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Wall Street : plombé par le Covid et les incertitudes politiques

Wall Street : plombé par le Covid et les incertitudes politiques
Wall Street : plombé par le Covid et les incertitudes politiques
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York commence la semaine en berne, lundi, dans le sillage des marchés européens qui ont trébuché face aux mesures prises dans de nombreux pays face à la recrudescence du coronavirus. Aux Etats-Unis, les investisseurs ne croient plus à l'adoption d'un nouveau plan de soutien à l'économie avant l'élection du 3 novembre, alors que les négociations s'éternisent entre Démocrates et Républicains. La pandémie et l'approche du scrutin américain éclipsent quelque peu les résultats trimestriels, alors que plus d'un tiers (186) des compagnies de S&P 500 publient leurs comptes cette semaine, dont les géants d'internet (les "Gafam").

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones perd 2,7% à 27.560 points, tandis que l'indice large S&P 500 chute de 2,25% à 3.387 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, perd 2,15% à 11.300 pts. La semaine dernière, les trois indices s'étaient affichés en baisse de respectivement 0,9%, 0,5% et 1%, face au retard dans l'adoption d'un nouveau plan de relance face au coronavirus aux USA.

A noter que Wall Street ferme cette semaine à 21h00 heure française, compte-tenu du passage à l'heure d'hiver en France. Le week-end prochain, New York passera à son tour à l'heure d'hiver, et la clôture se fera à nouveau à 22h heure de Paris (16h à New York).

Lundi, les marchés européens ont terminé en forte baisse, l'EuroStoxx 50 lâchant 2,9%, le CAC 40 perdant 1,9% et le Dax 30 chutant de 3,7%. La cote a notamment été plombée par SAP, le géant allemand des logiciels de gestion d'entreprises, qui a plongé de près de 24% après un "profit warning" majeur pour l'exercice en cours.

A Wall Street, la totalité de 11 indices sectoriels du S&P 500 est en berne ce lundi, à commencer par l'énergie (-4%), qui pâtit d'une chute des cours du pétrole, suivi des industrielles (-3,2%) et des technologiques (-3%).

Le coronavirus progresse aux Etats-Unis mais le plan de relance patine

Les investisseurs fuient les placements à risque, dans un contexte de hausse des cas de Covid-19 en Europe, mais aussi aux Etats-Unis. Le nombre de nouveaux cas a atteint en moyenne 68.767 aux Etats-Unis sur 7 jours glissants, alors qu'il était inférieur à 50.000 il y a quelques semaines.

Pendant ce temps, les discussions s'éternisent à Washington entre la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, au sujet d'un "package" de soutien à la croissance aux Etats-Unis. Mme Pelosi a indiqué dimanche sur 'CNN' qu'elle attendait un "oui final" de la part de la Maison Blanche. La leader démocrate et le directeur de cabinet de la Maison Blanche, Mark Meadows, se sont renvoyés pendant le week-end la responsabilité de l'impasse dans les négociations, qui se poursuivent encore ce lundi.

Les Démocrates ont proposé un plan de 2.200 milliards de dollars, et l'administration Trump semble approcher désormais de ce montant, avec une dernière proposition à 1.900 Mds$, faite le 21 octobre. Mais même en cas d'accord dans les prochains jours, il semble désormais quasi-impossible, compte-tenu du calendrier électoral, qu'un texte puisse être rédigé et voté avant la tenue du scrutin. En outre, au Sénat (à majorité républicaine), les Républicains rechignent toujours à voter un vaste "package" de soutien à l'économie qui creuserait le déficit, l'orthodoxie budgétaire étant un sujet sensible dans l'électorat de droite.

Joe Biden toujours en avance dans les sondages

A l'approche du scrutin du 3 novembre, Donald Trump a déjà voté, samedi, par anticipation en Floride, rejoignant plus de 55 millions d'Américains qui ont déjà mis leur bulletin dans les urnes, en direct ou par correspondance. Selon les derniers sondages, le rival démocrate de Trump, Joe Biden, est toujours crédité d'une nette avance. Toutefois, l'écart s'est resserré depuis trois semaines, lorsque début octobre, Biden avait accru son avance à la suite de la brève hospitalisation de Donald Trump pour cause de coronavirus.

Dans un sondage national RealClear Politics (RCP) publié dimanche, Biden obtient 50,8% des intentions de vote contre 42,8% pour Trump, soit une avance de 8 points. Le 6 octobre, un sondage 'CNN' donnait cependant à Joe Biden une avance de 16 points sur Trump (57% contre 41%), tandis qu'un autre sondage, réalisé par l'université de Quinnipiac (Connecticut), donnait une avance de 11 points à Biden (51% contre 40%).

Sur le plan macro-économique aux Etats-Unis, l'indice d'activité nationale de la Fed de Chicago a déçu en septembre, s'établissant à 0,27, contre 0,39 de consensus de marché et après 1,11 en août. A noter cependant que la lecture d'août a été revue en forte hausse, puisqu'elle était auparavant logée à 0,79.

Par ailleurs, les ventes de logements neufs aux Etats-Unis sont ressorties au nombre de 959.000 en septembre, contre 1,016 million de consensus de place et 994.000 pour la lecture révisée en août. La semaine dernière, les ventes de logements existants avaient à l'inverse dépassé les attentes.

Le pétrole dégringole, le dollar reprend des couleurs

Les cours du pétrole, qui ont perdu environ 3% la semaine dernière poursuivent leur glissade lundi dans la crainte d'une chute de la demande liée à la 2e vague de Covid-19. Le contrat de décembre sur le baril de brut léger américain (WTI) perd 3,3% à 38,52$ sur le Nymex, tandis que le contrat sur le Brent pour livraison en décembre lâche 3,2% à 40,41$.

L'or a de son côté fini presque stable lundi (+0,1%) à 1.905,70$ pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. La semaine dernière, le métal jaune avait marqué le pas (-0,1%), mais il gagne encore environ 25% depuis le début de l'année, profitant des incertitudes économiques liées à la crise sanitaire et des vastes plans de relance monétaire et budgétaire, qui font anticiper un retour de l'inflation à moyen terme.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) reprend lundi 0,28% à 93,03 points, tandis que l'euro cède 0,4% à 1,1813$. Sur le marché obligataire américain, le rendement de l'obligation d'Etat (T-Bond) à 10 ans perd 4 points de base, revenant à 0,80%.

VALEURS A SUIVRE

Hasbro (-10%) a battu le consensus au troisième trimestre, avec un bénéfice ajusté de 1,88$ par action (1,67$ de consensus) contre 1,84$ un an avant, et des revenus en vive croissance de 13% en glissement annuel à 1,78 milliard de dollars - contre 1,75 Md$ de consensus. Le segment jeux, comprenant le Monopoly ou les cartes 'Magic : L'Assemblée', a progressé de 21% à 543 millions de dollars. Brian Goldner, CEO, estime qu'en construisant sur le succès des jouets, des jeux et du digital, le groupe se positionne pour délivrer une bonne saison des fêtes, malgré le coronavirus.

Dunkin Brands (+15,8% !), maison-mère des chaînes de restauration rapide Dunkin' Donuts et Baskin Robbins, a échangé de manière préliminaire en vue de son rachat par Inspire Brands.

Carlyle (-4,4%) et Pacific Equity Partners ont relevé leur proposition de rachat de Link Administration Holdings à 2,87 milliards de dollars australien, a indiqué le prestataire de services australien dans le domaine de l'administration des retraites, qui avait repoussé l'approche initiale. Carlyle serait aussi sur le point de trouver un accord avec Siemens pour racheter sa division Flender de pièces mécaniques pour l'industrie pour 2 milliards d'euros environ, selon Bloomberg.

Facebook (-3,1%), le géant californien des réseaux sociaux, risquerait de faire face à des accusations antitrust aux États-Unis dès le mois prochain, selon le Washington Post, qui cite quatre sources proches de la question.

Fiat Chrysler (stable). La voie semble se dégager pour PSA et FCA. La Commission européenne devrait donner son feu vert au projet de fusion entre les deux constructeurs, selon les sources de Reuters et Bloomberg. Les concessions offertes par le groupe français pour apaiser les craintes de Bruxelles auraient reçu des réactions positives de la part des concurrents et des clients, et ne nécessiteront pas de changements, souligne Bloomberg. Le régulateur devrait ainsi donner son aval à l'opération avant la date limite du 2 février...

Blackstone (-3%) s'offre Simply Self Storage, acquis auprès du Canadien Brookfield Asset Management (-3,8%) pour environ 1,2 milliard de dollars.

Johnson & Johnson (-1%) se prépare à reprendre ses essais aux Etats-Unis sur son candidat vaccin contre le nouveau coronavirus, après qu'un comité de sécurité indépendant a recommandé cette reprise.

Coca-Cola (-1,75%). L'Australien Coca-Cola Amatil a indiqué que Coca-Cola European Partners avait proposé de le racheter pour 9,23 milliards de dollars australiens.

Boeing Defence, Lockheed Martin (-2,1%) et Raytheon Technologies (-3,3%) vont être sanctionnés par la Chine du fait de leur implication dans la vente d'armes à Taïwan, selon le ministère chinois des Affaires étrangères.

Boeing (-4,4%). L'OMC soutient par ailleurs la demande de l'UE de taxer 4 milliards de dollars de produits américains dans le cadre du contentieux opposant Washington et Bruxelles dans le dossier des subventions versées aux groupes aéronautiques Airbus et Boeing. Les Etats-Unis ont dit regretter le choix des Européens, et se sont dits favorables à un accord amiable.

Les valeurs des transporteurs aériens American Airlines (-5,6%), Southwest Airlines (-4,76%), United Airlines (-7%) ou encore Delta Air Lines (-6%) corrigent avec les craintes sanitaires pesantes.

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