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Wall Street plombé par la Chine et Donald Trump, malgré Powell

Wall Street plombé par la Chine et Donald Trump, malgré Powell
Wall Street plombé par la Chine et Donald Trump, malgré Powell
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine sombre ce vendredi, malgré les commentaires réconfortants de Jerome Powell. Les représailles commerciales chinoises et l'agitation outrancière de Trump sur Twitter pèsent. Le DJIA retombe de 1,06% à 25.974 pts, alors que le Nasdaq chute de 1,37% à 7.881 pts. Le S&P500 perd 1,3% à 2.885 pts.

Sur le marché des changes, l'indice dollar se tasse maintenant de 0,2% à 98. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI décroche de plus de 2,6% sous les 54$ sur le Nymex, suite aux annonces de Pékin qui entend surtaxer le brut américain.

Trump, survolté, dézingue Powell

La réaction de Donald Trump à l'intervention de Jerome Powell a été plutôt franche et immédiate ce vendredi. "Comme d'habitude, la Fed n'a RIEN fait! Il est incroyable qu'ils puissent 'parler' sans savoir ou demander ce que je fais, ce qui sera annoncé rapidement. Nous avons un dollar très fort et une Fed très faible. Je travaillerai 'brillamment' avec les deux, et les États-Unis s'en porteront très bien. Ma seule question est, qui est notre plus grand ennemi, Jay Powel (ndlr : submergé par l'émotion, Trump a retiré un 'l' à Powell) ou le Président Xi?"

Jerome Powell, le patron de la Banque centrale américaine, s'est pourtant montré rassurant ce vendredi, à l'occasion de son intervention tant attendue dans le cadre du symposium de Jackson Hole. Le leader de la Fed a assuré que la Banque se tenait prête à fournir éventuellement plus de stimulus à l'économie américaine, dans l'hypothèse où surviendrait un ralentissement global, aggravé durant les semaines récentes par les tensions géopolitiques et les incertitudes commerciales.

Powell affirme que la Fed agira comme il se doit afin de soutenir l'expansion économique. La Banque étudie ainsi précautionneusement les nouveaux développements. Le ralentissement de la croissance mondiale, les incertitudes liées aux affrontements commerciaux et le bas niveau d'inflation pèsent sur les perspectives. Le patron de la Réserve Fédérale manie donc prudemment la nuance, évitant de faire clairement entendre qu'un cycle de baisse des taux pourrait suivre, mais réaffirmant tout de même son soutien face aux risques accrus et aux incertitudes économiques et géopolitiques.

Powell, qui constate que l'inflation se rapproche de son objectif, relève les turbulences économiques sans toutefois donner d'indices clairs sur la stratégie à moyen terme de la Fed. La Banque agira "de manière appropriée", selon les termes de son président, qui admet la détérioration globale de la croissance mais estime que les États-Unis demeurent dans une position favorable, malgré des risques "significatifs".

Baisse des taux assurée

Selon l'outil FedWatch du CME Group, il est désormais assuré que la Fed procède à une nouvelle baisse des taux, qui devrait être d'un quart de point (99,6% de 'proba'). La Banque réduirait alors la fourchette à 1,75-2% le 18 septembre à l'issue de sa réunion. Avant les dernières nouvelles de Chine, l'outil FedWatch donnait ce jour une probabilité de 11% à un statu quo. Cette hypothèse est maintenant exclue, alors que celle d'une baisse d'un demi-point fait son apparition (0,4% de chances...).

Donald Trump avait mis un dernier coup de pression sur la Fed il y a quelques instants sur Twitter, juste avant l'intervention de Powell à Jackson Hole. "Maintenant la Fed peut montrer son matos!", avait fort poétiquement lancé le président américain, alors même que Pékin venait de dévoiler de nouvelles représailles commerciales contre Washington portant sur 75 milliards de dollars de marchandises.

D'après le Département américain au commerce ce vendredi, les ventes de logements neufs aux Etats-Unis pour le mois de juillet 2019 sont ressorties au nombre de 635.000, contre 645.000 de consensus de place et 728.000 pour la lecture révisée du mois antérieur. Les chiffres de juillet sont toutefois extrêmement trompeurs, dans la mesure où ceux de juin viennent d'être revus en très forte hausse, par rapport à une estimation initiale de 646.000.

La cote américaine avait débuté la journée assez franchement dans le rouge, minée par les craintes commerciales. Il faut dire que le ministère chinois des Finances vient d'annoncer que Pékin prévoit d'imposer des droits de douane supplémentaires de 5 à 10% à 75 milliards de dollars de biens américains à compter du 1er septembre et de restaurer des 'tarifs' douaniers de 25% sur les importations de voitures provenant des USA à partir du 15 décembre.

La hache de guerre commerciale est déterrée

Ces mesures sont assez agressives, alors même que l'administration Trump semblait pourtant assouplir sa position récemment en retirant certains produits de sa nouvelle liste de 300 milliards de dollars et en reportant l'échéance des nouveaux droits de douane sur certains autres (téléphones mobiles, ordinateurs portables et consoles notamment). Les représailles de la Chine annoncées ce jour vont frapper plus de 5.000 produits provenant des USA, dont des produits agricoles, les petits avions, les voitures et... le pétrole brut.

Les valeurs

Foot Locker (-13%) a annoncé des chiffres peu reluisants. Le spécialiste américain de la distribution de chaussures et accessoires de sport vient de publier pour son second trimestre un bénéfice net de 60 millions de dollars soit 55 cents par titre, contre 88 millions de dollars et 75 cents par action un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 66 cents, alors que le consensus était de 67 cents. Les revenus trimestriels se sont élevés à 1,77 milliard de dollars, contre 1,78 milliard sur la période comparable de l'exercice antérieur et 1,82 milliard de consensus. A comparable, la croissance est extrêmement timide à +0,8%, alors que les analystes de la place tablaient en moyenne sur une expansion de plus de 3%. Bref, le compte n'y est vraiment pas.

Salesforce.com, géant des logiciels CRM, a publié des comptes solides et s'est permis par ailleurs de relever ses estimations annuelles de revenus, aidé par la croissance externe. Pour le second trimestre, le groupe de Marc Benioff a réalisé un bénéfice net de 91 millions de dollars soit 11 cents par titre, contre 299 millions de dollars et 39 cents par action un an avant. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 66 cents par titre, contre 47 cents de consensus. Les revenus ont totalisé 4 milliards de dollars, contre 3,28 milliards un an plus tôt et 3,96 milliards de consensus.

Salesforce (+5%) demeure ambitieux, tablant pour son troisième trimestre fiscal sur des revenus allant de 4,44 milliards à 4,45 milliards de dollars. Pour l'exercice, les recettes sont anticipées désormais entre 16,75 et 16,9 milliards de dollars, avec les acquisitions de Tableau, Salesforce.org et Click Software. Le haut de fourchette de la guidance ferait ressortir une progression de 27% de l'activité. Les consensus étaient de respectivement 4,18 et 16,4 Mds$, sur le trimestre et l'année fiscale.

HP Inc (-5%) a annoncé des trimestriels sans grand relief ainsi qu'un changement de CEO. Le groupe se sépare donc de son directeur général Dion Weisler après quatre ans. Ce dernier quitte le groupe à 52 ans, évoquant une question familiale de santé. Enrique Lores, 53 ans, vétéran du groupe affichant une trentaine d'années de bons et loyaux services, et dirigeant actuellement les activités d'imagerie, imprimantes et solutions, prendra sa succession aux fonctions de CEO le 1er novembre.

Le groupe californien de Palo Alto a annoncé par ailleurs hier soir, pour son troisième trimestre fiscal clos fin juillet 2019, des revenus de 14,6 milliards de dollars, pratiquement stables en glissement annuel et légèrement inférieurs au consensus, pour un bénéfice ajusté par action de 58 cents quant à lui supérieur aux attentes. Pour le quatrième trimestre, le bénéfice par titre est estimé entre 55 et 59 cents, contre 58 cents de consensus.

Hasbro (-7%), géant américain du jouet, est par ailleurs sur le point d'acquérir le Britannique Entertainment One (eOne) pour un montant voisin de quatre milliards de dollars. L'Américain récupèrerait ainsi des marques telles que Peppa Pig ou Pyjamasques. Hasbro payerait 5,6 livres par titre eOne, une prime de 26% sur les cours d'hier. L'opération serait financée par trésorerie et endettement.

Intuit (+6%) a publié hier soir une perte trimestrielle moins lourde que prévu et un chiffre d'affaires meilleur qu'attendu. Le concepteur de logiciels d'entreprises a perdu 153 millions de dollars et 17 cents par titre sur le trimestre clos, contre 200 millions de dollars un an avant. La perte ajustée par action a représenté 9 cents. Les revenus ont grimpé de 15% à 994 millions de dollars.

Gap (stable) a annoncé des ventes à comparable en retrait de 4% et inférieures aux attentes sur le trimestre clos, du fait surtout de la faiblesse de l'enseigne Old Navy. Le groupe de San Francisco a affiché sur le trimestre clos un bénéfice net de 168 millions de dollars et 44 cents par action, contre 297 millions de dollars un an avant. Les ventes se sont tassées à 4,01 milliards de dollars, contre 4,09 milliards de dollars un an plus tôt.

Tesla (-2%) serait en discussions avec la firme sud-coréenne LG Chem en vue de la fourniture de batteries destinées à l'équipement de véhicules électriques fabriqués dans son usine de Shanghai, croit savoir une source de l'agence Reuters.

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