Cotation du 18/06/2021 à 23h09 Dow Jones Industrial -1,58% 33 290,08
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Wall Street partagé, les "techs" repartent en baisse

Wall Street partagé, les "techs" repartent en baisse
Wall Street partagé, les 'techs' repartent en baisse
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York évolue en ordre dispersé lundi soir, les investisseurs se dégageant des valeurs technologiques et internet, jugées trop chères, pour favoriser les valeurs défensives et cycliques. Les craintes d'inflation et de resserrement de la politique monétaire de la Fed refont surface, alors que les chiffres de l'inflation en avril seront publiés cette semaine aux Etats-Unis. Le dollar est au plus bas depuis deux mois et demi face à un panier de devises, et le pétrole fluctue près des 65$ le baril WTI, après une cyberattaque qui a interrompu le principal pipeline de l'Est des Etats-Unis.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones progresse encore de 0,65% à 35.003 points, un nouveau record, tandis que l'indice large S&P 500 cède 0,24% à 4.222 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, abandonne 1,75% à 13.510 pts et perd désormais 4,5% par rapport à son précédent record du 26 avril, à 14.138 pts.

La semaine dernière, le DJIA avait gagné 2% et le S&P 500 avait pris 1,2%, mais le Nasdaq avait corrigé de 1,5%, victime des valorisations très élevées et de la rotation sectorielle vers les valeurs cycliques.

Cette rotation se poursuit donc lundi, menée par les indices sectoriels S&P 500 des utilities (+1,6%), des biens de consommation de base (+1,2%), de l'énergie (+1,2%) et des industrielles (+1%). En queue de peloton arrivent les technologiques (-1,4%) et les services de communication (-1,1%).

En fin de semaine dernière, les marchés avaient progressé malgré l'annonce de chiffres mensuels de l'emploi très mauvais aux Etats-Unis, avec seulement 266.000 emplois non-agricoles créés, contre un consensus de place logé à près d'un million ! Toutefois, cette contre-performance, qui a rappelé le chemin à parcourir avant une reprise complète, a laissé penser aux marchés que la Réserve fédérale maintiendrait son soutien massif au marché sur une période prolongée...

Les experts sont tout de même très divisés sur cette question de l'inflation, bon nombre d'entre eux estimant que malgré les dénégations de la Fed, cette dernière commencera à réduire son soutien bien avant la fin 2023, comme elle le suggère régulièrement. De nombreux responsable de la Fed prendront la parole cette semaine, dont le patron de la Fed de Chicago Charles Evans (ce lundi), suivi mardi de la gouverneure Lael Brainard, ainsi que Mary Daly (San Francisco) et John Williams (Fed de New York), puis du vice-président de la Fed Richard Clarida mercredi. Jeudi, ce sera au tour de James Bullard (Fed de St-Louis) suivi vendredi du patron de la Fed de Dallas, Robert Kaplan. Ce dernier est le seul à s'être prononcé ouvertement ces derniers jours pour l'ouverture rapide d'un débat sur la diminution du programme de rachat d'actifs de la Fed.

Parmi les indicateurs macro-économiques les plus suivis, les marchés prendront connaissance mercredi de l'indice des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis en avril, qui devrait montrer une accélération des prix, d'autant que l'effet de base jouera en ce sens, les prix ayant été déprimés en avril 2020 par les restrictions liées à la crise du Covid-19. Jeudi, sera également publié l'indice des prix à la production (PPI). Les chiffres del'inflation en Chine (CPI et PPI) seront aussi suivis de près mardi par les marchés financiers.

Vendredi sera riche en statistiques de premier plan aux Etats-Unis, dont les ventes de détail en avril, la production industrielle et le sentiment des consommateurs en mai mesuré par l'Université du Michigan.

Sur les marchés obligataires, les taux se tendent à nouveau légèrement lundi, anticipant une hausse de l'inflation en avril. Le rendement du T-Bond américain à 10 ans pointe à 1,59% (+2 points de base) et le taux du "30 ans" remonte à 2,31% contre 2,27% vendredi soir (+4 pdb).

Du côté des changes, l'indice du dollar cède 0,1% à 90,17 points face à un panier de devises de référence. L'euro recule lui aussi, de 0,13% face au billet vert, à 1,2147$ dans les échanges interbancaires à New York.

Le pétrole hésite lundi entre le rouge et le vert, après une cyber-attaque qui a paralysé le pipeline américain Colonial Pipeline, qui alimente tout l'Est des Etats-Unis en essence, fuel et kérosène, à travers 8.800 km de tuyaux. Le baril de brut léger américain WTI recule de 0,2% à 64,77$ sur le Nymex pour le contrat à terme de juin, tandis que le Brent fléchit de 0,1% à 68,21$ (contrat de juillet).

Colonial Pipeline a été contraint de fermer ce week-end son immense réseau d'oléoducs après la cyberattaque. Le groupe a cependant a indiqué lundi qu'il avait commencé à rouvrir ses lignes de distribution "par étape" avec pour objectif de rétablir l'essentiel des opérations "d'ici la fin de la semaine".

Enfin, sur le marché des "cryptos", le bitcoin cède lundi soir 1,3% sur 24h, autour de 56.814$ sur la plateforme Bitfinex, alors que l'Ether bondit de 5,6% à 4.127$, un nouveau plus haut historique.

VALEURS A SUIVRE

Les résultats d'entreprises continuent de pleuvoir cette semaine, dont ceux d'Air Products, BioNTech, Duke Energy, Marriott International, Novavax, Occidental Petroleum, Weibo, Wynn Resorts (lundi), puis mardi Electronic Arts, Palantir Technologies, Toyota Motor ou encore Vodafone Group, ainsi que jeudi Airbnb, Alibaba, DoorDash, The Walt Disney Company et Coinbase Global.

Marriott (-3%) a réalisé au premier trimestre fiscal des bénéfices et revenus en forte baisse, sans réelle surprise. L'opérateur hôtelier américain a déploré une perte nette consolidée de 11 millions de dollars et 3 cents par action, à comparer à un profit de 31 millions un an avant. Hors éléments, le bénéfice ajusté par action a représenté 10 cents, contre 49 cents sur la période correspondante de l'an dernier et 4 cents de consensus. Les revenus ont été divisés par deux à 2,32 milliards de dollars, alors que le consensus FactSet se chiffrait quant à lui à 2,38 milliards de dollars. Le RevPAR a trébuché de 46% en glissement annuel, dans le monde et en Amérique du Nord. Le CEO du groupe, Tony Capuano, évoque toutefois une reprise en Amérique du Nord, principale région d'activité, avec le déploiement des vaccins anti-covid. Le groupe ne fournit pas de guidance.

Tyson Foods (-0,2%) a annoncé pour son second trimestre des comptes supérieurs aux attentes, mais prévient également de pressions accrues sur ses marges. Pour le second trimestre fiscal, le groupe alimentaire américain a réalisé un bénéfice net de 476 millions de dollars et 1,3$ par titre, contre 376 millions de dollars un an avant. Le bénéfice ajusté par action a été de 1,34$, contre 80 cents un an avant et 1,15$ pour le consensus FactSet. Les revenus ont totalisé quant à eux 11,3 milliards de dollars, contre 10,9 milliards sur la période comparable de l'an dernier et 11,2 milliards de consensus. Dean Banks, CEO du groupe, indique que Tyson voit des pressions substantielles en termes d'inflation sur sa chaîne d'approvisionnement, ce qui créera probablement des tensions sur les marges.

Tesla (-5,2%) corrige après l'intervention remarquée d'Elon Musk dans le show 'Saturday Night Live'. Le patron de Tesla et SpaceX s'est une fois encore distingué à cette occasion. Vêtu de noir, il s'est décrit comme la première personne atteinte du syndrome d'Asperger invitée à l'émission, ou acceptant du moins d'admettre ce trouble. Musk s'est dit incompris, expliquant ses réactions ou tweets parfois quelque peu gênants ou déconcertants par ce fonctionnement particulier de son cerveau. Il revendique toutefois d'avoir réinventé la voiture électrique et d'être capable d'envoyer des humains sur Mars, ce qui, on en conviendra, est peu commun. Musk s'est prêté au jeu de l'émission en se déguisant en Wario, ennemi de Super Mario...

Coty (-11%) a annoncé des revenus du troisième trimestre fiscal en déclin de 3,3% en glissement annuel avec la crise sanitaire. L'acteur du marché des produits de beauté a essuyé une perte de 18,5 millions de dollars et 2 cents par titre sur la période, contre 272 millions de déficit un an avant. Le bpa ajusté est ressorti à l'équilibre, contre -14 cents un an plus tôt et +1 cent de consensus FactSet. Les revenus ont totalisé 1,03 milliard de dollars. Coty, qui mène son plan stratégique et dont la marque CoverGirl monte en puissance, maintient sa guidance annuelle de revenus de 4,5 milliards à 4,6 milliards de dollars, alors que les réductions de coûts sont attendues à 300 M$.

Ford Motor (+0,2%), le constructeur automobile du Michigan, a fait état du rappel de 661.000 exemplaires de son modèle Explorer en Amérique du Nord à la demande des autorités US, du fait d'un défaut de fixation des barres de toit.

Pfizer (+1,3%) et son partenaire allemand BioNTech (+10,3%) ont signé avec l'Union européenne un nouveau contrat concernant la fourniture de 1,8 milliard de doses de leur vaccin anti-covid sur la période 2021-2023. BioNTech, qui vient en outre de dévoiler des trimestriels en progression, a également fait état de son intention de construire une usine de production de vaccins à Singapour.

BioNTech (+10,3%) bondit à Wall Street, sur le Nasdaq. Pour le premier trimestre, le groupe allemand a annoncé des revenus de 2,05 milliards d'euros, contre 1,7 milliard de consensus FactSet. Sur la période comparable de l'an dernier, le chiffre d'affaires ne dépassait pas 28 millions d'euros. Le bénéfice net a atteint 1,13 milliard d'euros, contre une perte de 53,4 millions un an avant. Le laboratoire dit avoir fourni plus de 450 millions de doses du vaccin anti-covid à 91 pays ou territoires au 6 mai 2021.

Eli Lilly (-0,1%), le laboratoire pharmaceutique d'Indianapolis, a annoncé ce week-end la signature d'accords de licence avec trois fabricants indiens de médicaments génériques en vue d'une augmentation de l'offre de baricitinib, molécule utilisée dans le traitement du covid.

Microsoft (-1,7%), le colosse software de Redmond, reste sous surveillance ce jour en bourse. Selon le Wall Street Journal, le Pentagone envisagerait d'abandonner le projet JEDI de sous-traitance informatique d'environ 10 milliards de dollars, dont l'attribution en 2019 à Microsoft est depuis vivement contestée par Amazon (-2,8%) et le Congrès.

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