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Wall Street plombé par le ralentissement mondial et le shutdown

Wall Street plombé par le ralentissement mondial et le shutdown
Wall Street plombé par le ralentissement mondial et le shutdown
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street corrige ce mardi, après trois jours de pause. L'indice large S&P500 perd 0,8% à 2.649 pts et le DJIA cède 0,68% à 24.539 pts. Le Nasdaq fléchit quant à lui de 1,05% à 7.082 pts, alors que pèsent de nouveau les inquiétudes concernant la croissance économique mondiale...

Sur le marché des changes, l'indice dollar, mesurant les fluctuations du billet vert face à un panier de devises de référence, se stabilise ce mardi à 96,3. Les prix du pétrole, quant à eux, demeurent très volatils au gré des anticipations relatives à la demande mondiale. Sur le Nymex, le baril de brut WTI pour mars cède 3,4% actuellement à 52,2$. Le contrat de mars du baril de Brent de la mer du Nord fléchit de 3,1% à 60,8$.

Hier, le FMI (Fonds monétaire international) avait de nouveau abaissé ses prévisions de croissance mondiale, du fait notamment d'une activité moins dynamique au second semestre 2018 et de la dégradation du sentiment des marchés financiers.

Ralentissement mondial

Le FMI ne table plus désormais que sur une expansion globale de 3,5% cette année, puis 3,6% l'an prochain. Le FMI évoquait par ailleurs hier les risques liés aux tensions commerciales et ceux relatifs aux modalités du Brexit. Christine Lagarde, directrice générale du Fonds, a estimé qu'après deux ans de solide expansion, l'économie mondiale progressait désormais plus lentement que prévu.

Enfin, le Fonds monétaire international relevait le risque d'un ralentissement chinois plus prononcé... La croissance chinoise pourrait se tasser à 6% cette année, mais cela ne sera "pas une catastrophe", a déclaré ce jour un haut responsable chinois, cité par l'agence Reuters, à l'occasion du Forum économique international de Davos. "La macropolitique chinoise est très responsable et suit les données. Si les choses ne se passent pas bien, on aura une réponse appropriée", a assuré le responsable en question.

Les marchés actions et obligataires américains étaient fermés hier pour la journée de Martin Luther King Jr. Ce jour de pause, en pleine période des publications de résultats trimestriels outre-Atlantique, marquait l'anniversaire de la naissance du pasteur afro-américain défenseur des droits civiques, fêté en fait le troisième lundi de janvier.

Retour aux affaires

Les cotations reprennent normalement ce mardi à Wall Street. La journée est marquée, sur le front économique, par la publication des chiffres des reventes de logements existants de la NAR, ainsi que par de nombreux résultats d'entreprises. Les reventes de logements existants publiées ce mardi par la National Association of Realtors américaine sont ressorties au nombre de 4,99 millions d'unités, contre un consensus de place de 5,22 millions et une lecture révisée à 5,33 millions pour le mois antérieur. Ainsi, ces reventes de logements existants s'établissent en déclin de 6,4% en comparaison du mois antérieur et de 10,3% en glissement annuel.

Allegheny, Fifth Third, Halliburton, Johnson & Johnson, Stanley Black & Decker, Steel Dynamics et Travelers, ont publié avant bourse leurs derniers résultats. IBM et TD Ameritrade annonceront leurs derniers comptes après la clôture de la cote américaine.

Appel du pied

Le Président américain Donald Trump n'a pas manqué de prendre note des mauvais chiffres de la croissance chinoise publiés hier lundi. "La Chine affiche les chiffres économiques les plus faibles depuis 1990 en raison des tensions commerciales avec les U.S. et des nouvelles politiques. Cela ferait tellement sens que la Chine fasse enfin un Vrai Deal et arrête de jouer!", a ainsi lancé le leader de la Maison Blanche sur le réseau social Twitter.

La croissance économique chinoise s'est tassée encore au quatrième trimestre 2018, plombée par la faible demande intérieure et la guerre commerciale. Ainsi, la croissance 2018 en Chine est retombée au plus bas niveau en près de 30 ans, ce qui devrait se traduire bien évidemment par de nouvelles mesures de soutien.

Croissance chinoise au plus bas depuis 1990

La croissance du produit intérieur brut chinois, minée par le ralentissement de la demande mondiale, la faiblesse de l'investissement et les droits de douane US, est ressortie à 'seulement' 6,4% au quatrième trimestre, au plus bas depuis la crise de 2009, selon les chiffres du Bureau national des statistiques dévoilés hier. Sur l'année 2018, la croissance est ainsi descendue à 6,6%, en ligne avec le consensus des économistes, mais au plus bas depuis 1990, après une expansion de 6,8% en 2017... De plus, certains estiment évidemment que l'expansion chinoise est déjà bien plus faible que ces chiffres officiels ne le laissent croire.

Accord espéré

Rappelons que les investisseurs avaient été séduits, en fin de semaine dernière, par les rumeurs évoquant des progrès en vue d'un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine. L'agence 'Bloomberg' affirmait ainsi vendredi que Pékin aurait proposé de combler le déficit commercial avec les Etats-Unis d'ici à 2024. Pékin aurait même proposé d'accroître de 1.000 milliards de dollars ses importations provenant des USA dans les 6 prochaines années. En augmentant ainsi ses importations d'ici à 2024, la Chine entendrait ramener son excédent - qui a atteint un nouveau record de 323 milliards de dollars en 2018 -, à zéro d'ici à cette date.

Rendez-vous à la fin du mois

De son côté, le 'Wall Street Journal' avait affirmé jeudi que Washington réfléchissait à alléger les barrières douanières infligées depuis l'an dernier à Pékin sur environ 250 milliards de dollars de produits chinois. Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, souhaiterait mettre ce sujet au programme du prochain cycle de négociations avec la Chine, qui se déroulera les 30 et 31 janvier aux Etats-Unis en présence du vice-premier ministre chinois Liu He. Cependant, le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer serait opposé à toute réduction de taxes pour l'instant. Un porte-parole du département du Trésor a aussi démenti jeudi soir toute décision sur ce sujet, précisant que les négociations avec la Chine sont "un processus en chantier, qui est très loin d'être achevé"...

Vers une extradition de Meng (Huawei) ?

Les Etats-Unis ont par ailleurs informé les autorités canadiennes d'une prochaine demande officielle d'extradition de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a indiqué ce jour le 'Globe & Mail'. L'ambassadeur du Canada aux Etats-Unis, David MacNaughton, a glissé cette information au journal de Toronto. La date limite pour formuler la demande est le 30 janvier, après le délai de 60 jours consécutif à l'arrestation de Meng. Selon l'agence Reuters, le ministère chinois des Affaires étrangères a accusé Etats-Unis et Canada d'avoir une lecture abusive de leur traité d'extradition, et réclamé une fois encore la libération de Meng, fille du fondateur de Huawei - que les agences US de renseignement présentent comme liée au gouvernement chinois. Les USA accusent Meng d'avoir dissimulé des liens entre l'équipementier chinois et une firme tentant de contourner les sanctions américaines contre l'Iran. Meng a été libérée sous caution le 12 décembre avec l'obligation de rester au Canada, et avant une comparution attendue le 6 février.

Un mois de shutdown

Déjà un mois de 'shutdown' outre-Atlantique ! Donald Trump a livré samedi ses propositions en matière d'immigration, afin de débloquer la situation et de mettre un terme à cette paralysie coûteuse des administrations. Ce geste du Président américain n'a toutefois absolument pas convaincu les Démocrates. Trump, qui s'exprimait depuis la Maison Blanche, a donc tenté encore de convaincre concernant l'intérêt de la construction de son mur à la frontière avec le Mexique, qui doit nécessiter 5,7 milliards de dollars. Il a cependant proposé en contrepartie de prolonger pour trois années la protection accordée aux migrants arrivés irrégulièrement aux USA lorsqu'ils étaient mineurs, ainsi qu'aux titulaires du statut légal temporaire. "Je suis là pour sortir de l'impasse et montrer au Congrès la voie pour mettre un terme au 'shutdown' et résoudre la crise le long de la frontière Sud", a lancé Trump.

Le plan de Trump reste insuffisant pour les Démocrates

Les concessions du Président américain ne semblent pourtant pas suffisantes pour l'opposition démocrate, qui demande de longue date ces migrants surnommés 'Dreamers' obtiennent la citoyenneté américaine. Le programme Daca de 2012 ('Deferred Action for Childhood Arrivals' instauré par l'administration Obama) protège d'expulsion ces 'Dreamers' arrivés illégalement aux USA avec leurs parents lorsqu'ils étaient mineurs, rappelle l'agence Reuters. Le statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants de certains pays frappés par des conflits ou catastrophes naturelles, permet par ailleurs à plusieurs centaines de milliers de migrants de résider et travailler aux Etats-Unis.

Mitch McConnell, le chef de file de la majorité républicaine au Sénat, va essayer de faire adopter le projet de loi, qualifiant les propositions de Trump de "solution audacieuse" pour rouvrir l'administration, sécuriser la frontière et prendre des mesures pour résoudre les problèmes liés à l'immigration. Le clan démocrate ne veut quant à lui discuter des problèmes de sécurité frontalière qu'une fois le shutdown terminé. La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a repoussé sèchement l'offre du Président américain. "C'est ce président qui, en tout premier lieu, a décidé de retirer unilatéralement la protection issue des programmes Daca et TPS. Proposer de réinstaurer des mesures en échange du mur n'est pas un compromis", a précisé le chef de file de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, qualifiant cette attitude de "nouvelle prise en otage".

Quoi de mieux qu'un bon vieux Mur ?

Ce mardi sur Twitter, Trump insiste : "Sans un Mur, notre Pays ne pourra jamais avoir de Sécurité, ni aux Frontières, ni Nationale. Avec un solide Mur ou une Barrière d'Acier, les Taux de Criminalité (et la Drogue) déclineront substantiellement à travers les U.S. Les 'Dems' le savent mais veulent jouer à des jeux politiques. Cela doit être finalement fait correctement".

Un 'shutdown' tristement historique

Rappelons que cet affrontement budgétaire au sujet du mur entre Trump et les Démocrates a provoqué une paralysie d'environ un quart des services administratifs publics depuis le 22 décembre, ce qui constitue un triste record dans l'histoire américaine et frappe 800.000 fonctionnaires, au chômage technique ou tenus de travailler sans salaire. Ces fonctionnaires seront payés une fois le shutdown terminé, mais beaucoup commencent à avoir du mal à joindre les deux bouts, à tel point que de nombreux élans de solidarité se sont manifestés à travers les États-Unis.

Les valeurs

Stanley Black & Decker (-15%) a dévoilé ses comptes du quatrième trimestre. La perte nette ressort à 66,7 M$ (0,45$ par action), contre un bénéfice de 281,5 M$ (1,84$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action s'affiche à 2,11$. Les revenus montent de près de 5% à 3,63 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,10$, pour des revenus de 3,6 Mds$. Sur 2019, le groupe vise un bpa compris entre 8,45 et 8,65$, contre 8,15$ en 2018.

Johnson & Johnson (-2%) a publié ses résultats du quatrième trimestre. Les bénéfices sont de 3,04 Mds$ (1,12$ par action), contre une perte de 10,71 Mds$ (3,99$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 1,97$. Les ventes montent de 1% à 20,4 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,95$, pour des revenus de 20,2 Mds$. Pour 2019, le groupe vise un bpa compris entre 8,50 et 8,65$ (contre 8,18$ en 2018), pour des ventes situées entre 80,4 et 81,2 Mds$ (contre 81,6 Mds$ en 2018).

Travelers (-1%) a annoncé ses comptes du quatrième trimestre. Les bénéfices son de 621 M$ (2,32$ par action), contre 551 M$ (1,98$ par action) un an avant. Le bénéfice par action ajusté ressort à 2,13$. Les revenus (primes nettes) s'élèvent à 6,69 Mds$, contre 6,42 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,10$, pour des revenus de 6,74 Mds$.

Halliburton (-6%) a présenté ses résultats du quatrième trimestre. Le résultat net ressort à 664 M$ (0,76$ par action), contre une perte de 824 M$ (0,94$ par action) un an avant. Le bénéfice par action ajusté s'affiche à 0,41$. Les revenus s'affichent à 5,94 Mds$, stables par rapport à l'an dernier. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,37$, pour des revenus de 5,9 Mds$.

MasterCard (-1%). La Commission européenne inflige une lourde amende de 571 millions d'euros au groupe américain, lui reprochant d'avoir restreint les possibilités pour les détaillants. "En empêchant les commerçants de profiter de meilleures conditions offertes par des banques établies dans d'autres États membres, les règles imposées par MasterCard ont augmenté artificiellement les coûts des paiements par carte, au détriment des consommateurs et des commerçants de l'Union européenne", selon Margrethe Vestager, commissaire à la concurrence.

eBay (+8%). Le fonds activiste Elliott demande au géant américain des enchères en ligne de restructurer son activité et de vendre certains actifs. Le fonds juge qu'eBay pourrait ainsi parvenir à doubler sa valeur de marché dans les deux prochaines années. Elliott possède plus de 4% du capital du groupe de e-commerce, et affirme que le titre pourrait valoir entre 55$ et 63$ en 2020, du moins si le management suit ses préconisations.

Tesla (-1%) a reçu des propositions de Tianjin Lishen pour la fourniture de batteries pour sa nouvelle usine de Shanghai (dont la construction vient d'être lancée), mais aucun accord n'aurait été conclu pour l'heure avec le Chinois... Du côté des brokers, Needham vient de livrer pour sa part un avis très prudent, l'intermédiaire s'inquiétant de la vigueur des commandes du Model 3, qui pourraient selon lui fortement décliner au premier ou au second trimestre. Le conseil est à 'sous-performance'.

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