Cotation du 20/02/2019 à 23h00 Dow Jones Industrial +0,24% 25 954,44
  • DJIND - US2605661048

Wall Street miné par les tensions commerciales et Morgan Stanley

Wall Street miné par les tensions commerciales et Morgan Stanley
Wall Street miné par les tensions commerciales et Morgan Stanley
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street consolide ce jeudi, avec les craintes liées aux tensions commerciales entre les Etats-Unis et leurs partenaires. Le S&P500 fléchit de 0,06% à 2.615 pts, alors que le DJIA perd 0,15% à 24.170 pts. Le Nasdaq repasse timidement dans le vert désormais à 7.038 pts (+0,05%). Morgan Stanley, qui vient de publier des chiffres décevants, pèse sur un secteur bancaire déjà malmené du fait de l'avertissement de la Société Générale.

Retour des craintes commerciales

En pleine trêve de la guerre commerciale entre Washington et Pékin, un groupe bipartisan de législateurs américains vient pourtant de proposer une législation interdisant la vente de semi-conducteurs et de composants américains aux géants télécoms chinois Huawei Technologies et ZTE Corp - ou d'ailleurs à d'autres compagnies technologiques chinoises enfreignant des sanctions ou des législations sur le contrôle des exportations appliquées par Washington.

Hystérie américaine ?

Le ministère chinois des Affaires étrangères n'a pas du tout apprécié, qualifiant ce jeudi ce projet de loi américain d'"hystérie" (propos du porte-parole Hua Chunying), et exhortant le Congrès US à renoncer. Des membres démocrates et républicains du Congrès américain ont présenté hier ce projet d'interdiction de la vente de 'puces' et composants à Huawei, ZTE et d'autres entreprises chinoises. Le texte du projet de loi cite précisément Huawei et ZTE, dont les produits de réseaux sont supposés - selon les Etats-Unis - favoriser l'espionnage télécom chinois.

Trump menace toujours le secteur automobile européen

Charles Grassley, sénateur proche du Président américain, a déclaré hier, cité par Reuters, que Donald Trump envisageait toujours d'imposer des droits de douane élevés sur les véhicules européens importés aux Etats-Unis. Cette mesure sur les droits de douane automobiles pourrait inciter l'Union européenne à accepter un nouvel accord avec Washington.

Prudence boursière de rigueur

Les opérateurs, qui avaient salué ces derniers jours les avancées apparentes des négociations commerciales entre l'administration Trump et Pékin, devraient donc afficher leur prudence ce jour... La cote américaine avait terminé hier soir sa séance au plus haut d'un mois (+0,59% sur le DJIA et +0,15% sur le Nasdaq, à 24.207 et 7.034 pts), avec d'excellentes performances des valeurs bancaires dans le sillage de Goldman Sachs et de Bank of America.

Au Royaume-Uni, l'incertitude demeure, alors que la Première ministre Theresa May a écarté hier une motion de défiance déposée par le Parti travailliste, suite au rejet par la Chambre des communes du projet d'accord concernant le Brexit. May a maintenant jusqu'à lundi pour proposer un 'plan B' aux parlementaires.

Shutdown pesant

Le 'shutdown' s'éternise outre-Atlantique, et terminera demain sa quatrième semaine. Sur le réseau social Twitter, Donald Trump n'en démord pas et estime qu'il devient "de plus en plus évident que les Démocrates Radicaux sont un Parti de frontières ouvertes et de crime". "Ils ne veulent pas du tout s'occuper de la Crise Humanitaire majeure à notre Frontière Sud", lance le Président américain.

Nancy Pelosi, 'House Speaker' (présidente) de la Chambre des représentants, a demandé pour sa part au Président Donald Trump de reprogrammer à une date ultérieure son discours sur l'Etat de l'Union normalement attendu le 29 janvier prochain. Pelosi suggère que Trump repousse donc cette allocution à une date ultérieure, "à moins que le gouvernement ne rouvre cette semaine". Il s'agirait donc de déterminer une autre date adaptée, après la réouverture gouvernementale espérée...

La fermeture partielle dure depuis le 22 décembre, soit 27 jours, un record dans l'histoire américaine... Donald Trump avait effectué la semaine dernière son (court) discours 'à la Nation' depuis le bureau ovale de la Maison Blanche, "à propos de la crise Humanitaire et de Sécurité Nationale" à la frontière avec le Mexique. Trump avait exhorté une fois de plus le clan démocrate à accepter le financement de son fameux 'Mur' à la frontière avec le Mexique. "Les gens ne bâtissent pas des murs parce qu'ils détestent ceux qui sont à l'extérieur, mais parce qu'ils aiment ceux qui se trouvent à l'intérieur", avait lancé Trump, demandant 5,7 milliards de dollars pour le financement de son projet. "C'est une crise humanitaire, une crise du coeur et une crise de l'âme", avait aussi affirmé le Président US...

Après des discussions infructueuses avec Nancy Pelosi, nouvelle présidente de la Chambre des représentants, et Chuck Schumer, chef du groupe démocrate au Sénat, Trump maintenait le cap sur Twitter cette semaine. "Je fais exactement ce que je m'étais engagé à faire et ce pour quoi les citoyens de notre grand Pays m'ont élu. Tout comme je l'ai promis, je me bats pour VOUS!"

Pétrole en berne

Sur le Nymex, le baril de brut WTI pour février perd actuellement 2,1% à 51,2$. Le baril de Brent de la mer du Nord cède 1,4% à 60,5$. L'Opep a pourtant annoncé ce jeudi avoir amplement réduit sa production en décembre, avant même l'entrée en vigueur de l'accord précédemment conclu à ce sujet avec ses partenaires.

Chiffres solides de l'emploi et de l'industrie aux Etats-Unis

Les statistiques américaines du jour sont plutôt satisfaisantes, puisque les chiffres hebdomadaires de l'emploi et ceux - mensuels - de l'industrie manufacturière dans la région de Philadelphie, sont ressortis meilleurs que prévu. Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux USA pour la semaine close au 12 janvier sont ressorties au nombre de 213.000, contre un consensus de place de 221.000 et une lecture de 216.000 une semaine auparavant.

L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour le mois de janvier 2019, quant à lui, s'est élevé à 17, contre un consensus de 10 et un niveau révisé à 9,1 pour le mois antérieur. L'indicateur manufacturier régional signale donc une accélération importante et assez inattendue de l'expansion de l'activité en début d'année ! Rappelons qu'une lecture positive de l'indice signale une expansion.

Nouvelle salve de trimestriels

BB&T, Fastenal, Keycorp, M&T Bank, MGIC et Morgan Stanley, ont notamment publié leurs comptes trimestriels avant bourse à Wall Street ce jour. American Express et le géant du streaming vidéo Netflix annoncent ce soir, après la clôture du marché.

Morgan Stanley (-6%) décroche à Wall Street, après avoir raté le consensus pour le trimestre clos. La banque d'affaires new-yorkaise déçoit donc, d'autant plus que ses comparables ont quant à eux bien résisté sur la même période - à l'image de Goldman Sachs ou Bank of America qui dopaient hier les indices américains.

Morgan Stanley, déplorant un environnement de marché globalement volatil, a réalisé pour le trimestre clos des revenus sales & trading inférieurs aux attentes, à 1,9 Md$ contre 2 Mds$ de consensus. Les revenus d'investissement sont ressortis dans le rouge à hauteur de 52 M$, contre +213 M$ un an avant. Le groupe évoque à ce sujet une détérioration de marché d'un investissement coté soumis à une restriction de vente. Le bénéfice trimestriel de la banque est ressorti à 1,53 milliard de dollars, 80 cents par titre, sur ce quatrième trimestre clos fin décembre 2018, contre 643 M$ un an plus tôt. Les revenus consolidés se sont élevés à 8,5 milliards de dollars, en retrait de 10% en glissement annuel. Le consensus de revenus était de 9,3 Mds$, pour 89 cents de bénéfice par action. Le bénéfice ajusté trimestriel est ressorti à 73 cents, contre 84 cents un an avant.

BB&T (stable) a publié un bénéfice annuel record de 3,1 milliards de dollars et 3,91$ par titre sur une base diluée. Le bénéfice trimestriel s'est élevé à 97 cents par titre, en progression de 26% en glissement annuel.

KeyCorp (-4%) a dépassé les attentes de profits et de revenus pour son quatrième trimestre. Le bénéfice net trimestriel s'est élevé à 459 millions de dollars, 45 cents par titre ordinaire, contre 468 M$ sur le troisième trimestre 2018 et 181 M$ au quatrième trimestre 2017.

M&T Bank (+4%) a réalisé au quatrième trimestre 2018 un bénéfice net GAAP 546 millions de dollars, contre 322 M$ au quatrième trimestre 2017 et 526 M$ au T3 2018.

Fastenal (+4%), acteur du marché des fournitures industrielles, a annoncé pour son quatrième trimestre un bénéfice net de 169 M$ et 59 cents par titre. Le groupe du Minnesota a dégagé un bénéfice trimestriel ajusté par action de 60 cents, en ligne avec le consensus, pour des revenus de 1,23 Md$ à comparer à un consensus de 1,22 Md$. Sur l'exercice, le bénéfice est ressorti à 752 M$, 2,62$ par titre, pour des revenus proches des 5 Mds$.

Alcoa (+4%) repasse dans le vert à Wall Street, mais reste volatil, après la publication hier soir de comptes trimestriels de bonne qualité. Le géant américain de l'aluminium a battu le consensus de profit pour le trimestre clos, mais les opérateurs ont joué la prudence du fait de l'absence de prévision d'Ebitda.

Pour le trimestre écoulé, clos fin décembre 2018, le bénéfice net part du groupe s'est établi à 43 millions de dollars et 23 cents par titre, contre une perte de 196 millions de dollars et 1,06$ par titre un an avant. Les revenus se sont quant à eux appréciés de 5% à 3,34 milliards de dollars, pour un bpa ajusté de 66 cents. Le consensus était de 50 cents de bénéfice ajusté par action. Pour l'exercice en cours, le groupe n'a donc pas fourni cette fameuse guidance d'Ebitda tant attendue par les analystes. Le directeur financier d'Alcoa, William Oplinger, explique cette décision par la volatilité exceptionnelle de marché.

Sears Holdings (-4%), placé sous protection de la loi sur les faillites, a trouvé une bouée de sauvetage en la personne de son président Eddie Lampert, qui vient de remporter les enchères pour la reprise de la chaîne. L'offre du dirigeant se chiffre à 5,2 milliards de dollars, et permettrait donc d'épargner une partie des grands magasins. L'offre d'une entité affiliée à ESL Investments, firme de Lampert, prend en charge plus de 600 M$ de passifs et dépenses, et sauverait 425 magasins aux USA ainsi que 45.000 emplois, évalue Reuters. Le deal requiert encore l'approbation de la justice américaine. Une audience devrait avoir lieu en fin de semaine devant un tribunal de commerce de New York.

Certains créanciers s'opposent toutefois à l'accord et veulent liquider la chaîne afin de récupérer des fonds supplémentaires.

©2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com