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Wall Street plombé par le virus, les tensions sino-américaines et Intel

Wall Street plombé par le virus, les tensions sino-américaines et Intel
Wall Street plombé par le virus, les tensions sino-américaines et Intel
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine, qui décrochait hier soir (-1,31% sur le DJIA et -2,29% sur le Nasdaq), demeure sous pression ce vendredi. Le S&P500 perd ainsi 0,55% à 3.218 pts, alors que le Nasdaq Composite abandonne 1,2% à 10.336 pts. Le DJIA recule de 0,26% à 26.583 pts. Le baril de brut WTI prend 0,2% sur le Nymex à 41,2$, alors que le Brent de la mer du Nord gagne 0,1% à 43,3$. L'once d'or avance de 0,6% à 1.901$.

Intel chute et pèse sur les marchés, au lendemain de ses trimestriels. Par ailleurs, les places européennes régressent ce jour assez nettement dans le sillage des marchés asiatiques, avec la montée des tensions entre les Etats-Unis et la Chine. Le ministère chinois aux Affaires étrangères a demandé aux USA de fermer leur consulat à Chengdu, dans le centre du pays, après que Washington a exigé de la Chine la fermeture de son consulat à Houston. Ainsi, les tensions entre les deux superpuissances s'accentuent. Elles portaient déjà sur le commerce, l'épidémie du nouveau coronavirus, ou encore le contrôle accru de Pékin sur Hong Kong.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a affirmé hier que les Etats-Unis et leurs alliés devaient faire preuve de "moyens plus créatifs et affirmés" pour contraindre le Parti communiste chinois à changer sa manière de faire. Il s'agirait selon lui de "la mission de notre temps". Depuis la librairie Nixon à Yorba Linda en Californie, Pompeo a donc taclé la Chine avec vigueur. "Le président Nixon a dit une fois qu'il craignait d'avoir créé un Frankenstein en ouvrant les portes du monde au PCC, et nous y sommes", a même insisté Pompeo.

Les déclarations du chef de la diplomatie américaine font donc frémir les marchés, après cette annonce de Washington sommant la Chine de fermer son consulat à Houston. Le département d'Etat, justifiant cette demande, évoquait la protection de la propriété intellectuelle américaine et des informations privées des Américains. Pompeo a quant à lui réitéré les accusations sur les pratiques commerciales de Pékin, ses violations des droits de l'homme et ses efforts pour infiltrer l'Amérique.

Pompeo s'est aussi ému du fait que l'armée chinoise soit devenue "plus forte et plus menaçante". "Nous devons inciter la Chine à évoluer (...) par des moyens plus créatifs et affirmés, parce que les agissements de Pékin menacent notre peuple et notre prospérité", a lancé Pompeo. "Si le monde libre ne change pas, la Chine communiste nous changera", s'est alarmé le secrétaire d'Etat...

Dans un tel contexte, les résultats - satisfaisants dans l'ensemble - des entreprises cotées sont relégués au second plan. En Europe, la matinée est également marquée par les indices PMI des directeurs d'achat du mois de juillet, qui montrent une belle reprise soutenue par les services. L'assouplissement des mesures de confinement ayant favorisé le redémarrage des diverses économies de la région, l'activité du secteur privé de la zone euro a augmenté pour la première fois depuis février au cours du mois, la croissance ayant en outre affiché son rythme le plus soutenu depuis un peu plus de deux ans. Le rebond de l'indice PMI Flash composite IHS Markit par rapport à son creux historique d'avril (13,6) s'est ainsi poursuivi en juillet, l'indice se redressant de 48,5 en juin à 54,8, contre un consensus de 51,1. Du côté des services, l'Indice PMI Flash de l'activité s'est établi à 55,1 (48,3 en juin), au plus haut depuis 25 mois, alors que l'Indice PMI Flash de l'industrie manufacturière a atteint 51,1 (47,4 en juin), sur un plus haut de 19 mois.

L'indice flash PMI composite américain du mois de juillet 2020 est ressorti à 50, contre un consensus de place de 50,3 et un niveau de 46,8 en juin 2020. Une lecture de 50 signale une stabilité de l'activité. L'indicateur manufacturier préliminaire du mois de juillet s'est élevé à 51,3, contre 51,4 de consensus et 49,6 pour le mois antérieur. L'indice des services est ressorti à 49,6, contre un consensus de 50,4 et un niveau de 46,7 en juin.

Les ventes de logements neufs pour le mois de juin 2020 aux États-Unis se sont établies au nombre de 776.000, contre un consensus de place de 700.000 environ et un niveau révisé en légère hausse à 682.000 pour le mois antérieur, selon le rapport gouvernemental du jour.

Selon l'Université Johns Hopkins, le nombre de cas confirmés du nouveau coronavirus depuis le début de l'épidémie atteint 15,545 millions, dont 4,040 millions aux USA, 2,29 millions au Brésil, 1,29 million en Inde et près de 800.000 en Russie. Le virus a fait 634.231 morts dans le monde depuis son émergence, dont 144.320 aux Etats-Unis, 84.082 au Brésil, 45.639 au Royaume-Uni et 41.908 au Mexique.

Les Etats-Unis ont enregistré pour la troisième journée consécutive hier jeudi plus de 1.000 décès supplémentaires. L'épidémie s'aggrave dans les Etats du sud et de l'ouest. Le nombre quotidien de décès continue de croître pour la deuxième semaine de rang, constate Reuters, mais il reste en deçà des niveaux constatés en avril. Le seuil du million de cas avait été franchi au bout de 98 jours. Le bilan est passé de 3 à 4 millions de cas en seulement 16 jours, relève encore l'agence. Il y aurait actuellement, en moyenne, plus de 2.600 nouvelles infections par heure aux Etats-Unis...

Le président américain Donald Trump, initialement opposé au port du masque, demande désormais aux Américains de se protéger. Le locataire de la Maison blanche ne tiendra d'ailleurs pas de grand rassemblement en août en Floride pour marquer son investiture en tant que candidat républicain. Trump a donc annulé la convention du Parti républicain à cause du coronavirus, alors que la Floride connaît une flambée des cas. "Le timing n'est pas bon", a tranché le dirigeant. Initialement programmé à Charlotte en Caroline du Nord, l'événement avait été déplacé à Jacksonville en Floride.

Trump a en outre déclaré durant un point presse que les Etats les plus touchés pourraient devoir reporter la réouverture des écoles, ce qui signale là encore un changement de position du leader américain. Trump a tout de même estimé que la plupart des établissements devraient rouvrir à l'automne.

Les valeurs

Intel décroche de 15% à Wall Street. Le Californien a annoncé hier jeudi que le développement de son processeur de nouvelle génération de 7 nanomètres avait pris six mois de retard. Ces délais plombent donc la valeur en bourse, alors que dans le même temps, Intel fait état pour le deuxième trimestre clos en juin de revenus totalisant 19,73 milliards de dollars et d'un bénéfice par action ajusté de 1,23$. En comparaison, le consensus était de 18,55 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour 1,11$ de bpa. Bob Swan, CEO du groupe, évoque même un excellent trimestre, "bien au-dessus de nos attentes avec la forte demande continue de performances informatiques pour prendre en charge les services fournis dans le cloud, un environnement de travail et d'apprentissage à domicile et la création de réseaux 5G".

Le report de six mois annoncé hier déçoit cependant, d'autant plus que le groupe de Santa Clara avait déjà eu des difficultés à développer sa puce de 10 nanomètres. Il fait en revanche le bonheur d'AMD (Advanced Micro Devices) ou de Taiwan Semiconductor Manufacturing Co., dont les deux titres grimpent ce jour sur la cote américaine de plus de 10%.

Intel prévoit des ventes de 18,2 milliards de dollars pour le troisième trimestre fiscal et un bénéfice par action ajusté de 1,1$, alors que les analystes tablaient sur 17,9 milliards de recettes et 1,14$ de bpa ajusté. Le groupe a pour finir ajusté sa guidance annuelle de revenus à 75 milliards de dollars, contre 73,9 milliards de dollars de consensus.

Mattel (-4%), géant américain du jouet, a battu le consensus de ventes sur le trimestre clos, les clients d'Amérique du Nord ayant apparemment favorisé les produits du groupe (Barbie, Uno...) durant la période des restrictions dues au coronavirus. Ynon Kreiz, le directeur général du groupe, anticipe une amélioration des ventes dans les prochains mois et ajoute que seuls 4% des magasins étaient encore fermés à fin juin. Pour le trimestre clos, le groupe a annoncé une perte ajustée par action de 26 cents, contre -34 cents de consensus.

La perte nette est ressortie à 109 millions de dollars sur le trimestre clos fin juin, contre 108 millions un an avant. Les ventes ont chuté de 15% à 732 millions de dollars, mais restent largement supérieures au consensus de marché (679 millions). L'activité en Amérique du Nord a en effet progressé de 3%. Les poupées Barbie sont revenues au goût du jour, avec une croissance de 7% à 199 millions de dollars.

Walt Disney (stable), le colosse américain du divertissement, a annoncé le report de la sortie du long-métrage Mulan à une date indéterminée. Face à la crise du coronavirus, et dans un contexte où l'épidémie ne faiblit pas en Amérique, le groupe a donc une nouvelle fois repoussé la sortie de Mulan, prévue initialement en mars aux Etats-Unis puis reportée à plusieurs reprises avec la fermeture des cinémas. Le film était attendu fin août en salles aux USA. Dans le même esprit, Disney joue la prudence et précise que les nouvelles moutures d'Avatar et de Star Wars sortiront avec un an de retard, en décembre 2022 puis décembre 2023, du fait par ailleurs de l'impact de la pandémie sur les tournages. Warner avait pour sa part annoncé précédemment un report du nouveau film de Christopher Nolan, Tenet, qui était programmé durant l'été.

Honeywell (-1%), le groupe industriel américain, a battu le consensus pour le second trimestre. Le groupe prévient toutefois que son activité aéronautique devrait probablement décrocher encore de 25% ce trimestre, après une chute de 27% sur la période close en juin. Sur le trimestre clos, le bénéfice ajusté a représenté 1,26$ par titre, en retrait de 40% en glissement annuel, mais supérieur au consensus qui se situait à 1,21$. Les revenus de la firme ont chuté de 19% à 7,48 milliards de dollars. Les ventes dans l'aéronautique ont décroché de plus de 27% à 2,54 milliards de dollars, avec la chute de la demande dans l'aérien commercial et les restrictions au transport, ainsi que les déboires du 737 MAX de Boeing.

American Express (stable), géant des cartes de crédit et services de voyages, a annoncé pour le second trimestre fiscal un bénéfice net de 257 millions de dollars et 29 cents par action, contre 1,76 milliard de dollars un an avant, soit 2,07$ par action. Les revenus de la firme ont toutefois décliné plus que prévu, reculant de 29% à 7,67 milliards de dollars, contre 10,84 milliards un an avant. Le groupe précise que les résultats du second trimestre continuent d'être significativement affectés par l'impact du Covid-19. Stephen J. Squeri, PDG de l'affaire, indique que le management demeure toutefois confiant dans sa stratégie et sa capacité à naviguer au milieu de cette période d'incertitude. Les volumes de dépenses, après un plus bas en avril, se sont graduellement améliorés en mai et juin, les petites entreprises étant les plus résilientes...

Schlumberger (+2%) a enregistré 2,7 milliards de charges de restructuration et de dépréciation sur le T2, pour couvrir notamment les frais liés aux départs de 21.000 salariés. Le groupe a déploré une perte nette de 3,4 Mds$ ou 2,47$ par titre, contre un profit de 492 M$ un an plus tôt. Le bpa ajusté ressort toutefois à 5 cents contre une perte de 0,01$ attendue par les analystes. Les revenus ont fondu de 35% à 5,36 Mds$. A court terme, la demande de pétrole commence lentement à se normaliser et devrait s'améliorer grâce aux mesures prises pour soutenir la consommation. Néanmoins, les vagues ultérieures de résurgence potentielle de Covid-19 représentent un risque négatif pour les perspectives.

Verizon (+2%), l'opérateur télécom américain, a dépassé les attentes au second trimestre, bénéficiant d'une stabilité de sa base d'abonnés dans un contexte de pandémie. Au second trimestre, le groupe a récupéré 173.000 clients mobile contre un consensus de 61.000. Les revenus opérationnels totaux ont baissé de 5% à 30,4 milliards de dollars, contre un consensus de 29,9 milliards de dollars. Les ventes de l'unité média, comprenant Yahoo, HuffPost et TechCrunch, ont chuté de 24% à 1,4 milliard de dollars.

Goldman Sachs (+1%) a accepté un accord de 3,9 milliards de dollars pour clore le scandale lié à son fonds souverain 1MDB en Malaisie. La banque d'investissement new-yorkaise va verser à la Malaisie 2,5 milliards de dollars et garantir le retour de plus de 1,4 milliard d'actifs liés à des obligations du fonds 1MDB, selon le ministère malaisien des Finances. Le parquet malaisien avait poursuivi en décembre 2018 trois unités de Goldman Sachs, accusées de tromperie à l'encontre des investisseurs lors d'émissions obligataires organisées par la banque au profit du fonds 1MDB pour un total de 6,5 milliards de dollars.

Twitter (-2%). Plus d'un millier d'employés et prestataires du réseau social média californien ont eu accès cette année aux outils internes pouvant servir à modifier les paramètres d'un compte et en confier le contrôle à d'autres, a appris l'agence Reuters, citant deux anciens employés de la firme américaine.

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