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Wall Street marque le pas, Joe Biden approche de la Maison Blanche

Wall Street marque le pas, Joe Biden approche de la Maison Blanche
Wall Street marque le pas, Joe Biden approche de la Maison Blanche
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après 4 séances de forte hausse, la Bourse de New York consolide vendredi dans le calme, toujours dans l'attente des résultats de l'élection présidentielle américaine de mardi. Le candidat démocrate Joe Biden est de plus en plus près de l'emporter, tandis que le camp de Donald Trump a déposé des recours en justice pour contester la légalité des votes par correspondance. Pendant ce temps, le marché de l'emploi s'est quelque peu essoufflé en octobre, et la situation sanitaire se dégrade aux Etats-Unis, où le seuil des 100.000 nouveaux cas quotidiens de coronavirus a été franchi. La Réserve fédérale a maintenu jeudi sa politique monétaire très accommodante, mais se tient prête à agir davantage si nécessaire face à la crise actuelle.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cède 0,2% à 28.226 points (après un gain de 7% de lundi à jeudi), tandis que l'indice large S&P 500 est stable à 3.510 pts (après +7,2% sur 4 séances), et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, grappille 0,02% à 11.892 pts (après +9,4% sur 4 séances). Plus tôt, en Europe, l'EuroStoxx 50 avait fléchi de 0,36% et le CAC 40 avait cédé 0,46%, mais a signé sa meilleure semaine (+7,8%) depuis avril.

Wall Street s'apprête à signer sa meilleure semaine depuis avril, après avoir subi la semaine précédente sa pire semaine depuis mars (-6,5% pour le DJIA, -5,6% pour le S&P 500 et -5,5% pour le Nasdaq). La hausse a été portée cette semaine par l'ensemble des secteurs, mais ce sont les valeurs de santé et les technologiques qui ont le plus profité des spéculations sur l'issue des élections aux Etats-Unis.

Ainsi, au-delà du nom du prochain président américain, les marchés ont salué la perspective d'un Congrès divisé à Washington, avec un Sénat qui resterait contrôlé par les Républicains, ce qui minimise les risques de réformes anti-marché en cas de victoire de Joe Biden.

Joe Biden devance sur Trump dans plusieurs Etats clés

Vendredi soir, le dépouillement donnait à Joe Biden 253 voix du collège électoral contre 214 à Donald Trump. Rappelons que pour remporter l'élection, il faut obtenir au moins 270 voix de grands électeurs, cette barre constituant la majorité du collège électoral, qui élira officiellement le 46e président des Etats-Unis le 14 décembre prochain.

L'élection se joue dans une demi-douzaine d'Etats clé où le dépouillement des votes par correspondance n'est pas encore terminé, trois jours après le scrutin de mardi. Vendredi, Joe Biden a désormais pris de l'avance dans 4 de ces Etats : la Pennsylvanie (qui apporte 20 voix de grands électeurs), la Géorgie (16 voix), le Nevada (6 voix) et l'Arizona (11 voix). En Caroline du Nord (15 voix) et en Alaska (3 voix), Donald Trump reste en tête.

Joe Biden s'apprête à s'adresser à la nation

Malgré les dernières incertitudes à lever, Joe Biden semble donc proche de l'emporter même si le scrutin est très serré. Pour gagner, il lui suffirait de s'imposer en Pennsylvanie (20 voix) où, Biden dispose pour l'instant de 10.000 voix d'avance, ou dans deux Etats du trio Géorgie (16 voix), Nevada (6 voix) et Arizona (11 voix). Cependant, en Géorgie, où l'écart entre les deux candidats n'est que de 1.500 voix, les autorités ont d'ores et déjà annoncé qu'elles procéderaient à un recomptage des bulletins de vote, en raison de cet écart jugé "trop serré".

De source proche de l'équipe de campagne de Joe Biden, ce dernier devrait s'adresser à la nation américaine dans la soirée. De son côté, Donald Trump, qui dénonce depuis des semaines l'intégrité du scrutin en raison du nombre élevé de votes par correspondance, a dénoncé jeudi soir des fraudes, sans en apporter la preuve, et a entamé plusieurs procédures judiciaires.

Pas de "vague bleue" au Congrès, bonne nouvelle pour la Bourse

Au-delà de l'élection présidentielle, les marchés financiers observent avec satisfaction la perspective d'un Congrès divisé, alors que la "vague bleue" démocrate prévue par certains sondeurs et redoutée par les investisseurs ne s'est pas produite. Ainsi, les Démocrates devraient garder le contrôle de la Chambre des représentants mais ont perdu des sièges, tandis que les Républicains devraient maintenir de justesse leur majorité au Sénat.

Une telle situation est considérée comme favorable aux marchés financiers, car elle diminue le risque de hausses d'impôts et de changements réglementaires majeurs prévus par Joe Biden, et qui affecteraient en priorité les valeurs technologiques et les valeurs de la santé.

Cependant, vendredi soir, le contrôle du Sénat n'apparaissait plus aussi clairement, et pourrait n'être déterminé qu'en janvier... En effet, le scrutin est très serré dans l'Etat de Géorgie, où deux sièges de sénateurs sont en jeu. Il semble qu'aucun des candidats ne récolte plus de 50% des votes au premier tour, ce qui dans cet Etat entraîne un deuxième tour (un "runoff"), qui se tiendra le 5 janvier.

Les créations d'emplois se poursuivent, mais à un moindre rythme

Si l'élection présidentielle continue d'occuper les esprits, les investisseurs ont aussi surveillé vendredi les derniers chiffres de l'emploi aux Etats-Unis, qui ont confirmé la reprise du marché en octobre, mais à un rythme ralenti par rapport aux mois précédents.

Ainsi, les créations de postes non-agricoles ont atteint 638.000 en octobre, un peu plus que le consensus (580.000) et après 672.000 en septembre. Le taux de chômage américain a reculé plus que prévu, retombant à 6,9% contre 7,9% en septembre. La crise du coronavirus a entraîné en mars-avril 22 millions de pertes d'emploi aux Etats-Unis, dont un peu plus de la moitié, soit 11,6 millions, ont été recréées depuis.

Jeudi, la Réserve fédérale a souligné que "l'activité économique et l'emploi ont continué à se redresser, mais restent bien en dessous de leurs niveaux du début de l'année". La banque centrale a maintenu en l'état sa politique monétaire très accommodante, tout en répétant qu'elle se tenait prête à renforcer son soutien à l'économie si nécessaire, en "utilisant toute la gamme de ses outils pour soutenir l'économie américaine en ces temps difficiles".

Son président, Jerome Powell, a déclaré lors de sa conférence de presse que la reprise de l'économie américaine avait ralenti à l'automne, après avoir profité dans un premier temps du soutien de la politique budgétaire et de la réouverture d'une partie des entreprises. "Une reprise économique complète est improbable tant que les gens n'auront pas confiance dans la possibilité de reprendre en sécurité un large éventail d'activités", a poursuivi le patron de la Fed.

La situation sanitaire se dégrade aux Etats-Unis

Or, la situation sanitaire continue de se dégrader aux Etats-Unis, avec un nombre de nouveaux cas de coronavirus qui est passé de moins de 50.000 par jour en septembre à plus de 100.000 depuis mercredi. Ainsi, jeudi, plus de 120.000 nouvelles infections ont été détectées. Le nombre d'hospitalisations augmente aussi rapidement, notamment dans les Etats du Missouri et de l'Iowa, où les capacités d'accueil sont désormais proches de la saturation.

L'Ohio, l'Indiana, le Minnesota, le Nebraska, le Dakota du Nord et le Nouveau Mexique font aussi face à une forte hausse du nombre d'infections au Covid, selon les données du "Covid Tracking Project". Le virus continue de tuer plus de 1.000 personnes par jour, portant le total des décès à plus de 233.700 vendredi aux Etats-Unis, selon le décompte de l'Université Johns Hopkins.

L'or a repris près de 4% sur la semaine

Face à la résurgence du coronavirus et aux incertitudes électorales aux Etats-Unis, les cours du pétrole ont rechuté lourdement vendredi, le contrat de décembre sur le baril de brut léger américain (WTI) perdant 4,1% à 37,17$ sur le Nymex. Le contrat sur le Brent pour livraison en janvier a perdu 3,6% à 39,45$.

L'environnement favorable à la prise de risque n'a pas empêché l'or de bondir cette semaine, regagnant 3,8% en 5 séances. L'once d'or a progressé vendredi de 0,3% à 1.953,10$ pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. Le métal jaune a aussi profité cette semaine d'un reflux du dollar, qui rend moins onéreux les achats de matières premières par les investisseurs internationaux.

Le dollar cède encore 0,3% vendredi à 92,24 points pour l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises. Le billet vert évolue près de ses plus bas niveaux depuis deux ans, tandis que l'euro pointe vendredi soir à 1,1884$ (+0,53%). Le dollar, qui avait progressé ces dernière semaines en tant que valeur-refuge, a pâti du retour de l'appétit du risque ces derniers jours.

VALEURS A SUIVRE

Groupon (+2,8%) a annoncé jeudi soir, pour son troisième trimestre fiscal, un bénéfice par action de 15 cents sur une base ajustée à comparer à un consensus négatif de 52 cents. Un an plus tôt, sur la même période, le bpa était de 20 cents. Les revenus du groupe se sont établis quant à eux à 304 millions de dollars sur la période close, contre 495 millions de dollars un an plus tôt et environ 300 millions de dollars de consensus de marché.

Dropbox (-4,3%), groupe software actif dans la gestion des documents, perd du terrain à Wall Street. Le groupe a publié hier soir, après la clôture de la place américaine, un bénéfice trimestriel par action de 26 cents, contre 19 cents de consensus et -13 cents un an plus tôt. Les revenus trimestriels ont totalisé 487 millions de dollars, contre 428 millions un an avant et un peu plus de 480 million de dollars de consensus. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 33 millions de dollars pour ce T3 fiscal, contre une perte de 17 millions de dollars un an avant.

T-Mobile US (+6%) grimpe à Wall Street ce jour, après avoir dépassé les attentes de marché pour le troisième trimestre. L'opérateur télécom américain a réalisé un bénéfice par action de 1,17$, alors que le consensus n'était que de 51 cents. Le bénéfice par titre ressort par ailleurs en légère hausse en glissement annuel. Les revenus ont été de 19,3 milliards de dollars sur ce trimestre de septembre, ce qui dépasse de 6% le consensus. Un an avant, ils étaient de 11,1 milliards.

Square (+13%), le groupe de San Francisco actif dans le paiement mobile, a largement battu le consensus sur le troisième trimestre. Le bénéfice par action a été de 34 cents, en croissance de 36% en glissement annuel, contre 16 cents de consensus. Les revenus ont totalisé 3,03 milliards de dollars, en croissance de... 140% avec la performance de Cash App. Le consensus était de 2,1 milliards de dollars. Le volume brut de paiement a augmenté de 12,4% en comparaison de l'an dernier à 31,7 milliards de dollars.

Le service de paiement mobile Cash App a tiré les résultats avec une croissance de 174% hors bitcoin et 435 millions de dollars de recettes. Les revenus bitcoin de Cash App ont quant à eux... décuplé ! Ainsi, les revenus totaux de Cash App ont atteint 2,07 milliards avec ces transactions en bitcoin - qui représentent 1,63 milliard pour 32 millions de marge brute.

Peloton Interactive (-0,9%), spécialiste des équipements de sport en intérieur, a prévenu que des contraintes d'approvisionnement pèseraient à court terme sur ses ventes, face à la force de la demande. Le groupe se permet néanmoins de rehausser sa guidance de chiffre d'affaires annuel. Le groupe s'attend à ce que le trimestre des fêtes de fin d'année soit son premier à atteindre le milliard de revenus. Pour le premier trimestre fiscal, le groupe a réalisé un bénéfice net de 69 millions de dollars soit 20 cents par titre, contre une perte de 1,29$ par titre un an avant. Le groupe a plus que triplé ses ventes trimestrielles à 758 millions de dollars, contre 228 millions un an auparavant. Le consensus était de 11 cents de bpa et 735 millions de facturations.

Uber (+7,2%) a publié une perte nette supérieure à 1 milliard de dollars au 3e trimestre, légèrement inférieure à la perte de 1,2 Md$ enregistrée lors de la même période de 2019. La perte par action a atteint 62 cents, un peu supérieure au consensus (60 cents). Le leader VTC a aussi vu son chiffre d'affaires diminuer de 18% à 3,1 Mds$ au 3e trimestre, plombé par la crise sanitaire. Les recettes ont tout de même légèrement dépassé les attentes (3,07 Mds$) grâce aux activités de livraison, qui comprennent Uber Eats. Les facturations de cette branche ont bondi de 125% en un an.

Take-Two Interactive (+4%). L'éditeur de jeux vidéo a rehaussé hier soir sa guidance de chiffre d'affaires annuel après un trimestre plus solide qu'attendu. Le groupe a donc dépassé le consensus de profits et de revenus sur le second trimestre fiscal. Le bénéfice par action a représenté 2,04$ contre 1,45$ de consensus. Il était de 1,89$ un an avant. L'éditeur de 'Grand Theft Auto' a rapporté des revenus de 957 millions, contre 950 millions un an avant.

ViacomCBS (-2,9%) a dépassé le consensus de bénéfice sur le trimestre avec les revenus de streaming, le groupe comptant désormais 18 millions d'abonnés. Le bpa ajusté sur le trimestre de septembre est ressorti à 91 cents, contre 80 cents de consensus. Les revenus ont reculé de 9% à 6,12 milliards de dollars, contre 5,96 milliards de dollars de consensus de marché. Les recettes publicitaires ont décliné de 6% à 2,19 milliards, mais les revenus digitaux et de streaming se sont envolés de 56% à 636 millions.

Marriott (+3,4%), le groupe hôtelier américain, a annoncé un bénéfice inattendu pour son troisième trimestre et des revenus moins affectés que prévu par la pandémie. Le groupe ne fournit pas de guidance financière compte tenu des incertitudes associées à l'épidémie de Covid-19. Le bénéfice net trimestriel s'est établi à 100 million de dollars soit 31 cents par titre, contre 387 millions de dollars un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 6 cents, contre -8 cents de consensus. Les revenus ont plongé de 57% à 2,25 milliards de dollars.

Coty (+18,4%), le concepteur de produits de beauté, flambe ce jour à Wall Street. Pour le premier trimestre fiscal, clos fin septembre, les revenus ont battu le consensus avec les ventes en ligne, à 1,69 milliard de dollars, en déclin de 13%. La marge brute ajustée a peu évolué à 61,8%. Le bénéfice opérationnel a représenté 79 millions de dollars, contre 126 M$ un an plus tôt. Le bénéfice net a été de 201 millions avec les bénéfices fiscaux. Le bénéfice net ajusté a atteint 84 millions de dollars, contre 50 millions un an avant. Le bpa ajusté se situe à 11 cents, contre 7 cents un an avant.

The Hershey Co (+1,7%) a battu le consensus de ventes et de profits au troisième trimestre. Le géant des chocolats et confiseries a dégagé un bénéfice de 447 millions de dollars soit 2,14$ par titre, contre 325 millions un an avant. Le bpa ajusté a atteint 1,86$ contre 1,74$ de consensus. Les revenus se sont améliorés de 4% en glissement annuel à 2,22 milliards, contre 2,18 milliards pour le consensus FactSet. Le groupe rétablit sa guidance et vise un bpa ajusté annuel 2020 allant de 6,18 à 6,24$, ce qui dépasserait les attentes.

Alibaba (+3,4%), le géant chinois du e-commerce récemment plombé en bourse par le report de l'IPO d'Ant Group, va investir avec le groupe suisse Richemont un montant de 1,1 milliard de dollars dans le site de vente en ligne de produits de luxe Farfetch et sa nouvelle place de marché en Chine.

Xerox (-0,2%). L'investisseur activiste Carl Icahn a renforcé sa participation dans le spécialiste des imprimantes à 14,4%, quelques mois après avoir soutenu la tentative ratée de rachat de HP.

Walt Disney (+0,3%), le colosse américain des médias et du divertissement, a renoncé pour l'heure à la sortie du film 'Mort sur le Nil', qui devait arriver dans les salles pendant la période des fêtes.

Ford Motor (-2,2%). Les coentreprises du groupe américain en Chine ont fait part d'une forte croissance de leurs ventes au mois d'octobre, en glissement annuel, avec la poursuite de la reprise du marché automobile local.

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