Cotation du 14/01/2022 à 23h16 Dow Jones Industrial -0,56% 35 911,81
  • DJIND - US2605661048

Wall Street plonge, plombé par la Fed

Wall Street plonge, plombé par la Fed
Wall Street plonge, plombé par la Fed
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les craintes persistantes de durcissement monétaire accéléré de la Fed plombent les marchés. Le DJIA perd 1,57% désormais à 35.662 pts ce lundi, alors que le S&P 500 décroche de 1,90% à 4.588 pts. Le Nasdaq plonge de 2,6% à 14.548 pts. Le baril de brut WTI fléchit de 0,4% à 78,6$. L'once d'or consolide de 0,2% à 1.793$. L'indice dollar avance de 0,4% face à un panier de devises de référence. Le bitcoin recule de 1,7% sur 24 heures, sous les 41.000$.

Seule statistique du jour outre-Atlantique, les stocks préliminaires de grossistes aux États-Unis pour le mois de novembre 2021 se sont appréciés de 1,3% en comparaison du mois antérieur, contre 1,2% de consensus de marché et 2,3% sur le mois antérieur. Raphael Bostic, patron de la Fed d'Atlanta, intervient aujourd'hui.

Sur le front budgétaire, le Washington Post a rapporté que le turbulent sénateur démocrate Joe Manchin ne soutenait plus la contre-proposition de 1 800 milliard de dollars au 'Build Back Better' qu'il avait faite à la Maison Blanche à la fin de l'année dernière. Manchin estime désormais que les démocrates devraient complètement repenser leur approche. Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, garde toutefois espoir dans un accord avec Manchin, et ouvre par ailleurs la porte à l'aide Covid-19 dans les plans budgétaires.

Les gros titres à propos d'Omicron continuent de tourner autour d'une transmissibilité élevée et des pénuries de travailleurs connexes, ainsi que d'une certaine incertitude quant aux implications pour une immunité plus large. Selon le Wall Street Journal, plus de 5 millions de travailleurs américains pourraient être bloqués à l'isolement chez eux dans les prochains jours du fait du Covid-19. FedEx a pour sa part prévenu des perturbations de main-d'oeuvre du fait d'Omicron et des conditions météorologiques hivernales. Royal Caribbean suspend de son côté certaines opérations de croisière à cause du variant... Le taux élevé de transmissibilité d'Omicron pourrait quoi qu'il en soit renforcer l'immunité, jugent certains experts.

La semaine sera aussi marquée par les audiences de nomination de Jerome Powell (reconduit à la tête de la Fed) et Lael Brainard (future vice-présidente), respectivement mardi et jeudi.

L'inflation et le timing du début de la hausse des taux alimentent toujours les discussions. L'inflation est également au centre du calendrier économique cette semaine, avec la publication mercredi de l'IPC de décembre. L'inflation globale devrait augmenter au rythme le plus rapide depuis quatre décennies (+0,4% en comparaison du mois antérieur et +7,1% en glissement annuel). Les ventes de détail, l'autre 'stat' notable de cette semaine, sont attendues vendredi. Parmi les autres rendez-vous, le Livre Beige de la Fed sera publié mercredi soir, alors que l'indice des prix à la production est attendu jeudi. Production industrielle et indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan marqueront aussi la journée de vendredi.

La saison des résultats du quatrième trimestre à Wall Street débute en douceur cette semaine, avec plusieurs des grandes banques vendredi.

Goldman Sachs s'attend désormais à ce que la Fed relève ses taux quatre fois cette année, une de plus qu'auparavant attendu. L'estimation intervient dans un contexte de hausse de l'inflation et de tensions sur le marché de l'emploi. Parallèlement aux hausses de taux, GS prévoit que la Fed réduira bientôt ses avoirs obligataires.

Une inflation élevée persistante combinée à un marché du travail proche du plein emploi pousserait donc la Fed à augmenter ses taux d'intérêt plus que prévu cette année, selon les dernières prévisions de la banque d'affaires. L'économiste en chef de la firme de Wall Street, Jan Hatzius, a déclaré qu'il prévoyait désormais que la Fed procède à quatre hausses de taux d'un quart de point de pourcentage en 2022, ce qui représente une voie encore plus agressive que les indications fournies il y a à peine un mois. Les taux sont actuellement dans une fourchette comprise entre 0 et 0,25%.

"Nous continuons de voir des hausses (de taux) en mars, juin et septembre, et avons maintenant ajouté une hausse en décembre pour un total de quatre en 2022", indique la banque d'affaires. Goldman avait précédemment prévu trois hausses, en ligne avec le niveau que les responsables de la Fed avaient indiqué après leur réunion de décembre.

Les perspectives se durcissent donc, alors que les prix aux USA progressent au rythme le plus rapide en près de 40 ans (7,1% de croissance attendue de l'indice des prix à la consommation qui sera révélé mercredi - gain le plus important depuis juin 1982).

Dans le même temps, Hatzius et d'autres économistes ne s'attendent pas à ce que la Fed soit découragée par la baisse de la croissance de l'emploi. Les États-Unis n'auraient généré que 199 000 emplois non-agricoles en décembre, selon la publication de vendredi, bien en deçà de l'estimation de 400 000 environ du consensus. Cependant, le taux de chômage est tombé à 3,9% à un moment où les ouvertures d'emploi dépassent de loin les recherches, reflétant un marché de l'emploi qui se resserre rapidement.

Hatzius pense que ces facteurs amèneront la Fed non seulement à augmenter ses taux d'un point de pourcentage complet, ou 100 points de base, cette année, mais aussi à commencer à réduire la taille de son bilan qui atteint le niveau vertigineux de 8 800 milliards de dollars. Il a spécifiquement souligné une déclaration de la semaine dernière de la présidente de la Fed de San Francisco, Mary Daly, qui a asséné qu'elle pouvait voir la Fed commencer à se débarrasser de certains actifs après la première ou la deuxième hausse de taux.

Jusqu'à il y a quelques mois, la Fed rachetait pour 120 milliards de dollars par mois de bons du Trésor et de titres adossés à des créances hypothécaires. À partir de janvier, ces achats seront divisés en deux. Ils devraient être complètement supprimés en mars. Les achats d'actifs ont contribué à maintenir les taux d'intérêt bas et à maintenir le bon fonctionnement des marchés financiers. La Fed autorisera probablement un écoulement passif du bilan, permettant à une partie du produit des obligations arrivant à échéance de s'écouler chaque mois tout en réinvestissant le reste. Le processus a été surnommé 'resserrement quantitatif', par opposition à l'assouplissement quantitatif des dernières années.

Les prévisions de Goldman sont conformes aux anticipations de marché, qui prévoient une probabilité de près de 80% d'une première hausse des taux en mars et une probabilité proche de 50% d'une quatrième augmentation d'ici décembre, selon l'outil FedWatch du CME. Certains voient même une probabilité non négligeable de près de 23% d'une cinquième hausse en 2022.

Les valeurs

Take-Two Interactive (-14%) a annoncé son intention d'acquérir Zynga (+44%), le créateur de FarmVille, pour 9,86$ l'action, une prime de 64% par rapport au cours de clôture de Zynga vendredi. Le montant du deal s'élève ainsi à 12,7 milliards de dollars. "Cette combinaison stratégique rassemble nos meilleures franchises pour consoles et PC, avec une plateforme d'édition mobile diversifiée et leader sur le marché qui a une riche histoire d'innovation et de créativité", a déclaré Strauss Zelnick, DG de Take-Two, dans un communiqué de presse.

Take-Two va acquérir toutes les actions Zynga pour une valeur totale de 9,861$ par action - 3,50$ en cash et 6,361$ en actions ordinaires Take-Two, ce qui implique une valeur d'entreprise de 12,7 milliards de dollars. La transaction établit Take-Two comme l'un des plus grands éditeurs de jeux mobiles, le segment à la croissance la plus rapide de l'industrie du divertissement interactif. Elle unifie par ailleurs des entreprises très complémentaires, notamment le portefeuille de jeux pour consoles et PC de Take-Two, le meilleur de sa catégorie, et les franchises mobiles de pointe de Zynga. Elle crée l'une des plus grandes sociétés de divertissement interactif cotées en bourse au monde, avec 6,1 milliards de dollars de net bookings pro forma sur douze mois pour la période close le 30 septembre 2021. La transaction devrait générer environ 100 millions de dollars de synergies annuelles de coûts au cours des deux premières années suivant la clôture.

Tilray (+15%) a annoncé ce lundi une augmentation de 20% de ses revenus au deuxième trimestre, le producteur canadien de cannabis ayant bénéficié d'une demande accrue de cannabis et de produits connexes. Les fermetures induites par la pandémie ont renforcé la demande en produits liés au cannabis de la part des clients confinés à domicile. Le plus grand producteur de cannabis au monde en termes de ventes a déclaré que son chiffre d'affaires avait atteint 155 millions de dollars sur le trimestre clos le 30 novembre, contre 129 millions de dollars un an plus tôt. Tilray a affiché un bénéfice net de 6 millions de dollars au cours du trimestre, contre une perte de 89 millions de dollars un an plus tôt.

Lululemon Athletica (-6%) a réduit ses prévisions de revenus pour le trimestre des fêtes ce lundi, évoquant des contraintes de capacité accrues, une disponibilité limitée du personnel et des heures de fonctionnement réduites en raison de la propagation du variant Omicron du coronavirus. Le fabricant canadien de vêtements de yoga, coté à Wall Street, a déclaré qu'il s'attendait désormais à ce que le chiffre d'affaires net du quatrième trimestre se situe dans le bas de la fourchette précédemment anticipée, allant de 2,13 milliards de dollars à 2,17 milliards de dollars.

Moderna (+5%), le laboratoire américain, indique ce lundi s'attendre désormais à enregistrer des ventes d'environ 18,5 milliards de dollars en 2022 grâce à des contrats pour son vaccin Covid-19, et environ 3,5 milliards de dollars d'achats supplémentaires potentiels, en tenant compte des candidats potentiels de rappel mis à jour pour les variants. Moderna dit par ailleurs mener des discussions actives en vue d'autres contrats cette année. Le groupe pharmaceutique développe aussi un vaccin de rappel, appelé ARNm-1273.529, qui cible le variant Omicron. Les essais cliniques devraient débuter sous peu. Les doses de rappel du vaccin actuel, l'ARNm-1273, augmentent quant à elles les niveaux d'anticorps neutralisants contre Omicron à des niveaux de dose de 50 microgrammes et de 100 microgrammes, soutient Moderna.

PayPal (-5%), le géant américain des services de paiement en ligne, poursuit l'étude du lancement de son propre stablecoin. Le groupe a confirmé ses plans à l'agence Bloomberg, suite à des éléments découverts dans son application pour iPhone. Un spécialiste note que de tels projets dans la cryptomonnaie pourraient se heurter à l'obstacle des régulateurs.

Apple (-2%) compte parmi les groupes étrangers cherchant à bouleverser l'industrie automobile via les véhicules électriques, indique le quotidien économique japonais Nikkei. Des personnes familières des discussions ont précisé au Nikkei que l'Américain avait approché l'équipementier automobile japonais Sanden il y a deux ans pour lui demander de l'aide sur des composants hautes performances pour véhicules électriques. L'article note que les véhicules électriques nécessitent deux fois moins de pièces que les voitures à essence, ce qui fait du logiciel un "ajout de valeur" nettement supérieur dans les véhicules électriques. Le Nikkei suggère que de par son intérêt à travailler avec Sanden, Apple montre qu'il pense que le secteur des véhicules électriques pourrait être fondamentalement remodelé de la même manière qu'il a transformé les smartphones en sous-traitant la production à Foxconn.

Tesla (-3%) est encore orienté en baisse à Wall Street, suite à un tweet de son CEO Elon Musk, annonçant une augmentation des prix de l'option d'assistance à la conduite autonome aux Etats-Unis, qui passera à 12.000 dollars dès le 17 janvier.

Boeing (-4%). Une cour d'appel américaine a relancé une action en justice intentée par un groupe d'actionnaires de Boeing dans le dossier des accidents meurtriers des 737 MAX en Indonésie et en Ethiopie en 2018 et 2019, en annulant la décision d'une juridiction inférieure.

Meta (-5%). L'ex-Facebook a annoncé le départ de son directeur de la communication, John Pinette, remplacé à titre intérimaire par Chris Norton, vice-président chargé de la communication à l'international.

Airbnb (-8%) souffre à Wall Street, alors que de source de marché, la firme de recherche Piper Sandler vient de dégrader le dossier de 'surpondérer' à 'neutre'.

Nike (-4%) corrige également sur la place américaine, victime d'une dégradation de HSBC, d''achat' à 'conserver', du fait des problèmes de chaîne d'approvisionnement et du ralentissement de la si cruciale demande chinoise. L'objectif de cours est ramené de 184 à 182$.

ViacomCBS (-2%) profite d'un avis favorable de la Deutsche Bank, qui vient de relever sa recommandation de 'conserver' à 'achat', évoquant la consolidation industrielle et les perspectives dans le streaming.

©2022

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !