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Wall Street : pas de prise de risque avec le commerce et la Fed

Wall Street : pas de prise de risque avec le commerce et la Fed
Wall Street : pas de prise de risque avec le commerce et la Fed
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street s'affiche en légère baisse ce mardi soir à trois heures de la clôture, alors que Donald Trump vient de durcir le ton à quelques jours seulement de la confrontation tant attendue avec son homologue chinois Xi Jinping. Les derniers commentaires du Vice-Président de la Fed, qui montrent la détermination de la Banque à poursuivre sur la voie d'un durcissement monétaire graduel, pèsent également sur les marchés. Le DJIA régresse actuellement de 0,28% à 24.570 pts, le Nasdaq perd 0,29% à 7.061 pts, et le S&P500 fléchit de 0,19% à 2.668 pts.

Le Président américain Donald Trump vient donc de casser un peu l'ambiance en confirmant vouloir taxer 200 milliards de dollars supplémentaires de produits chinois importés. Ainsi, D'après des propos tenus à l'occasion d'un entretien accordé au 'Wall Street Journal', Trump entend toujours appliquer des prélèvements douaniers majorés (passant de 10% à 25%) sur 200 Mds$ d'importations chinoises. Le Président américain a jugé "hautement improbable" qu'il accède à la demande éventuelle de Pékin de reporter la mesure. Trump a demandé par ailleurs que la Chine s'ouvre à la concurrence américaine, "seul accord possible" selon lui. En cas d'échec des discussions, le Président US envisage toujours de taxer le reste des produits chinois importés aux Etats-Unis, qui représentent environ 267 milliards de dollars de marchandises. Ces prélèvements douaniers pourraient aussi s'appliquer aux ordinateurs et aux iPhones provenant de Chine, a même assuré Trump, qui n'anticipe qu'un impact limité sur la consommation si les droits ressortent à 10%. "Cela dépendra du taux", a glissé le Président américain, à propos des taxes éventuelles sur les smartphones et ordinateurs importés.

Toujours très actif, Trump s'est aussi inquiété des conséquences du Brexit sur les relations commerciales entre les USA et le Royaume-Uni. Le Président américain a ainsi suggéré que l'accord du Brexit, très positif selon lui pour l'Europe, pourrait menacer les échanges commerciaux entre Washington et Londres. Trump craint donc que l'accord conclu entre Londres et Bruxelles ne rende le Royaume-Uni incapable de négocier un accord de libre-échange avec les USA.

Richard Clarida, le Vice-Président de la Fed, s'exprime aujourd'hui à propos de politique économique. Il constate la durée exceptionnelle de la phase actuelle d'expansion outre-Atlantique, et avertit concernant les risques d'une augmentation des taux trop rapide... ou trop lente ! Il soutient évidemment la politique actuelle de hausse graduelle des taux. "Agir trop lentement pourrait provoquer une hausse de l'inflation et des anticipations d'inflation", prévient Clarida, qui estime que cela pourrait alors présenter des risques pour la stabilité financière. Clarida espère également que les investissements des entreprises américaines vont progresser, afin de soutenir le rythme d'amélioration de la productivité observé durant les récents trimestres...

L'indice S&P Corelogic Case-Shiller '20-City' des prix américains de l'immobilier pour le mois de septembre 2018, concernant les 20 principales zones métropolitaines à l'étude et ajusté des variations saisonnières, a augmenté comme prévu de 0,3% en comparaison du mois antérieur (indice stable en comparaison du mois d'août et hors ajustements, +5,1% en glissement annuel).

L'indice FHFA (Federal Housing Finance Agency) des prix de l'immobilier pour ce même pour de septembre a grimpé pour sa part de 0,2% en comparaison du mois antérieur, contre +0,3% de consensus et +0,4% pour la lecture révisée du mois antérieur. L'indice augmente de 6% en glissement annuel.

L'indice de confiance des consommateurs américains mesuré par le Conference Board pour le mois de novembre 2018 est ressorti à 135,7, contre un consensus de 136,5 et un niveau de 137,9 un mois avant.

VALEURS A SUIVRE

Amazon (stable), qui comptait hier lundi parmi les plus fortes hausses à Wall Street dans l'attente de très bons chiffres pour le week-end de Thanksgiving, n'a pas déçu. Le groupe de Jeff Bezos annonce donc "un week-end record de shopping des fêtes". Le Cyber Monday (hier lundi) devient le jour le plus important de l'histoire du groupe "avec le plus grand nombre de produits commandés dans le monde", ajoute Amazon. Les consommateurs ont acheté un nombre record de produits Amazon (appareils Echo en particulier) dans le monde durant le week-end, "avec des millions d'appareils vendus". Les clients d'Amazon à travers le monde ont commandé plus de 18 millions de jouets et plus de 13 millions de produits de mode sur les journées combinées du Black Friday et du Cyber Monday. Amazon ajoute que les ventes des petites et moyennes entreprises dans le monde ont progressé de plus de 20% sur le Black Friday, en comparaison de l'an dernier.

Tesla (-1%). On comprend mieux désormais pourquoi le constructeur californien de véhicules électriques entend baisser ses prix sur les Model S et X en Chine, comme il l'a fait savoir il y a quelques jours. Les ventes chinoises du groupe auraient ainsi plongé de 70% en octobre 2018, en glissement annuel, Tesla subissant la rude guerre commerciale entre Washington et Pékin. C'est du moins ce qu'a indiqué ce mardi à Reuters la fédération automobile chinoise. Un responsable de la China Passenger Car Association a précisé que les données de cette dernière faisaient état de 211 ventes de Tesla le mois dernier sur le premier marché automobile mondial, la Chine.

Tesla, qui ne vend pour l'heure en Chine que des voitures importées, est frappé par l'augmentation des droits de douane consécutive à l'affrontement commercial entre Washington et Pékin. Le groupe d'Elon Musk réduira ainsi de 12% à 26% les prix des Model S et X sur le premier marché automobile mondial. Pékin avait précédemment majoré les tarifs douaniers sur les importations automobiles américaines, pénalisant notamment le groupe de Palo Alto, dont les voitures vendues en Chine sont pour l'heure conçues aux USA (relèvement à 40% décidé en juillet par la Chine des droits sur les importations automobiles en provenance des Etats-Unis).

United Technologies (-6%) a annoncé son intention de se scinder en trois entreprises distinctes. Les activités du groupe seront ainsi séparées en trois branches : l'aéronautique, les ascenseurs (Otis) et les équipements pour bâtiments (Carrier). Cette annonce fait suite à la finalisation du rachat de l'équipementier aéronautique Rockwell Collins. Le groupe estime que cette scission placera chaque entreprise dans un position optimale en vue d'une croissance à long terme. Les activités "aéronotiques" garderont le nom d'United Technologies et comprendront notamment les activités de Collins Aerospace Systems et de Pratt & Whitney. Gregory Hayes conservera quant à lui son poste de CEO d'United Technologies à l'issue de la scission, qui devrait être achevée d'ici à 2020. Pour l'exercice 2018, en prenant en compte l'acquisition de Rockwell Collins, le groupe vise désormais des ventes comprises entre 64,5 et 65 Mds$, pour un bénéfice par action logé entre 7,10 et 7,20$.

Apple cède 1% suite aux dernières menaces protectionnistes de Trump. Le groupe à la pomme pourrait passer au rang de seconde capitalisation mondiale derrière Microsoft ce jour...

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