque un report des livraisons des nouvelles caméras Hero8 Black. Nick Woodman, le directeur général de la firme, estime que les délais de production repousseront donc la disponibilité des caméras tant attendues au quatrième trimestre, au lieu du troisième trimestre. Le groupe a ainsi revu sa guidance de revenus annuels entre 1,22 et 1,25 milliard de dollars, contre 1,25 à 1,28 Md$ précédemment. Le bénéfice ajusté par action est désormais anticipé entre 33 et 39 cents sur le second semestre, contre une fourchette antérieure de 37-49 cents.

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