Cotation du 18/01/2019 à 22h43 Dow Jones Industrial +1,38% 24 706,35
  • DJIND - US2605661048

Wall Street plombé par la Chine... et par un Donald Trump agité

Wall Street plombé par la Chine... et par un Donald Trump agité
Wall Street plombé par la Chine... et par un Donald Trump agité
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street perd du terrain ce lundi, le S&P500 corrigeant de 0,56% à 2.582 pts et le Nasdaq de 0,68% à 6.924 pts. Le DJIA cède pour sa part 0,52% à 23.871 pts. La cote américaine cède donc aux prises de profits pour la seconde séance consécutive, après de faibles chiffres de l'économie chinoise. Sur le marché des changes, l'indice dollar, mesurant les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, se stabilise ce jour à 95,6. Les prix du pétrole se tassent quant à eux, après le récent sursaut. Sur le Nymex, le baril de brut WTI pour février perd 0,2% à 51,5$.

Le ralentissement chinois inquiète

Les statistiques dévoilées ce jour ont ainsi montré un recul inattendu des exportations chinoises, le plus important depuis deux ans en décembre 2018. Les importations chinoises se sont d'ailleurs également contractées vivement. Ces chiffres confirment donc le ralentissement tant redouté de la deuxième économie mondiale.

Les exports chinois ont décliné de 4,4% en décembre, en comparaison de l'année antérieure, alors que les imports ont baissé de 7,6%, plus fort déclin en deux ans et demi. Ces chiffres traduisent donc le ralentissement économique global, l'impact de la guerre commerciale avec les Etats-Unis, mais aussi le fléchissement de la demande domestique en Chine. Toutefois, l'excédent commercial chinois avec les USA a encore progressé de 17% en comparaison de l'an dernier, ressortant à... plus de 323 milliards de dollars en 2018, selon les dernières statistiques officielles ! L'excédent commercial chinois total de l'année 2018 ressort en revanche au plus bas depuis 2013.

Citi estime que les exportations chinoises devraient reculer de 5% cette année, contre une baisse de 6,8% pour les importations.

Trump survolté

Donald Trump s'est une fois encore distingué sur le réseau social média Twitter ces derniers jours. Le Président américain a d'abord réagi samedi aux révélations du 'New York Times', selon lequel une enquête aurait été ouverte en 2017 par les services fédéraux américains, destinée à déterminer si Trump avait travaillé pour le compte de la Russie. Cette enquête aurait été ensuite rapprochée de celle du procureur Robert Mueller sur une possible collusion avec Moscou durant la campagne présidentielle de 2016.

Le ton monte, après l'article du NY Times

Trump s'est montré particulièrement virulent à l'égard de l'ancien patron du FBI James Comey, qualifié notamment de menteur et d'ordure. "Wow, je viens juste d'apprendre dans le Défaillant New York Times que les anciens dirigeants corrompus du FBI, presque tous virés ou forcés à quitter l'agence pour de très mauvaises raisons, avaient ouvert une investigation sur moi, sans aucune raison ni preuve, après que j'eus viré ce Menteur de James Cormey, une ordure totale!"

"Une chose marrante à propos de James Comey.Tout le monde voulait qu'il soit viré. Les Républicains comme les Démocrates", a aussi lancé Trump, selon lequel "le FBI était complètement dans la tourmente du fait du faible leadership de Comey". "Le licenciement de James Comey était un grand jour pour l'Amérique", dit même le Président américain, qualifiant l'ex-patron du FBI de "policier véreux" protégé "par son meilleur ami, Bob Mueller".

"J'ai été bien plus dur au sujet de la Russie qu'Obama, que Bush ou que Clinton", assène encore Trump. "Peut-être plus dur qu'aucun autre Président. En même temps, & comme je l'ai souvent dit, s'entendre avec la Russie est une bonne chose, pas une mauvaise chose. J'espère vraiment qu'un jour nous aurons de nouveau de bonnes relations avec la Russie!"

Dévaster économiquement la Turquie ?

Trump est aussi intervenu sur Twitter au sujet de la Turquie et des Kurdes de Syrie, menaçant de "dévaster économiquement" Ankara en cas d'attaque. Un porte-parole turc a répondu sèchement : "Mr Donald Trump. Les terroristes ne peuvent pas être vos partenaires & alliés. La Turquie attend des Etats-Unis qu'ils honorent notre partenariat stratégique et ne veut pas qu'il soit assombri par la propagande terroriste. Il n'y a aucune différence entre DAESH, PKK, PYD et YPG. Nous continuerons à combattre contre eux", a précisé Ibrahim Kalin, en réponse à Trump qui assurait donc de son intention de "dévaster économiquement la Turquie" si elle frappait les Kurdes.

"Mr Donald Trump, c'est une erreur fatale d'assimiler les Kurdes de Syrie au PKK (parti des travailleurs du Kurdistan), qui est sur la liste US des organisations terroristes, et à sa branche syrienne du PYD/YPG (parti de l'union démocratique / unités de protection du peuple)", indique aussi Ibrahim Kalin, qui juge que la Turquie se bat "contre les terroristes" et non contre les Kurdes. "Nous protègerons les Kurdes et les autres Syriens contre les menaces terroristes".

Et le Mur dans tout ça ?

Enfin, Trump a évidemment utilisé encore Twitter pour défendre son mur à la frontière avec le Mexique. Le Président américain a taclé "le Washington Post d'Amazon", qui avait qualifié la Maison Blanche de chaotique et sans stratégie au sujet du "mur". "J'ai un plan au sujet du Shutdown", a affirmé Trump, "mais pour comprendre ce plan vous devriez comprendre le fait que j'ai gagné l'élection, et que j'ai promis sûreté et sécurité pour le peuple américain". "Une partie de cette promesse était un Mur à la Frontière Sud. Les élections ont des conséquences!", rétorque donc le Président américain, rappelant la "Crise Humanitaire massive" à la frontière avec le Mexique.

"La construction du Mur à la Frontière Sud fera baisser le taux de criminalité à travers la totalité du Pays!", assure encore Trump. "Je suis à la Maison Blanche, en train d'attendre. Les Démocrates sont partout sauf à Washington, alors que les gens attendent leur salaire", résume le leader américain... "Nous avons besoin d'une Barrière d'Acier ou d'un Mur. Les Murs Marchent!", dit Trump, reprenant les propos de John Jones, du Département texan de Sécurité publique.

Le shutdown, fermeture administrative partielle aux Etats-Unis, entre dans sa 24ème journée. "Nancy et Chuck 'le pleureur' peuvent mettre fin au Shutdown dans les 15 minutes. A ce stade, c'est devenu leur faute et celle des Démocrates!", ajoute Trump aujourd'hui.

Programme économique et financier

Il n'y aura pas de statistiques économiques notables outre-Atlantique ce lundi. La saison des publications financières trimestrielles débute quant à elle en douceur à Wall Street, avec Citigroup ce jour, puis Wells Fargo, UnitedHealth, JP Morgan Chase, Delta Air Lines et United Continental demain mardi.

Citigroup (+3%) présente ses résultats du quatrième trimestre. Les bénéfices sont de 4,31 Mds$ (1,64$ par action), contre une perte de 18,89 Mds$ (7,38$ par action) un an avant. Les revenus s'élèvent à 17,12 Mds$, contre 17,50 Mds$ un an plus tôt. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 1,61$, contre 1,28$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 1,55$, pour des revenus de 17,6 Mds$.

Newmont (-7%) va s'offrir Goldcorp (+10%) dans le cadre d'une opération en actions d'un montant de 10 milliards de dollars. L'opération va créer un nouveau géant minier, leader mondial de la production d'or. L'annonce de l'opération intervient quelques mois seulement après celle du rapprochement de Barrick Gold et de Randgold Resources (pour 5,4 Mds$). La production du nouvel ensemble Newmont / Goldcorp avoisinerait les 8 millions d'onces d'or par an, ce qui dépasse la production combinée de Barrick et Randgold. L'objectif de production sur les dix prochaines années se situe à 6-7 millions d'onces d'or.

Le nouvel ensemble prévoit de céder jusqu'à 1,5 milliard de dollars d'actifs sur deux ans, afin d'apaiser les autorités de concurrence. Les économies initiales sont attendues à 100 M$ par an. Gary Goldberg, le directeur général de Newmont, restera CEO jusqu'à la finalisation de l'opération et de l'intégration des deux groupes. Il cèdera ensuite la place au directeur des opérations Tom Palmer. Selon les termes du deal, Newmont va offrir 0,328 titre et 2 cents par action Goldcorp, soit une prime de 17% sur la moyenne pondérée à 20 ans. La prime sur les cours de clôture de vendredi ressort à 18%.

Abercrombie & Fitch (+2%) confirme s'attendre à une baisse d'environ 5% de ses ventes au quatrième trimestre fiscal 2018. Les ventes, à magasins comparables, sont en revanche anticipées en légère progression. La marge brute est quant à elle attendue stable ou en légère hausse par rapport à l'an dernier. Les résultats trimestriels seront publiés le 6 mars prochain. Le titre Abercrombie grimpe en pré-séance à Wall Street.

Gannett (+16%) bondit, après une offre d'acquisition de MNG Enterprises, l'une des plus importantes chaînes de journaux aux Etats-Unis. MNG a pris 7,5% du capital, et demande au groupe de McLean Gannett d'étudier ses alternatives stratégiques, en considérant une possible vente. Par ailleurs, MNG, aussi connu sous le nom de Digital First Media, a formulé une offre de rachat de Gannett à 1,36 Md$, 12$ par titre de l'éditeur d'USA Today.

PG&E (-49%) dévisse. La compagnie utilities s'est déclarée en faillite après les incendies californiens. Ainsi, PG&E a confirmé son inscription sous protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, concernant l'ensemble de ses activités.

American Eagle Outfitters (+4%) annonce des ventes du quatrième trimestre en hausse de 6%, contre environ 5% de consensus. Le groupe vise par ailleurs toujours un bénéfice par action compris entre 0,40 et 0,42$ sur le trimestre, dont les résultats complets seront publiés le 6 mars.

©2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com