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Wall Street miné par Trump et Clarida

Wall Street miné par Trump et Clarida
Wall Street miné par Trump et Clarida
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street consolide ce mardi, alors que Trump vient de durcir le ton à quelques jours seulement de la confrontation tant attendue avec son homologue chinois Xi Jinping. Les derniers commentaires du Vice-Président de la Fed, qui montrent la détermination de la Banque à poursuivre sur la voie d'un durcissement monétaire graduel, pèsent également sur les marchés.

Le DJIA régresse actuellement de 0,40% à 24.541 pts, alors que le Nasdaq perd 0,13% à 7.072 pts. Le S&P500 fléchit de 0,2% à 2.669 pts. Apple cède 1% suite aux dernières menaces protectionnistes de Trump. Le groupe à la pomme pourrait passer au rang de seconde capitalisation mondiale derrière Microsoft ce jour... Boeing, plus gros exportateur américain vers la Chine, fléchit également de 1% sur la cote américaine ce jour, tout comme Caterpillar.

Sur le marché des changes, l'indice dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de six devises, prend actuellement 0,2% à 97,2.

Trump menace

Le Président américain Donald Trump vient donc de casser un peu l'ambiance en confirmant vouloir taxer 200 milliards de dollars supplémentaires de produits chinois importés. Ainsi, D'après des propos tenus à l'occasion d'un entretien accordé au 'Wall Street Journal', Trump entend toujours appliquer des prélèvements douaniers majorés (passant de 10% à 25%) sur 200 Mds$ d'importations chinoises. Le Président américain a jugé "hautement improbable" qu'il accède à la demande éventuelle de Pékin de reporter la mesure.

Trump a demandé par ailleurs que la Chine s'ouvre à la concurrence américaine, "seul accord possible" selon lui. En cas d'échec des discussions, le Président US envisage toujours de taxer le reste des produits chinois importés aux Etats-Unis, qui représentent environ 267 milliards de dollars de marchandises. Ces prélèvements douaniers pourraient aussi s'appliquer aux ordinateurs et aux iPhones provenant de Chine, a même assuré Trump, qui n'anticipe qu'un impact limité sur la consommation si les droits ressortent à 10%. "Cela dépendra du taux", a glissé le Président américain, à propos des taxes éventuelles sur les smartphones et ordinateurs importés.

Espoirs douchés ?

Trump et Xi semblaient pourtant encore prêts, tout récemment, à de réelles avancées. Cité par Bloomberg, Trump avait ainsi dernièrement déclaré que la Chine voulait conclure un accord. "Nous sommes très heureux de cela", avait ajouté le dirigeant américain, qui indiquait : "Je suis très préparé, je m'y suis préparé toute ma vie".

Rencontre au sommet

Les deux dirigeants, Trump et Xi, doivent se rencontrer à la fin du mois en marge du sommet du G20 en Argentine, à Buenos Aires. Washington et Pékin n'ont cessé la surenchère ces derniers mois sur le plan commercial. Ainsi, les Etats-Unis ont déjà infligé à la Chine des taxes supplémentaires portant sur 250 milliards de dollars d'importations, alors que Pékin a répliqué par des prélèvements additionnels sur 110 milliards d'imports US. Trump a même menacé de mettre en oeuvre des taxes additionnelles portant sur la totalité des importations chinoises aux USA, ce qui représente des produits d'un montant total de plus de 500 milliards de dollars.

En fin de semaine dernière, Trump affirmé devant les journalistes que la Chine désirait "très méchamment" conclure un accord... Le Vice-Ministre aux Affaires étrangères, Wang Chao, a précisé pour sa part que la Chine espérait que la rencontre Xi-Trump "se déroule en douceur".

Wang Shouwen, Vice-Ministre du Commerce, a ajouté que les équipes 'commerciales' de Washington et Pékin avaient déjà été "en contact étroit". Larry Kudlow, le conseiller économique de la Maison Blanche, avait déjà tenu des propos comparables plus tôt ce mois, affirmant que les négociations avaient repris à tous les niveaux. Wang a également "constaté que les USA désiraient conclure un accord afin de mettre un terme aux frictions commerciales avec la Chine. Pékin entend ainsi "travailler avec les USA afin de contenir ces conflits", a affirmé le responsable, qui admet évidemment que les décisions commerciales américaines affectent la Chine, mais aussi l'Amérique et le reste du monde.

Trump inquiet du Brexit

Toujours très actif, Trump s'est aussi inquiété des conséquences du Brexit sur les relations commerciales entre les USA et le Royaume-Uni. Le Président américain a ainsi suggéré que l'accord du Brexit, très positif selon lui pour l'Europe, pourrait menacer les échanges commerciaux entre Washington et Londres. Trump craint donc que l'accord conclu entre Londres et Bruxelles ne rende le Royaume-Uni incapable de négocier un accord de libre-échange avec les USA.

Le pétrole tente de se stabiliser

Les prix du pétrole tentent de se stabiliser ce jour, en attendant les rapports hebdomadaires de l'API et du Département américain à l'énergie concernant les stocks pétroliers domestiques américains. Le baril de brut WTI gagne 0,8% à 52$ ce jour, tandis que le Brent avance de 0,9% à 61,1$... Les cours avaient nettement rebondi hier lundi, le baril de brut WTI se redressant de 2,4% à 51,6$ (contrat de janvier) sur le Nyse, après un plongeon de 7,7% vendredi. Trump a maintenu pourtant la pression, via le réseau social Twitter : "C'est tellement bien que les prix du pétrole chutent (merci Président T). Ajoutez cela, l'équivalent d'une importante Réduction d'Impôt, à nos autres bonnes nouvelles Economiques. L'inflation baisse (écoutez-vous la Fed?) !"

En attendant d'éventuelles coupes dans la production en décembre, l'Arabie saoudite a produit encore très abondamment en novembre, selon une source industrielle citée par Reuters. La production pétrolière du Royaume aurait même atteint un record historique en novembre. La source de Reuters affirme que la production saoudienne serait ressortie entre 11,1 et 11,3 millions de barils par jour en novembre. L'offre surabondante a déséquilibré le marché et fait brutalement chuter les prix du pétrole ces dernières semaines. De plus, les sanctions américaines contre l'Iran se révèlent moins importantes que prévu, ce qui gonfle encore l'offre.

Des sources de Reuters au sein de l'industrie pétrolière saoudienne signalent que le pays désire un prix du baril supérieur à 70$. Khaled al-Faleh, le ministre saoudien de l'Energie, a expliqué ce mois que l'offre globale de pétrole pourrait excéder la demande de plus d'un million de barils par jour l'an prochain. Ainsi, l'OPEP devrait agir pour rééquilibrer le marché, a indiqué le dirigeant...

Les cours s'étaient effondrés vendredi soir, le ministre saoudien de l'Energie ayant indiqué que le Royaume avait pompé environ 10,7 millions de barils par jour en octobre, ce qui correspondait déjà à un record. Ces déclarations avaient accentué la crainte d'un excès d'offre en 2019, et le cours du baril de brut léger américain (WTI) avait plongé vendredi soir de 7,7% sur le Nymex, pour le contrat à terme de janvier, retombant au plus bas depuis 14 mois. Le baril de Brent de la Mer du Nord chutait pour sa part au plus bas depuis 13 mois.

Réunion cruciale

L'Opep et ses alliés doivent se réunir le 6 décembre prochain à Vienne afin de discuter d'une possible réduction de leur production l'an prochain, pour enrayer la chute des cours. L'Arabie saoudite, leader du cartel, se heurte cependant à la réticence de la Russie. Par ailleurs, les Etats-Unis vont continuer d'augmenter l'an prochain leur production de pétrole de schiste, ce qui menace d'annuler les efforts de l'Opep...

Le Vice-Président de la Fed fait le point

Richard Clarida, le Vice-Président de la Fed, s'exprime aujourd'hui à propos de politique économique. Il constate la durée exceptionnelle de la phase actuelle d'expansion outre-Atlantique, et avertit concernant les risques d'une augmentation des taux trop rapide... ou trop lente ! Il soutient évidemment la politique actuelle de hausse graduelle des taux. "Agir trop lentement pourrait provoquer une hausse de l'inflation et des anticipations d'inflation", prévient Clarida, qui estime que cela pourrait alors présenter des risques pour la stabilité financière. Clarida espère également que les investissements des entreprises américaines vont progresser, afin de soutenir le rythme d'amélioration de la productivité observé durant les récents trimestres...

Indices des prix de l'immobilier en progression

L'indice S&P Corelogic Case-Shiller '20-City' des prix américains de l'immobilier pour le mois de septembre 2018, concernant les 20 principales zones métropolitaines à l'étude et ajusté des variations saisonnières, a augmenté comme prévu de 0,3% en comparaison du mois antérieur (indice stable en comparaison du mois d'août et hors ajustements, +5,1% en glissement annuel).

L'indice FHFA (Federal Housing Finance Agency) des prix de l'immobilier pour ce même pour de septembre a grimpé pour sa part de 0,2% en comparaison du mois antérieur, contre +0,3% de consensus et +0,4% pour la lecture révisée du mois antérieur. L'indice augmente de 6% en glissement annuel.

L'indice de confiance des consommateurs américains mesuré par le Conference Board pour le mois de novembre 2018 est ressorti à 135,7, contre un consensus de 136,5 et un niveau de 137,9 un mois avant.

Amazon et ses records, Tesla et la déception chinoise...

Amazon (stable), qui comptait hier lundi parmi les plus fortes hausses à Wall Street dans l'attente de très bons chiffres pour le week-end de Thanksgiving, n'a pas déçu. Le groupe de Jeff Bezos annonce donc "un week-end record de shopping des fêtes". Le Cyber Monday (hier lundi) devient le jour le plus important de l'histoire du groupe "avec le plus grand nombre de produits commandés dans le monde", ajoute Amazon.

Les consommateurs ont acheté un nombre record de produits Amazon (appareils Echo en particulier) dans le monde durant le week-end, "avec des millions d'appareils vendus". Les clients d'Amazon à travers le monde ont commandé plus de 18 millions de jouets et plus de 13 millions de produits de mode sur les journées combinées du Black Friday et du Cyber Monday. Amazon ajoute que les ventes des petites et moyennes entreprises dans le monde ont progressé de plus de 20% sur le Black Friday, en comparaison de l'an dernier.

Tesla (-3%). On comprend mieux désormais pourquoi le constructeur californien de véhicules électriques entend baisser ses prix sur les Model S et X en Chine, comme il l'a fait savoir il y a quelques jours. Les ventes chinoises du groupe auraient ainsi plongé de 70% en octobre 2018, en glissement annuel, Tesla subissant la rude guerre commerciale entre Washington et Pékin. C'est du moins ce qu'a indiqué ce mardi à Reuters la fédération automobile chinoise. Un responsable de la China Passenger Car Association a précisé que les données de cette dernière faisaient état de 211 ventes de Tesla le mois dernier sur le premier marché automobile mondial, la Chine.

Tesla, qui ne vend pour l'heure en Chine que des voitures importées, est frappé par l'augmentation des droits de douane consécutive à l'affrontement commercial entre Washington et Pékin. Le groupe d'Elon Musk réduira ainsi de 12% à 26% les prix des Model S et X sur le premier marché automobile mondial. Pékin avait précédemment majoré les tarifs douaniers sur les importations automobiles américaines, pénalisant notamment le groupe de Palo Alto, dont les voitures vendues en Chine sont pour l'heure conçues aux USA (relèvement à 40% décidé en juillet par la Chine des droits sur les importations automobiles en provenance des Etats-Unis).

United Technologies (-6%) a annoncé son intention de se scinder en trois entreprises distinctes. Les activités du groupe seront ainsi séparées en trois branches : l'aéronautique, les ascenseurs (Otis) et les équipements pour bâtiments (Carrier). Cette annonce fait suite à la finalisation du rachat de l'équipementier aéronautique Rockwell Collins.

Le groupe estime que cette scission placera chaque entreprise dans un position optimale en vue d'une croissance à long terme. Les activités "aéronotiques" garderont le nom d'United Technologies et comprendront notamment les activités de Collins Aerospace Systems et de Pratt & Whitney. Gregory Hayes conservera quant à lui son poste de CEO d'United Technologies à l'issue de la scission, qui devrait être achevée d'ici à 2020. Pour l'exercice 2018, en prenant en compte l'acquisition de Rockwell Collins, le groupe vise désormais des ventes comprises entre 64,5 et 65 Mds$, pour un bénéfice par action logé entre 7,10 et 7,20$.

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