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Wall Street : peu d'évolution à attendre avant la Fed, mais FedEx cartonne

Wall Street : peu d'évolution à attendre avant la Fed, mais FedEx cartonne
Wall Street : peu d'évolution à attendre avant la Fed, mais FedEx cartonne
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street est attendue en légère progression à l'ouverture, une hausse qui devrait toutefois être limitée dans l'attente de la décision de la Fed sur ses taux. Si le statu quo ne fait guère de doutes, les opérateurs scruteront de près la conférence de presse de Jerome Powel à la suite de la nouvelle stratégie monétaire adoptée par la Réserve fédérale ainsi que la mise à jour des prévisions économiques de l'Institution. Avant 20h, les investisseurs seront attentifs à l'évolution des stocks et ventes des entreprises en juillet (16h), à l'indice du marché immobilier américain de la NAHB (16h) et au rapport hebdomadaire du Département à l'énergie sur les stocks pétroliers domestiques (16h30).

Les ventes de détail ont pour leur part augmenté moins que prévu en août aux Etats-Unis. Elles sont ressorties en hausse de 0,6% en comparaison du mois antérieur contre un consensus de place de +1%, et après une progression de 0,9% en juillet. Les ventes 'core' affichent une hausse de 0,7% contre +0,9% attendu et +1,3% au mois précédent. Le ralentissement des ventes pourrait se prolonger avec la recrudescence des cas de contamination au coronavirus dans plusieurs Etats et l'instauration de nouvelles restrictions qui pèsent sur la consommation.

Hier, les espoirs de vaccin anti-Covid-19, les nouveaux signes de reprise économique en Chine et la poursuite des opérations de fusion-acquisition avaient soutenu la cote pour la deuxième séance consécutive.

Sur le front sanitaire, l'épidémie du nouveau coronavirus poursuit son expansion au niveau mondial. Selon l'Université Johns Hopkins, 29,6 millions de cas confirmés ont été recensés dans le monde depuis l'émergence du virus, dont 6,6 millions aux USA. Le virus a fait 935.871 morts dans le monde, dont 195.961 aux Etats-Unis.

Enfin, les cours du brut restent bien orientés, soutenus par les perturbations dans la production américaine avec l'arrivée de l'ouragan Sally dans le Golfe du Mexique et l'annonce par l'American Petroleum Institute d'une baisse des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière.

Les valeurs

* Facebook est toujours dans le viseur des autorités américaines de la concurrence. La Commission fédérale du commerce (FTC) enquête sur le groupe de Mark Zuckerberg depuis plus d'un an pour savoir si le géant des médias sociaux a porté atteinte à la concurrence et pourrait déposer une plainte d'ici la fin de l'année, selon une 'traditionnelle' source proche du dossier citée par 'Bloomberg'. Une information également dévoilée par le 'Wall Street Journal' hier soir. La FTC a ouvert son enquête sur Facebook en juin 2019, au moment même où elle infligeait une amende de 5 milliards de dollarsà la société pour violation de la vie privée. L'enquête se concentre en partie sur la question de savoir si les acquisitions passées de Facebook, comme les rachats d'Instagram et WhatsApp, ont violé les lois antitrust. Le directeur général de Facebook, Mark Zuckerberg, a été interrogé le mois dernier par des responsables de la FTC.

Lors d'une audition, les législateurs auraient évoqué plusieurs mails du patron de FB, dans lesquels ce dernier s'inquiétait des débuts d'Instagram et de Path : "les activités sont naissantes mais ... elles pourraient nous perturber". Le jeune milliardaire aurait défendu les actions de Facebook en qualifiant l'acquisition d'Instagram de "success story américaine" qui a permis à l'application de prospérer. En plus de la FTC, Bloomberg rappelle que Facebook fait l'objet d'une enquête antitrust menée par un groupe de procureurs généraux à l'échelle nationale dirigée par la New-Yorkaise Letitia James.

* Kraft Heinz. Lactalis, le géant français des produits laitiers, a annoncé le rachat des marques de fromages naturels du groupe américain Kraft Heinz, dont Kraft, Cracker Barrel ou Breakstone's (mais pas la marque iconique Philadelphia). Le montant de l'opération s'élève à 3,2 milliards de dollars, soit 2,7 milliards d'euros. La transaction prévoit aussi que Kraft Heinz accorde des licences à Lactalis sur certaines marques. Le groupe américain d'agro-alimentaire, a aussi annoncé qu'il allait augmenter son budget marketing et revoir sa chaîne d'approvisionnement afin de parvenir à des économies de 2 Mds$ d'ici à 2024.

* Adobe Systems. L'éditeur de logiciels graphiques a publié mardi soir après la clôtre de Wall Street des résultats trimestriels supérieurs aux attentes du consensus, ce qui a entraîné une hausse de 2,3% du cours du titre dans les cotations électroniques après la clôture. L'action Adobe affiche une hausse de 51% depuis le début de l'année, le groupe ayant profité de la vague de télétravail liée à la pandémie de Covid-19. Pour son 3e trimestre fiscal, achevé le 28 août, le groupe américain basé à Mountain View (Californie), a affiché un profit net en hausse de 20% sur un an, à 955 millions de dollars (un bénéfice ajusté de 2,57$ par action), contre 793 M$ (et 1,63$ ajusté par action) un an plus tôt. Les analystes tablaient sur un bpa ajusté de 2,41$.

Les revenus sont aussi ressortis supérieurs aux prévisions, en hausse de 14% pour atteindre un niveau record de 3,23 milliards de dollars contre 2,8 Mds$ sur la même période de 2019. Le consensus tablait sur 3,16 Mds$ de ventes. Le groupe a en outre publié des prévision optimistes pour son 4e trimestre fiscal, avec des ventes attendues à 3,35 Mds$ et un bpa ajusté à 2,64$.

* Apple. Coronavirus oblige, la traditionnelle conférence de rentrée d'Apple s'est déroulée mardi soir sous une forme virtuelle, depuis son siège de l'Apple Park à Cupertino, en Californie... Une soirée un peu moins palpitante que d'ordinaire, ne serait-ce que parce que les nouveaux iPhones, les premiers compatibles avec la 5G, n'étaient pas au menu de la soirée. Pour cause de crise sanitaire, le processus de fabrication à grande échelle du nouveau smartphone du groupe, l'iPhone 12, a pris cette année un peu de retard... Sa présentation ne serait pas attendue avant octobre, au cours d'une nouvelle conférence virtuelle. Selon des sites spécialisés, les iPhone 12 et iPhone 12 Pro seraient mis en vente entre le 4e trimestre 2020 et le 1er trimestre 2021. Ensuite, un "iPhone 12s", au prix plus abordable, serait lancé entre le 2e et le 4e trimestre 2021.

En attendant, Apple a tout de même mis les bouchées doubles mardi, en matière d'annonces, avec une attention particulière apportées aux services, notamment ceux liées à la santé et au fitness. Ainsi, le groupe va proposer désormais un seul abonnement baptisé "Apple One", comprenant Apple TV+, Arcade, Apple Music et iCloud. Le service de base sera lancé cet automne à partir de 14,95 dollars par mois dans une centaine de pays (14,95 euros en France), ainsi qu'un forfait famille (19,95$ par mois). Un forfait premium (29,95$ par mois) inclura en outre la nouvelle application "Apple Fitness +" ainsi que News+, et sera lancé en Australie, au Canada, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Côté produits, le géant du mobile a dévoilé deux nouvelles versions de sa montre connectée Apple Watch, ainsi qu'une nouvelle gamme de tablettes iPad Air et un iPad 8.

* FedEx s'envole de près de 10% en pré-séance à Wall Street après la publication de résultats trimestriels meilleurs qu'attendu grâce à la nouvelle forte augmentation des livraisons à domicile pendant le confinement. Sur les trois mois clos fin août, le groupe a enregistré un profit net ajusté de 1,25 milliard de dollars ou un bpa de 4,72$ pour des revenus de 19,3 Mds$, en hausse de 13%. Le consensus tablait sur un bpa de 2,69$ pour des ventes de 17,55 Mds$. La marge opérationnelle a atteint 8,2% contre 5,7% un an auparavant.

Compte tenu de l'incertitude toujours forte autour de l'évolution de la pandémie de coronavirus, la société spécialisée dans le transport international de fret n'a toujours pas fourni de prévisions pour l'exercice en cours. Elle a en revanche rehaussé de 200 M$, à 5,1 Md$, sa prévision de dépenses en capital pour l'exercice afin d'augmenter ses capacités pour soutenir l'augmentation des niveaux de volumes. "La croissance de nos bénéfices souligne l'importance de nos initiatives commerciales et de nos investissements au cours des dernières années", a déclaré Fred Smith, directeur général de FedEx, lors d'une conférence téléphonique avec les analystes. "À bien des égards, le monde s'est accéléré pour répondre à nos stratégies".

* Boeing. Les crashs des deux Boeing 737 Max qui ont fait 346 morts "ne sont pas le résultat d'une défaillance singulière, d'une erreur technique ou d'un événement mal géré" mais "l'horrible point culminant d'une série d'hypothèses techniques erronées des ingénieurs de Boeing, d'un manque de transparence de la part de la direction de Boeing et d'une surveillance grossièrement insuffisante de la part de l'administration fédérale de l'aviation". Telle est la conclusion d'un rapport de 245 pages publié mercredi par la Chambre des représentants. Ce rapport plaide ainsi clairement en faveur de vastes changements dans la surveillance de l'industrie aéronautique par la FAA.

Le rapport met en avant les cinq raisons principales à l'origine des deux accidents : les pressions exercées pour mettre à jour la conception du 737 rapidement et à moindre coût, les hypothèses erronées sur la conception de l'appareil et les performances des pilotes, la "culture de la dissimulation" chez Boeing, des conflits d'intérêts inhérents au système qui permet aux employés de Boeing d'agir au nom du gouvernement et l'emprise de la société sur les hauts dirigeants de la FAA.

Le document note par ailleurs que les réponses de Boeing et de la FAA au premier accident - des avertissements aux pilotes émis début novembre 2018 - n'étaient pas suffisantes pour éviter un second accident. "Boeing et la FAA ont tous deux joué avec la sécurité du public à la suite du crash de Lion Air, qui a entraîné la mort de 157 personnes supplémentaires sur le vol 302 d'Ethiopian Airlines, moins de cinq mois plus tard". Peter DeFazio, président de la commission des transports de la Chambre des représentants, estime ainsi "ahurissant" que les responsables de Boeing et de la FAA aient conclu que la conception de l'avion était conforme à la réglementation en dépit des crashs. "Nous allons prendre des mesures dans notre législation pour faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais alors que nous réformons le système".

Les dirigeants républicains de la commission de la Chambre des représentants ont contesté les conclusions du rapport, déclarant qu'elles représentaient une approche partisane excessive qui allait au-delà de ce que d'autres études ont montré... Dans un communiqué, Boeing a déclaré avoir coopéré à l'enquête de la commission et avoir pris des mesures au sein de la compagnie pour améliorer la sécurité : "nous avons tiré de nombreuses leçons des accidents du vol Lion Air 610 et du vol Ethiopian 302, et des erreurs que nous avons commises... Le changement est toujours difficile et nécessite un engagement quotidien, mais en tant qu'entreprise, nous sommes déterminés à faire le travail".

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