Cotation du 27/03/2020 à 22h12 Dow Jones Industrial -4,06% 21 636,78
  • DJIND - US2605661048

Wall Street : même un QE illimité ne suffit pas !

Wall Street : même un QE illimité ne suffit pas !
Wall Street : même un QE illimité ne suffit pas !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Fed ne suffit pas. La Réserve fédérale a pourtant dévoilé, peu avant l'ouverture de Wall Street, des mesures inédites pour soutenir l'activité locale mais les investisseurs semblent se focaliser sur l'imminence d'une récession sans précédent outre-Atlantique. L'indice Dow Jones cède actuellement 1,84% à 18.821 points. L'indice large S&P 500 recule de 1,83% à 2.263 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, lâche 0,49% à 6.846 pts. Il n'a fallu que 22 jours de bourse au S&P 500 pour chuter de 30% par rapport au record atteint le 19 février dernier, ce qui en fait la chute la plus rapide de l'histoire, selon les données compilées par Bank of America Securities.

La Réserve fédérale américaine va donc pour la première fois soutenir directement les marchés du crédit aux particuliers, aux PME et aux grandes entreprises pour tenter de limiter les "graves perturbations" économiques provoquées par la pandémie de coronavirus. Elle s'est également engagée dans un QE 'illimité' pour assurer le bon fonctionnement du marché et la transmission efficace de sa politique monétaire.

Des annonces qui interviennent alors que le bilan de la pandémie continuer à gonfler et que les mesures de confinement se multiplient aux quatre coins de la planète. Selon les données compilées lundi matin par Reuters, le Covid-19 a déjà touché plus de 337.000 personnes et provoqué 14.651 décès. Aux Etats-Unis, la Californie jeudi soir, et l'Etat de New York, le lendemain, ont annoncé des mesures de confinement, entraînant la fermeture de toutes les entreprises non essentielles au fonctionnement de l'économie. Donald Trump a également annoncé la fermeture temporaire de la frontière avec le Mexique, après celle avec le Canada mercredi.

Les élus démocrates du Sénat ont par ailleurs bloqué dimanche un projet de loi qui aurait permis d'injecter près de 2.000 milliards de dollars dans l'économie américaine dans le cadre de programmes destinés à aider les entreprises affectées par le coronavirus et les salariés qui ont perdu leur emploi. Des mesures trop axées sur les entreprises au détriment des travailleurs, selon les démocrates. D'importants plans de soutien restent probables mais pourraient prendre plus de temps que prévu pour être mis en place compte tenu des différends entre les deux partis.

Un délai guère au goût des opérateurs alors que la première puissance mondiale s'apprête à subir l'une des récessions les plus violentes de son histoire. A ce sujet, James Bullard, président de la Réserve fédérale de St. Louis, a averti que le taux de chômage aux Etats-Unis pourrait atteindre 30%, un chiffre plus élevé que lors de la Grande Dépression et trois fois supérieur au niveau atteint lors de la récession de 2008-2009. Alors que Goldman Sachs anticipait la semaine dernière une contraction du PIB US de 24% au deuxième trimestre, Morgan Stanley va plus loin ce lundi et parle d'un plongeon du PIB de 30% sur la période !

Sur le marché des devises, le dollar, qui poursuivait son ascension avant les annonces de la Fed, reperd désormais du terrain. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, dollar canadien, yen et couronne suédoise) cède 0,9% à 102,5 points. Quant à l'indice Vix de la volatilité, aussi appelé "indice de la peur", il recule de 3 points à 63, après avoir atteint la semaine passée des niveaux records supérieurs à 85.

Les valeurs à suivre

* Delta Air Lines (+3,5%). La compagnie, qui attend de recevoir une aide de l'Etat américain, a suspendu son programme de rachat d'actions et le versement de son dividende alors qu'elle s'attend à voir ses revenus chuter de 80% au deuxième trimestre.

* Boeing (+3%) Goldman Sachs est passé à l'achat sur le géant de l'aéronautique, jugeant que la chute de près de 70% du titre depuis début février crée une opportunité.

* Walmart (+3%) va augmenter les salaires d'entrée de 2 dollars de l'heure pour les employés de ses entrepôts. Le plus grand détaillant au monde, qui emploie 1,5 million de personnes aux États-Unis, a du mal à maintenir ses rayons garnis face à l'explosion des commandes en ligne d'Américains effrayés par l'épidémie de coronavirus.

* Amazon (+0,9%) a annoncé samedi une augmentation des salaires sur les heures supplémentaires pour les employés travaillant dans ses entrepôts aux Etats-Unis alors que le numéro un mondial de la distribution en ligne voit ses commandes exploser.

* Eli Lilly (+0,7%). Le laboratoire américain a annoncé qu'il reportait le lancement de nouvelles études et suspendait les recrutements pour la plupart de celles en cours en raison de l'épidémie de coronavirus.

* Walt Disney (-3,9%). Disney+, la plateforme de vidéos en streaming du géant du divertissement, a annoncé samedi qu'elle reportait son lancement en France de deux semaines, soit au 7 avril, à la demande du gouvernement français face aux inquiétudes sur la congestion des réseaux.

* Apple (-3,3%). La firme à la pomme pèse désormais moins de 1.000 milliards de dollars à Wall Street alors que l'action a perdu un quart de sa valeur depuis le début de l'année.

©2020,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !