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Wall Street poursuit son Santa Crash, Trump et Mnuchin s'activent

Wall Street poursuit son Santa Crash, Trump et Mnuchin s'activent
Wall Street poursuit son Santa Crash, Trump et Mnuchin s'activent
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street retombe de nouveau ce lundi, après une brève apparition dans le vert en pré-séance, à la veille de la fermeture de Noël. Le DJIA chute de 0,97% à 22.228 pts, alors que le Nasdaq abandonne 0,3% à 6.313 pts. Le S&P500 fléchit de 1% à 2.392 pts. La cote américaine poursuit donc sur sa pente très glissante, alors que le DJIA avait déjà trébuché vendredi de 1,8%, contre une baisse de 2,99% sur le Nasdaq...

Sur le marché des changes ce jour, l'indice dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, se replie de 0,4% actuellement à 96,1... Du côté des matières premières, les prix du brut restent sous pression, puisque le baril de brut WTI pour février régresse encore de 2% sur le Nymex à 44,7$ (-1,5% pour le Brent de la mer du Nord), avec les craintes de ralentissement mondial et celles concernant la surabondance de l'offre.

La séance boursière sera écourtée ce jour à Wall Street, la clôture étant avancée à 19 heures.

Trump s'inquiète de son pouvoir sur les marchés

Trump, inquiet des soubresauts récents des marchés, aurait consulté ses conseillers à propos de l'impact boursier de ses différentes interventions. Le Président américain serait en effet préoccupé par les récentes performances de la cote américaine, au terme de l'un des pires mois de décembre pour Wall Street depuis la crise de 1929... L'indice Standard & Poor's 500 a subi en décembre sa plus forte baisse en pourcentage depuis la Grande Dépression des années 1930-1931, calcule Reuters.

Le Nasdaq en territoire bear

Sur le seul mois de décembre, le S&P500 perd pour l'heure plus de 13%, alors que le Nasdaq décroche de 14%. Le Nasdaq vient par ailleurs d'entrer en phase de 'bear market' (marché baissier), puisqu'il a perdu environ 22% en comparaison des records de la fin du mois d'août.

Powell, l'homme qui dérange

Le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin a quant à lui affirmé avant-hier sur Twitter que Donald Trump lui avait indiqué qu'il n'avait jamais évoqué la possibilité de limoger le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell. "Je suis en complet désaccord avec la politique de la Fed. Je pense que l'augmentation des taux d'intérêt et la réduction du portefeuille de la Fed sont des choses absolument terribles dans cette période, particulièrement en regard des mes négociations commerciales majeures en cours. Mais je n'ai jamais suggéré de limoger le Président Jay Powell, et je ne crois pas avoir le droit de le faire", écrit ainsi Mnuchin sur le réseau social Twitter, citant Donald Trump.

Trump critique régulièrement Powell et sa politique de resserrement monétaire. Des sources interrogées par Reuters ont précisé quant à elles que le Président américain aurait en fait bien discuté en privé de la possibilité de limoger Jerome Powell, qu'il a lui-même nommé à la tête de la Réserve fédérale. Dans une interview accordée il y a quelques jours à Reuters, Trump jugeait "ridicule" le relèvement des taux, compliquant le financement des déficits creusés par la politique fiscale et économique. Powell, nommé par Trump en novembre 2017, a succédé à Janet Yellen à la tête de la Fed en février.

Une rencontre pour apaiser les tensions ?

Les conseillers de Trump auraient par ailleurs discuté ces derniers jours de l'éventuelle organisation d'une rencontre entre le Président américain et Powell, croit savoir le 'Wall Street Journal', citant une source.

Mnuchin sonde les grandes banques

Mnuchin a déclaré par ailleurs qu'il s'était entretenu dimanche avec les principaux banquiers américains afin de tenter de calmer la nervosité des marchés. Il a ainsi organisé des entretiens téléphoniques individuels avec les PDG des six plus grandes banques du pays. Le département du Trésor a précisé dans un communiqué que Mnuchin s'était entretenu avec les patrons de Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JP Morgan Chase, Morgan Stanley et Wells Fargo. Les dirigeants consultés ont affirmé disposer des liquidités nécessaires et suffisantes pour prêter.

Shutdown pesant

Ces entretiens interviennent également dans un contexte de 'shutdown' paralysant les administrations américaines. Donald Trump et le Congrès américain ne parviennent pas, en effet, à s'accorder sur la loi de finance du fait des exigences du Président américain concernant la construction du mur à la frontière avec le Mexique. Ce blocage (partiel) des administrations fédérales pourrait se poursuivre jusqu'en début d'année prochaine.

La Plunge Protection Team à la rescousse ?

Le département du Trésor a indiqué que Mnuchin avait prévu d'appeler lundi le groupe de travail présidentiel sur les marchés financiers, qui comprend des responsables de la Réserve fédérale américaine et de la Securities & Exchange Commission. Ce groupe est parfois surnommé 'Plunge Protection Team' par les esprits taquins (équipe de protection des plongeons... boursiers). Il s'était par exemple réuni en 2009, au coeur de la crise financière.

Du changement à la tête du Pentagone

Trump a 'accéléré' quelque peu le remplacement de James Mattis à la tête de la Défense américaine, annonçant que Patrick Shanahan, son adjoint au Pentagone - par ailleurs ancien cadre dirigeant de Boeing -, allait lui succéder à titre intérimaire dès le 1er janvier. Mattis a démissionné jeudi, protestant contre le retrait des forces américaines de Syrie. Il devait de toute manière quitter ses fonctions à la fin du mois de février. Trump devrait désigner très prochainement le successeur définitif de Mattis.

Efforts de Pékin

La Chine a annoncé pour sa part des ajustements sur certains droits de douane, qui prennent effet au 1er janvier. L'objectif est de stimuler le commerce chinois, actuellement en phase de ralentissement avec une croissance locale au plus bas depuis 2008. Les produits concernés sont notamment les alternatives au soja pour l'alimentation animale (colza, coton, tournesol et palme), ainsi que certains ingrédients entrant dans la composition de produits pharmaceutiques. Pékin entend prélever temporairement des droits sur plus de 700 produits l'année prochaine, tout en conservant des droits à l'importation réduits sur les réacteurs d'avion. A propos des exportations, la Chine n'imposera pas de droits sur 94 produits l'an prochain, indique Reuters, citant le ministère des Finances. Les fertilisants, les minerais de fer, le laitier, le goudron de houille et la pâte de bois sont ainsi concernés. La Chine va aussi abaisser encore ses droits sur des produits liés aux technologies.

Programme économique et financier réduit

L'indice d'activité nationale de la Fed de Chicago pour le mois de novembre 2018 est ressorti supérieur aux attentes de marché, à 0,22 contre un consensus de place de 0,19. L'indice révisé du mois antérieur ressort néanmoins quasiment nul ('neutre' dans le jargon de l'antenne de Chicago), alors qu'il avait auparavant été évalué à 0,24.

Aucune publication trimestrielle notable d'entreprise cotée sur la place américaine n'est attendue.

Tesla (-5%) aurait réduit les prix de son Model 3 en Chine, croit savoir l'agence Reuters, qui constate que d'après le site Web chinois du groupe californien, les prix de certains véhicules Model 3 auraient été abaissés jusqu'à 7,6%. Le prix de départ pour une telle voiture en Chine se situerait désormais à 499.000 yuans, soit environ 72.000$. Reuters estime qu'il s'agit de la troisième vague de baisse des prix pour Tesla en Chine, durant les deux derniers mois.

L'agence Reuters rappelle que le groupe d'Elon Musk avait déjà minoré les prix de ses Model X et S commercialisés en Chine de 12% à... 26% au mois de novembre. Tesla avait alors expliqué qu'il absorbait une part significative des nouveaux tarifs douaniers afin de rendre ses voitures plus abordables pour la clientèle chinoise. Le groupe avait encore réduit les prix des Model S et X plus tôt ce mois, lorsque le ministère chinois aux Finances avait annoncé la suspension des 'tarifs' additionnels sur les voitures et équipements importés des USA, pour trois mois à partir de janvier.

Amazon (+1%), géant américain du commerce en ligne, résiste à Wall Street ce lundi, alors que selon le 'Wall Street Journal', le groupe de Jeff Bezos compterait pourtant parmi les compagnies interrogées par la Securities & Exchange Commission - gendarme des marchés financiers américains - à propos de leurs revenus. La SEC s'intéresserait en particulier aux revenus d'Amazon Prime. "Les régulateurs poussent Amazon.com Inc. et d'autres compagnies à révéler plus de détails à propos de la répartition de leurs revenus", affirme donc le WSJ, selon lequel certaines compagnies repoussent ces demandes.

En particulier, la SEC désirerait qu'Amazon informe les investisseurs du niveau des revenus réalisés auprès des clients du service Amazon Prime. Le 'Wall Street Journal' cite à ce propos des courriers échangés par la SEC et Amazon. Le leader du e-commerce affirme pour sa part que cette information n'est pas significative. Dans une lettre adressée à Amazon, la SEC constate que le groupe de Bezos a annoncé publiquement avoir franchi le cap des 100 millions de membres payants Prime et les 5 milliards de produits Prime livrés l'an dernier. Pour le gendarme de marché, il serait donc logique qu'Amazon communique également les revenus associés.

Alibaba (+2%). Ant Financial Services, filiale de paiements en ligne du géant chinois du e-commerce, poursuivrait des négociations à un stade avancé en vue de l'acquisition de WorldFirst, start-up britannique spécialiste des changes, pour plus de 500 millions de livres selon 'Sky News'.

JD.com (-5%). Le DG et fondateur du numéro deux chinois du commerce en ligne, Richard Liu, ne devrait pas faire l'objet de poursuites après les accusations de viol d'une étudiante de l'Université du Minnesota. C'est ce qu'a fait savoir vendredi le responsable juridique du comté concerné, explique l'agence Reuters.

Mindbody (+67% !), spécialiste californien des logiciels de gestion d'entreprise, qui fournit notamment ses services aux studios de fitness et de yoga, a annoncé ce jour qu'il allait être racheté par la société d'investissement de San Francisco Vista Equity Partners pour un montant de 1,9 milliard de dollars. Le 'deal' présente une prime de 68% sur les derniers cours cotés, à 36,5$ par titre en cash.

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