Cotation du 27/03/2020 à 22h12 Dow Jones Industrial -4,06% 21 636,78
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Wall Street : peine à confirmer son envolée historique

Wall Street : peine à confirmer son envolée historique
Wall Street : peine à confirmer son envolée historique
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street évolue en ordre dispersé en début de séance, peinant pour le moment à confirmer sa journée historique. Après les mesures inédites dévoilées par la Fed lundi pour soutenir le marché du crédit, l'accord conclu au Sénat sur un plan de soutien à l'économie massif de près de 2.000 milliards de dollars est clairement positif même s'il ne règle pas tous les problèmes. Le compromis trouvé entre républicains et démocrates doit par ailleurs être voté à la Chambre haute du Congrès dans la journée avant son passage à la Chambre des représentants.

L'indice Dow Jones avance actuellement de 1,2% à 20.953 points. L'indice large S&P 500 cède 0,2% à 2.443 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, redonne 0,9% à 7.354 pts.

"Les actions des responsables de la politique monétaire et budgétaire devraient nous aider à prévenir un resserrement du crédit de type crise financière mondiale", affirme Mark Haefele, directeur des investissements chez UBS Global Wealth Management. "La forte hausse des actions mardi montre que la combinaison de l'ensemble des mesures prises par les banques centrales et d'un soutien budgétaire direct et substantiel peut être bien accueillie par les marchés".

Si cet accord, qui a permis à l'indice Dow Jones d'enregistrer mardi sa meilleure performance depuis 1933, apporte un certain soulagement, tout n'est pas rose pour autant. La pandémie de Covid-19 continue en effet à se propager à travers le monde, et notamment aux Etats-Unis, appelés à devenir le prochain grand foyer de contamination selon de nombreux observateurs, d'autant que Donald Trump ne semble pas prêt à durcir les mesures de confinement et entend au contraire "rouvrir" le pays pour Pâques, le 12 avril. Quand l'économie passe avant le sanitaire...

Sur le marché des changes, le dollar poursuit sa (légère) consolidation après plus d'une semaine d'ascension fulgurante, les investisseurs ayant fui les autres devises, notamment celles des marchés émergents, pour se réfugier vers le "Roi dollar". L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, dollar canadien, yen et couronne suédoise) recule actuellement de 0,4% à 101,9 points. Quant à l'indice Vix de la volatilité, aussi appelé "indice de la peur", il remonte de 1 point à 62,7, après avoir atteint la semaine passée des niveaux records supérieurs à 85.

A l'image des places boursières, les cours du pétrole se sont également retournés au cours des dernières heures. En hausse en matinée, le baril de brut léger américain WTI cède désormais près de 2% à 23,6$ (contrat à terme de mai sur le Nymex), tandis que le Brent de mer du Nord rend 3% à 26,3$. D'après le Département américain à l'Energie, les stocks pétroliers domestiques de brut aux Etats-Unis pour la semaine close au 20 mars ont augmenté de 1,6 million de barils à 455,4 mb, contre un consensus de +3 millions de barils. Les stocks d'essence ont reculé de 1,5 million de barils, alors que les stocks de distillés ont décliné de 0,7 million de barils par rapport à la précédente semaine.

Sur l'agenda économique du jour, les nouvelles commandes de biens durables de février sont ressorties en demi-teinte outre-Atlantique. Selon les données du gouvernement, elles ont augmenté de 1,2% le mois passé après une hausse de 0,1% en janvier (contre -0,2% annoncé initialement) et contre un repli de 0,9% attendu par le consensus. Hors transport, les commandes reculent en revanche de 0,6% après avoir progressé de 0,6% le mois précédent.

L'indice FHFA (Federal Housing Finance Agency) relatif aux prix des logements aux Etats-Unis pour le mois de janvier a progressé de 0,3% en comparaison du mois antérieur, contre +0,4% de consensus de place et +0,6% un mois avant. En glissement annuel, l'indice augmente de +5,2%.

Les valeurs à suivre

* Boeing (+18%). Une lueur d'espoir chez le concurrent d'Airbus. Alors que l'avionneur américain traverse l'une des plus graves crises de son histoire depuis le double accident mortel du 737 MAX, la pandémie de Covid-19 est venue assombrir un peu plus le ciel au-dessus de Seattle. Le transport aérien mondial est à l'arrêt ou presque, les compagnies luttent pour leur survie et les reports et annulations de commandes devraient suivre rapidement. Dans ce contexte, une bonne nouvelle pourrait sonner à la porte du géant de l'aéronautique.

Selon les sources de 'Reuters', Boeing prévoit en effet de redémarrer la production de son 737 MAX d'ici le mois de mai. Le calendrier dépend encore de l'ampleur des perturbations dues au coronavirus et du feu vert des autorités américaines pour la remise en service de l'appareil, toujours attendu à la mi-2020. Une source industrielle de l'agence a précisé que Boeing avait demandé à certains fournisseurs d'être prêts à livrer des pièces destinées au MAX en avril.

* American Airlines (+11%). Les principales compagnies aériennes américaines bondissent après l'accord trouvé au Congrès sur un plan de relance massif de l'économie américaine. Un programme dont une partie devrait profiter au secteur aéronautique, qui subit la plus grave crise de son histoire.

* Nike (+11%) bondit à Wall Street, le marché saluant des résultats trimestriels plutôt solides de la firme basée dans l'Oregon. Le groupe a réalisé au cours de son troisième trimestre fiscal (clos fin février) un bénéfice net de 847 millions de dollars ou un bpa de 53 cents contre un profit de 1,1 Md$ ou 68 cents par titre un an plus tôt. Les revenus ont atteint 10,1 Mds$ (+5%) contre 9,55 Mds$ de consensus grâce à une croissance de 13% de Nike Direct, et à une progression des ventes en ligne de 36%. Les belles performances sur plusieurs marchés clefs de Nike, dont l'Amérique du Nord, ont permis de compenser l'impact de la pandémie de Covid-19 sur l'activité en Chine. La marge brute s'est par ailleurs établie à 44,3%. Compte tenu des incertitudes liées à l'épidémie, l'équipementier sportif n'a pas fourni de prévisions pour l'exercice.

* Target (-8%) suspend ses prévisions financières et son programme de rachat d'actions et réduit ses investissements prévus pour se concentrer sur la satisfaction de ses clients à court terme. Face à la pandémie de coronavirus, le détaillant ne prévoit plus de rénover qu'environ 130 magasins en 2020 contre 300 espérés auparavant. Le groupe va également ouvrir moins de magasins de petit format qu'il ne l'avait prévu précédemment. "Il est devenu très clair que nous devons être disciplinés pour nous assurer que nos magasins et notre chaîne d'approvisionnement se concentrent sur le service à nos clients sans distractions inutiles", a déclaré le directeur général Brian Cornell. "Nous devrons donner la priorité au flux de nourriture, de médicaments et d'autres produits essentiels dans un avenir prévisible".

* Facebook (-3%) a annoncé que l'épidémie de coronavirus pesait sur ses recettes publicitaires, qui représentent la quasi-totalité de ses revenus, même si de plus en plus d'utilisateurs confinés à domicile passent beaucoup de temps sur le réseau social.

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