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Wall Street miné par le commerce et les inquiétudes sur la croissance

Wall Street miné par le commerce et les inquiétudes sur la croissance
Wall Street miné par le commerce et les inquiétudes sur la croissance
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street s'affiche de nouveau en territoire négatif ce lundi, après la lourde sanction de vendredi soir (-2,24% sur le DJIA et -3,05% sur le Nasdaq). Les opérateurs demeurent fébriles, inquiets pour la croissance économique mondiale, dans un contexte toujours tendu sur le front commercial entre les USA et la Chine... Le DJIA perd désormais 1,09% à 24.123 pts, alors que le Nasdaq abandonne 0,22% à 6.954 pts. Le S&P500 fléchit de 0,63% à 2.616 pts.

Sur le marché des changes, l'indice dollar, mesurant les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, prend actuellement 0,3% à 96,7. Sur le Nymex, le baril de brut WTI (contrat de janvier) fléchit de nouveau de 1,4% à 51,9$, après avoir tenté un sursaut en fin de semaine dernière suite à l'annonce d'une baisse de production de l'OPEP et de ses alliés.

L'actualité des entreprises cotées est assez réduite à Wall Street ce jour. SeaChange publie ses comptes trimestriels. American Eagle sera de la partie demain mardi...

Nouveaux chiffres (plus positifs) de l'emploi

Sur le front économique cette fois, le rapport JOLTS du Département américain au travail a fait ressortir des ouvertures de postes supérieures aux attentes pour le mois d'octobre 2018, au nombre de 7,079 millions, contre un consensus de place de 7 millions et une lecture révisée à 6,96 millions pour le mois antérieur.... Rappelons que le rapport mensuel sur la situation de l'emploi aux USA pour le mois de novembre 2018 avait quant à lui déçu en fin de semaine dernière, avec seulement 155.000 créations de postes contre 200.000 espérées (mais un taux de chômage toujours au plus bas à 3,7%).

Craintes commerciales

Les craintes persistent concernant la confrontation commerciale entre Washington et Pékin, malgré la trêve de 90 jours récemment conclue, qui doit permettre aux deux superpuissances de trouver un accord durable et global.

Pesante affaire Huawei

Depuis, l'affaire Huawei a grandement compliqué les choses. La directrice financière du colosse chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, fille du fondateur du groupe, est détenue depuis le 1er décembre au Canada, et réclame sa remise en liberté sous caution en attendant une audience d'extradition. Elle cite des motifs médicaux, selon les documents de justice cités ce jour par l'agence Reuters. Meng Wanzhou affirme être innocente et conteste les allégations. Elle a été arrêtée au début du mois alors qu'elle était en transit entre deux vols à l'aéroport de Vancouver. Elle risque une extradition vers les Etats-Unis.

Washington accuse la dirigeante d'avoir dissimulé des liens entre Huawei et une firme qui tentait de contourner les sanctions américaines contre l'Iran.

Report du vote du Parlement britannique sur l'accord négocié avec Bruxelles

La situation est également tendue au Royaume-Uni, où la Première ministre Theresa May a convoqué ce jour une réunion ministérielle en vue d'un report du vote qui était prévu demain mardi au Parlement sur l'accord de Brexit... La livre s'affiche au plus bas depuis mi-2017 face au dollar, en retrait de 1% à 1,2625$... Le vote du Parlement britannique sur l'accord négocié avec Bruxelles 17 mois durant est donc reporté. L'opposition rencontrée par l'accord rendait son approbation bien peu probable.

Les valeurs

Tesla (-1%). Elon Musk a encore raté une bonne occasion de se taire. Ainsi, le CEO du constructeur de véhicules électriques a une fois encore attaqué la SEC, gendarme US des marchés financiers, lors d'une interview durant l'émission '60 Minutes' de CBS. "Que les choses soient claires, je ne respecte pas la SEC. Je ne les respecte pas", a ainsi affirmé Musk, privé de son poste de Président du conseil suite à l'affaire des 'tweets' relatifs à la sortie de la cote (depuis abandonnée) de Tesla au 'financement garanti'. Le talentueux mais fantasque dirigeant n'a apparemment pas digéré la sanction.

De plus, Musk a indiqué hier que personne ne contrôlait ses tweets avant leur envoi, ce qui ne semble pas aller dans le sens de l'accord récent conclu avec la SEC. Musk juge que seuls ses tweets susceptibles de faire bouger les marchés financiers doivent être contrôlés, et que le reste relève plutôt de la liberté "fondamentale" d'expression. Enfin, le CEO de Tesla n'a pas exclu de faire des erreurs de ce point de vue - après tout, "nul n'est parfait", a philosophé le CEO. On espère que la SEC est dans le même état d'esprit, mais rien n'est moins sûr.

IBM (stable) et HCL ont annoncé un accord définitif en vertu duquel HCL va acquérir des produits logiciels IBM sélectionnés pour 1,8 Md$. La clôture de la transaction est prévue pour mi-2019, sous réserve de l'achèvement des examens réglementaires applicables. Les produits logiciels visés, qui représentent un marché potentiel total de plus de 50 Mds$, sont les suivants : Appscan pour le développement d'applications sécurisées, BigFix pour la gestion sécurisée des périphériques, Unica pour l'automatisation du marketing, Commerce pour l'eCommerce omnicanal, Portal pour l'expérience numérique, Notes & Domino pour le développement rapide d'applications email et low code, et Connections pour la collaboration des domaines de travail.

Apple perd encore 2% à 165$ à Wall Street, toujours affecté par les craintes de ralentissement de la demande pour les iPhones. En outre, son compatriote Qualcomm a remporté une victoire contre le groupe à la pomme en Chine, qui lui permettrait d'obtenir un arrêt des importations et de la vente de plusieurs produits du Californien de Cupertino. Une cour a en effet jugé qu'Apple avait enfreint deux brevets de Qualcomm (sur l'utilisation par glissement - 'swipe' - d'applications sur écran tactile et sur le redimensionnement dans l'édition photo).

L'injonction du 30 novembre concernerait la vente de la majeure partie des iPhones en Chine, affirme Qualcomm. Apple conteste l'étendue de l'interdiction, précisant qu'elle ne s'appliquerait qu'aux iPhones tournant sur les anciens systèmes d'exploitation. Il s'agirait quoi qu'il en soit d'une première pour le géant des smartphones en Chine. "Les efforts de Qualcomm pour faire interdire nos produits constituent un autre geste désespéré de la part d'une entreprise dont les pratiques illégales font l'objet d'investigations des régulateurs du monde entier", a répliqué Apple dans un communiqué. "Tous les modèles d'iPhones restent disponibles pour nos clients en Chine. Qualcomm revendique trois brevets qu'ils n'avaient jamais évoqués auparavant, dont un qui a déjà été invalidé. Nous poursuivrons toutes nos options légales devant les tribunaux", a encore affirmé le groupe de Tim Cook.

Qualcomm (+3%). "Nous attachons une grande importance à nos relations avec nos clients et n'avons que rarement recours aux tribunaux, mais nous croyons fermement en la nécessité de protéger les droits de propriété intellectuelle", assure de son côté Qualcomm, dont le Conseiller général Donald Rosenberg explique encore : "Apple continue à bénéficier de notre propriété intellectuelle tout en refusant de nous indemniser. Ces ordonnances de la Cour confirment encore la force du vaste portefeuille de brevets de Qualcomm".

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