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Wall Street prend ses distances avec la crise turque

Wall Street prend ses distances avec la crise turque
Wall Street prend ses distances avec la crise turque
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street gagne un peu de hauteur ce 14 août avec un DJIA s'adjugeant 0,45% à 25.299,92 pts en clôture. Le Nasdaq reprend sa marche en avant, avec un rebond de 0,65% à 7.870 pts. Le S&P500 est lui aussi en franche reprise de 0,64% à 2.839,96 pts. Après deux séances difficiles sur fond de crise turque, les opérateurs semblent donc vouloir revenir aux affaires...

La livre turque se ressaisit

La livre turque, qui s'était effondrée depuis vendredi pour toucher un plancher historique, reprend un peu d'étoffe ce mardi suite à l'intervention de la Banque centrale et à l'annonce d'un plan économique. Le dollar flanche de 7% à 6,39 livres turques, après un pic historique de 7,24 inscrit le 13 août. En effet hier, la livre turque avait perdu près du dixième de sa valeur durant la journée. La parité de clôture hier soir était de 1 dollar américain pour 6,9 livres turques. La monnaie turque a perdu par ailleurs près de la moitié de sa valeur contre le dollar cette année.

Soutien de la banque centrale turque

La Banque centrale de Turquie a précisé qu'elle allait fournir toute la liquidité nécessaire aux banques locales. Elle a réduit le coefficient de réserve obligatoire en livre turque et abaissé également le coefficient de RO en devises, afin de donner aux banques un peu d'oxygène. Un plan économique a été annoncé par le ministre des finances Berat Albayrak, qui veut surtout soutenir les banques et les petites entreprises. Enfin, Albayrak doit tenir jeudi une conférence téléphonique avec des investisseurs... des Etats-Unis, d'Europe ou encore du Moyen-Orient, croit savoir un responsable du ministère turc des finances cité par l'agence Reuters.

La dégradation des relations avec les USA avait précédemment plombé la monnaie turque. La baisse s'était accélérée en fin de semaine dernière avec les sanctions américaines contre la Turquie. Vendredi, le Président américain Donald Trump avait annoncé sur le réseau social Twitter l'autorisation d'un doublement des taxes sur l'acier et l'aluminium concernant la Turquie. "L'aluminium sera désormais taxé à 20% et l'acier à 50%. Nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment!", avait expliqué Trump sans ménagement.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait demandé quant à lui vendredi aux Turcs de convertir leurs dollars ou leur or éventuel en livre turque, après ces sanctions américaines consécutives à l'échec de négociations pour la libération du pasteur américain Andrew Brunson, soupçonné de terrorisme par la Turquie. Donald Trump avait promis de "larges sanctions" en cas d'échec des discussions, et en l'absence de libération de Brunson. Erdogan estime que la Turquie fait face à une "guerre économique". "Changez les euros, les dollars et l'or que vous gardez sous vos oreillers en livres en vous rendant dans nos banques", avait lancé Erdogan, évoquant une "lutte nationale"... Pour certains spécialistes, l'effondrement de la monnaie turque et la crise locale reflètent plutôt la mauvaise gestion du pays et son refus de remonter les taux face à l'inflation galopante.

Erdogan compte boycotter les produits américains

Le président Erdogan est revenu à la charge ce mardi, annonçant que la Turquie allait boycotter les produits électroniques américains tels que les iPhones d'Apple. "Nous allons imposer un boycott sur les produits électroniques américains. S'ils ont des iPhones, il existe Samsung de l'autre côté, et nous avons nos propres Vestel ici", a lancé Erdogan, repris notamment par l'agence Reuters. En outre, le président turc explique que son gouvernement prendra des mesures supplémentaires afin d'inciter les entreprises à investir en Turquie...

Inflation sous contrôle aux États-Unis

Sur le front économique aux USA ce mardi, les prix à l'import et à l'export du mois de juillet 2018 étaient surveillés. Les prix à l'import sont ressortis stables en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de +0,1%, et après un repli de 0,1% (données révisées) pour le mois de juin. Les prix à l'export ont quant à eux reculé de 0,5% par rapport au mois antérieur, contre +0,2% de consensus. En glissement annuel, les prix à l'import ont augmenté de 4,8% et les prix à l'export de 4,3%.

Home Depot en forme, Tesla surveillé

Home Depot (-0,54%), géant américain de la distribution dans le domaine de l'ameublement, a publié ses derniers comptes trimestriels ce jour à Wall Street. Le groupe a réalisé des résultats nettement supérieurs aux attentes et dopé au passage ses prévisions financières. Le bénéfice par action est ressorti à 3,05$ sur le trimestre clos, contre 2,84$ de consensus. Les revenus se sont élevés à 30,5 Mds$, contre 30 Mds$ de consensus de place. Les ventes à comparable ont grimpé de 8%, contre +6,6% de consensus.

Sur ce second trimestre fiscal clos fin juillet, le bénéfice net du groupe a totalisé 3,5 Mds$, contre 2,7 Mds$ un an auparavant. Les revenus consolidés ont augmenté de 8%. La croissance annuelle est maintenant espérée à +7% (+5,3% à comparable). Le groupe prévoit de racheter pour 6 Mds$ de ses propres actions cette année, dans le cadre de son programme de 15 Mds$.

Advance Auto Parts (+7,8%), détaillant américain en équipements automobiles, grimpe à Wall Street ce jour après des comptes trimestriels supérieurs aux attentes. Pour le second trimestre, le groupe a réalisé un bénéfice net de 118 M$ et 1,59$ par titre, contre 87 M$ un an avant. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 1,97$, contre 1,86$ de consensus. Les ventes ont atteint 2,3 Mds$, stables en glissement annuel. Le groupe a aussi dévoilé un plan de rachat d'actions.

Tapestry (+12%), anciennement connu sous le nom de Coach, a annoncé anticiper un chiffre d'affaires meilleur que prévu sur l'exercice. Sur le trimestre clos en juin, le groupe de luxe a réalisé une croissance supérieure à 30%. Le groupe new-yorkais profite notamment de la demande en sacs à main Kate Spade. Les ventes annuelles sont attendues entre 6,1 et 6,2 milliards de dollars sur l'exercice 2019, pour un bénéfice par action allant de 2,70 à 2,80$. Sur le trimestre clos, T4 2018, le bénéfice net a atteint 212 M$ et 73 cents par titre, contre 152 M$ un an avant. Le bpa ajusté trimestriel s'est élevé à 60 cents, contre 57 cents de consensus. Les revenus ont totalisé 1,48 Md$.

Apple (+0,42%). Greenlight Capital, la firme de David Einhorn, a réduit ses participations sur les dossiers Apple, Twitter et Micron, selon ses dernières déclarations à l'autorité américaine de marché, la SEC. Selon ces positions déclarées à la fin du second trimestre, le fonds du milliardaire a réduit sa participation au capital d'Apple de 486.000 titres, soit une baisse de près de 80%. Le fonds a vendu également plus de 900.000 titres du réseau social Twitter, et plus de 3 millions de titres Micron.

Tesla (-2,46%). Comme prévu, le Conseil d'administration du constructeur automobile californien Tesla vient de former un comité spécial, qui évaluera les plans de sortie de la cote. Cela ne constitue pas une surprise, dans la mesure où Elon Musk avait déjà mentionné la formation du comité dans son message de la veille. Le Comité pourra ainsi étudier la proposition officielle éventuellement formulée par le patron de Tesla et ses alliés ou partenaires. "Si le processus du conseil aboutit à un plan approuvé, toutes les approbations réglementaires requises devront être obtenues et le plan sera présenté aux actionnaires de Tesla pour un vote", avait expliqué Musk hier lundi.

Le Comité spécial est composé de trois membres indépendants, qui agiront au nom du groupe. Le Comité n'a pas encore reçu de proposition formelle d'Elon Musk concernant la sortie de la cote, et n'a donc évidemment pas rendu de conclusion sur la faisabilité d'une transaction, précise aujourd'hui le Conseil d'administration. Ce Comité est composé de Brad Buss, Robyn Denholm et Linda Johnson Rice. Il a retenu Latham & Watkins LLP en tant que conseiller légal et doit par ailleurs désigner un conseil financier indépendant afin de l'assister. Wilson Sonsini Goodrich & Rosati a aussi été retenu en tant que conseiller légal annexe...

De son côté, Musk avait annoncé hier soir sur Twitter qu'il s'était accordé les services de Goldman Sachs et de Silver Lake en tant que conseillers financiers, et ceux de Wachtell, Lipton, Rosen & Katz et Munger, Tolles & Olson en tant que conseillers légaux, sur la proposition de sortie de la cote de Tesla... Hier, Elon Musk avait aussi expliqué sa confiance dans la sécurisation du financement du 'deal' par le soutien du fonds souverain saoudien PIF.

Cigna (+1,95%). L'investisseur activiste Carl Icahn a changé de position concernant la fusion géante entre Cigna et Express Scripts. Icahn n'entend plus demander aux actionnaires de l'assureur-santé américain Cigna de repousser l'opération. Rappelons que l'assureur Cigna avait annoncé en mars un accord pour le rachat de la société de prescription médicale Express Scripts. Le montant de l'opération ressortait à environ 52 Mds$ (67 Mds$ en prenant en compte la dette). Icahn avait manifesté son hostilité, évoquant la concurrence d'Amazon et les problèmes réglementaires. Depuis, les firmes de conseil ISS et Glass Lewis se sont exprimées en faveur du 'deal', de même que le fonds Glenview Capital.

Coca-Cola (+0,13%) a pris une participation minoritaire au capital de BodyArmor, marque new-yorkaise de boissons pour sportifs qui bénéficie du soutien du basketteur Kobe Bryant, son troisième actionnaire. Coca-Cola désire ainsi mieux rivaliser avec la marque Gatorade de son éternel concurrent PepsiCo. Le montant de l'investissement de Coca-Cola n'a pas été révélé. Coca possède également une participation de 17% au capital de Monster.

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