Cotation du 24/09/2018 à 22h53 Dow Jones Industrial -0,68% 26 562,05
  • DJIND - US2605661048

Wall Street : plombé par Trump et l'emploi

Wall Street : plombé par Trump et l'emploi
Wall Street : plombé par Trump et l'emploi
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street s'affiche en forte baisse ce vendredi soir à trois heures de la clôture, après trois séances consécutives de rebond. Les opérateurs, plutôt optimistes ces derniers jours quant à l'évolution des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, font désormais preuve d'une plus grande prudence alors que Donald Trump multiplie les déclarations et les menaces protectionnistes... Le dernier rapport mensuel de l'emploi US ressort quant à lui décevant. Le DJIA perd désormais 1,37% à 24.170 pts, le Nasdaq régresse de 0,97% à 7.007 pts, et le S&P500 corrige de 1,14% à 2.633 pts.

Trump a annoncé avoir demandé au bureau du représentant américain au commerce d'étudier la mise en place de droits de douane sur 100 milliards de dollars de produits chinois supplémentaires ! Le dirigeant américain précise qu'il s'agit de sa réponse aux représailles de Pékin, jugées 'injustes', et consécutives à une première série de tarifs douaniers sur environ 50 Mds$ de produits chinois essentiellement technologiques. Trump juge qu'au lieu de remédier à ses mauvaises actions, la Chine "a décidé de nuire à nos agriculteurs et à nos producteurs".

Rappelons que la Chine avait répliqué aux plans initiaux de l'administration Trump visant 50 à 60 milliards de dollars d'importations chinoises. Pékin avait ainsi livré une liste comparable de produits importés des États-Unis, comprenant des avions, voitures, boissons, produits chimiques ou denrées agricoles. Les tarifs douaniers additionnels de 25% avancés par la Chine concernaient ainsi 106 catégories de produits américains, d'une valeur sensiblement équivalente à celle des produits chinois visés par Washington... Ainsi, les tensions commerciales entre Washington et Pékin redoublent d'intensité, alors même que les marchés financiers spéculaient hier encore sur la possibilité d'un accord rapide entre les deux superpuissances. L'ouverture de négociations semble encore possible, mais les choses se compliquent grandement avec cette nouvelle offensive de Trump. Le ministère chinois au commerce a prévenu qu'il pourrait d'ailleurs prendre de son côté de nouvelles mesures, si les USA mettaient en oeuvre leurs dernières menaces...

"La Chine, qui est une grande puissance économique, est considérée comme une Nation en Développement au sein de l'Organisation mondiale du commerce. Ils obtiennent donc des faveurs et des avantages énormes, surtout aux dépens des États-Unis. Est-ce que quelqu'un pense que c'est juste? Nous étions mal représentés. L'OMC est injuste envers les États-Unis", a lancé Trump il y a quelques instants sur Twitter. Les réactions sont évidemment assez négatives, suite aux annonces de la Maison Blanche. Dan Ivascyn, directeur des investissements chez Pacific Investment Management Co (PIMCO), cité par l'agence Reuters, juge que ces dernières évolutions constituent "un exemple de la manière dont certaines batailles peuvent se transformer en guerre".

Les chiffres de l'emploi américain dévoilés ce jour sont par ailleurs décevants. Néanmoins, ils constituent également un argument en faveur d'une politique de taux accommodante de la Fed... D'après le Département américain au travail ce vendredi, les créations de postes non-agricoles du mois de mars 2018 sont ressorties au nombre de 103.000, contre un consensus de place voisin de 190.000 et un niveau révisé (en hausse) à 326.000 pour le mois de février. Le taux de chômage, qui était attendu en repli à 4%, est en fait ressorti stable à 4,1% en mars.

Les créations d'emplois dans le privé au mois de mars sont ressorties à 102.000, contre 180.000 de consensus et 320.000 pour la lecture révisée du mois de février.

Le taux de participation à la force de travail s'est établi à 62,9% pour le mois de mars, sans grande évolution. Le ratio emploi sur population, quant à lui, s'est maintenu à 60,4%.

Le salaire mensuel horaire moyen a augmenté de 0,3% en comparaison du mois antérieur, en ligne avec les prévisions d'économistes (après une hausse de 0,1% en février). L'inflation salariale atteint donc 2,7% en base annualisée pour le mois de mars, contre 2,6% un mois avant.

Les créations totales du mois de février ont été révisées à 326.000, contre 313.000 auparavant estimé. Par contre, les créations d'emplois non-agricoles du mois de janvier ont été revues à la baisse, à 176.000, contre 239.000 auparavant évalué.

LES VALEURS

Apple (-1%). L'impact de la réforme fiscale de l'administration Trump pourrait se révéler extrêmement positif pour les actionnaires d'Apple, juge Citi Research, dont les commentaires sont relayés par CNBC. Ainsi, le groupe californien de Cupertino pourrait améliorer encore sa politique d'allocation de capital. Le groupe à la pomme pourrait même doper de 100 milliards de dollars ses 'retours aux actionnaires', à savoir ses rachats d'actions et ses dividendes. Citi Research confirme donc très logiquement son conseil d'achat sur la valeur Apple à Wall Street. Selon le broker, le groupe dirigé par Tim Cook utilisera les 'produits' de la réforme fiscale pour renforcer significativement ses rachats de titres et son dividende. Le courtier a bien conscience de la demande plus modérée pour l'iPhone X. Néanmoins, il s'attend à ce que les investisseurs se concentrent plutôt sur cette stratégie d'allocation de capital. Le broker pense que le 'lineup' du second semestre et la solidité des activités de services devraient aussi soutenir les cours. L'objectif de cours est fixé à 200$. En conclusion, le spécialiste de Citi juge le titre Apple toujours attractif.

Netflix (stable), le colosse américain de la vidéo en streaming, étudierait selon 'Reuters' une éventuelle opération de croissance externe, d'un montant voisin de 300 millions de dollars, avec l'acquisition potentielle de Regency Outdoor Advertising. L'agence Reuters cite à ce sujet des sources familières de la question. Regency Outdoor Advertising est une firme active dans les panneaux d'affichage à Los Angeles, contrôlée par les frères Drake et Brian Kennedy. Netflix a déjà utilisé les services de Regency, pour faire la publicité de ses séries originales ('the Crown' ou 'Stranger Things').

Spotify (+3%). Il n'y aura pas eu d'euphorie boursière cette semaine pour cette introduction très attendue à Wall Street. Le dossier est valorisé environ 26 milliards de dollars. Le géant suédois de la musique en streaming débarquait mardi sur le NYSE sous le symbole 'SPOT', par cotation directe ! Le titre a coté tard dans la journée mardi, ouvrant à 165,9$ (+26%) en comparaison d'un prix de référence de 132$, avant de terminer la séance en progression de 12,9% à 149$. Néanmoins, par rapport au cours d'ouverture de mardi, le titre a abandonné déjà 12%, les opérateurs demeurant assez prudents.

Tesla (stable). Le groupe d'Elon Musk a minimisé le début d'incendie survenu en début de semaine sur son site de Fremont. La production a été simplement temporairement suspendue mardi matin, a assuré la compagnie, contactée par CNBC. Cette semaine, tesla est enfin parvenu à rassurer (partiellement au moins) concernant sa capacité à poursuivre sans difficulté majeure ses opérations. Tesla a délivré des chiffres trimestriels de ventes inférieurs aux dernières anticipations du groupe, mais supérieurs à certaines projections d'analystes. De plus, Tesla promet d'accélérer sur son Model 3 grand public, et exclut pour l'heure toute levée de fonds. Évidemment, ces promesses n'engagent que ceux qui veulent bien y croire, et Tesla n'est pas réputé pour la précision de son plan de marche...

©2018,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com