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Wall Street plie face aux tensions entre Washington et Pékin

Wall Street plie face aux tensions entre Washington et Pékin
Wall Street plie face aux tensions entre Washington et Pékin
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York s'oriente mercredi vers une deuxième séance de baisse, sur fond de regain des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Donald Trump a prévenu qu'il s'opposerait à tout accord tant que la Chine ne reviendra pas aux termes qui étaient prévus avant la rupture des négociations en mai. La rencontre entre les présidents des deux plus grandes économies mondiales, fin juin lors du sommet du G20 d'Osaka, n'est toujours pas confirmée... Par ailleurs, la publication d'une inflation atone en mai aux Etats-Unis a encore renforcé les attentes de baisses des taux de la Fed d'ici à la fin de l'année. Les valeurs énergétiques, les financières et les technologiques pesaient mercredi sur la cote, tandis les "utilities" et la santé, jugées plus défensives, progressaient.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones reculait de 0,21% à 25.995 pts, tandis que le S&P 500 fléchissait de 0,21% à 2.879 pts, et que le Nasdaq Composite était en baisse de 0,39% à 7.792 pts. L'indice des semi-conducteurs, le SOX de Philadelphie, plongeait de 2%, ce secteur étant la première victime de la montée des barrières douanières avec la Chine.

Sur le marché des changes, le dollar est reparti en hausse mercredi, l'indice du dollar ( qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) progressant en soirée de 0,26% à 96,94 points. L'euro reculait de son côté de 0,29% à 1,1296$, revenant sous le seuil de 1,13$.

Sur le marché obligataire, les taux sont repartis à la baisse, les marchés anticipant plus que jamais des baisses de taux directeurs de la Fed avant la fin de l'année. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, cédait 2 point de base à 2,12%, proche de ses plus bas depuis novembre 2016.

Une baisse des taux de la Fed attendue de pied ferme pour juillet

Selon l'outil FedWatch du CME Group, basé sur les contrats à terme sur les "fed funds", les marchés tablent désormais sur 2 à 3 baisses d'un quart de point du taux des "fed funds", actuellement fixé à 2,25%-2,50%. Le statu quo est encore attendu pour la prochaine réunion de la Fed, mardi et mercredi prochain (avec une probabilité de 79,2%), mais les marchés voient une première baisse lors de la réunion des 30 et 31 juillet. La probabilité est de 67,9% pour une baisse d'un quart de point le 31 juillet, à 2,00%-2,25%; elle est même de 16,8% pour une baisse d'un demi-point pour revenir à 1,75%-2%.

Les attentes de baisses de taux ont été renforcées par la publication, mercredi, d'un indice des prix à la consommation atone aux Etats-Unis en mai. Les prix ont augmenté de 0,1% par rapport à avril, en ligne avec le consensus de place, et ont augmenté de 1,8% en glissement annuel, un rythme inférieur à l'objectif de 2% de la Fed. Hors alimentation et énergie, le 'CPI' affiche également une augmentation timide de 0,1% par rapport au mois d'avril (+2% en comparaison de l'an dernier).

De son côté, l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta est ressorti à +2% pour juin, inchangé par rapport à mai. Cet indicateur mesure les anticipations d'inflation à un an du point de vue des entreprises.

Le pétrole dans un marché baissier, l'or profite des turbulences

Le pétrole est reparti en nette baisse mercredi après la publication d'une nouvelle forte progression des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis. Le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI chutait en soirée de 2,7% à 51,81$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance août perdait 2,25% à 60,89$ à Londres. Le WTI est retombé dans un marché baissier, caractérisé par une chute supérieure à 20% par rapport à ses sommets annuels d'avril dernier à plus de 66$.

Les stocks de brut domestiques, hors réserve stratégique, ont progressé de 2,2 millions de barils lors de la semaine close le 7 juin à 485,5 millions de barils, au plus haut depuis juillet 2017, alors que le consensus tablait sur un repli de 1 mb. En outre, l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) a réduit mercredi ses prévisions de croissance de la demande mondiale en 2019.

Dans cet environnement incertain, marqué par des taux d'intérêts très bas, l'or a continué de jouer le rôle de valeur-refuge. Le contrat à terme d'août sur le Comex gagnait mercredi 0,40% à 1.336,60$ l'once, approchant à nouveau de ses plus hauts annuels de février, autour de 1.348$.

Un "grand accord" ou "pas d'accord du tout" avec Pékin

Sur le front commercial, les tensions restent vives entre les Etats-Unis et la Chine. Donald Trump a prévenu mercredi qu'il entendait bloquer la signature d'un accord tant que la Chine n'aurait pas accepté les termes qui étaient initialement prévus dans le projet d'accord. "Nous allons soit signer un grand accord avec la Chine, soit ne pas signer d'accord du tout", a-t-il déclaré, ajoutant que c'est l'accord qui a déjà été discuté avec la Chine jusqu'à une date récente qui sera signé, et pas un autre.

Les Etats-Unis ont accusé Pékin d'être revenu au dernier moment sur de nombreux engagements, faisant capoter les négociations le mois dernier. Pékin accuse au contraire les Etats-Unis d'avoir fait échouer les pourparlers en refusant de lever les droits de douanes en échange d'une signature.

On ignore encore si la rencontre prévue entre le président américain et son homologue chinois Xi Jinping aura bien lieu fin juin au Japon, en marge du sommet du G20. Mardi, Donald Trump a affirmé que si Xi Jinping refusait de le rencontrer, Washington taxerait 300 milliards de dollars de biens chinois supplémentaires, ce qui équivaudrait à taxer la totalité des importations chinoises.

Donald Trump a toutefois indiqué mercredi avoir "le sentiment" qu'il y aura un accord commercial avec la Chine.

VALEURS A SUIVRE

Les valeurs énergétiques, les financières et les technologiques pesaient mercredi sur la cote, tandis les "utilities" et la santé, jugées plus défensives, progressaient. L'indice des semi-conducteurs, le SOX de Philadelphie, plongeait de 2%, ce secteur étant la première victime de la montée des barrières douanières avec la Chine.

Parmi les plus fortes baisses du Dow Jones figurent ainsi les pétrolières Chevron (-0,9%) et ExxonMobil (-1,1%), les banques Goldman Sachs (-2,2%) et JP Morgan (-1,3%) et les technos Cisco Systems (-2,4% plus forte baisse du DJIA), IBM (-1%), Intel (-0,9%), Microsoft (-0,7%, et dans une moindre mesure Apple (-0,14%)

Apple négocierait l'acquisition d'une portion significative des opération d'Intel dans la conception de modems pour smartphones selon le site 'The Information'. Le deal éventuel pourrait concerner la filiale allemande, ex-division modems d'Infineon acquise par le groupe californien de Santa Clara en 2011 pour un montant totalisant 1,4 milliard de dollars.

Tesla (-2%) souffle après sa revalorisation boursière récente à Wall Street. Le leader californien de l'automobile électrique tenait hier son assemblée générale. Après avoir touché début juin un plancher de trois ans, le titre venait de reprendre plus de 20% en ligne droite... Elon Musk, fondateur et CEO de la firme, a confié hier lors de l'assemblée que le groupe pourrait afficher un deuxième trimestre record. En outre, le groupe serait en bonne voie en vue de l'atteinte des objectifs de production de fin d'année.

Les perspectives précédemment affichées semblent toujours d'actualité. Tesla avait auparavant indiqué tabler sur les livraisons de 90.000 à 100.000 unités sur le deuxième trimestre, contre 63.000 pour le premier trimestre. Le groupe californien table sur 360.000 à 400.000 livraisons pour l'année 2019. Il mène dans le même temps un programme de réduction des dépenses. Enfin, le gros projet international des prochains mois est celui de la construction de l'usine chinoise dédiée au Model 3. Hier, Musk a souligné toute la difficulté d'être rentable dans un contexte de forte croissance, tout en assurant de sa confiance dans la génération d'un cash flow positif.

KKR (-0,17%) lance une offre sur Axel Springer, le groupe de presse allemand, dans le but d'en détenir plus de 20%. L'offre se situe à 63 euros par action, valorisant la société basée à Berlin près de 6,8 milliards d'euros. La proposition de KKR, en numéraire, matérialise une prime de 32% sur le cours moyen d'Axel Springer au cours des trois derniers mois. Le Directoire et le Conseil de Surveillance d'Axel Springer soutiennent l'offre et le partenariat stratégique envisagé et ont l'intention de recommander aux actionnaires d'accepter la proposition.

Beyond Meat (+13,8%). Dernier analyste à recommander d''acheter' le titre du spécialiste du burger végétarien, Sanford C.Bernstein & Co a dégradé la valeur à 'performance de marché' après l'incroyable envolée de l'action depuis son arrivée à Wall Street le mois dernier. "La dégradation se base sur des éléments de valorisation alors que l'action se négocie de manière très volatile depuis son introduction en bourse, probablement en raison de son flottant limité", explique le courtier. "Bien que Beyond Meat soit l'un des leaders dans un secteur en pleine croissance, il reste peu de potentiel haussier pour le titre".

Kroger (stable). La liste des vendeurs de CBD s'allonge aux Etats-Unis. Le dernier en date est Kroger. La chaîne de grande distribution va en effet commercialiser des produits à base de cannabis dans 945 magasins à travers 17 Etats. L'entreprise basée à Cincinnati proposera des crèmes, des pommades et des huiles contenant du cannabidiol (CBD). La demande pour le CBD, un composé non toxique que l'on trouve dans la marijuana, explose depuis que plusieurs Etats ont légalisé l'usage médical du cannabis, voire son usage récréatif. Walgreens Boots Alliance et CVS vendent déjà des produits contenant du CBD...

Medidata Solutions (-3,5%). Dassault Systèmes (-1,1%) a signé un accord en vue d'acquérir l'Américain Medidata, spécialiste de l'innovation technologique dans le domaine de la santé, dans le cadre d'une opération valorisant le groupe 5,8 milliards de dollars. Le Français prévoit de débourser 92,25 dollars par action pour mettre la main sur la société cotée au Nasdaq dont le chiffre d'affaires a atteint 636 millions de dollars en 2018. Le titre Medidata avait déjà flambé ces dernières semaines à Wall Street sur la rumeur d'un intérêt de Dassault Systèmes.

Mattel (+4%). Le géant américain du jouet a repoussé une offre non sollicitée du groupe californien MGA Entertainment, connu pour les poupées Bratz. Isaac Larian, dirigeant de MGA, a confirmé ce rejet. Une offre antérieure aurait été effectuée l'an dernier.

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