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Wall Street porté par des résultats trimestriels solides

Wall Street porté par des résultats trimestriels solides
Wall Street porté par des résultats trimestriels solides
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine est attendue dans le vert avant bourse ce mardi, portée surtout par une belle série de résultats financiers trimestriels, qui font provisoirement oublier les craintes liées à l'inflation et à la politique monétaire. Le DJIA prend 0,3% avant bourse, le S&P 500 0,4% et le Nasdaq 0,6%. Le baril de brut WTI prend 0,4% sur les 84$. L'once d'or recule de 0,5%. L'indice dollar se stabilise face à un panier de devises. Le bitcoin consolide de 0,6% sur les 62 000$.

Sur le front économique à Wall Street ce mardi, l'indice S&P Case-Shiller 20-City des prix américains de l'immobilier pour le mois d'août a augmenté de 19,8% en glissement annuel et de 1,4% en comparaison du mois antérieur et sur une base ajustée (consensus +1,3%). L'indice FHFA (Federal Housing Finance Agency) des prix des maisons pour le mois d'août a progressé de 1% (consensus Bloomberg +1,3%).

Les ventes de logements neufs du mois de septembre seront annoncées à 16 heures (consensus 760 000), en même temps que l'indice de confiance des consommateurs du Conference Board pour octobre (consensus FactSet 108,4). L'indice manufacturier de la Fed de Richmond pour octobre sera annoncé lui aussi à 16 heures (consensus 6).

Les publications trimestrielles d'entreprises se poursuivent, au lendemain d'une performance mitigée de Facebook compensée par un gigantesque programme de rachat d'actions et des projets majeurs dans le 'metaverse'. Robinhood Markets, Microsoft, Alphabet, Visa, Eli Lilly, Texas Instruments, UPS, AMD, United Technologies, General Electric, 3M, Lockheed Martin, Chubb ou encore Twitter, comptent parmi les innombrables publications du jour ce mardi.

La 'preview' du Wall Street Journal de la réunion du FOMC de la Fed des 2 et 3 novembre mentionne que la réunion intervient dans un contexte de tension accrue du fait des pressions inflationnistes, et fait suite à l'avertissement du président de la banque centrale, Jerome Powell, vendredi, concernant le risque de goulots d'étranglement plus longs et plus persistants et donc d'une inflation plus élevée. Powell a également de nouveau tracé une frontière plus nette entre la réduction des achats d'actifs obligataires et le resserrement monétaire par hausse des taux, ce qui correspond à l'idée que la politique pourrait continuer à soutenir les actifs à risque. Le Financial Times note que les marchés craignent de plus en plus que la Fed (et d'autres banques centrales mondiales) n'étouffe la croissance en réagissant de manière excessive à la flambée des prix. Les analystes du Credit Suisse ont déclaré la semaine dernière que les probabilités d'une erreur de politique de la Fed, définie comme une hausse des taux à la fin de l'année prochaine, puis une suspension de la manoeuvre après quelques remontées des taux seulement, sont passées à environ 40%, contre un peu moins de 25% il y a deux semaines.

Powell, qui s'exprimait ce vendredi, a indiqué que la Fed pourrait cesser ses achats d'actifs obligataires, actuellement logés à 120 milliards de dollars mensuels, à la mi-2022. Le timonier de la Fed a constaté que l'inflation élevée risquait de persister plus longtemps que prévu. Jusqu'à présent, le leader de la banque centrale américaine avait estimé ce phénomène transitoire. Powell juge désormais que les tensions sur les approvisionnements se sont aggravées. Il estime que les objectifs de la Fed en matière d'inflation et d'emploi sont quelque peu sous tension, et souligne que la banque réagira avec ses outils si elle observe un risque important sur les anticipations d'inflation. Powell se montre donc beaucoup moins confiant qu'auparavant sur le sujet, indiquant que la Fed ne sait pas combien de temps cela prendra pour que l'inflation recule, et ajoutant que les risques portent désormais clairement sur une inflation trop élevée, plus longue et persistante.

Les démocrates américains continuent d'affirmer qu'ils seraient sur le point de conclure un accord sur les dépenses sociales. La Maison Blanche a souligné les progrès réalisés à la suite d'une réunion dimanche entre Joe Biden, Chuck Schumer et Joe Manchin. Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des Représentants, a déclaré que les démocrates étaient assez près du but concernant un éventuel accord sur les dépenses sociales, mais n'a pas précisé de montant. Elle s'attend toujours à un accord d'ici la fin de la semaine, ce qui ouvrirait également la voie à l'adoption par la Chambre d'un paquet d'infrastructure bipartite d'environ 1 000 milliards de dollars. La Maison Blanche a déclaré que Biden avait progressé sur le projet de loi sur les dépenses sociales après sa réunion dimanche avec Manchin et Schumer. Manchin serait ouvert à un montant de 1 750 milliard de dollars, avec par ailleurs des propositions de nouvelles taxes sur les milliardaires et certaines sociétés pour aider à financer le package.

Plusieurs rapports de presse ont discuté du changement d'orientation vers un impôt sur les plus-values latentes des milliardaires, suite à l'opposition de la sénatrice Kyrsten Sinema à des taux d'imposition plus élevés pour les entreprises, les personnes à revenu élevé et les plus-values...

La présidente de la Chambre, Pelosi, a déclaré que même si elle espérait toujours un bipartisme de ce point de vue, les démocrates pourraient parvenir à une augmentation du plafond de la dette par le biais du Congrès sans le soutien des républicains en utilisant la réconciliation. Plus tôt ce mois-ci, le Congrès a évité de justesse une rupture avec un accord visant à ajouter 480 milliards de dollars de capacité d'emprunt et à repousser la question du plafond de la dette jusqu'au 3 décembre. Certains économistes ont noté que le sursis pourrait s'étendre au-delà du début du mois de décembre, bien qu'il ne soit probablement pas suffisant pour dépasser la fin de l'année. Les démocrates ont à plusieurs reprises exclu la réconciliation pour s'attaquer au plafond de la dette...

Janet Yellen et Liu He se sont entretenus, mais peu de progrès ont été notés sur les questions commerciales et économiques. Bloomberg a ainsi rapporté que le vice-Premier ministre chinois Liu He et la secrétaire au Trésor américaine Janet Yellen avaient eu leur deuxième conversation téléphonique en quatre mois, qualifiée de "pragmatique et constructive" par la partie chinoise. Les deux parties ont convenu de l'importance de renforcer la communication et la coordination des politiques macroéconomiques. Bloomberg indique que le ton de l'appel était plus positif qu'en juin, bien que peu de progrès réels aient été réalisés. La Chine a réitéré sa position selon laquelle les États-Unis devraient baisser les tarifs douaniers, tout en critiquant les sanctions et le traitement des entreprises chinoises.

Les valeurs

Facebook a annoncé hier soir pour son troisième trimestre fiscal des profits supérieurs aux attentes de marché, dégageant un bénéfice ajusté par action de 3,22$ à comparer à un consensus de 3,2$. Ce profit ajusté par action était de 2,71$ un an plus tôt. Les revenus trimestriels ont totalisé quant à eux 29 milliards de dollars, contre 21,5 milliards un an plus tôt et 29,5 milliards de consensus. Le bénéfice net trimestriel a atteint 9,19 milliards de dollars, contre 7,85 milliards un an avant. La marge opérationnelle a été de 36%, contre 37% un an plus tôt.

Alors que le groupe de Mark Zuckerberg est actuellement critiqué concernant sa réponse aux discours haineux sur sa plateforme, ce dernier a tenté de relativiser en soulignant les efforts destinés à attirer les jeunes utilisateurs et à construire une expérience digitale immersive. Le patron du réseau social évoque par ailleurs un effort coordonné des médias pour dépeindre une image trompeuse de sa compagnie.

La controverse n'aura toutefois pas empêché Facebook de faire grandir encore sa base d'utilisateurs. Le nombre d'utilisateurs actifs mensuels sur le troisième trimestre atteint 2,91 milliards, en croissance de 6% en comparaison de l'an dernier.

Facebook va commencer à publier les résultats financiers de ses 'laboratoires' de réalité augmentée et virtuelle en tant qu'unité distincte, où il investit des milliards dans son ambition de construire le 'métavers', et alors que le groupe précise que sa principale activité publicitaire fait face à des incertitudes significatives.

Facebook, qui a déclaré un bénéfice en hausse de 17% au troisième trimestre, a averti que les nouveaux changements de confidentialité d'Apple pèseraient sur son activité numérique au cours du trimestre en cours. La société de médias sociaux a déclaré des revenus trimestriels inférieurs aux attentes du marché, ce que la directrice des opérations, Sheryl Sandberg, explique donc par les changements apportés à iOS. David Wehner, directeur financier de Facebook, a déclaré que la société s'attendait à ce que son investissement dans sa division hardware Facebook Reality Labs, réduise le bénéfice d'exploitation global en 2021 d'environ 10 milliards de dollars. L'engagement financier sur cette unité axée sur le hardware qui travaillera sur les ambitions 'metaverse' de Facebook, survient alors que l'entreprise est submergée par la couverture des documents divulgués par l'ancienne employée de Facebook et lanceuse d'alerte Frances Haugen, selon laquelle l'entreprise a choisi le profit plutôt que la sécurité des utilisateurs.

Zuckerberg s'est défendu hier contre les critiques découlant des documents, qui, selon lui, brossent un "faux tableau de notre entreprise". Le PDG a déclaré que Facebook dans les années à venir ne serait pas considéré comme une entreprise de médias sociaux, mais comme une entreprise axée sur le fameux métavers. Le terme fait référence à un environnement virtuel partagé auquel des personnes utilisant différents appareils peuvent accéder.

Facebook, qui a beaucoup investi dans la réalité virtuelle et la réalité augmentée, notamment en achetant des sociétés comme Oculus, a créé cette année une équipe produit pour travailler sur le metaverse. Ce mois-ci, il a annoncé son intention d'embaucher 10 000 employés en Europe sur cinq ans pour plancher sur le sujet.

Pour permettre à ses actionnaires de patienter sereinement durant la transition, le groupe vient par ailleurs d'autoriser un gigantesque nouveau programme de rachat d'actions, additionnel, de 50 milliards de dollars.

Eli Lilly, le laboratoire d'Indianapolis, a annoncé pour son troisième trimestre un bénéfice net en déclin de 8% à 1,11 milliard de dollars soit 1,22$ par titre, contre 1,21 milliard un an avant. Le bénéfice ajusté par action s'est amélioré à 1,94$, contre 1,41$ un an plus tôt et 1,96$ de consensus FactSet. Les revenus ont atteint 6,77 milliards de dollars, contre 5,74 milliards un an auparavant et 6,64 milliards de consensus de marché. Le groupe évoque une augmentation des revenus avec les produits liés au combat contre le Covid-19. Lilly se permet de relever la guidance, malgré un profit trimestriel inférieur aux attentes. Le bpa ajusté est désormais anticipé entre 7,95$ et 8,05$ sur l'année.

General Electric a révisé en hausse ses prévisions annuelles de bénéfices, après un troisième trimestre supérieur aux attentes de ce point de vue. Le groupe de Boston table désormais sur un bpa ajusté annuel allant de 1,80 à 2,10$. Il évoque un environnement opérationnel difficile, du fait des perturbations de supply chain ainsi que d'autres incertitudes. GE table néanmoins, pour l'année, sur une expansion des revenus, des marges et du free cash flow. La guidance de free cash flow est resserrée entre 3,75 et 4,75 milliards. Sur le trimestre clos, le bénéfice ajusté par action a été de 57 cents, bien meilleur que le consensus et en croissance de 19%. Les revenus ont décliné de 1% à 18,4 milliards, contre 19,2 milliards de consensus.

UPS, le géant américain des livraisons de colis, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal des profits et ventes supérieurs aux attentes, toutes les activités dépassant les anticipations. Le bénéfice net trimestriel a représenté 2,33 milliards de dollars soit 2,65$ par titre, en augmentation de 18% en glissement annuel, alors que le bénéfice ajusté par action a été de 2,71$, à comparer à un consensus FactSet de 2,55$. Les revenus ont augmenté quant à eux de 9,2% à 23,2 milliards de dollars. Le profit opérationnel consolidé a été de 2,9 milliards, en croissance de 22,6%. UPS a par ailleurs rehaussé ses prévisions annuelles 2021. La marge opérationnelle consolidée ajustée est anticipée à 13%.

Hasbro, le fabricant américain de jouets aux marques Transformers ou Nerf, évoquant une solidité particulière de son activité de divertissement, a dégagé un bénéfice supérieur aux attentes pour le trimestre clos. Le bénéfice net s'est établi à 253 millions de dollars soit 1,83$ par titre, contre 221 millions un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,96$, contre 1,88$ un an avant et 1,69$ de consensus. Les revenus ont augmenté de 11% à 1,97 milliard de dollars, en ligne avec les attentes de marché. Le groupe prévient tout de même que les difficultés de supply chain devraient affecter la saison des fêtes. Les revenus de l'exercice sont attendus en croissance de 13 à 16%, contre 14% de consensus.

3M, le groupe industriel de St. Paul connu notamment pour sa marque Post-It, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net de 1,43 milliard de dollars soit 2,45$ par action, contre 578 millions de dollars un an plus tôt. Les revenus se sont établis à 8,94 milliards, contre 8,35 milliards un an avant. Le consensus FactSet était logé à 2,21$ de bénéfice par action pour 8,65 milliards de facturations. Le groupe a dégagé une croissance organique de 6,3% à devises constantes. La guidance annuelle est légèrement ajustée, le groupe tablant désormais sur une progression de 9 à 10% des ventes, une croissance organique allant de 8 à 9% et un bénéfice par action allant de 9,7 à 9,9$.

Raytheon, le contractant américain de défense, dont l'unité Pratt & Whitney équipe notamment Boeing, table désormais pour l'exercice 2021 sur un bénéfice ajusté par action allant de 4,10 à 4,20$. Le bénéfice net du troisième trimestre fiscal a représenté 1,39 milliard de dollars et 93 cents par titre, contre 264 millions un an avant. Le groupe aux missiles Tomahawk a affiché des revenus en croissance de près de 10% à 16,21 milliards de dollars sur le trimestre clos.

Lockheed Martin, le contractant américain de défense, plonge avant bourse à Wall Street suite à la publication de revenus inférieurs aux attentes et à une guidance déjà réduite. Lockheed, basé à Bethesda, dans le Maryland, a affiché un bénéfice net de 614 millions de dollars, soit 2,21 dollars par action, moins de la moitié des 1,8 milliard de dollars, 6,25 dollars par titre, affichés sur la période correspondante de l'année précédente. Les ventes ont chuté à 16 milliards de dollars, contre 16,5 milliards un an avant et 17,1 milliards de consensus. Le groupe réduit de 2,5% sa guidance annuelle de revenus, à 67 milliards. Les revenus de l'année prochaine pourraient quant à eux reculer à 66 milliards de dollars avec la pandémie. Néanmoins, Lockheed relève sa guidance de bénéfices 2021 à 22,45$ par action.

Corning a annoncé une baisse de 13% de son bénéfice net à 371 millions de dollars, ou 43 cents par action, contre 427 millions de dollars, ou 48 cents par action, au trimestre comparable de l'année dernière. Le bénéfice ajusté est passé de 43 cents à 56 cents par action. Les revenus sont passés de 3 milliards de dollars à 3,615 milliards de dollars. Les analystes s'attendaient à ce que Corning gagne 58 cents par action sur un chiffre d'affaires de 3,63 milliards de dollars, selon le consensus FactSet. Corning a déclaré qu'il s'attendait à un bénéfice d'au moins 2 dollars par action en 2021, pour des revenus de 14 milliards de dollars ou plus.

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